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 you kidding me △ lyser

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MessageSujet: you kidding me △ lyser   you kidding me △ lyser EmptySam 19 Juil 2014 - 23:34

Lysander E. Foster
Lysander E. Foster
Ambitieux(se) mais sérieux(se)
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Date d'inscription : 25/01/2014
Prénom : Sonia
Célébrité : Aaron Johnson
Crédit avatar : l'homme de Lys.
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Nationalité / origines : Anglaise
Situation : En couple
Avec qui ? : Avec Peter Michaels, une relation qu'il garde cachée pour l'instant.
Orientation sexuelle : Bisexuel(le)
Etudes/études passées : Tout juste diplômé en Musique et en Management
Job/Métier : Grâce à son label de musique T△LENT, il produit et enregistre des artistes indépendants
Adresse de résidence : Dans la résidence des Phi Epsilon
Dispo pour le rp : Oui
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COACHELLA CRAZY


« Vous êtes sérieux ?! » Lysander sentait déjà son sang-froid le perdre. Il venait à peine de débarquer sur Coachella, après avoir fait la route avec Peter qui l’avait invité d’une manière plutôt cavalière. Déjà sa patience – déjà inexistante – était mise à rude épreuve dès qu’ils avaient voulu retirer les clefs de leur chambre. Il n’avait pas eu son mot à dire pour la réservation, puisqu’il n’avait pas été au courant jusqu’à la dernière minute mais lorsqu’il apprit que « Messieurs c’est bien un lit double dans la suite ? » il crut d’abord à la mascarade. Peter n’allait pas lui jouer une telle farce tout de même, cependant il s’était risqué à lui jeter une œillade noire de colère et totalement décontenancé. Ils allaient rencontrer et fréquenter des gens connus à Coachella, retrouver des têtes familières de L.A, des étudiants de l’université, des collègues de Peter. Qu’allaient-ils penser ? Ils n’étaient pourtant pas un couple ! Qu’allait dire Lukah si toutefois il apprenait qu’il manquait de passer la nuit avec un illustre inconnu ? Le pied gauche du musicien s’agitait contre le comptoir, battait la mesure affolée qui traduisait sa fureur. Il triturait ses boucles brunes, se retenant de foncer dans le tas. Peter était à ses côtés et il avait fait la promesse en l’air – puisqu’intenable – qu’il essaierait de ne pas faire de scène durant ce festival. Il comprit que c’était une erreur quand Peter lui lança le même regard surpris. Les négociations furent longues et enfin ils obtinrent d’avoir une suite à deux lits, le lendemain seulement. Lysander aurait préféré la sienne pour lui tout seul afin de recevoir des demoiselles comme il l’avait clamé dans la voiture mais il ne broncha pas, craignant de se faire recaler publiquement par Peter. De plus, difficile à croire, mais il était fatigué du voyage et n’avait que l’envie de s’affaler quelque part et de ronfler jusqu’au lever de soleil. Il avait de grands projets pour Coachella, notamment de trouver son jumeau et de se faire connaitre. Trainant une vieille valise de cuir dans l’ascenseur qui les menait à leur chambre d'un soir, il toisa Peter du regard : « Même pour les riches écrivains, ils trouvent le moyen de merder. Coachella c’est plus wild que ce que je pensais. » Il ne pouvait s’empêcher de critiquer. Tout ça pour lui faire comprendre qu’il était content d’être là, malgré sa crise de la dernière fois.


TWIN.       PETER.

if you can just stop loving him then you never really loved him at all; love doesn't work that way. if you ever truly love someone, then it never goes aways. there are all different sorts of love. it can even become hate and, really, hate is just another kind of caring. hate is only a form a love that hasn't found a way to express itself logically. ~ byendlesslove.
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MessageSujet: Re: you kidding me △ lyser   you kidding me △ lyser EmptyMar 22 Juil 2014 - 17:22

Peter L. Michaels
Peter L. Michaels
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Célébrité : Alexander Skarsgård.
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Nationalité / origines : Américaine
Situation : Divorcé(e)
Avec qui ? : Deborah Michaels (née Prescott) ; mais très fortement intéressé par Lysander E. Foster.
Orientation sexuelle : Hétérosexuel(le)
Etudes/études passées : Critique littéraire & musicale à Entertainment Today (LA), peintre amateur, ancien écrivain de renommée
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   this is not how it should be.
   FEAT. LYSANDER E. FOSTER

Dans la voiture, pendant les quelques heures de trajet, je m'étais donc contenté de l'écouter, en souriant occasionnellement. Il me parlait de choses qu'il avait découvertes par le biais d'amis cultivés, de musique, et, lorsque l'envie lui prenait, me surprenait même en fredonnant un ou deux petits airs lorsqu'il pensait que j'étais trop absorbé dans mes pensées. J'espère qu'il attribue mon silence à la concentration que j'apportais sur la route, "histoire de ne pas me perdre, parce que c'est la première fois que je fais ce trajet en voiture". En tous les cas, nous sommes arrivés sans grands rebondissements sur la route, si l'on oublie le mendiant que j'ai manqué de renverser lorsqu'il avait tenté de se jeter sous les roues de ma voiture. Le voyage avait été étonnamment agréable, et ce, malgré les quelques plaintes de Lysander concernant la longueur du trajet et ses envies irrépressibles de boire, de manger ou de fumer.

Arrivés à l'hôtel, une fois la voiture garée, les choses s'étaient cependant compliquées d'une façon que je n'aurais pas pu le prévoir. Du moins, c'est ce que je me dis, pour me consoler, bien qu'au fond de moi, je sais pertinemment que c'est faux. Mes deux tickets m'avaient après tout été donnés par mon patron. "Vas-y avec ta femme, ça lui fera plaisir." Évidemment qu'il ne savait que nous étions en plein divorce et évidemment que je m'étais gardé de lui dire que je ne comptais pas emmener ma femme avec moi au festival, mais bel et bien un jeune homme avec qui il ne s'est jusque là rien passé et ne se passera très certainement rien (bien que ce ne soit pas faute d'en avoir envie). Évidemment, du coup, que les réservations, dont il s'était également chargé, avaient été au nom de "Monsieur et Madame Sanders" ... Et que j'avais donc eu le grand privilège d'obtenir une belle suite, avec un lit king-size. J'étais tellement embarrassé face à ce retournement de situation que je ne savais pas quoi dire au jeune homme visiblement outré qui se tenait alors a mes côtés. Ainsi, pendant qu'il s'indignait, pestant et marmonnant des injures dans son coin, j'avais tenté de sauver la mise avec le réceptionniste, ne désirant pas nécessairement partager le lit de Lysander et certainement pas pendant deux mois. Vous n'avez aucune autre disponibilité ce soir ? Toutes vos chambres sont réservées ? [...] Vous pouvez nous donner une ou deux chambres standard, cela ne nous dérange absolument pas. [...] Je suis prêt à payer des frais supplémentaires, si nécessaire. Éventuellement, j'étais parvenu à négocier une chambre "double", contenant deux lits simples ; moins prestigieuse et plus simple dans sa décoration que la fameuse suite que mon généreux patron avait décidé de m'accorder ... Mais, au moins, les gérants de l'hôtel avaient eu la gentillesse de ne pas me faire payer de frais additionnels pour ce légèrement changement de programme.

Le seul enjeu, dans l'histoire ? C'est que cette merveilleuse chambre à deux lits ne nous sera libérée qu'à partir de demain. Malheureusement, il n'avait rien à y faire : l'hôtel était complet pour ce soir, et d'après les dires du standardiste, c'était le cas pour tous les autres hôtels du coin. L'on m'a souvent dit que j'étais un stoïque. Je suis persuadé que si Lysander en avait l'opportunité, cela dit, il m'appellerait davantage un lâche. Une fois arrivés dans la chambre d'hôtel où nous sommes visiblement contraints de passer la nuit, je le laisse entrer avant de silencieusement refermer la porte derrière moi. Silencieux. C'est très certainement le mot qui me définit le mieux, en ce moment. Je lui ai peu parlé, depuis la dernière fois. Je l'ai peu regardé, également. Les choses s'étaient arrangées entre nous, d'une certaine façon ... Mais elles s'étaient également considérablement empirées, ou du moins, étaient en voie de faire exactement cela. En effet, l'altercation de la dernière fois avait suffi pour provoquer en moi un violent déclic, plus violent encore qu'une rafale de missiles ou l'explosion d'une bombe. Ces rêves n'étaient pas sans conséquence. Ce désir qui m'anime est bel et bien concret. Et ça m'effraie, d'autant plus lorsque je me dis que ce soir, il va falloir être fort.

Alors je vais continuer de faire ce que je fais depuis déjà quelques semaines. Je vais garder mes distances.

Il peut très certainement me trouver froid, et impassible ... Il doit probablement me trouver passif et, le connaissant, cela doit sans doute le frustrer. Peut être qu'il se dit que je ne lui ai pas encore pardonné sa dernière crise. Peut être qu'il n'aurait pas entièrement tort, par ailleurs. Ceci étant dit, j'essaie malgré tout de me montrer ... Accommodant, envers lui. Après tout, cela ne sert à rien de l'inviter à passer quelques semaines à mes côtés si le but est de lui tourner une épaule froide - autant passer le festival seul, ou avec quelqu'un d'autre, dans ce cas là ... Mais il m'est impossible de trouver une autre personne avec qui je pourrai prendre davantage de plaisir à partager cette expérience, malheureusement, et étant déjà venu, à plusieurs reprises, souvent avec Debbie, je pense savoir de quoi je parle. Heureusement pour moi, ses écarts récents m'avaient permis d'avoir un certain pouvoir sur lui : je sens bien qu'il fait du mieux qu'il peut pour ne pas me contrarier, probablement afin d'honorer sa promesse. En effet : il m'avait promis de ne pas me faire de scènes pendant ces quelques mois d'été.

- Le bagagiste va bientôt arriver, mais si tu veux, tu peux aller te doucher. Je lui propose alors, calmement. Pour ma part, j'attends l'arrivée de nos valises, priant intérieurement pour qu'il ne me confronte pas à propos de la chambre afin de me jeter tout le blâme dessus. Je ne saurai encaisser une nouvelle crise de sa part. Du moins, je ne saurai le faire sans, moi aussi, devenir ce que je déteste le plus au monde.
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MessageSujet: Re: you kidding me △ lyser   you kidding me △ lyser EmptyMer 23 Juil 2014 - 19:32

Lysander E. Foster
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COACHELLA CRAZY


Lysander détestait les imprévus qui échappaient de son contrôle. Il détestait être pris au dépourvu, se retrouver au pied du mur sans nul autre échappatoire. Il aurait pu être très bon candidat à une caméra cachée tant il fonçait constamment dans les pièges, et ce tête baissée. Il prenait tout à cœur, trop à cœur. Il prenait tout pour lui, le monde entier était toujours ligué contre sa personne dès que quelque chose n’allait pas. Il défonçait les obstacles plutôt que de les enjamber, se blessant souvent au passage. Et une fois de plus, il en ressortait étourdi pour se poser mille questions. Comme si Peter n’était déjà pas responsable d’assez d’interrogations, cette complication n’aidait en rien les sombres hypothèses qui pesaient sur leur relation. En montant jusqu’à leur suite d’un soir, il se demandait si toutefois il n’aurait pas du couper les ponts une bonne fois pour toute. Se tenir à ses promesses, exécuter ses menaces sans condition. Jamais il ne cédait et déjà, l’artiste littéraire était le perpétuel moteur à ses failles, à ses écarts. Comprenait-il l’influence qu’il avait sur lui ? Jouait-il de ce pouvoir qu’il exerçait sur Lysander ? Sa célébrité passée, sa situation professionnelle ne suffisaient donc pas à satisfaire ses pulsions de conquérant ? L’étudiant se maudissait d’être ainsi faible, de ne pas lui avoir collé son poing dans la figure en guise de point final à une histoire qui n’avait jamais commencé, à une amitié éphémère si fragile. Il aurait du lui dire adieu théâtralement pour que cette dernière vision de Lysander ne le hante à jamais. Et pourtant, le voilà à ses côtés. Aux côtés d’un Peter négociateur, d’un Peter flegmatique à l’aura implacable. Il ne pouvait décemment pas causer une scène publiquement dès leur arrivée. Il avait promis à l’homme de ne provoquer aucun scandale, c’était la condition sine qua none à cette invitation qu’on ne pouvait refuser. Il ravalait donc sa verve acide et avait emboité le pas au blond pour entrer dans la suite. Elle était tout simplement sublime. Elle regorgeait de dorures, d’une décoration à la fois moderne et ancienne, de mobilier de luxe. Lysander regretterait presque d’échanger ça contre une chambre simple à deux lits séparés. Si toutefois l’idée de dormir aux côtés de Peter ne le rebutait pas autant – le rebutait-elle tellement que ça ? – il aurait sans doute fait l’effort rien que pour les beaux yeux de la large baignoire en marbre. Son acolyte lui ne semblait pas troublé par autant de luxe, lui qui s’était certainement offert de petits séjours sympathiques et hors de prix avec sa maudite épouse. Il ne réagissait pas, jamais, comme toujours.

L’envie de le secouer le démangeait mais ce fut plutôt son tour d’être secoué par la proposition de Peter. Lys resta un instant interdit, ses doigts coincés dans ses boucles défaites. « Je pue c'est ça ? » Répliqua-t-il, narquois. Peter qui exigeait de sa part une douche était une suggestion bien ironique quand on considérait les pensées secrètes qui traversaient l’esprit du jeune homme ainsi que les souvenirs incommodants qui lui donnaient envie de se taper la tête contre le mur. « Je peux attendre aussi hein. » Le prenait-il pour un gamin incapable de s’occuper de leurs bagages ? Il lui suffit de croiser ses yeux bleus pour que finalement il ne se résigne. Rester si près de lui dans des conditions si pesantes, si silencieuses était devenu insupportable. Depuis qu’il avait porté la main sur lui la prochaine fois, il ressentait toujours le besoin de réitérer ce contact. Non sans oublier les disputes si galvanisantes qui allaient de paire. Parcouru d’un frisson, il finit par bougonner : « Soit. » Il ouvrit la petite valise qu’il avait tenu à garder près de lui et en extirpa un marcel blanc. Tant mieux, il crevait de chaud ici. Pire que Los Angeles, il n’y aurait pas cru. Persuadé que Peter était préoccupé par l’arrivée du bagagiste, il déboutonna sa chemise qui lui tenait trop chaud puis la jeta sur une chaise. D’ordinaire peu pudique, il se sentait étrangement gringalet. Ses muscles à peine dessinés ne valaient pas ceux de son jumeau, sa pâleur d’anglais ne valait pas le hâle américain. D’un ton nonchalant, il finit par demander : « On n’a rien de prévu ce soir hein ? C’est demain que commencent les festivités ? » Tout en parlant, il s’était dirigé vers la salle de bains, attendant une réponse.


TWIN.       PETER.

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MessageSujet: Re: you kidding me △ lyser   you kidding me △ lyser EmptyJeu 24 Juil 2014 - 20:06

Peter L. Michaels
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Calmement, j'observe le décor qui s'offre à moi. Nous voilà dans le vestibule d'entrée, l’antichambre, comme certains diraient. Un meuble de bois est posé contre le mur, sa surface lisse et immaculée ne demandant qu'à ce que des objets lui soient posés dessus. Au bout du couloir se trouve un salon dans lequel se dressent fièrement plusieurs canapés, fauteuils et sièges, tous tournés vers la télévision gigantesque située au-dessus du "foyer" - une cavité de creusée dans le mur afin de faire office de décoration, n'ayant, cependant, aucun usage dans la mesure où l'hôtel ne possède pas de cheminée. Un piano noir est isolé dans un recoin de la salle ; sa valeur doit probablement être inestimable, et la simple idée de voir une si belle bestiole se retrouver abimée après notre séjour d'une nuit me provoque de violents frissons : en effet, je me dis que rembourser une telle merveille ne plairait ni à mon banquier, ni à mon compte en banque, déjà considérablement moins rempli que lorsque Buzz Coleman était encore sous les feux des projecteurs, son succès à son apogée. C'est avec regret que je repense à ma carrière passée, comme d'habitude, mes pas me guidant alors dans la salle qui se trouvait à gauche du hall d'entrée. Il s'agit là d'une salle à manger, possédant donc une table en ébène ronde entourée d'une demi-dizaines de chaises, en bois sombre également. Jusqu'ici, le mobilier n'est non seulement de haute gamme, mais également, parfaitement accordé au décor de la suite. Ce n'est pas du travail d'amateur, ça, c'est sûr. De l'autre côté du couloir se trouve la chambre. Celle-ci, non-seulement munie d'un bureau pour travailler, possède également un gigantesque lits à baldaquins, ses rideaux soigneusement tenus ouverts par des attaches en soie (contrairement aux rideaux bordant les fenêtres, eux, soigneusement tirés, probablement afin de ne pas permettre au soleil de décolorer les draps et autres objets dans la chambre). Au fond de la chambre se trouve une penderie, vide, évidemment, mais assez grande pour accueillir trois valises pleines de vêtements, voire, même, plus. La penderie se trouve également lotie d'un meuble à chaussures possédant une bonne vingtaine de cavités dans lesquelles des souliers de toutes sortes pourraient aisément être entreposés. Je suis légèrement impressionné, pour le coup, dans la mesure où, à moi seul, je ne dois jamais avoir possédé plus de sept paires de chaussures dans mon armoire, et ce, même lorsque j'étais célèbre. Quoi que ... Non, en fait, je n'ai rien dit.

À l'opposé de la penderie se trouve la salle de bain ... Mais celle-ci, je n'y mets pas les pieds, du moins, pas pour le moment, parce qu'il me semble avoir entendu la sonnerie de la chambre indiquant que le bagagiste était arrivé. Après avoir posé mon sac de voyage contenant mon ordinateur, mon téléphone et quelques précieux documents de travail, je fouille dans ma poche, histoire d'en sortir quelques billets pour donner au porteur de valises un généreux pourboire (comme j'ai rapidement appris à le faire, lorsque je vivais encore aux dépends de Buzz Coleman). Lorsque Lysander me demande avec indignation si je trouve que son odeur corporelle est considérablement plus forte qu'elle ne devrait être, je soupire avant de lui répondre, d'une voix désinvolte :

- Fais ce que tu veux.

Pour ma part, j'aime toujours me doucher après un long voyage (ou un voyage tout court) dans la mesure où je me sens systématiquement sale après avoir pris un véhicule quelconque (que ce soit un avion, un train ou même une voiture), mais je me garde bien de le lui expliquer, trop fatigué pour risquer de provoquer un désaccord entre lui et moi, à une heure si tardive et, surtout, à un sujet aussi trivial que celui-ci. Il me dit pouvoir attendre aussi, et cette fois-ci, je le congédie d'un simple geste de la main, geste lancé d'une façon furtive et passive. Ce revers de la main signifie dans mon langage qu'il peut faire ce qu'il veut ; je suis persuadé qu'il me comprendra, étant donné que ce n'est qu'une réitération de ce que je viens de lui dire, il n'y a même pas une minute. Au passage, je lui lance cependant un regard moralisateur afin de lui faire comprendre que quoi qu'il fasse, ce serait agréable qu'il se fasse en silence, surtout à partir du moment où j'accueillerai le bagagiste afin de réceptionner mes deux valises et celle de Lysander. S'il avait tenu à en garder une précieusement avec lui pendant l'ascension en ascenseur, ses bras n'auraient pas supporté de monter les deux avec lui, et, n'ayant pas eu l'envie immédiate de me dévouer pour la monter à sa place, j'étais éventuellement parvenu à le convaincre d'en laisser "au moins une" sous la protection du bagagiste. Et je vous garantis que cela n'avait pas été chose aisée. Lorsque Lysander me répond par le simple mot "Soit", je serre des dents sous l'impact froid de sa réplique. S'il s'était résigné à conformer à ma proposition initiale, je n'apprécie pas pour autant le ton avec lequel il se permet de m'adresser, ni la dureté avec laquelle il semble s'exprimer. Mais soit. Je ne dirai pas un mot de plus à ce sujet.

Me voilà maintenant à la porte, occupé à sourire au bagagiste et à réceptionner les valises avant de les ranger, rapidement, dans l'antichambre. Lorsque celui-ci s'apprête à repartir, après que je lui ai assuré pouvoir m'occuper seul de les emmener jusqu'à la chambre, je lui tends deux billets de cinq dollars afin de le remercier pour ses services. Il semble enchanté par ma soi-disant générosité, me souriant avec sincérité avant de me laisser refermer la porte derrière lui. Une fois celle-ci refermée, je me laisse tomber contre sa surface avant d'essuyer la sueur perlant sur mon front et de soupirer, encore une fois. Lorsque Lysander me demande si nous n'avons rien de prévu pour la soirée, je lui parle fortement.

- Non, non, il n'y a rien de prévu, ne t'inquiète pas.

Je souris légèrement lorsqu'il me dit que les festivités commencent demain. Pour ma part, je ne m'attends pas à profiter grandement du festival, dans la mesure où je suis surtout ici pour travailler. Lui, de son côté, a tout l'été devant lui, donc son empressement à découvrir le Coachella m'amuse quelque peu. Mais, quelque part, je le comprends, également. À sa place, j'aurai probablement voulu faire pareil. En profiter un maximum pour en tirer un maximum. Une excellente idéologie. Je referme alors la porte derrière moi avant de redresser le col de mon polo, légèrement nerveux. C'est maintenant que les choses vont se corser. Reste fort, Peter. Reste fort, ne succombe pas.
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MessageSujet: Re: you kidding me △ lyser   you kidding me △ lyser EmptyVen 25 Juil 2014 - 22:19

Lysander E. Foster
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COACHELLA CRAZY


L’indifférence, toujours l’indifférence. Le détachement, l’insouciance, la froideur… Lysander pouvait donner mille mots pour décrire l’attitude tout simplement turpide et exécrable que Peter avait adoptée. Il ne lui adressait presque aucun regard sinon celui d’un colocataire insignifiant. Il ne lui parlait pas sinon pour discuter de futilités et d’autres sujets horriblement informels. Que lui arrivait-il ? Où était passée sa sympathie, son indulgence, sa bonté, sa galanterie ? Il allait partager sa nuit et son séjour avec un mur de glace ? C’était ainsi la seule façon que Peter avait trouvé pour le punir de sa dernière crise de nerfs ? A la manière d’un enfant, on châtiait le coupable avec la pire chose qu’il puisse supporter ? Tel le bourreau qui choisissait habilement ses outils pour heurter le plus, l’homme avait opté pour le pire des comportements que Lysander puisse abhorrer : l’ignorance. Il se sentait seul, il se sentait inexistant et terriblement invisible. Allait-il passer ainsi deux mois à vivre dans le silence et dans l’ennui ? Serrant la mâchoire, il réprima l’envie d’aller le secouer contre le mur, histoire de lui remettre les neurones en place. Il avait promis qu’il ne commettrait aucun impair, c’était donc sa conditionnelle qu’il jouait là, sa dernière chance qui lui était accordée. Alors pourquoi diable s’efforçait-on de le pousser dans ses retranchements pour tester une patience qu’il n’avait jamais connue ? A son tour, Lysander se mura dans un silence qui trahissait sa bouderie. Coachella n’avait jamais été aussi prometteuse. Il jeta un bref coup d’œil derrière le rideau, paysage sur lequel se profilait toute la propriété qui abritait le festival. Des lampions étaient allumés ça et là, accompagnés par les lumières éclatantes des projecteurs. Une foule de campeurs s’installaient à ce moment précis ou faisaient déjà la fête. Aurait-il du se fondre parmi eux, au risque de passer le festival à servir des gens derrière un comptoir ? De toute manière, avec ou sans Peter, jamais l’occasion de monter sur scène ne se présenterait. Il faisait amèrement face à un premier échec concernant son groupe de musique. Et par-dessus tout, c’était pour ses musiciens qu’il était frustré.

Il se déshabillait en prévision de sa douche tandis que Peter allait accueillir le bagagiste. Enfin il rapportait leurs valises, le musicien ne supportant pas l’idée de devoir se passer de ses fripes une journée de plus. Il craignait toujours de perdre ses vêtements lors de ses déplacements, lui qui dépensait une fortune pour entretenir ce style rétro. S’il ne pouvait apercevoir la silhouette de l’homme, il entendit clairement sa voix masculine affirmer qu’il n’y avait rien de prévu ce soir. Lysander observa encore une poignée de secondes le vestibule d’entrée dans l’espoir de le voir arriver mais ce fut en vain. Il ne l’intéressait pas, il n’était devenu qu’une chandelle dans une pièce déjà trop éclairée. Vexé, il tourna les talons pour aller se réfugier dans la salle de bains. Bien triste illusion puisqu’il prit soin de ne pas fermer les yeux sous la douche, sachant pertinemment les images interdites qui se dessineraient dans l’obscurité. Soudain, la fatigue pesa lourdement sur ses épaules. Il se hâta d’achever sa toilette, en profitant pour se rafraichir les idées avant de sortir de la salle de bains. Torse nu, il se mit en quête d’un tee-shirt moulant aux rayures marines. Ses cheveux mouillés retombaient en lourdes boucles sur son front et lorsqu’il leva les yeux, il tomba sur un Peter furtif qui disparut à son tour derrière la porte de la salle de bains. Avait-il ainsi ruiné toute la complicité qui les avait unis ? Abasourdi, Lys resta pantois avant de serrer les poings. Rageur, il laissa brutalement retomber sa valise sur le côté du lit avant de se diriger vers la porte salvatrice. Sans l’ouvrir, sans savoir s’il allait le déranger ou non, il fit une tentative. « Tu comptes me faire payer ? » Dans sa voix, aucun ressentiment, aucune colère. Il parvenait difficilement à maitriser les émotions qui voulaient déborder de sa bouche mais c’était au prix d’efforts herculéens qu’il lui avait posé cette question brûlante en toute simplicité. Ne me dis pas que je suis rien... A nouveau.


TWIN.       PETER.

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MessageSujet: Re: you kidding me △ lyser   you kidding me △ lyser EmptyDim 27 Juil 2014 - 0:47

Peter L. Michaels
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« Tu comptes me faire payer ? »

Je ne lui répondrai pas.

Sa voix, si jeune et si vibrante, me parvient depuis l'autre côté de la porte ... Et c'est par pur réflexe que mes poings se resserrent alors, presque par automatisme. C'est par pur réflexe, également, que je laisse mon corps glisser lourdement contre la porte de la salle de bain avant de heurter le sol, dans un bruyant soupir. C'est par pur réflexe, finalement, que ma main gauche vient se loger dans mes cheveux légèrement courbés avant de glisser le long de mon visage, alourdi par le tourment qui m'anime depuis, maintenant, quelques heures. Peter Lee Michaels, tu n'es qu'un pauvre petit con, derrière tes grands airs d'homme accompli. Tu devrais avoir honte de toi. Ne vois-tu pas à quel point ce que tu fais là est malsain ? Me relevant alors dans un élan de force inespéré, c'est d'un pas lourd que mes jambes trainent le reste de mon corps vers la douche. Fatigué, migraineux et, surtout, incroyablement penaud face à la situation dans laquelle je me retrouve actuellement, c'est distraitement que mes doigts allument l'eau chaude afin de me submerger sous un jet d'eau brulante, jet qui est censé me réveiller. Dans quoi est-ce que tu t'es encore embarqué, Peter ? Je n'en sais fichtrement rien, et pourtant, je le sais pertinemment bien. Je sais très bien que les choses ne se seraient jamais passées comme j'aurais pu l'envisager, le planifier ou, tout simplement, même, le désirer. Parce que nous sommes dans la vie réelle, ici, et que les choses ne suivent jamais le déroulement qu'on leur a prévu, ou, tout du moins, le suivent aussi rarement que possible. Mon bras droit est tendu, agrippé contre le carrelage du mur de la douche, tandis que mon visage, tourné vers le bas, se contente d'exprimer physiquement le sentiment d'inutilité et de perversion me hantant à présent. Les yeux fermés, je ne veux ni me retourner, ni les rouvrir ... Et le pire, dans tout cela, c'est qu'il vaudrait mieux que j'agisse ainsi.

Parce qu'à ce moment là, je ne sentirais plus le souffle de sa respiration dans mon dos.
À ce moment là, ses doigts, fins et légers, ne seront plus là pour caresser mes côtes.
À ce moment là, ses lèvres, si viriles et, pourtant, si féminines à la fois, n'auraient aucune raison de glisser le long de mes épaules.

Je sais qu'il vaudrait mieux que je rouvre les yeux, mais je ne peux pas ... je ne veux pas le faire ... Tout simplement parce que ce rare et unique instant de solitude correspond aux rares et uniques instants de bonheur qu'il m'est permis de ressentir dans ma vie actuelle. Je dois me contenter d'un simple fantasme afin de me satisfaire, d'une pale imitation de ce que la réalité pourrait m'offrir si je me décidais à lui forcer la main ... Mais la peur du rejet me pousse à accepter ces illusions comme elles le sont, plutôt que de tenter d'y changer quelque chose. Et pourtant, ce n'est pas le désir, qui manque. Le désir d'ouvrir sauvagement la porte de la salle de bain afin de l'ordonner de revenir se doucher, même s'il vient de le faire. Le désir de concrétiser ces rêves, trop forts, trop présents, trop violents que j'effectue en boucle depuis que nous nous sommes rencontrés. Le désir, le désir, encore et toujours le désir ... Le désir de lui. Le désir d'être moi à nouveau. Le désir d'un nous.

Du crachat s'échappe d'entre mes lèvres, et c'est à ce moment là que je reviens à la réalité. Il est tard, je suis seul sous la douche d'un luxueux hôtel, et je ne me suis jamais senti aussi perdu et isolé de ma vie entière. Et pourtant, par tous les standards, je suis tout sauf seul. J'ai un jeune homme charmant dans la salle d'à côté ; un jeune homme avec qui j'entretiens une merveilleuse amitié platonique, qui me comble sur tous les plans sauf un et qui m'a promis de ne pas me faire la moindre scène, pendant ce séjour. J'ai également ma fille, Kimmie, qui ne manque jamais de m'appeler, le weekend, lorsqu'elle est loin de moi ... Et mon ex-femme, qui, malgré le divorce, ne veut ni être hargneuse, ni me tourner le dos. N'étais-ce pas elle qui avait désiré que l'on "reste amis", après tout ? Je ne suis pas seul. Alors pourquoi est-ce que cette solitude me ronge de l'intérieur ? Isolé. Perdu. Isolé. Déprimé. Isolé. Seul. Isolé ...

Brutalement, je referme le robinet.

La douche s'interrompt, je reste là, un instant, la bouche béate, à contempler la bouche d'évacuation d'eau, gravée dans le sol ... Puis, je m'essuie les yeux d'un revers de la main avant de poser mes deux pieds sur le carrelage frais, à l'extérieur, d'enrouler une serviette autour de ma taille et de ressortir braver la fureur de Lysander, dans "notre" chambre, le corps enveloppé dans une auréole de fumée qui ne se fait pas prier pour disparaitre deux secondes après que j'ai de nouveau ouvert la porte de la salle de bain.

- Il est encore tôt, si tu veux sortir, te promener, aller diner ...

Je lui déclare alors, d'un ton naturel.

- On alors, on peut rester ici. Comme tu le sens.

Calmement, je le regarde, attendant une réaction de sa part tout en me dirigeant vers ma plus grande valise ; celle qui est de couleur rouge. L'ouvrant alors, j'en ressors un caleçon et un débardeur que j'emmène avec moi dans la salle de bain, à nouveau, avant de m'empresser de les enfiler. Lorsque je ressors à nouveau, je le regarde de façon inquisitive.

- Alors ? As-tu décidé du programme de ce soir ? ... On peut regarder un film, aussi, hein. Je suis sûr qu'ils doivent en proposer quelques uns, sur cette télévision ... Ridiculement gigantesque.

Je précise alors en montrant la télévision d'un geste de la main. Il faut dire qu'elle est bien plus grande que nécessaire. Je ne comprendrai décidément jamais l'importance que les gens accordent à leurs télévisions. Parfois, celles-ci semblent occuper plus de place dans leurs vies qu'un mari ou qu'une maitresse. Lorsque l'on me demande ce que j'ai à dire là-dessus, je réponds toujours que je trouve ce phénomène positivement alarmant, pour ma part. Il n'y a que les jeunes comme Lysander qui peuvent comprendre (et, surtout) apprécier l'utilité d'une télévision plus grande qu'un réfrigérateur.

Nous ne vivons pas dans le même monde.
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MessageSujet: Re: you kidding me △ lyser   you kidding me △ lyser EmptyDim 27 Juil 2014 - 23:43

Lysander E. Foster
Lysander E. Foster
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COACHELLA CRAZY


Que pouvait-il bien lui répondre ? L’avait-il seulement entendu à travers l’eau de la douche ? L’écoutait-il même ? Peter avait bien tenu à lui démontrer qu’il n’était pas indispensable à son quotidien, qu’il avait la force nécessaire pour l’éviter et pour le rendre invisible à ses yeux. Il avait compris que Lysander ne supportait pas l’ignorance et certainement pas venant de sa part. Il ne supportait plus aucun écart, plus aucune préférence à sa personne. Il regardait d’un mauvais œil les personnes qui adressaient la parole au quadragénaire. Comme le gosse à qui on prenait son unique et seul ami, il ressentait cette inévitable jalousie dès lors que Peter détournait son attention de lui. Et il prouvait bien ce soir que ce petit jeu pouvait encore durer longtemps. Bien entendu il n’eut pas de réponse. Inlassablement, l’eau continuait de couler, semblant avoir absorbé le corps nu de l’homme ainsi que son esprit. La tête appuyée contre la porte, Lysander resta ainsi planté là sans avoir ce qu’il attendait finalement. Qu’il lui ouvre la porte ? Qu’il l’invite à partager cette douche salvatrice et qu’enfin tous les fantasmes à la fois horrifiants et terriblement suaves qui hantaient ses nuits puissent rejoindre la réalité. Dans sa détresse de le voir, qu’il élève la voix à son intention, il essayait de l’imaginer de l’autre côté de la porte. Alors qu’il s’était interdit de le faire quelques minutes plus tôt alors qu’il s’était lui aussi réfugié dans la salle de bains, voilà qu’il cédait à présent. Ses doigts se faufilaient dans ses cheveux bruns, tripotant ça et là la mèche qui lui venait sous la pulpe des doigts. Il avait pu apercevoir que les cheveux courts de Peter avaient tendances à boucler eux aussi lorsque sa coiffure laissait à désirer. Sous l’effort, la transpiration ou l’humidité, ceux-ci frisaient peut-être en de jolies rondeurs douces au toucher… Lysander se redressa vivement comme si on venait de surprendre ses pensées. Il frotta son visage de ses deux mains pour se remettre les idées en place. Qui le punirait pour être aussi égaré, aussi perdu dans une identité qu’il pensait accomplie et confiante ? Lukah ne lui serait d’aucune aide – véritable représentation vivante de la honte qui l’envahissait, manifestation réelle du jugement du monde qu’il craignait plus que tout. Au fond c’était Lys l’imposteur, le menteur.

Alors la porte s’ouvrit de nouveau, laissant échapper de la vapeur d’eau ainsi que son responsable. L’étudiant ne s’attendait pas à ce qu’il ne sorte seulement muni d’une serviette de bain autour de sa taille. Interdit, il se plaqua instinctivement un peu plus contre le mur pour ne pas risquer de le frôler. Puisqu’il était si invisible, saurait-il seulement remarquer son regard fébrile qui s’égara vaguement sur le corps de son colocataire ? Il n’osa pas plus longtemps, lui pourtant si observateur. Oh les filles qui avaient partagé ses draps, il avait pris le temps de les contempler, de les détailler afin d’en apprendre sur la personne qu’il allait satisfaire. Là c’était comme une nouvelle torture que de poser les yeux sur un corps si masculin qui regorgeait de vécu. Peter lui suggéra de sortir prendre l’air ou bien d’aller manger un bout mais Lysander ne se sentait pas l’âme de quitter son antre d’un soir. « Non c’est bon. » Répondit-il tout aussi vite. Déjà le blond rentrait de nouveau dans la salle de bains pour finir de s’habiller et Lysander le laissa faire, allant se réfugier sur l’énorme lit. Qu’en était-il de ce lit ? Allaient-ils devoir dormir ensemble ? Devrait-il plutôt se contenter du sol ou bien d’un des canapés ? La fatigue pesait déjà sur son corps épuisé et son âme meurtrie mais il ne pouvait se résoudre à plonger dans les bras de Morphée aussi tôt. Pas lorsque son imagination elle était éveillée et irrésistiblement active. Durant une minute voire deux, il prit le temps de regarder Peter pour que celui-ci se sente épié, pour essayer enfin de sonder ses pensées si illisibles. Que voulait-il ? Puis Lysander poussa un soupir équivoque avant de replier ses jambes en tailleur. Il abdiquait. « On peut mater un film. Je suis fatigué de toute façon. » Fatigué de tout ça, de se battre contre quelque chose dont il ne pouvait jauger la puissance. « T’inquiète, j’irais prendre un des canapés quand ce sera fini. » Puis comme une invitation tue, il se saisit de la télécommande et se mit en quête d’un film potable. Sur la chaine de vidéos à la demande bien sûr, histoire de rajouter un petit quelque chose à la note de Mr ‘Sanders’. Viens.


TWIN.       PETER.

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MessageSujet: Re: you kidding me △ lyser   you kidding me △ lyser EmptyMer 30 Juil 2014 - 19:10

Peter L. Michaels
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Il me répond ne pas avoir le désir de quitter la chambre, ce soir.

J'hausse des épaules. Soit.

Me faufilant alors à nouveau dans la salle de bains, je commence à me vêtir à nouveau, en silence, observant au passage le ténébreux inconnu se trouvant face à moi : mon reflet. Salut, toi, tu vas bien ? Fermement, mon regard le dévisage afin de tenter de le réconcilier avec l'image que j'ai de moi. J'essaie une moue déconcertée, un regard inquisiteur et même un léger sourire avant de contempler, dépité, les ruines d'un homme ayant bien vécu. Trop vécu. Malgré les heures d'entrainement corporel que je m'efforce à faire hebdomadairement (à mon plus grand dam, puisque je n'ai plus mon endurance d'antan), ce corps n'est pas celui d'un jeune homme fougueux en pleine force de l'âge. La meilleure analogie que j'ai pour décrire ce corps qui m'appartient malgré moi, c'est une statue grecque antique de métal ayant fondu avec les années. Triste, n'est-ce pas ? C'est ce que je me dis aussi. Regardant le chaume s'amassant avec les jours sur mon menton, mes joues et mon arc du Cupidon, je me promets intérieurement de me raser demain, ou le jour d'après. Histoire d'avoir l'air un peu plus présentable, ne serait-ce que pour le début des festivités. Je passe alors un peu d'eau fraiche sur mon visage, me disant que cela me permettra peut être de me sentir moins ... Étrange que je me sens actuellement. Il faut dire que l'homme que je vois en face de moi me dégoute, et pas qu'un peu. Tu avais tout, tu étais tout. Riche. Célèbre. Heureux. Un artiste. Un salarié. Un mari. Un père ... Tu filais le bonheur parfait, et tu as été incapable de les préserver, ce bonheur, cette vie, cet équilibre ... Mon visage est à présent plongé dans le lavabo tandis que mes doigts le rincent vigoureusement. Regarde toi, idiot, regarde toi, abruti. Ose plonger tes pupilles dans celles du miroir, ose braver ton propre reflet. Ne vois-tu pas cet homme, ce vieillard en devenir ? Comment peux-tu dormir la nuit, sereinement, comment oses-tu laisser ces malsaines pensées se balader librement au fond de ta psyché ? Ce n'est qu'un garçon ... N'as-tu aucune pitié ?

Refermant alors le robinet, je reste là, un instant, en silence, le coeur lourd, la bouche béate. Je suis un monstre. Ce n'est que lorsque la voix de Lysander résonne dans mes oreilles que je me permets de relever mon regard, prenant une serviette au vol afin de pouvoir sécher mon visage rougi par ce rinçage énergétique. Il me dit que regarder un film ne le dérangerait pas, et c'est silencieusement que je me surprends à approuver son choix. Moi aussi je veux regarder un film avec toi. C'est une chose à laquelle je n'aurais jamais pensé et qui, pourtant, me frappe aujourd'hui comme une évidence. Nous sommes déjà allés au cinéma, ensemble, certes, une fois ou deux ... Mais jamais ne nous étions nous installés sur un canapé, chez l'un ou chez l'autre, afin de pouvoir bénéficier du confort et de l'intimité du lieu. Il me dit qu'il prendra l'un des canapés une fois le film terminé, et, si je n'étais pas aussi fatigué, évidemment que je lui aurai promis de le faire, moi. Au vu de mon état d'éveil actuel, cependant, je mettrais ma main à couper que je risque fortement de sombrer dans une profonde torpeur avant même que la moitié du film ne soit écoulée. Ainsi, je me contente de lui dire :

- Ça ne me dérange pas de dormir avec toi, hein. C'est que pour un soir, après tout.

J'essaie de prononcer ces mots avec détachement et désinvolture, bien que l'idée de pouvoir perdre mes narines dans sa crinière ondulée, au parfum tendre ; cocktail aromatisé composé de l'odeur de son eau de toilette et de la senteur de sa chair m'obsède depuis bien quelques semaines, à présent. Le désir de pouvoir enserrer sa taille de mon bras ferme ne quitte d'ailleurs que très rarement mes pensées, étant donné qu'il m'avait fait part, un jour, du fait qu'il avait parfois du mal à s'endormir et que moi, naïvement, c'est ce jour là que je me suis mis à penser que mon étreinte parviendrait à lui prodiguer un sentiment satisfaisant de sécurité. Me laissant alors tomber lourdement sur le matelas, à ses côtés, mes yeux se perdent sur l'écran gigantesque situé face à nous afin de ne pas se perdre dans l'imperfection obsédante de son visage.

- Tu trouves quelque chose qui t'intéresse ?

Je lui demande alors, curieusement, un sourcil haussé. Toujours sans le regarder ... Évidemment. Sa proximité dans un contexte si peu habituel m'empêche de correctement fonctionner.
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MessageSujet: Re: you kidding me △ lyser   you kidding me △ lyser EmptyJeu 31 Juil 2014 - 19:35

Lysander E. Foster
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COACHELLA CRAZY


Lysander toisa Peter, incrédule, alors que ce dernier venait de déclarer que ça ne le dérangeait pas de partager ce lit énorme juste pour une nuit. Aussitôt cette suggestion entraina son flot d’images, terribles conséquences de ce qui aurait pu se passer. L’écrivain n’avait sûrement aucune idée de la portée de ses mots, de ce qu’ils engendraient en toute inconscience. Il ne comprenait pas à quel point l’étudiant se sentait irrémédiablement attiré par lui. Qu’au-delà de l’inspiration folle que ce mec lui apportait, il y avait bien plus cette dépendance physique et spirituelle à laquelle il ne s’habituait toujours pas. Ses yeux observateurs devaient échapper au regard avide et terriblement nécessiteux que Lys posait sur lui dès qu’il n’était qu’à quelques mètres de son corps aux aguets. Dormir avec lui était totalement proscrit. Il était trop imprévisible, Peter était trop imprévisible aussi. Que se passerait-il sitôt qu’ils seraient tous deux allongés l’un à côté de l’autre ? Sur le dos, les mains jointes pour ne pas les égarer ailleurs, Lysander fixerait intensément le plafond pour ne pas détourner son attention vers l’objet de sa convoitise. C’était certain qu’il ne trouverait pas le sommeil, qu’il ne se laisserait pas sombrer dans le vicieux monde des rêves. Mais qu’importe, pour l’heure, il était trop fatiguée pour se battre contre lui. D’autant plus que ce soir, Peter menait une nouvelle fois la danse et il avait décidé que la soirée serait peu joviale et peu loquace. Chaque minute de silence était un nouveau coup de poignard, chaque minute qui s’écoulait durant laquelle il ne pouvait ni partager ni rire avec lui était une minute de perdue, un instant vain dans son existence. En acceptant sa venue – ou plutôt quand Peter avait finalement accepté de l’emmener, Lysander ne s’était pas attendu à un tel mutisme, à cette distance morale qui s’était créée entre eux alors qu’ils étaient proches. Oh qu’il détestait ça. Tantôt il se mordait la langue pour ne pas succomber à la colère, tantôt il serrait les poings pour éviter d’envoyer valser le mobilier sous caution. C’était épuisant de réfréner sa véritable nature, de faire taire ce besoin d’être lui et d’exploser dans toutes les directions. C’était outrageant de remarquer que Peter n’acceptait plus sa personnalité, qu’il voulait voir s’opérer un changement. Pourquoi Lys ne lui disait pas merde comme il l’avait fait à tous les cons qui avaient essayé de le faire changer ? Parce que la fatalité était là : ça n’était pas lui qui avait les cartes en main. Et ça, tous les deux l’avaient définitivement compris lors du dernier épisode dramatique de l’Underground.

Le jeune homme zappait sans grande conviction, sans trouver une œuvre cinématographique qui saurait détourner ses mornes pensées. N’y avait-il pas un bon Tarantino qui saurait combler ses envies de violence et de vengeance ? Il avait besoin d’action, de passion. Et lorsque Peter se laissa tomber mollement sur le matelas, Lysander fut encore moins inspiré par la télévision. Le jeu durait trop longtemps et il voulait se réfugier dans le lit, s’emprisonnant dans les draps comme on isolait le fou à lier. Au hasard, il finit par choisir un film soit-disant récompensé par la critique et ovationné par les audiences. Brad Pitt et Sean Penn, ça ne pouvait pas être une horreur imbuvable. Il cliqua sur ‘The tree of life’ et aussitôt il regretta son choix. L’attention de Peter en revanche semblait captivée par le scénario que Lysander n’eut aucun mal à exécrer. Putain que c’était lent. Regarder Peter contempler l’écran était presque plus intéressant… Putain t’es trop loin. Toujours assis, la fatigue s’abattait peu à peu sur l’homme. « Ca te va ? » Il profita de cette question pour tourner son regard azur vers lui, prenant enfin le temps de l’examiner. La maturité de ses traits, cette stature toujours maitrisée… Il avait cru voir que l’âge prenait peu à peu l’emprise sur son corps de jeune homme mais c’était d’autant plus enivrant de voir qu’il entrait dans un nouvel âge, une nouvelle sphère dont Lysander était encore loin. Il semblait clairement jeune à côté de lui, comme le professeur et l’élève. Il devait avoir tant de savoir et dans des domaines susceptibles d’émoustiller Lys. Ses poils se hérissaient sur son bras, un frisson parcourut sa nuque l’obligeant à bouger. Il se décala légèrement pour se rapprocher avant de donner un coup dans ses genoux pour le faire réagir. « Je vais m’endormir. » Aussi bien traduit par : le film est à chier & sans toi je m’ennuie. Mais il ne pouvait pas crier, il lui avait ôté le droit de laisser parler son cœur alors il se contenait de remarques futiles. Il s’allongea alors, les deux mains sur son ventre et essaya une nouvelle fois de rentrer dans le film. Impossible avec Peter.


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MessageSujet: Re: you kidding me △ lyser   you kidding me △ lyser EmptyLun 12 Jan 2015 - 23:27

Peter L. Michaels
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Avec impatience, voilà qu'il passe la sélection de films au peigne fin, l'un après l'autre, se plaisant à passer au suivant avant même de n'avoir pris le temps de correctement lire le résumé de celui qu'il parcourait auparavant. C'est de façon militaire et presque enragée que je vois son doigt s'agiter sur cette télécommande, tant et si bien que je ne peux m'empêcher de grincer des dents à chaque changement de programme. Et pourtant ... L'alternative m'empêche de lui faire la moindre remarque. Ou plutôt, les alternatives. Celle où je me permets de lui faire une reproche, celle où je lui demande de prendre plus de temps, suite à quoi, une nouvelle poussée d'animosité jaillirait de ses entrailles afin de m'engloutir dans toute la négativité engendrée par un désaccord. Celle où je lui prends la télécommande des mains, au risque de m'attirer ses foudres, sa haine, sa rancoeur. Et puis, finalement ... Celle qui me hante le plus et qui m'effraie tout autant. Celle à laquelle je ne peux m'empêcher de penser et que je souhaite pourtant déjà oublier. L'éventualité où je saisirai cette télécommande qu'il cramponne actuellement entre ses doigts, épris d'un élan de jalousie, afin de lui réclamer de prêter attention à moi. Celle où enfin, je me permettrais de dompter cette peur qui m'anime à son sujet et qui m'empêche de correctement agir en sa compagnie. Celle ... Mais c'est éventualité qui n'arrivera pas, ni ce soir, ni demain, alors autant ... Autant ne pas imaginer mes lèvres dans son cou, mes mains glissant le long de ses côtes ... Autant ne pas imaginer ses doux soupirs, ses tendres murmures ... Les mélodies des anges, toutes réunies en ce corps qui les abrite, depuis sa naissance.


Finalement, d'autres images se mettent à se mouvoir devant moi. Il ne s'agit plus de mes pensées ou de mes songes, à présent, mais bel et bien de véritables images, sur cet écran, si distant, et pourtant, trop proche de nous. Cet écran impersonnel, et pourtant, envahissant. Je me contente de le regarder avec mépris, les quelques premiers instants du film ... Avant de me retrouver entièrement absorbé par un univers dont j'ignorais jusqu'alors l'existence. Des images. Des paroles. Des couleurs. Des symboles. Prose. Poésie. Chant. Mélodie. Histoire ... Abstraction ... Lenteur ... Spontanéité. Chaos. Harmonie. Un univers savoureux et riche en rebondissements, un univers nouveau, un univers parfait ... Merveilleux ... Comme si toutes les valeurs, toutes les sensations que j'aurais pu avoir eu l'idée ou le désir d'exprimer à l'écrit, par le passé, venaient toutes de se retrouver en un resplendissant cocktails d'images, toutes plus originales les unes que les autres ... Et que bien d'autre choses s'y soient mêlées, au passage. Abruti par cet envoutant mélange d'images que je peux à la fois palper, sentir, entendre et goûter, même la voix symphonique du jeune Foster parvient difficilement à percer au travers de l'ensorcellement auquel je venais de devenir victime.

- Mmh ... Oui, oui ...

Je lui réponds donc, d'une voix monotone, sans émotion. Trop captivé par ce qu'il se passe devant mes yeux, j'en oublie complètement le reste de la salle : ces draps en lin, cette couette plus confortable qu'elle en avait l'air et la lumière tamisée jaunâtre, incroyablement kitsch et aphrodisiaque à souhait. Les valises, encore bouclées, les boucles du brun, encore éparpillés ... Et mes émotions, elles aussi, éparpillées au plus profond de mon être. Tout perd en importance, tout perd en logique, tout perd en sens ... Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que l'oeuvre de cet homme, Terrence Malik, et moi même dans la pièce. Un amour instantané. Une révélation non planifiée. Une épiphanie bien méritée. Et c'est alors que Lysander me dit autre chose, que je n'entends pas, à présent. Je suis perdu, plongé dans un monde nouveau, plongé dans un film qui m'en coupe le souffle. Mon coeur se soulève ... Et redescend, suivant avec précision le rythme des vagues du temps. Deux heures. Cette étrange expérience dure deux heures, très exactement, suite à quoi, le film se termine. Puis, je me retourne, lentement.

- C'était beau, non ?

En guise de réponse, un enfant, endormi, la bouche grande ouverte, de discrets ronflements s'échappant du fond de son gosier. Moi, pour ma part, c'est mes lèvres qui se courbent afin de sourire, je suis un peu amusé. Ouvrant ma valise, j'en sors la couverture supplémentaire que j'avais laissée au sommet de celle-ci "par précaution" avant de la placer au dessus du corps inanimé de Lysander. Paisible. Il est tellement paisible. Je me permets d'effectuer ce constat au moment même où mon index s'aventure dangereusement sur le terrain risqué (et pourtant, incroyablement tendre) de sa joue chaleureuse. Je caresse son visage, un instant.

Puis, je soupire. J'éteins les lumières. Peu de temps après, je m'endors, moi aussi.
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