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 oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons.

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MessageSujet: oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons.   oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons. EmptyDim 6 Juil 2014 - 17:53

Oscar Luccheti
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L'année ? Enfin terminée. Les examens ? Validés. Avec succès. Le bonheur ? Encore impossible à attraper. Loin de ma portée, je le vois, qui file, lentement, de plus en plus loin ... Et c'est dans ce genre de moments que je ne peux pas m'empêcher de me demander pourquoi Mike s'était décidé à me gâcher la vie, la première fois qu'il m'avait embrassé. Certes, avec lui, j'avais été heureux ... Mais depuis la séparation, il n'existe plus rien. Plus rien que le vide et la plaie gigantesque gravée dans mon coeur. Et pourtant ... J'essaie d'avancer. J'essaie d'aller mieux, de me réparer. Maintes et maintes fois, j'ai tenté de me reconstruire et tout cela, sans grand succès. Au départ, il y avait eu James ... Et puis, il n'y avait plus personne. Plus le temps passait, plus j'avais l'impression d'évoluer, de me sortir de ce gouffre dans lequel moi et moi seul m'étais enterré ... Mais parfois, la réalité prend le dessus sur le désir, et se voiler la face n'est plus une option. Ce matin, je me suis réveillé en sursaut. J'avais rêvé de lui. Encore. Dans mon rêve, il criait mon nom. "Scar, scar ... Ne me laisse pas ici !" mais c'était trop tard. Je ne retournerai plus jamais vers lui. Après une douche froide, je me suis rapidement habillé ... Puis, sans réfléchir, sans même prendre le temps de m'organiser, j'ai empoché mon porte-feuille, mon téléphone et mes clés et je me suis précipité ici. Fabio dormait encore, d'ailleurs, lorsque j'ai franchi le seuil de la porte. Je me demande si hier soir encore, il avait une demoiselle pour lui tenir compagnie ... Puis, souriant légèrement, je me dis que c'était probablement le cas. Je crois que les seules nuits où Fabio n'a personne dans son lit, ça doit être le soir de Noël ainsi que celui de mon anniversaire. Soupirant légèrement, voilà que je feuillète les pages du livre que j'ai devant moi. Des études de Sigmund Freud. Quelque chose qui en barberait plus d'un mais qui, moi, m'intrigue énormément. Je veux en savoir plus. Comprendre, toujours comprendre. Expliquer, également ... En fait, je veux pouvoir avancer.

Dans la bibliothèque, un silence macabre règne. Personne n'est là, ou presque, hormis la chère madame confortablement installée derrière son comptoir, et deux ou trois jeunes gens installés par ci et par là. Il faut dire que l'été, les gens ont mieux à faire que de s'enfermer à l'intérieur pour bouquiner. Moi, cependant, c'est mon seul moyen de m'évader. Ce n'est qu'en lisant que je peux faire abstraction, réellement, de tout ce qui m'entoure. Ce n'est qu'en lisant que je peux enfin faire semblant d'oublier.




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MessageSujet: Re: oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons.   oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons. EmptyDim 6 Juil 2014 - 18:46

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L’été était enfin arrivé. Il aurait été facile pour Javier de prendre un avion, de s’envoler vers l’Espagne pour y passer quelques mois loin de tout. Le climat y serait sans doute plus clément et il reviendrait avec un teint basané qui ferait frémir d’envie la plupart des garçons de sa confrérie. Mais cela voudrait dire retourner sous le toit familial. Manger tous les mercredis avec l’abuelita, se rendre au baptême des cousins et des cousines. Un enfer. Sans doute croiser quelques garçons – torses nus pour la plupart, le temps s’y prêtant et leur égo le leur permettant. Non, il était inconcevable de retourner là-bas. Certes, tous ses amis quittaient le campus, le laissant seul à errer entre les arbres, à la recherche d’une éventuelle occupation. Ses vacances étaient finalement assez studieuses. Tous les matins, il faisait le même rituel. Aller courir un peu dans les bois avoisinants pour se réveiller l’esprit et le corps. Un fois la journée ainsi entamée, il se rendait au Starbucks pour prendre un café surmonté de chantilly. Les deux activités semblaient s’annuler de la sorte mais peu lui importait. La portée nutritionnelle du café lui était encore inconnue. Le vendeur lui adressait toujours un petit sourire en lui tendant son café et Javier sentait toujours un regard insistant le suivre alors qu’il se dirigeait vers la sortie. La suite était beaucoup moins glamour. Il se rendait dans la bibliothèque municipale, se plaçait contre la baie vitrée la plus proche pour se baigner dans le soleil, entouré de livres, de dictionnaires. Il désirait fortement rester en contact avec les langues qu’il apprenait à présent. Ne pas exercer pendant plusieurs semaines ses capacités de traduction ou d’élocution risquait de mettre en péril les années à venir. Cela pouvait même lui permettre de prendre un peu d’avance sur ces camarades les plus idiots. Le silence de la bibliothèque lui convenait parfaitement mais il devenait au fil des heures de plus en plus exigeant et intolérant. Dès qu’un nouvel arrivant se permettait d’ouvrir son ordinateur avec un de ces satanés bruits automatiques, Javier se retournait le regard sombre pour fusiller sur place ladite personne. Les gens ne pouvaient-ils donc pas prendre des précautions avant de se rendre dans ce temple du bruit ? Dès qu’une personne toussait ne serait-ce qu’une fois, il pouvait être sûr de voir s’abattre sur lui la malédiction de Javier sur lui. D’une part, qui était malade pendant l’été ? Et puis, d’autre part, les gens malades n’avaient qu’à continuer d’étudier chez eux. C’était exaspérant au possible et Javier soupirait à chaque fois. Ce lieu d’étude commençait à devenir un véritable lieu de désolation. Mais quelques perles de rareté traînait encore entre les tables, forçant le jeune homme à lever les yeux plus qu’il ne lui semblait nécessaire et ainsi admirer la beauté masculine pendant quelques secondes avant de se sentir coupable et de baisser les yeux rouges de honte.
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MessageSujet: Re: oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons.   oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons. EmptyDim 6 Juil 2014 - 21:29

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Un bruit étouffé me tire alors de mes songes. Furtivement, mon regard se tourne lentement vers le reste du monde, s'attardant sur chaque objet croisant sa trajectoire et pivotant aussi loin que mon cou le lui permettrait. Je vois des tables, des chaises, des gens, des livres. Un ordinateur. Une personne qui tousse. Je vois un décor banal, quelque chose qui ne devrait pas m'intriguer et qui ne m'intéresse pas plus que cela ... Et ainsi, mon regard se replonge dans les pages de Freud. Sublimation ... Inconscient ... Inversion ... Des notions récurrentes que je commence enfin à bien cerner. Ceci étant dit, il n'empêche que certains mots m'échappent encore complètement dans leur sens ... Et je n'ai pas le courage d'aller me chercher un dictionnaire afin de consulter leur signification contextuelle. Je me résigne donc à lire sans nécessairement tout comprendre. C'est dommage, certes, mais cela ne me dérange pas tant que cela. L'essentiel est d'intégrer l'essentiel, après tout, non ? Ma lecture avance donc ... Mais elle se fait éventuellement interrompre par un soupir, non loin de là. Attentif à ce son inattendu, je continue cependant de sonder la page de mes pupilles ... Jusqu'à ce qu'un deuxième soupir ne parvienne à mes oreilles. C'est alors que je m'aventure à relever mes deux yeux, temporairement, histoire d'examiner la source de ce bruit particulier.

Assis à une table non loin de là, ses doigts parcourent les pages d'un gros volume relié. Tiens, il en a, du courage, s'il compte le terminer. Les pages du livre sont noyées sous des lignes d'écriture noires, et je me dis que cela semble assez difficile à lire, même si je suis un peu loin pour pouvoir réellement en être le juge. Piqué d'une curiosité, je m'attarde donc légèrement à le regarder. Plutôt, je l'observe. Lui et son regard concentré. Ses yeux semblent focalisés sur la page, comme si rien ne pourraient les dévier de leur trajectoire ... Et pourtant, une personne éternuant non loin de là parvient à les faire se redresser, rapidement, avant qu'un nouveau soupire ne s'échappe d'entre ses belles lèvres rosées. Un sourire s'installe sur les miennes, légèrement amusé par ce jeune homme qui, visiblement, ne semble pas supporter le bruit. Un instant, j'hésite à tousser ... Et puis, je me dis qu'il vaudrait mieux que je m'en abstienne. Il pourrait très certainement venir me déranger, sinon, et si il me semble absolument charmant, j'aimerais tout de même finir mon chapitre, et peut être même en terminer un deuxième, avant de me remettre en route pour rentrer chez moi.




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MessageSujet: Re: oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons.   oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons. EmptyDim 6 Juil 2014 - 21:58

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L’écriture hébraïque n’est pas la plus simple à lire et malgré trois années passées à l’étudier, Javier avait encore du mal à assimiler la façon d’écrire, de tourner les phrases, de formuler certaines expressions. L’exercice est encore plus délicat quand il s’agissait de traduire vers l’anglais, qui n’était déjà pas sa langue maternelle. Cela lui infligeait évidemment une. Encore. Ce n’était pas possible. Les gens s’étaient forcément donné le mot. « Venez à la bibliothèque malade, Javier sera là pour étudier. » Ils continuaient encore et encore comme si c’était une habitude, une tradition, quelque chose qu’ils faisaient sans s’en rendre compte. S’il n’avait pas été aussi bien éduqué, il se serait sans doute lever et aurait lancé une pique assassine à cette sorte d’interlocuteur. Une autre approche plus délicate aurait sans doute été de s’approche délicatement dudit concerné et de lui tendre avec désinvolture un paque de mouchoir, lui intimant d’un regard lourd de conséquences de sortir au plus vite de la bibliothèque. Mais non, il était trop poli, trop bien-élevé pour faire le moindre geste. Il se replongeait dans sa lecture. Double-peine qu’il avait du mal à surmonter facilement. Avec de l’entraînement pensait-il, cela finirait par devenir plus aisé pour lui mais il était conscient des limites qu’il pouvait rencontre et ce malgré tous les efforts qu’il pouvait mettre dedans. Ses doigts commencèrent à reprendre automatiquement l’écriture tandis que son pouls ralentissait et que son esprit reprenait un calme apparent. Ses doigts glissaient le long des lignes en hébreu, sautaient sur un dictionnaire placé non loin de là, cherchant la traduction la plus adéquate, ouvrant un autre dictionnaire si besoin était et venaient finalement reprendre le stylo pour écrire quelques mots. Un cycle sans fin en apparence, brièvement interrompu par la vie extérieure à intervalles irréguliers. Soudain, il sentit se poser sur lui un regard plus insistant que les autres. Sans doute l’élève qui n’avait pas apprécié son claquement de langue quand il était entré avec ses talonnettes qui résonnaient sur le marbre du hall. N’ayant aucunement envie de se lancer dans une bataille de regards avec un parfait inconnu, il préféra continuer d’écrire quelques lignes en se rappelant mentalement d’où venait le regard de l’irrévérencieux. Le soleil continuait de lui éclairer le visage et il se sentait un peu comme un dieu auréolé par la lumière divine. La pensée aurait pu le faire sourire mais sa concentration était telle qu’il se contentait de s’humidifier les lèvres en passant sa langue dessus. Arrivé à la fin de sa phrase, il prit soin de lever lentement les yeux vers l’endroit tant haï. Un jeune homme qu’il n’avait jusque-là pas encore remarqué se dressait là, avec son livre, tranquillement, sereinement. Un rapide coup d’œil sur ses pieds lui confirma qu’il ne s’agissait pas de l’autre névrosé. Il semblait totalement obsédé par sa lecture. Il était trop loin pour pouvoir distinguer le titre mais cela ne semblait pas quelque chose de trop passionnant. Il lui semblait déceler un sourire sur ses lèvres mais ne saurait en devenir la provenance. Il se contenta de pincer ses lèvres pour leur redonner un peu de rouge. La beauté du jeune homme était certes renversante mais il ne pouvait pas se permettre de perdre trop de temps dans sa traduction et par ailleurs de fixer un autre garçon. Cela ne se faisait tout simplement pas. Son éducation n’était pas celle-là. Ne pas fixer et surtout ne pas fixer les garçons. Son regard s’était peut-être attardé trop longtemps et il avait peur de s’être fait repérer. Il baissa rapidement les yeux, fixant pendant quelques secondes le même mot avant de se décider à recommencer son œuvre.
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MessageSujet: Re: oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons.   oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons. EmptyLun 7 Juil 2014 - 2:21

Oscar Luccheti
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Scritch, scritch, scritch scritch. J'entends un stylo glisser le long d'une feuille de papier ; le son que sa pointe fait lorsqu'il se heurte aux fines cavités situées dans celle-ci. Méthodiquement, je vois ses bras se bouger, glisser, eux aussi, le long de lignes imaginaires. Comme s'il se servait de son index pour guider sa lecture, aiguiller sa vue et lui indiquer l'endroit de la page sur lequel il devrait fixer son attention. Ses cheveux sombres, baignés dans les rayons du soleil, se voient dotés d'un lumineux éclat sur le rebord de son crâne. Autour de lui, je vois certaines particules de poussière voler, et je me retrouve étrangement attiré et impressionné par un tel tableau de sérieux et de concentration. Je me demande si quand je lis, moi aussi j'ai l'air aussi absorbé que ça. Malheureusement, je pense que je ne le saurai probablement jamais.

Je me demande s'il est conscient que je le dévisage depuis quelques instants maintenant.

Lorsqu'il passe une langue sur sa lèvre, le doute commence d'ailleurs à s'installer en moi. Je me demande s'il a simplement besoin de se ré-hydrater la lèvre ou s'il cherche tout simplement à accrocher mon regard. Puis, je secoue de la tête. Arrête, Oscar, tu réfléchis trop. C'est la vraie vie, ici, et non un film Hollywoodien. À ce moment là, j'aperçois un mouvement furtif dans son regard, et je me rends compte qu'il commence, lui aussi, à m'observer. Merde ! Il a entendu mes pensées ou quoi ? Immédiatement, voilà que je me replonge dans mon Freud, cherchant désespérément à retrouver le confort de ses mots afin de pouvoir me noyer dans leur sens. L'inconscient, l'inconscient, l'inconscient ... Mais la seule pensée que j'arrive réellement à formuler, à ce moment précis, est la suivante : Il m'a vu. Il sait que je le regardais. Je ne comprends même pas pourquoi cela m'affecte autant que ça, étant donné qu'au final, je n'ai rien fait de mal. Il ne pourra donc pas venir me reprocher quoi que ce soit, si ?

Du coin de l'oeil, je l'observe. Pourquoi est-ce qu'il me regarde pendant aussi longtemps, d'ailleurs, hein ? N'a-t-il donc rien de mieux à faire ? Les gros volumes entassés devant lui ne lui suffisent-ils plus pour assurer son divertissement ? Dès que je sens son regard se focaliser sur moi à nouveau, le mien s'abat à nouveau sur la page tatouée de texte qui se trouve sous mes yeux. Je me sens étrange, en ce moment. Mal à l'aise. Observé. Dévisagé, presque jugé. Une boule se forme alors au fond de ma gorge. Cette sensation n'est pas exactement très agréable ... Et pourtant, une part de moi s'est éveillée à l'idée de pouvoir être observé par un inconnu total et cette part s'appelle la curiosité. Il se remet à son occupation, et, soulagé, j'émets un léger soupir. Libre. Me voilà libéré de son regard emprisonnant et étouffant. Me voilà libre de ce contact visuel déstabilisant.

C'est alors que je me rends compte que je n'aurais peut être pas dû soupirer et que mes yeux reviennent s'enterrer sur le bouquin logé entre mes mains tandis que, de mon index droit, voilà que je tourne rapidement la page, sans même avoir fini de sonder le contenu de celle qui se trouvait jusqu'alors sous mes yeux.




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MessageSujet: Re: oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons.   oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons. EmptyLun 7 Juil 2014 - 21:26

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L’autre n’était-il pas en train de continuer d’observer Javier ou était-ce plutôt le fruit de sa fertile imagination ? Ses yeux continuaient de fixer le même mot, encore et encore. Il n’en comprenait pas le sens mais préférait faire ainsi continuer d’user ses yeux sur le terme de לקוני que de les relever et de prendre le risque de croiser les yeux de ce bel inconnu. לקוני ne semblait pourtant pas du tout adapté à la situation. Laconique. Ce petit jeu était tout sauf laconique et cela commençait à l’énerver au plus haut point. A force de fixer ce mot, il en avait fini par être foncièrement intéressé par sa signification, retournant dans sa bulle et ne faisant plus attention à ce qui se passait autour de lui. Comme pris dans une transe mystique, ses doigts virevoltaient entre les pages des dictionnaires, revenant parfois en arrière – la connaissance de l’alphabet n’avait jamais fait partie des qualités mises en avant par le jeune homme lors de ses entretiens.

Laconic. Lacónico. La phrase lui semblait encore absconse en l’état mais il devrait faire avec. La fin de son périple s’achevait alors qu’il notait légèrement la traduction. La bulle avait éclaté et il avait repris conscience du monde qui l’entourait. Il humidifia de nouveau ses lèvres qui avaient une folle tendance à sécher rapidement et à perdre. Soupir. Qui donc osait soupirer dans SA bibliothèque ? Il était le roi des soupirs et ne laisserait personne prétendre à ce titre qui lui appartenait de droit. Il leva les yeux rapidement, foudroyant du regard l’endroit d’où provenait ledit soupir.

Fuck. Il avait oublié où il se trouvait et qui était placé à cette endroit. Le sort semblait s’acharner contre lui, le poussant toujours à poser son regard sur l’autre. Et de constater que lui aussi le regardait. Il baissa les yeux rapidement, sentant le rouge monter sur ses joues, une nouvelles fois. Il porta discrètement la main dans ses cheveux, de peur qu’une plume ne se soit posée sans qu’il ne s’en rende compte puis essuya ses joues au cas où des paillettes avaient réussi à trouver son chemin jusque-là. Il passa rapidement sa langue sur les commissures de ses lèvres, espérant qu’il avait bien essuyé le dentifrice après s’être lavé les dents ou qu’il avait bien avalé toute la blanche chantilly de son café. Qu’est-ce qui n’allait donc pas chez lui pour pousser un autre homme à l’observer de la sorte ? Après quelques minutes, temps qui lui parut nécessaire pour s’assurer que le moindre observateur extérieur ne voit pas en lui un harceleur en herbe et ne prévienne la police pour outrage à agent, il releva les yeux.

Son vis-à-vis était encore plongé dans sa lecture même s’il lui semblait que les yeux ne bougeaient pas, donnant une fausse image de concentration. Il prit la peine de détailler un peu plus le jeune homme au charme après tout quelconque. Il n‘avait réellement rien d’exceptionnel, ne proposait rien de bien avant-gardiste – ressemblant plus à un hipster mainstream qu’à une véritable personne (il ne manquait que la moustache pour compléter ce tableau déjà ahurissant !) – et même ses yeux verts n’étaient pas éclatants et n’offraient aucun rêve. Il semblait plus être un garçon ennuyant, digne d’un intérêt plus que restreint dont la vie était plate. Et en plus il soupirait. Il semblait cumuler toutes les tares ce pauvre garçon. Levant les yeux au ciel, il profita encore quelques instants des rayons du soleil avant de se replonger dans sa lecture, celle fois, plus serein.
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MessageSujet: Re: oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons.   oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons. EmptyMer 9 Juil 2014 - 0:19

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Mes boucles brunes chatouillant mon front, je me rends compte que je dois avoir l'air d'un homme préhistorique. Immédiatement, voilà que je deviens consciencieux de mon apparence - ou, tout du moins, davantage qu'à l'accoutumée - et je me rends compte que c'est probablement parce que je me sens observé. Comme quoi. Je commence à me ressentir légèrement plus tendu, d'ailleurs, comme si on me jugeait pour un crime que je n'avais pas commis. D'abord, la tension se fait ressentir dans mon gosier. En effet, je le sens se resserrer, jusqu'au point où je me demande si je suis encore en train de respirer où si je suis plutôt en train de suffoquer. Puis, vient la sueur. Cette sueur insupportable qui tache les vêtements, cette sueur qui accompagne souvent la sensation fiévreuse d'asphyxie et ne vient jamais sans le ressenti que quelqu'un a allumé le chauffage central et l'a monté jusqu'à 40 degrés. À l'intérieur de mon corps, tout du moins, étant donné que l'air autour de moi est plus froid, contre ma peau. Je me sens réellement mal, en présence de cet inconnu et de son regard hautain et imperceptible. Tant et si bien que j'ai tout simplement envie de détourner mon regard de lui et de fixer à nouveau la page de psychanalyse qui se trouve sous mes yeux. C'est donc ce que je fais ... Mais rien n'y fait. Je me sens toujours autant fixé, dévisagé, scruté, jugé. L'inconnu continue de me regarder et, maintenant, voilà que je me sens inférieur à lui.

Il me regarde parce qu'il se croit meilleur que moi.

Et c'est à ce moment là que les rôles s'inversent, dans ma tête.

Il n'est pas meilleur que moi.

Je suis Oscar Luccheti, je me présente : vingt-six ans, six années d'études de droit dans le crâne et une aise complètement avec le fait que j'ai un fort penchant pour la gente masculine. Je me suis senti inférieur lorsque j'ai découvert que Mike m'avait menti pendant deux ans au sujet de son pseudo-divorce, je me suis senti inférieur lorsque je me suis retrouvé avec James, qui m'aimait bien plus que je ne le méritais ... Mais depuis, je sais que je n'ai plus à me sentir inférieur. C'est à ce moment précis, lorsque je me décide de lui renvoyer son regard, qu'il détourne le sien ... D'où mon soupir.

Et maintenant, voilà que c'est reparti pour un tour. Mais cette fois-ci, je le regarde sans crainte. Les sourcils légèrement (très légèrement) froncés, je le regarde intensément, cherchant une ouverture, un moyen de plonger mes pupilles dans les siennes. Allez, petit. Regarde par là, si j'y suis. Maintenant, il semble en position de faiblesse. Lui se recoiffe, lui s'essuie le visage. Il se demande exactement ce que je me suis demandé, tout à l'heure : "Est-ce qu'il est en train de me juger parce qu'il me méprise ?" Et pourtant, je ne le méprise pas. Je suis simplement décidé à ne pas me laisser faire. Lorsqu'il passe une troisième fois sa langue sur sa lèvre du haut, je me sens légèrement déstabilisé, étant donné que ce geste portera toujours une certaine beauté et une certaine élégance à mes yeux. Mais je ne me laisse pas abattre pour autant. Son regard se détourne alors. J'ai gagné la bataille. Et sans dire un mot de plus, sereinement, voilà que je poursuis, à nouveau, ma lecture. Je reste cependant aux aguets, persuadé que ce n'est que partie remise ... Et avec raison.

Lorsqu'il me regarde à nouveau, je fais semblant de lire. Pour le coup, je me sens réellement scruté. Dévisagé. Il doit probablement profiter du fait que j'aie l'air "concentré" et donc distrait afin de pouvoir mieux m'observer, passant probablement chacun de mes défauts au peigne fin, m'observant comme une cellule sous la lumière d'un microscope. Cette surveillance me met extrêmement mal à l'aise. Mes mains sont moites, je peux sentir une boule gigantesque dans mon ventre.

À nouveau, le jeune homme se plonge dans sa lecture ... Mais pour moi, c'est terminé.

Je ne peux pas m'empêcher de le dévisager, moi, à mon tour. Et pourquoi est-ce que tu te crois meilleur que moi, bambino ? Et pourquoi est-ce que tu me regardes comme ça ?

Mais plus je le regarde, plus je me dis que je ne cherche rien en particulier, chez lui. Il n'y a pas le moindre défaut, pas la moindre chose à rabaisser, d'une part, par pure objectivité, mais également parce que, de nature, j'ai du mal à voir le mauvais dans les personnes que je croise sur mon chemin. Alors, c'est d'un regard nouveau que je le dévisage : d'une curiosité qui vient de naitre de l'apprentissage du fait qu'il ne m'est ni supérieur, ni inférieur. Il m'est différent, tout simplement ... Je le vois et, je le comprends, maintenant. Et pourtant, plus je le regarde, plus j'ai l'étrange impression que nous ne sommes pas si différents que cela ... Une étrange impression de déjà vu. Lorsque je le regarde, j'ai l'impression de voir mon reflet se mouvoir en face de moi. Un reflet moins âgé, certes ... Mais un reflet malgré tout.




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MessageSujet: Re: oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons.   oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons. EmptyMer 9 Juil 2014 - 19:08

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Ce regard. Il continuait de le regarder. Comme s’il ne pouvait pas s’en empêcher. Il sentait bien que l’autre était encore là, les yeux levés, ses sourcils touffus courbés, potentiellement le sourire aux lèvres, amusé par la situation. Allaient-ils donc continuer ainsi pendant longtemps, à s’observer à tour de rôle, comme deux lions dans une cage, attendant patiemment que l’autre ne dévoile un instant de faiblesse pour se jeter à son cou, lui planter ses dents dans sa chair et le vider de la sorte de son sang. Même dans ses états de concentration intense, Javier ne pouvait s’empêcher – de manière paranoïaque peut-être – de sentir ce regard se poser sur lui. Il était cependant temps de mettre fin à cette mascarade. Cela n’avait plus aucun sens. Les deux jeunes hommes savaient très bien qu’ils s’observaient l’un l’autre, souvent et longuement, que parfois même leurs regards se croisaient brièvement avant que l’un ou l’autre ne détourne les yeux, pour donner un semblant de timidité ou d’un autre sentiment ridicule.

Il fallait finir. Partir. S’en aller. Vivre. Il fallait en finir. D’un geste brusque, Javier referma l’énorme dictionnaire placé devant lui en un bruit sonore et théâtral. De manière inconsciente sans doute, il espérait attirer l’attention de son vis-à-vis, lu signaler le changement un changement d’acte et de décor. Il arrangea les feuilles placées devant lui et referma son stylo. Il lui fallait prendre l’air. L’atmosphère était devenue pesante. Trop pesante pour lui. Le soleil commençait à lui taper sur la tête et il sentait une goutte de sueur couler le long de son front, goutte qu’il essuya d’un geste négligeant de la main. Il ne jeta aucun regard au jeune homme mais était presque certain que chacun de ses gestes étaient minutieusement scrutés. Il ne voulait pas donner l’impression d’en être conscient mais il sentait bien que le mouvement de ses bras n’était pas aussi naturel qu’il aurait dû l’être. Ou peut-être était-ce seulement la sensation de son cœur battant rapidement dans sa poitrine qui lui donnait l’illusion de l’anormalité de sa situation. Les jambes tremblantes, il se leva de sa chaise, s’étira pendant quelques instants – sans avoir une nouvelle fois conscience qu’il faisait remonter le bas de son tee-shirt, dévoilant une partie de son bas-ventre – avant de se diriger vers la sortie.

Il avait pris un livre dans les mains pour donner l’illusion du trajet qu’il accomplissait. Il y avait bien plus rapide pour sortir de la bibliothèque municipale mais il avait détourné son chemin pour passer juste à côté de cet inconnu. Il inspira profondément en passant près de lui pour imprimer en lui l’odeur de ce scrutateur impromptu. Le doux parfum du jeune homme remonta en lui, provoquant des réactions non désirées. Il éternua bruyamment avant de se diriger vers la sortie.

Pas un seul instant il ne se retourna. Il savait – ou plutôt se doutait – que l’autre suivait du regard son parcours. Il n’avait pas besoin de se retourner pour le savoir. Il l’espérait. Ou l’espérait-il vraiment ? Qu’attendait-il au final de ce jeu de regards interminable avec un inconnu dans un lieu public. L’air frais cingla son visage et lui redonna des couleurs. Il passa une nouvelle fois sa langue sur ses lèvres et sorti de sa poche un paquet de cigarettes. Il en prit délicatement une, la porta à sa bouche avant de se raviser. Il jeta un regard furtif à l’intérieur de la bibliothèque à travers la baie vitrée mais le faux jour l’empêchait de distinguer quoi que ce soit. Il ne pouvait pas être certain que l’autre était en train de l’observer. Il n’était pas non plus sûr de l’espérer. Peu lui importait finalement.

D’un nouveau geste brusque, il alluma sa cigarette et commença à jouer avec la fumée qui s’échappait de sa bouche. Fumer lui apporta la paix qu’il recherchait et déjà il sentait que son cœur battait moins vite, plus lentement, plus tranquillement. Il balança sa tête en arrière, laissant les rayons du soleil se poser sur son visage, se vidant l’esprit. L’image de ce garçon revenait en boucle dans sa tête, il avait beau fermer les yeux ou au contraire fixer son regard sur autre chose, rien n’y faisait. Cela le rendait fou. Il avait d’ores et déjà eu des pensées dites « impures » concernant des beaux mâles mais il ne parvenait pas à l’idée de la « normalité » de sa situation. Son regard revenait sans cesse sur la porte de la bibliothèque, son cœur manquant un battement à chaque fois que les portes s’ouvraient, laissant le passage à quelques étudiants dont aucun ne savait attirer son regard comme l’inconnu parvenait à le faire. Il lui semblait être un moucheron tournant autour d’un pot de miel qui avait fini par s’embourber dedans du fait de son envie malsaine.

Le cœur déçu, il écrasa sa cigarette à terre, le sourire fermé, attrapant un chewing-gum qu’il lança dans sa bouche pour se redonner du courage, une haleine – qui était de toute façon bonne – et surtout par habitude. Il leva les yeux au ciel, soupira un grand coup avant de se diriger à nouveau vers la porte. Il était temps de reprendre les études et d’arrêter de regarder les garçons. Père et Mère ne seraient sans doute pas ravis.
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MessageSujet: Re: oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons.   oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons. EmptyVen 11 Juil 2014 - 3:09

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Un claquement se fait entendre dans l'intégralité de la salle ; le genre de bruit sec provoqué par la fermeture d'un gros volume qui a le chic de déranger toute personne se tenant dans les environs. Moi y compris. Légèrement agacé par cette perturbation de mon environnement calme et isolé, jusqu'alors perturbé uniquement par la simple présence de l'inconnu, mes yeux se lèvent automatiquement dans le but de retrouver la source, la cause de ce bruit. Je suis par ailleurs surpris de constater que lorsque deux personnes chuchotent de façon - plus ou moins - inoffensive, la documentaliste ne se fait pas prier à deux reprises pour venir leur prier d'interrompre leur communication. Lorsqu'une personne fait un vacarme épouvantable en refermant des bouquins ou en les rangeant sur les étagères (ou même en les faisant tomber d'une de ces étagères), on se demande bien où elle se cache, celle-là, étant donné qu'elle est tellement discrète qu'on pourrait croire qu'elle s'est volatilisée dans le néant. En cherchant mon nuisible dans la bibliothèque, mes pupilles s'attardent d'ailleurs sur cette charmante documentaliste, trop occupée à lire People magazine pour ne serait-ce que battre d'un cil suite à cette reproduction minimaliste d'un ronronnement sismique. Lorsque mes iris atterrissent finalement sur ce qui m'avait poussé à ôter mes yeux de la page (et, à une moindre échelle d'importance, à en oublier le perturbant inconnu que je ne parviens pas à quitter du regard depuis tout à l'heure), je ne sais pas si la réaction adéquate à adopter est de me mettre à rire ou à rager. En effet, la source du bruit perturbateur n'est autre que l'inconnu, qui, je m'en rends maintenant compte, mérite bien un surnom propre à lui. Il me faut un léger temps de réflexion avant d'en venir à la conclusion que le seul nom qui lui correspond est "Caprice", et ainsi, voilà qu'à mes yeux, l'inconnu a officiellement été baptisé en tant que "Caprice".

Ce n'est qu'à ce moment là que je me rends compte que Caprice est depuis sorti de la bibliothèque. Certes, je l'avais vu se lever. Je l'avais vu s'étirer afin de m'offrir une vue imprenable sur son nombril. Je l'avais même vu se diriger vers la sortie sur ses fines jambes qui lui accordent une certaine grâce, une certaine élégance ... Mais j'avais vu ces évènements se produire d'un regard distrait, ce qui explique pourquoi ce n'est que maintenant que je peux correctement les assimiler pour mieux les intégrer à ma mémoire à moi. C'est alors que je me rends compte que la sortie est derrière moi ; du moins, celle que lui semble vouloir emprunter, étant donné qu'il y en avait une autre, de l'autre côté du bâtiment ... Et voilà que je ressens sa présence à mes côtés. J'entends le froissement de son pantalon, la danse rythmée de ses pas. Je sens l'odeur de son parfum, une odeur agréable mais pas trop prononcée pour autant ... Il a la dégaine du prototype parfait de l'homme sûr de lui en apparence, mais apparemment tout sauf. Lorsqu'il éternue, je reste muet et interdit, parce que je me demande s'il éternue pour tenter de communiquer avec moi ou si mon parfum à moi le dérange d'une façon quelconque. En tous les cas, une chose est certaine : le désir de lui attraper le poignet pour effectuer un contact et établir une connexion entre lui et moi est fort. Obsédant, presque. Je n'avais pas envisagé de me diriger vers lui lorsqu'il était, tout à l'heure, assis, pourtant à deux-trois tables de moi ... Mais ça, c'est probablement parce que son immobilité relative me donnait l'impression qu'il ne bougerait jamais. Que j'aurais donc tout le temps pour échanger avec lui si toutefois j'en avais encore le voeu lorsque je me serais décidé à le faire.

Maintenant, il va sortir. Ce serait le moment ou jamais ... Et il ne me reste qu'un quart de seconde pour réfléchir à mes actions futures. Je me décide éventuellement à le laisser filer. Je ne compte pas l'attraper par le poignet, pour la simple et bonne raison que cela peut être considérer par certains comme une agression et que je ne souhaite pas me retrouver dans une affaire légale - ce serait le comble, pour un futur avocat comme moi ! Qui plus est, je suis conscient que quoi que j'ai envie de lui dire, je n'ai rien de particulièrement important ou d'intéressant à lui annoncer. Je me résous donc à le voir disparaitre, sans même effectuer une dernière vaine tentative de communication ... Et voilà que sans plus attendre, il traverse le seuil de la porte, me laissant seul dans mon silence et dans ma plénitude.

Et me voilà revenu au point de départ.

Il fait beau, le soleil bat à son plein, et voilà que je suis ici, installé confortablement à l'intérieur, isolé du soleil, qui ne filtre qu'à travers les quelques vitres de la bibliothèque, un bouquin de Sigmund Freud ouvert devant moi. Ma mère m'engueulerait si elle savait que je ne profite pas d'une si belle journée en me promenant dehors. "Va à la plage, marche un peu ! Il fait si beau, que fais-tu encore recroquevillé à l'intérieur ? Prends l'air, un peu, regarde moi ce visage ! Mamma mia, et après il s'étonne d'être blanc comme un cul." Heureusement que maman vit à Syracuse. Les gens vont et viennent, dans la bibliothèque. Je constate d'ailleurs plus de sorties que d'entrées, ce qui est particulièrement surprenant, étant donné qu'il n'y avait pas grand monde ici, pour commencer. Quoi que ... Ce n'est pas si surprenant que cela dans la mesure où il doit probablement y avoir peu de gens assez fous pour oser s'aventurer ici par un jour de plage. Généralement, les étudiants assidus venaient dans la matinée, comme moi. Toujours est-il que Caprice semble avoir lancé la mode des départs. Le con. Si sa présence me perturbait au plus haut point, m'empêchant de lire en toute tranquillité et de me concentrer sur les mots du précurseur de la psychanalyse, son absence m'handicape complètement dans la mesure où maintenant, je ne peux pas lire trois phrases avant d'entendre le déclic insupportable de la porte qui s'ouvre et se referme. Certes, c'est une porte en verre ... Mais malgré tout, une sortie reste une sortie, marquée par son assortiment de bruits de fond. Un leitmotiv, on appelle ça.

Éventuellement, je me mets à l'évidence que quelle que soit l'humeur dans laquelle j'étais avant d'entrer ici, ce matin ... Je suis considérablement d'une humeur toute autre à l'heure actuelle. Lire n'a donc plus aucun intérêt pour moi dans la mesure où je me retrouve à présent dans l'incapacité de me concentrer ... Et c'est pour cela que, déçu, je me lève lentement afin de ranger le livre à sa place et de quitter la bibliothèque à mon tour. J'aurais pu l'emmener avec moi, mais malgré une volonté de fer, il y a peu de chances que je lise Freud dans le confort de ma maison : il y a toujours autre chose de plus important ou de plus intéressant à faire. En sortant du bâtiment, après avoir fait un sourire courtois à la documentaliste, occupée à fantasmer sur le corps à moitié dénudé de Joe Manganiello, je m'apprête à marcher jusqu'à l'arrête de bus lorsque je me rends compte que Caprice est dehors, lui aussi. Oh ... Je le croyais pourtant parti, moi, et ce, depuis longtemps. Et pour le coup, je ne sais pas quoi dire, étant donné que je ne m'attendais pas à le retrouver un jour, encore moins aussi tôt. M'attendait-il ? Désirait-il me parler ? Que faisait-il encore ici ?

Trop de questions qui se bousculent dans ma tête. Et pourtant, Caprice ne semble pas décidé à me parler. Il se contente de me regarder, du même regard que tout à l'heure. Eh bien soit. Calmement, je m'avance vers un muret, non loin de là, pour m'y adosser. Sortant alors mon téléphone portable de ma poche, j'y entre mon mot de passe avant de commencer à ouvrir des applications en vrac, sans objectif particulier. Et c'est alors que je relève des yeux, une énième fois, cherchant les siens du regard. Regarde moi, Caprice. Laisse tes yeux me raconter les secrets que tu sembles bien déterminé à ne jamais prononcer. Peut être est-il muet, après tout, qui sait ?

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MessageSujet: Re: oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons.   oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons. EmptyVen 11 Juil 2014 - 22:02

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Boum. Et voilà qu’un nouveau battement manquait à l’appel. Le temps s’était arrêté pendant quelques secondes alors même qu’il tentait d’ouvrir la porte. D’une manière quasi similaire, l’autre avait choisi de faire le même geste et ils s’étaient presque croisés, effleurés – efflorés, déflorés – les battants de la porte se rabattant mécaniquement. Il resta un instant interdit, sentant de nouveau la présence de cet inconnu si – trop – proche de lui. Aucun contact physique à proprement dit n’avait été établi entre eux deux mais la proximité de leur corps et la chaleur qu’ils dégageaient respectivement remplissait l’espace qui les séparait. Leurs auras étaient entrées en collision et il lui semblait voir dans l’air flotter les particules de cette rencontre si fortuite. Cela faisait déjà de longues minutes qu’il attendait dehors et ce n’était qu’au moment précis où il se décidait à rentrer, déçu de savoir qu’il ne l’avait pas suivi, que l’autre pointait finalement le bout de son nez. C’en était frustrant. Il analysa rapidement l’allure de son vis-à-vis, profitant de la confusion générale pour l’observer de la tête aux pieds et constater qu’il s’apprêtait à quitter les yeux. Pourtant, il semblait à Javier avoir été assez explicite concernant ses intentions de retourner dans les lieux en laissant ses livres, son sac et sa dignité sur place. Mais peut-être se faisait-il trop d’illusions et que l’inconnu n’en avait que faire de lui.

Boum. Il lui sembla pourtant que l’autre aussi s’était arrêté le temps d’une seconde en le découvrant sur l’esplanade devant la bibliothèque, comme s’il ne s’attendait pas à le trouver là. Ses yeux de merlan frit ne lui donnaient absolument pas l’air gracieux qu’il pouvait avoir en étant concentré mais les fossettes qui se dessinaient sur ses joues compensaient ce regard absent globuleux. Le temps coulait beaucoup trop vite et il ne parvenait pas à se décider. Devait-il rester ou rentrer dans la bibliothèque ? La première option était alléchante. Il pourrait d’une part profiter encore un peu du soleil sur sa douce peau et s’allumer une nouvelle cigarette, prendre son pied à regarder les gens entrer d’un air jovial et ressortir d’un air dépité. Mais en rentrant lui-même dans la bibliothèque, il saurait effectivement s’il se passait réellement quelque chose entre cet inconnu quelconque et lui-même. Ce serait un moyen efficace pour vérifier sa théorie tout en prenant le risque de perdre de vue cet individu lambda. Javier s’apprêtait à rentrer de nouveau dans la bibliothèque quand l’autre s’arrêta à mi-chemin, posant son délicat fessier et son dos poilu contre un muret, en plein soleil. Javier était presque sûr d’avoir vu son visage se crisper de douleur sur le mur chaud mais n’en était pas réellement certain. Il ne semble rien faire mais sa situation est trop suspecte pour ne pas éveiller en Javier une bribe de curiosité.

Peut-être attendait-il seulement un ami ou sa mère ou sa copine ou quelqu’un tout simplement. Il n’était pas forcément resté pour observer – de nouveau – Javier et son corps. Mais il était difficile d’en être certain sans tenter l’expérience. Il décida de rester encore quelques temps dehors et alluma une nouvelle cigarette, expulsant la fumée de sa bouche sans un sourire. Il resta ainsi quelques instants interdit avant de se rendre compte que l’autre ne lui accordait pas un seul regard mais semblait au contraire obnubilé par la technologie qui semblait greffée dans sa main. Is that Grindr? Il avait entendu parler au détour d’une conversation de cette application pour téléphone intelligent qui – lui semblait-il, il ne traînait bien évidemment pas sur ce genre de chose – fonctionnait sur le principe de la géolocalisation. Son vis-à-vis était-il donc en train de le chercher ? De vérifier quelque chose ? Etait-il à la recherche d’un hook-up avec un inconnu de la bibliothèque ? Cette seule pensée le fit rougir jusqu’aux oreilles et son regard devint plus dur, haineux et enclin à critiquer qui de droit. La clope au bec, il regardait à présent l’autre avec un naturel dédain. La technologie avait tué les relations sociales et ce garçon en était la preuve vivante. Trouver de la chair fraîche sur son téléphone, n’échanger presque aucun mot, tout cela lui semblait bien futile. Il était à deux doigts de partir sans se retourner mais n’avait aucunement envie de lâcher cette cigarette tant méritée. Pendant un instant, son regard accrocha une scène qui se déroulait à l’arrière-plan avant de se rendre compte que l’autre pouvait facilement interpréter cela, du fait de la direction de ses yeux, comme une attaque personnelle.

Pourtant, il ne faisait que regarder dans le vide et ne le regardait pas spécifiquement. Ne le regarder pas du tout à vrai dire. Ce garçon commençait à le dégoûter réellement. D’ailleurs, pourquoi ne restait-il pas plus longtemps à la bibliothèque. Il semblait n’être qu’un jeune homme en quête d’une carrière qu’il n’obtiendrait jamais et qui ferait mieux de rester encore quelques heures s’il entendait vraiment réussir ce qu’il entreprenait. Il détourna les yeux, cependant penaud de donner l’impression de fixer quelqu’un, concentrant son regard sur la cigarette qu’il tenait dans la main. L’air devenait beaucoup trop lourd et malsain. Il était temps de retourner à l’intérieur. Il releva légèrement les yeux pour fixer les jambes de son « interlocuteur ». Il espérait ainsi ne pas donner l’impression de le regarder avec intensité alors que son but était de vérifier sa corpulence. Mais cette période d’observation l’ennuyait grandement surtout que l’autre fixait toujours son téléphone. L’étincelle de danger qu’avait cru déceler le jeune homme dans la bibliothèque avait à présent disparu. Javier s’était peut-être finalement trompé – même s’il ne l’avouerait jamais. Que faire à présent : rester ou rentrer ?
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MessageSujet: Re: oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons.   oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons. EmptyDim 13 Juil 2014 - 19:29

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Le simple fait qu'il soit si proche de met me laisse perplexe. Cela me met positivement mal à l'aise. Son souffle, son parfum, sa simple présence me gêne. Me dérange. Va t'en, s'il te plait, éloigne toi, arrête de m'envahir. Son regard perce le mien comme le dard d'une guêpe le ferait à l'épiderme de ma peau ... Et j'ai l'impression que ma bulle de protection, cette bulle invisible de sécurité qui m'enveloppe systématiquement, vient d'être anéantie, tout simplement parce qu'il vient de poser le pied à l'intérieur de celle-ci. C'en est décourageant. Je me décide donc à me poser assez loin de lui, stratégiquement, de sorte à tenter (je dis bien tenter) de reconstruire ma bulle loin de lui. Mais pas trop non plus, histoire de pouvoir l'observer, malgré tout. C'est donc pour cela que je choisis le mur sur la droite comme point de recueillement, posant mon dos contre sa surface en brique et soupirant légèrement lorsque les cellules de mon dos entrent en contact avec la surface chaude (peut être même trop chaude ) du mur.

Fronçant légèrement mes sourcils touffus, j'émets un léger gémissement en simple réaction à la chaleur m'enveloppant. En effet, je trouve qu'il fait douloureusement chaud ... Et pourtant, si mon corps se crispe légèrement, je ne me déplace pas pour autant. Semble fort, parais fort. Dis-toi qu'il n'oserait probablement pas faire un truc pareil. Qu'il doit bien se douter qu'aujourd'hui, il fait incroyablement chaud, tant et si bien que le soleil, inévitablement, tape fort. Trop fort. Pour ma part, c'est un facteur que je n'avais pas pris en compte, n'y ayant, tout simplement, pas pensé. Je pense que j'aurais peut être dû le faire, mais de toute façon c'est trop tard pour cela maintenant donc cela ne sert à rien de radoter à ce sujet. Sortant alors mon téléphone de ma poche, je me mets lentement à pianoter sur celui-ci et regarder quelques uns de mes e-mails. Une demande d'ami sur facebook d'un certain Xavier Bearzatto, avec qui, j'ai visiblement, une poignée d'amis en communs (dont Lloyd, mon meilleur ami - si habituellement j'aurais pu penser que tout ami de Lloyd était également mon ami à moi, le fait qu'il semble accepter tout le monde et n'importe qui sur facebook me force à réfléchir à deux fois avant de me servir de lui pour savoir si ses contacts sont fréquentables ou non). L'inconnu se met alors à fumer et c'est en entendant le déclic de son briquet que je relève lentement des yeux en sa direction. Soupirant alors lentement, j'abaisse à nouveau mon regard vers mon écran, me demande s'il compte attraper un cancer du poumon ou s'il essaie tout simplement de se donner un genre. Il pourrait par ailleurs être de ceux qui ne fument qu'occasionnellement, pratiquement jamais ... Un peu comme moi, quoi. Affaire à suivre.

Lorsque je relève de nouveau mes prunelles vertes vers lui, une boule se forme dans ma gorge lorsque j'ai l'impression d'apercevoir dans son regard quelque chose de dur. De sec. De haineux, presque. Légèrement déstabilisé par ce changement d'atmosphère, je commence à me demander si je ne connais pas déjà ce jeune homme. Est-ce quelqu'un avec qui j'aurais eu une histoire que j'ai oublié de rappeler ? Mais non, Oscar, ça ne t'es arrivé qu'une fois, ça, et ce n'est clairement pas le même garçon. Hmmm ... Est-ce qu'il s'agit du nouvel amant de Mike ? Aurait-il raconté tout un tas d'horreurs à mon sujet ? Là encore, c'est fort possible ... Mais je ne sais pas, ça semblerait un peu gros que le nouveau copain de mon ex s'amuse à me suivre dans toute la ville. Après avoir réfléchi à des dizaines de scénarios de ce type là, je me résous finalement à ne plus réfléchir, étant donné que je me dis que quoi que je pense ou quoi que j'imagine, ce ne sera que des supputations et non de réels faits concrets. Son regard devient alors absent, et là, je suis complètement déboussolé. Je ne comprends décidément pas du tout ce garçon, ce qu'il peut bien se passer dans sa tête. Souvent, on me dit que j'arrive relativement bien à analyser les gens. Ce qui les motivent, ce qui les fait avancer, ce qui leur donne envie de vivre, ou leur donne envie, tout court ... Mais hélas, je me dis toujours la même phrase en réponse à ça : pour que cela puisse arriver, encore faudrait-il qu'on me donne de quoi analyser. Hors, avec l'absence totale de mots et donc de conversation, je suis dans l'incapacité totale de rédiger un portrait robot psychique de ce type. Malgré tous les outils dont je dispose dans mon arsenal, il reste une énigme à mes yeux. C'est probablement pour cela qu'il m'intimide. Je suis persuadé que si nous nous étions adressé la parole, je ne me sentirais pas aussi menacé par lui que je le suis actuellement. Il y a quelque chose que j'ai l'habitude de faire, lorsque je me sens menacé par une autre présence : celle de me rendre imposant, moi aussi. Alors je range mon téléphone dans ma poche. Je m'adosse avec plus de confort, plus de nonchalance au mur. Je le regarde, lui, sans crainte, sans détours, sans avoir peur qu'il ne comprenne qu'il est l'objet final de la trajectoire de mes yeux. Je le dévisage, attentivement. Je croise des bras sur mon torse. Regarde moi, si tu l'oses, bambino. Noies toi dans mon regard, si tu en as le courage.




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MessageSujet: Re: oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons.   oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons. EmptyLun 14 Juil 2014 - 11:13

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Tout ceci n’était finalement qu’une mascarade. Combien de temps étaient-ils là l’un et l’autre à se regarder, à se jauger, à s’examiner, à se détailler ? Oui, Javier avait les yeux fatigués, le teint pâle et une irrésistible envie mais l’autre n’était clairement pas non plus à son avantage. Si, certes, la bibliothèque universitaire ressemblait plus à un défilé de mode – garçons et filles paradant dans l’allée centrale et ayant une forte propension à vouloir lire le livre qui n’était absolument pas de l’autre côté de la bibliothèque les obligeant à se lever, montrer à tous les étudiants attablés leur dernier accessoire à la mode, prendre le livre qu’ils n’ouvriraient sans doute jamais pour venir se rasseoir à leur chaise – la bibliothèque municipale avait son lot de freeks auxquels le jeune inconnu pouvait vraisemblablement appartenir. Une vieille dame au dos voûtée passa entre eux deux, se dirigeant vers l’arrête de bus le plus proche.

La sensation de nicotine ne lui apportait plus la paix qu’il recherchait, troublé comme il l’était par la présence tierce d’un Apollon quelconque. Il n’aurait clairement pas dû en prendre une seconde. Cela ne faisait pas partie de ses habitudes mais il avait désespérément cherché une excuse pour rester encore un peu plus et observer son observateur. Mais la vacuité de la situation était telle que rien ne semblait vouloir se passer. Les deux continuaient de se regarder en chiens de faïence sans qu’aucun n’ose faire le premier pas. Et ce n’était pas le genre de Javier d’alpaguer les inconnus dans la rue pour entamer la conversation avec eux. Enfin, surtout un bel inconnu. Son sang espagnol n’aurait pas dû lui imposer une telle retenue et il avait déjà pu voir – à sa grande exaspération – sa mère entamer une conversation passionnée avec des inconnus – au physique parfois plus qu’avantageux – dans le bus, dans la rue, sous un prétexte quelconque et plus que futile. « C’est vrai qu’il y a beaucoup de monde dans le bus aujourd’hui. » était l’un de ses répliques favorites qui faisait monter les yeux de Javier au ciel. N’était-elle donc pas capable de se tenir en public ? Mais Javier n’irait donc jamais aborder quelqu’un dans la rue. Il avait déjà vu des jeunes filles en fleur l’aborder pour avoir son feu ou une cigarette – qu’il donnait toujours, bien élevé comme il l’était dans la charité chrétienne – et surtout en profiter pour flirter innocemment. Javier savait séduire, c’était incontestable mais il ne séduisait jamais les mâles. Il avait déjà du mal à savoir quand un garçon lui faisait des avances, restant parfaitement hermétique à ce genre de concept, mais avait beaucoup moins de mal avec le sexe féminin – comme si cela pouvait lui apporter la moindre aide.

Il jeta à terre le restant de sa cigarette, l’écrasant du bout de son pied et releva les yeux pour remarquer que l’autre continuait de le regarder. Il était temps de mettre fin à cette mascarade. Avant de rentrer à nouveau dans la bibliothèque, Javier resta encore quelques instants pour profiter du soleil et pris son courage à deux mains en plantant ses yeux dans les orbites globuleux de son quasi interlocuteur. Il tenta de conserver un visage simple, dur, sans sourire mais sentait bien que ses fossettes se creusaient et que son envie de sourire n’allait pas tarder à émerger. Ses yeux verts étaient d’une extrême intensité et il était aisé de s’y perdre en contemplation mais Javier ne pouvait décemment pas rester là encore plus longtemps. Il brisa d’un coup le véritable contact visuel qui s’était établi entre eux deux, ressentant de légers picotements dans le bas de son ventre. Gêné, il se baissa pour ramasser sa cigarette. Il ne pouvait pas se permettre de polluer la nature pendant douze longues années. Mais le voilà face un dilemme. La poubelle était juste à côté du jeune homme. Cela venait tout à fait accréditer la thèse du freek. Qui se posait en toute connaissance de cause à côté d’une poubelle dont les odeurs seraient sûrement insupportables ?

Prenant son courage à deux mains, Javier avança de quelques pas, failli se faire écraser par un sans domicile qui avait trouvé temporairement refuge dans la bibliothèque et frôla le bras de l’inconnu en mettant son mégot dans la poubelle. Le contact électrique le fit déglutir deux fois mais il ne pouvait pas rester une minute de plus à côté de ce jeune homme. La queue entre les jambes, il partit se réfugier dans cet havre de paix, sans se retourner, désireux de reprendre sa traduction.
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MessageSujet: Re: oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons.   oscar & javier ♑ i'm lost in an ocean from unknown horizons. EmptyDim 20 Juil 2014 - 16:10

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Une vieille dame passa alors entre nous deux, le temps d'interrompre violemment le contact entre nos deux yeux. À présent, je me sens ... Coupé de lui. Il y avait quelque chose, j'en suis persuadé. Une connexion, une fusion, même, dans le simple fait que nos regards s'étaient épousé, pendant tout ce temps ... Mais comme le fil de la vie des Moires, celle-ci s'était brutalement retrouvée coupée par la simple interruption de la dame, ce qui lui valut, de ma part, un regard désemparé. La voilà qui disparaissait derrière les portes d'un autobus, et maintenant, voilà qu'elle repartait ... Mais je n'ai plus envie de renouer le contact avec Caprice. C'est donc avec peu de conviction que mon regard se pose à nouveau sur lui, persuadé que je ne pourrai désormais rien tirer de plus de notre échange que le souvenir de son visage étrangement attirant. J'aurais probablement pu m'avancer vers lui afin de me présenter, en toute sympathie ... Mais cela ne me ressemble pas, dans la mesure où je ne suis pas de ceux qui abordent des inconnus dans la rue. Je ne suis pas de ceux qui recherchent une histoire sans lendemain ou même à se faire de nouveaux amis, comme cela, par le plus grand des hasards. Jamais ne me suis-je réveillé avec le désir d'aborder le premier venu et de lui faire la conversation ... Et je ne tiens d'ailleurs pas à ce que cela se produise de sitôt. Je le dévisage donc, une pointe de regret (et peut être même de nostalgie) au coin de l'oeil, avant de laisser s'échapper un léger soupir d'entre mes lèvres. Je pourrais bien aller lui demander une clope, non ? Mais non, je ne cherche pas à fumer plus que je ne le fais déjà. Je me contente d'une cigarette par mois, moi ... Et d'après maman, c'est déjà bien trop. Soit. Lorsqu'il jette la cigarette au sol, voilà que je cligne des yeux. Le contact, auparavant brisé, vient maintenant de se faire piétiner dans le même moment qui lui sert à écraser son mégot usé. Deuxième soupir. Attentivement, je le regarde, histoire d'imprégner mes souvenirs de son physique et de son image, étant donné que je suis plus que persuadé que je ne le reverrai plus d'ici quelques minutes. Il s'apprête à partir. Ça se voit à sa posture, ça se sent dans l'air qui emporte son parfum vers moi (certes, je ne sens pas son parfum à cette distance, mais cela ne m'empêche pas de pouvoir supposer que c'est bel et bien le cas).

C'est alors que Caprice plante son regard de merlan frit dans mes pupilles. Voilà que j'en tressaille presque de surprise. Frémissant, je me rends compte que tous les artifices sont maintenant tombés. Les voiles sont levés, la vérité peut enfin éclater au grand jour, nous sommes passés à de l'observation secrète et innocente à de la surveillance impudente et confessée. Il sait que je le regarde. Il sait que je sais ... Que je sais que lui aussi me regarde. Légèrement perplexe face au récit que ses pupilles semblent désespérément chercher à me raconter, la seule envie qui m'anime, ici et maintenant, est de m'avancer vers lui de plus près afin de tenter de discerner les facettes de son passé grâce à son regard vitreux. Les yeux sont le miroir de l'âme, et à me regarder comme cela, il m'ouvre la porte d'entrée. Subjugué par ce regard envoutant, je suis sur le point de céder à ma pulsion la plus basique et à me rapprocher de lui, contre toute attente ... Et c'est alors que Caprice se plia en deux afin de ramasser les restes de sa cigarette, ses cheveux noirs rebondissant légèrement lorsqu'il arriva au niveau du sol. Contemplant son corps souple et fin, ce n'est que lorsque son bras frôle le mien que je comprends qu'il avait eu la même idée et qu'il s'était décidé à faire le premier pas. Alors, dans un effort surhumain, je plante mon regard dans le sien une dernière fois, de travers cette fois-ci, désespéré à l'idée de perdre de vue un visage si ensorcelant que le sien pour l'éternité. Rien n'est pérenne, en ce monde, malheureusement, et ce moment éphémère ne pourra, décidément, jamais aspirer à l'être, de toute manière. Lorsque Caprice se hâte à courir vers l'entrée de la bibliothèque, je ne peux pas m'empêcher d'admirer sa silhouette de dos, me disant qu'il a décidément peu de choses à envier aux autres jeunes de son âge. Une fois qu'il a disparu derrière la porte de la bibliothèque, c'est le coeur lourd que je tourne, moi aussi, le dos au bâtiment afin de rentrer chez moi.

FIN DU RP.




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