Partagez
 

 Prelude to war [&Peter]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
MessageSujet: Prelude to war [&Peter]   Prelude to war [&Peter] EmptyDim 31 Mar 2013 - 16:07

avatar
Invité
Invité

Prelude to war [&Peter] Empty

« Vous trouvez que j'ai la tête de Tony Montana ? » Sérieusement. Ce n'est pas comme si j'étais un de ces dealers de drogue, un psychopathe assassin ou un voleur roumain. Vous savez, ceux qui s'approchent vicieusement avec leur tête de gamin malpropre, qui vous lâchent un sourire édenté avant de se faufiler près de votre manteau pour y dérober le dernier iPhone sorti. Saleté de roumains. Et voilà que je me retrouve à parler comme Peter. Moi, je n'ai rien fait, je suis innocente. Je suis toujours innocente, c'est un concours de circonstance. Enfin non, quasiment jamais. Je mérite les conséquences régulières de mes actes, mais pas cette fois-ci. Bon sang, les murs tournent sacrément vite ce soir. Je ne sais pas si c'est à cause de la lumière criarde du poste de police ou le boucan du téléphone qui sonne depuis deux minutes déjà, mais ça me file la nausée. Personne ne daigne y répondre. C'est peut-être une pauvre ménagère en train d'être agressée par le roumain, mais il semblerait que mes petites infractions soient plus intéressantes. Enfin, cela va de soi, j'imagine être bien plus intéressante qu'une cinquantenaire à moitié dévisagée par les coups et la vieillesse. N'est-ce pas, agent... Norton ? Il est sérieux lui, d'avoir un nom d'anti-virus ? A moins que ce soit Nor... Norman, quelque chose. De toute façon ma vue est devenue bien trop trouble depuis la dernière bouteille de vin pour arriver à déchiffrer quoi que ce soit, et la seule chose que je peux voir, ce sont des murs qui continuent de danser la gigue. Ces murs. Mon dieu. « Non, mais c'est vraiment dégueulasse cette couleur de mur. Gris. Votre décorateur était neurasthénique ? » Bien sûr, il ne me répond pas, les yeux rivés sur son écran d'ordinateur à taper je ne sais quoi de si important qu'il passe cinq secondes à vérifier qu'il ait appuyé sur la bonne touche du clavier. J'ai l'impression de parler à un... mur. Il a le crâne à moitié dégarni, le teint blafard et une chemise trop étroite pour lui. Comme tout ici. Restriction budgétaire ? Cela expliquerait beaucoup de chose. Comment voulez-vous assurer la sécurité de notre pays avec une si fine équipe. Je me laisse tomber au fond de ma chaise, de fatigue. Cela doit faire une heure que je suis coincée ici, bientôt les effets de l'alcool se dissiperont. Et ce sera encore pire. « Récapitulons la situation. Vous conduisiez en état d'ivresse. » Jusque-là, je hoche la tête. C'est la troisième fois qu'il me le répète. Ce mec a un débit de parole aussi rapide qu'Internet Explorer. Merci bien, je pense être capable de m'en rendre compte seule, pas besoin de votre éthylotest débile. « Et vous avez embouti la voiture d'un agent. » Non. « La voiture d'un agent en civil. » Comment vouliez-vous que je sache que c'était un agent de police, s'il conduit un vieux modèle de Ford Fiesta ? Pourtant, il reste de marbre. Je crois que ma déclaration n'y changera rien. J'aurais pu passer la soirée à lui expliquer comment, à bord de mon véhicule dans la nuit profonde, j'ai tenté d'esquiver un pauvre chat qui traversait malencontreusement la rue. Ou peut-être que c'était juste un sac poubelle emporté par le vent. Allez savoir, l'alcool. Toujours est-il que la seconde d'après, j'ai égratigné la dite-Ford Fiesta devant son propriétaire. Mais les deux premières tentatives ont déjà échoué, et l'heure tourne. « Oui oui, c'est ça. Je peux partir maintenant ?» Ça m'énerve. J'ai l'impression d'être face à un abus de pouvoir, parce que monsieur fait partie de la police. Je veux juste partir au plus vite, et boire un coup pour oublier tout ça. « Non. » Un ton sec et tranchant. « Pardon ? » Je le crible d'un regard des plus méprisants. « Quelqu'un doit venir payer votre caution. » Il affiche un sourire narquois, comme si ça lui plaisait de me garder en captivité. Agent Norton, tu dois être un sacré larbin pour jubiler ainsi de mon malheur, non ? « Un proche pour venir vous récupérer? » Oh oui, bien sûr. Traîne-moi dans la boue aussi, je ne dirais rien. Je griffonne rapidement un numéro de mémoire avant de consulter l'heure sur l'écran de son ordinateur. Ok. En plus d'avoir encore Windows XP, ce glandu se fait un démineur. Et il perd comme un bleu. Je crois qu'ici, personne ne se soucie réellement de mon cas. C'est peine perdue, et il est déjà une heure du matin. A situation désespérée, mesure désespérée. Peter est, malheureusement, le seul à pouvoir me sortir de là. « Vous souhaitez lui parler ? » A cette heure-là, l'autre face de rat doit déjà être au lit après une soupe bien chaude. Ou alors, il s'astique le manche devant une recherche Google de l'Apollon du Belvédère. Bien que lui demander de venir récupérer sa chère sœur dans le commissariat d’un quartier majoritairement peuplé d’hispaniques me met en joie, je ne prendrais pas le risque de le déranger pendant la seconde option. « Non. Faites le vous-même, vous êtes assez grand. » Je l'envoie balader d'un signe de la main. Il ne veut pas non plus que je lui tienne le combiné ? « Et je fais quoi en attendant, moi ? » De son index, il me pointe la salle de dégrisement. C'est une blague. Il y a à l’intérieur un SDF déjà prêt à m’accueillir. « Hé, moi j'm’appelle Bernardo ! » Le bougre sent la gnôle à plein nez. A moins que ce soit la vodka que j'ai renversée tout à l’heure. « Passionnant, Bernardo. Tu peux aller parler tout seul dans le coin là-bas, maintenant ? » Bon sang, Peter, tu as intérêt à te presser.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Prelude to war [&Peter]   Prelude to war [&Peter] EmptyLun 1 Avr 2013 - 17:03

avatar
Invité
Invité

Prelude to war [&Peter] Empty

Je grogne en tendant le bras, cherchant à tâtons ce foutu réveil que je m’apprête à faire taire avant de me rendre compte que la mélodie qui s'élève dans la pièce n’est pas le doux murmure des vagues qui me sort habituellement de mon lit. Et c’est la première fois que je jette un œil aussi méprisant à mon Iphone qui hurle les paroles d’une chanson de Depeche Mode en vibrant, faisant trembler les clés posées sur la table de nuit. Je plisse mes paupières fatiguées en attrapant le portable, tentant de déchiffrer le numéro inconnu qui apparaît sur l'écran. Pourquoi diable un imbécile d’inconnu penserait à moi à trois heures du matin ? Je veux bien peupler les songes de beaucoup d’américaines, mais de là à éprouver l’irrépressible envie d’entendre le son de ma voix ... Je soupire en raccrochant rageusement et me retourne pour enfouir mon visage dans le coussin, Dave Gahan venant de nouveau briser ce silence si salvateur. Cette fois je décroche en accueillant mon interlocuteur d’un « J’espère que quelqu’un est mort » peu engageant, et surtout peu approprié si on s’apprête effectivement à m’annoncer un décès. Ce qu’en vérité je n’espère pas, sauf s’il s’agit de ma chère soeurette. Dans ce cas-là, je pourrais enfin sortir ce champagne aux pépites d’or de 24 carats pour fêter la grande nouvelle. Je crois un instant avoir touché juste lorsque la voix au bout du fil m’annonce qu’elle appartient à un respectable homme de loi –et je dois bien l’avouer, je suis pris d’une légère angoisse-, mais il s’agit en vérité d’une toute autre affaire. Qui concerne cependant Liberty, bien évidemment. « Vous plaisantez, n’est-ce pas ? » Je demande de façon rhétorique lorsque le policier m’annonce que je dois venir payer la caution de cette idiote. Je ne prends pas le soin de l'interroger sur la raison de son arrestation, je m’en contrefous. J’ai cessé d’être choqué par ses actes de rébellion d’adolescente sur le tard depuis longtemps. « Vous allez lui dire que son frère regarde un documentaire très stimulant sur la reproduction des escargots, bien plus intéressant que la perspective d’abîmer les sièges de sa Mercedes avec le vomi de son alcoolique de sœur. » C’est une certitude pour moi que son taux d’alcoolémie doit plafonner à cinq grammes par litre de sang. La majorité de ses conneries ont été accomplies sous l’effet des vapeurs sournoises de la Vodka ou du Gin –ou dieu sait quelle merde elle ingurgite-. Devant le silence gêné du flic au bout du fil, je soupire en ajoutant « Sinon vous pouvez juste lui dire : crève sale peste. » Ça a le mérite d’être clair, on ne pourra pas dire le contraire. Je m’empresse alors d’appuyer sur la touche rouge de mon téléphone pour mettre un terme à la conversation, laissant retomber ma tête sur le coussin.

Je suis vraiment trop bon. C’est la réflexion que je me fais tandis que j’effectue un créneau parfait devant le commissariat. Cette garce a intérêt à me rendre la monnaie de ma pièce, parce qu’au cas où elle n’aurait pas remarqué, ce quartier grouille de mexicains prêts à attenter à ma vie ou à ma belle bagnole qui brille sous le lampadaire. Je jette des regards suspicieux pour évaluer le degré de criminalité des environs, et l’inscription ‘Police’ inscrite en grosses lettres bleues lumineuses ne me rassure en rien. Je suis certain que ces types ont des connexions à l’intérieur même de la bergerie, qu’un immonde loup basané les renseigne sur les blancs becs à déplumer. Ce quartier transpire le danger, ce n’est pas pour rien qu’ils y ont basé les policiers. De cette façon, ils seront directement au cœur du problème en cas de troubles révolutionnaires. Je décide finalement d’abandonner ma voiture, non sans remords, pour rejoindre ma sœur que je trouve enfermée derrière des barreaux gris. Sur le moment j’éprouve presque du plaisir à m’être levé en pleine nuit, parce qu’honnêtement, contempler ma moitié s’isoler dans un coin pour échapper au clodo dégueulasse qui lui sert de compagnon de cellule est plus jouissif que tout ce que j’aurais pu inventer pour elle. « Ben alors, tes charmes n’ont pas suffi à séduire ton bourreau ? » Je l’interroge en croisant les bras sur mon torse, un sourire amusé au coin des lèvres. Parce que je ne doute pas qu’elle a dû tenter le diable pour éviter de se faire conduire au commissariat, y compris les battements de cil aguicheurs et les yeux larmoyants. Tout à fait son genre. « Pas étonnant, vu la tête que tu te paies. Je t’ai déjà dit que l’alcool ça rend moche. » Je lui sers la tête du mec qui a toujours raison, hautain et méprisant comme jamais. « Surtout qu’à la base tu n’as pas été aussi gâtée que moi, tu devrais faire plus attention. » J’achève sur ces charmantes paroles tandis qu’un policier me fait signe depuis son bureau. Cependant je compte bien profiter un peu plus de la situation en l’ignorant superbement, faisant mine de ne pas avoir aperçu son geste. « Et lui, c’est ton nouveau copain ? Beau gosse. » Je lève la main droite en l’agitant dans les airs, un sourire faussement accueillant plaqué sur le visage. « Salut. » Oh non, je ne m'égosille pas pour elle, pas encore du moins. Si elle veut jouer à la conne, elle va rapidement se rendre compte que le rôle du roi me sied à merveille.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Prelude to war [&Peter]   Prelude to war [&Peter] EmptyMer 3 Avr 2013 - 0:18

avatar
Invité
Invité

Prelude to war [&Peter] Empty

De la cellule poisseuse, je peux apercevoir l'agent Norton raccrocher le combiné et lancer un regard exorbité dans ma direction comme s'il avait vu le diable. Bingo, il a fait la connaissance de mon cher frérot. Je n'ai même pas besoin qu'il me décrive l'entretien téléphonique pour deviner ce qu'il s'est passé. Profusions d'injures digne d'une bonne sœur sortie du couvent pour la première fois de sa vie envers ma personne, quelques mots d'amour mélodieux dans la bouche de cet infâme petit chrétien. Peter est une de ces personnes âgées dont il ne faut déranger le train-train quotidien sous peine de le perturber. Le pauvre. Bientôt, il se retrouvera à l'hospice sans même s'en rendre compte. Mais il a beau faire l'insensible occupé chaque fois que j'ai besoin de lui, il viendra c'est certain. Parce que, monsieur, dans sa toute grande mansuétude, ne voudrait que je réveille nos pauvres parents déjà trop occupés à redresser notre situation financière pour venir me chercher. C'est son boulot de jouer à l'enfant irréprochable, le sauver de cette famille, et il en prendra un malin plaisir. Et c'est chose faite, puisque quelques longues minutes plus tard, le voici tout fringuant à se pavaner devant mon malheur. Je suis sûre qu'il a pris le temps de s'apprêter, tout propret qu'il est, vider un pot de gel entier sur sa tignasse de serpent, Médusa de bas étage.

Il me lance son air dédaigneux, celui qu'il sert à toutes les sauces : copyright Peter Huxley. Et pendant quelques secondes, je me demande si rester dans cette cellule, loin de ce crétin, n'est pas une si mauvaise idée. Il en profite pour me sortir son baratin habituel d'être supérieur et je mine de l'écouter, le regard livide déjà las de l'entendre rabâcher les mêmes conneries. Ce garçon ne sait donc pas se renouveler. Et moi non plus d'ailleurs, parce qu'il m'a percé à jour. Bien sûr que j'ai essayé de m'en sortir au charme. Mais la seule explication plausible que j'ai déniché pour expliquer cet échec : mon bourreau est gay. « Non, malheureusement pour moi, tu aurais eu plus de chance. Tout à fait ton genre, un charmant homosexuel dominant tout droit sortie de la salle de gym. » Parce qu'il me paraît évident que Peter est un passif, à quatre pattes sur les genoux c'est la position idéale pour demander la Rédemption d'un revendiqué parfait petit hétéro. Peut-être que passer à l'acte le décoincerait un peu, si seulement Sodome et Gomorrhe n'étaient pas un de ces cauchemars profonds et ça m'éviterait les popup de porno gay dès que j'emprunte son ordinateur. Toujours est-il qu'il n'a pas l'air pressé de me sortir d'ici puisqu'il commence à saluer mon nouveau compagnon d'aventure, en vient l'heure des présentations. « Je te présente ton futur beau-frère Bernardo, il vient du Pérou, ou d'un autre pays du Tiers Monde comme ça. Je comptais le présenter aux parents, qu'est ce que t'en dis ? » Bernardo se sent pris d'une attention toute particulière, comme si enfin dans sa vie quelqu'un le remarquait et se rapproche de moi pour montrer à mon frère une parfaite photo de famille. Je m'éloigne d'un pas tant bien que mal de cette glu, malgré mon équilibre encore fébrile, avant qu'il n'attente à une accolade. Il ne faut pas exagérer, hein, on n'a pas gardé les cochons ensemble. « Tu imagines notre fils ? Il aura son visage, c'est certain. » C'est toujours mieux qu’engendrer un doppelgänger de cet infâme rat mort. Quoi que, si j'en crois la mathématique gémellaire, mon double masculin et les quelques chromosomes qui nous séparent, nos enfants devraient tenir l'un de l'autre. Dieu me préserve de cette pensée répugnante. Je m'approche des barreaux en fer bien que j'évite par tout les moyens de les frôler, imaginant à peine le nombre de mains douteuses qui ont pu y déposer leurs germes malveillantes Et finalement, je recule à nouveau dès lors que la fragrance de cet imbécile m’empeste les narines. Sérieusement, décuplé par l'alcool, ce mec sent pire qu'une fille. C'est comme renifler le vison d'une sexagénaire morte noyée dans une piscine de Chanel n°5. Je grimace de dégoût, entre l'odeur rance du péruvien crasseux et la méprisable effluve de ce ramassis d'orgueil, et ma vision d'horreur. Il faut que j'écourte ce moment de torture, et connaissant mon frère, la tâche risque d'être compliquée. La situation inversée, j''en aurais profité tout autant. Même si le retrouver derrière les barreaux me comblerait de joie, cela semble improbable. « Bien que l'ambiance ici soit à son comble, je tiens à te rappeler que ta merveilleuse Mercedes est probablement reluquée à cet instant par une dizaine de prolétaires étrangers prêts à démonter tes pneus pour nourrir leur famille. » L'ultime menace, je parie qu'il chie déjà dans son froc. Imaginer qu'à cause de lui, cinq gamins hispaniques pourront manger à leur aise et plus tard dérober le travail d'américains le rongera jusqu'au bout.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Prelude to war [&Peter]   Prelude to war [&Peter] EmptyMer 3 Avr 2013 - 17:58

avatar
Invité
Invité

Prelude to war [&Peter] Empty

Ah, ah, ma sœur est une vraie comique. Je la fusille du regard quelques instants, mes iris verts brillant d’amertume. Rien que cette pensée déclenche un frisson qui me parcourt l’échine, et j’éprouve l’envie irrésistible de l’attraper par le col de son t-shirt puant pour coller son visage contre ces barreaux luisants de saleté. Avec un peu de chance, elle chopera un champignon mortel qui l’emportera dans la tombe, et je n’aurais plus à supporter ses sous-entendus humiliants. Mais je préfère conserver une parfaite indifférence, parce que je suis bien au-dessus de ces calomnies. Et bien que le désir de lui rétorquer que la ville n’est pas entièrement composée de déviants sexuels de son espèce me chatouille la gorge, je me contente d’un soupir navré et d’un regard dédaigneux à son encontre. Pauvre Liberty, l’alcool a fait des ravages tels qu’elle ne comprend pas qu’elle est en position d’infériorité ici, et qu’elle ferait mieux de commencer à s’agenouiller pour me supplier si elle compte quitter son cher Bernardo. Elle a de la chance qu’il soit aussi silencieux que le fidèle compagnon de Zorro, seuls des geignements rendus incompréhensibles par le Jet 27 –déduction logique vu la couleur de la tâche de vomi qui trône encore sur son pull tricoté main dont les habitants de son pays son si friands- s’échappant de sa bouche édentée. Et le spectacle de ce pauvre homme ravagé par toutes les substances illicites qu’il consomme probablement depuis des années me soulève le cœur. « Oh vous formez assurément un couple assorti. » J’acquiesce tandis que l’homme tente une approche. Si la vision de cet alcoolique n’est pas de nature à la dissuader de poursuivre dans la débauche, je ne vois pas ce que je peux faire de plus. A part les électrochocs, j’entends. Parce que c’est à ça que ressemblera ma belle petite sœur d’ici quelques années, j’en suis convaincu. Elle va se métamorphoser, comme Gregor Samsa s’est levé un matin dans la peau d’un cafard monstrueux. « Mais je ne lui donne pas plus d’une semaine. Au vue de ton palmarès, tu lui briseras certainement le cœur avant que nos parents engagent un tueur professionnel. » Quoiqu’ils s’imagineraient probablement qu’elle leur présente un potentiel jardinier, comme avec cette lesbienne qu’ils avaient osé inviter à notre table. J’observe son petit manège sans bouger un cil, la vois avancer puis reculer en fronçant le nez. C’est sûr que quand on s’est accoutumé à l’odeur nauséabonde de sa propre crasse, percevoir les effluves masculins d’un corps propre et parfumé doit filer un sérieux mal de crâne.

Je n’ai pas la moindre intention de me dépêcher pour mettre fin à son calvaire, puisque contempler le muet ramper jusqu’à ma sœur dégoûtée est susceptible de me déclencher un orgasme dans un avenir proche, cependant la morveuse soulève un point qui m’oblige à reconsidérer ma position. Ma belle Mercedes abandonnée aux mains de mexicains armés de fourches et de burritos s’impose à mon esprit, et l’angoisse m’envahit aussitôt. Je l’avais presque oubliée face à ce spectacle jouissif. « Tu marques un point. » J’étudie le couloir pendant quelques secondes, puis me dirige vers un jeune policier fraîchement sorti de l’école de police si j’en crois les bandes sur son uniforme. Je l’aborde avec un sourire engageant de ma fabrication, lui tendant une pièce pour la machine à café contre laquelle il se bat. « Dites-moi, je viens de demander à votre supérieur si un homme de confiance pouvait surveiller la Mercedes qui se trouve garée devant votre commissariat, et il vous a désigné sans la moindre hésitation. » Le jeune boutonneux, guère plus âge que les premières années qui traînent à l’UCLA, bombe le torse de fierté. Il faut vraiment être un crétin sans estime de soi pour se sentir honoré d’avoir été choisi pour jouer les gardiens de parking, mais peu importe, cette fois je suis relativement heureux d’avoir affaire à un imbécile. Le policier me remercie même avant de s’éclipser dans le couloir, en oubliant son café. Je trottine alors fièrement vers la cellule de dégrisement, haussant les sourcils. « Problème réglé. Bien, où nous en étions ? » Je fais mine de me creuser les méninges, reposant mes yeux sur elle après une courte pause. « Ah oui, tu allais me convaincre de te sortir de là en me jurant une obéissance sans faille pendant trois semaines. » Et encore, je me trouve bien généreux. Oh elle pourrait bien me jurer monts et merveilles pour me pisser dessus une fois sortie de sa cage, mais si elle a bien hérité une chose des Huxley, c’est la parole. Non pas que j'ai besoin d'une esclave, mais l'idée de la voir faire mon lit, passer le balai et rester à la maison pendant que se déroule la soirée la plus branchée de Los Angeles a le don de me rendre joyeux. Ce sera toujours trois semaines sans m'arracher les cheveux à imaginer ce qu'elle fait, et surtout avec qui elle le fait.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Prelude to war [&Peter]   Prelude to war [&Peter] EmptyJeu 4 Avr 2013 - 17:52

avatar
Invité
Invité

Prelude to war [&Peter] Empty

En voyant ce lamentable pantin accepter aussi facilement les tâches ingrates, je perds soudain foi en l'humanité. Mon pauvre. Pour quelques dollars de plus, l'être humain est capable de se rabaisser avec fierté. Ça n'a plus aucun sens. Et par la même occasion, c'est ma carte sortez de prison qui s'éloigne en plastronnant vers le seuil du commissariat. Si l'avenir des forces de la Police est aussi facilement corruptible, Peter sera bientôt en mesure de contrôler l'univers entier d'un coup de baguette. Et mon futur n'en sera que plus sombre. « Je ne te savais pas aussi confiant avec les sous-fifres. Mais je comprends, à voir sa carrure, il sera capable d'arrêter la révolution si Che Guevara veut une nouvelle Mercedes. » J’ajoute en pointant d’un mouvement de tête le guignol qui s’en va. Bien que les sarcasmes ne suffisent à changer la donne d'un destin enchaîné, ils me soulageront la conscience. Et si je n'étais pas enfermée, j’aurais pris les devants en allant moi-même crever ses pneus. Fier de son coup qui contrecarre mes plans, il revient vers moi comme un imbécile heureux, le sourire aux lèvres prêtes à m’annoncer ma sentence.

Je roule les yeux au ciel dans un long soupir. Si ça n'était pas prévisible. Aussi gros qu'un camion de pompier rose fuchsia, immanquable, je vous le donne en mille : du Peter tout craché. C'est un requin prêt à saisir le moment opportun pour vous arracher la jambe. Et en l'occurrence, la jambe ici est un vieux morceau déjà mâchonné d'un égo trop surdimensionné pour s'avouer vaincu malgré les batailles. Je reste apathique quelques instants, le temps d’aller m’assoir sur le seul siège de la pièce : un vulgaire banc qui a accueilli le cul d’une centaine de poivrots cuvant leur vin Eco+ en entonnant des chants paillards des plus triviaux. Mais quitte à rester planter ici, autant profiter du mobilier qui s’offre à moi lorsque la fatigue m’accable. La nuit s’annonce longue, un mal de crâne en perspective et la présence de ce serpent n’arrangera pas les choses. Comment expliquer clairement le fond de ma pensée ? Va te faire voir chez les grecs, pour rester poli –ce qui n’est pas dans mes habitudes. Quoi que, des statues d'éphèbes nus à tout le coin de rue, ça n’a rien d’un mal. Je dépose mes yeux sur son visage parfaitement tiré, un mélange de pitié attristée et de consternation, le jauge de haut en bas pour terminer indifférente. « Tu me déçois. » De toute façon, je ne suis jamais dans la position adéquate pour lutter contre ses avertissements. Je concentre mon attention sur les aspérités de la paroi contre moi. Je songe même à y inscrire quelques barres pour représenter le nombre d’heures depuis que je croupis dans ce taudis, à la façon d’un taulard, mais le pan est déjà recouvert de diverses épigraphes. Du célèbre suce ma bite au tout aussi courant j’emmerde la police. Charmant. Et finalement, j’abandonne mon introspection pour me remémorer la situation. A quel moment j'avais commis l'erreur de donner son numéro de téléphone. J'aurais pu passer n'importe quel autre appel dans ma liste de contact, gagner un pass vers la liberté et probablement finir la nuit dans un lit confortable, en meilleur compagnie que cette tête à claques. Mais à la place, j'ai écrit, comme un vieil automatisme, son numéro. Mes décisions sous l’influence de substances m’étonnent de jours en jours. Toujours est-il que je suis Faust, face à Méphistophélès. Il a cet air malsain, un rire démoniaque prêt à retentir entre ces murs atrocement mornes dès lors que j'aurais signé son pacte. Contre ma captivité carcérale, la servitude acerbe. Je n'ai jamais aussi bien porté mon prénom. Il ne manquerait plus que je lui demande l'aumône. Je repense à l'autre ducon planté devant une bagnole, pour finir au même stade que lui et je ne sais plus quelle attitude adopter. Courber l'échine pour une fois, accepter de rentrer dans les ordres et me calmer quelques temps -solution envisageable si elle n'impliquait pas sa victoire suivie d'une explosion de satisfaction- ou bien, batailler jusqu'à la fin dans un combat perdu d'avance pour un honneur qui baigne déjà dans une mare de vomi péruvien. « Je t'ai surestimé Peter. Dans ton rôle de messie de la famille, nous espérions que tu m’épargnes d'accomplir un nouveau pêcher. J’aurais pu contacter une de ces succubes prêtes à trainer nôtre nom -j'insiste sur le pronom, son égoïsme pur l’empêchant de se soucier d'un autre- dans la volupté, mais à la place j’ai choisi de demander la main tendue d’un bienfaiteur. Et toi, tu te contentes d'un vulgaire chantage. La charité est une notion qui se perd. » J’esquisse un sourire en coin, car je sais déjà qu’il est agacé par cette histoire et regrette de s’être déplacé. Au final, j’aurais accompli ma mission. « Tu choisis la solution de facilité, mais j'imagine que c'est concevable lorsque tu t'aperçois que tu n'es pas à la hauteur de ton fardeau. » Me remettre en place sur le droit chemin, une besogne chimérique qu’ils se sont entichés dès ma naissance, pour préserver la dignité sans tache d’un respecté blason. Je brave les innombrables effluves d'odeur, enjambe le cadavre de Bernardo qui s’est écroulé pour mieux profiter de la vue panoramique, et traverser la cellule -trois pas suffisent à parcourir la salle exiguë- jusqu'à lui. Je passe une main entre les barreaux poisseux, prête à engager le deal pour quelques minutes de liberté. « Une semaine. C’est une occasion à saisir, tu sais très bien que j’irais jusqu’à invoquer les démons pour sortir d’ici. Ça n’est qu’une question de temps et tu peux encore sauver les apparences. »
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Prelude to war [&Peter]   Prelude to war [&Peter] Empty

Contenu sponsorisé

Prelude to war [&Peter] Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
Prelude to war [&Peter]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [WCH] Golden Book
» Débat n°3: Sagan contre Boasson Hagen.
» Trofeo Matteoti (1.1)
» Peter ♣ N'oublie pas ton sourire, car il fera plaisir aux gens que tu aimes et il emmerdera ceux qui te détestent
» Peter Jr. White aka Shiver (Terminé)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
FRATERNITIES, SEVEN YEARS LATER :: Sujets de RP-
Sauter vers: