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 "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël.

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MessageSujet: "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël.   "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël. EmptyMer 14 Jan 2015 - 13:11

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« Vio’ c’est à ton tour. » J’ai toujours eu horreur de ce surnom, je me suis dit depuis enfant qu’il avait quelque chose d’idiot, de con. Mais je les laisse l’utiliser, parce que les mensonges ont quelque chose de sucré. D’acidulé. « Okay. » Je leur dit en souriant, mentant encore une fois. J’entends mon cœur s’accélérer quand mon visage s’incline vers la téquila, dix verres, rien que ça. J’ai déjà fait pire, je le sais, mais j’aime à penser que parfois je sais faire dans la sobriété, Violet, respire.
Le premier verre, je l’avale d’un trait, son gout brûle ma gorge et me donne la nausée, directement, sans pouvoir le contrôler. Le deuxième semble être plus facile à ingurgiter, comme si le chemin était maintenant tracé. Mon souffle s’accélère. Je souris, j’espère … Le troisième est emplit d’une difficulté nouvelle, mon corps me parle et me dit, que ça y est, ça suffit, j’ai trop joué pour aujourd’hui. Mais je les regarde, et j’envoie valser la vie. Le quatrième me fait mal, l’adrénaline est trop présente. Dérangeante. Cinquième. Et j’entends les rires autours de moi, la fête qui bat. Comme mon cœur en moi. Six fois que je lève mon bras, que je porte l’alcool à ma lèvres, qu’il glisse dans ma gorge, me brûle et abime du plus qu’il le peut, mon intérieur déjà brisé. J’attends, j’ai mal, c’est grand. Ma torture enflamme chaque partie de moi, je vais perdre, au jeu qu’ils m’ont proposé, mais aussi à celui auquel je joue contre la vie depuis des années. Septiè … Mais ma main s’abaisse finalement, je repose le verre sur le comptoir, la table ou je ne sais quoi. Comme une criminelle, je lève les bras en l’air avant de déclarer « Je peux plus, sérieux, je vais gerber. » Et on pardonne mes paroles, puisque de toute évidence, ceux qui se trouvent ici sont dans des états pires que le mien, à défaut qu’eux sont certains de pouvoir survivre à demain.

Quelqu’un attrape mon poignet, dans un rire que je pourrai désigner de surfait, sur joué. C’est le jeu, je le sais. On me menotte, et personne ne sait que je le suis déjà, à la vie, rien que ça. Sur le côté, se trouve une personne, de dos, présente aussi à la soirée d’anniversaire de je ne sais plus qui. Mon binôme apparemment, vu qu’à sa main se trouve l’autre partie de la paire de bracelets argentés. « Jusqu’à demain matin ! » Putain. Mes yeux restent quelques secondes fixés sur ma main, avant de se relever vers le visage de l’inconnu auquel je suis à présent liée. Je détaille ses traits, réalise bien vite qu’il n’est pas aussi inconnu que ce que je le pensais. Mon cœur se serre, et ce n’est ni l’alcool, ni le fait de quitter enfin la terre. Non, les souvenirs me prennent à la poitrine, deux enfants qui jouaient, avant que mes parents ne croient bon d’essayer de le sauver. « Maël … ? » La nuit va être longue, j’ai hâte de voir arriver, les premiers rayons de soleil. Ils n’ont jamais été doué, tu sais, pour sauver qui que ce soit, ni le monde, ni moi.
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MessageSujet: Re: "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël.   "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël. EmptySam 17 Jan 2015 - 15:10

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J’avais pris pour habitude de me rendre a une grande partie des festivités organisées au sein de l’université, non pas uniquement pour l’alcool, contrairement à la plupart des étudiants, mais plutôt dans l’espoir d’y croiser celle qui pourrait être ma sœur. Malheureusement cela revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin… toutes les étudiantes se ressemblaient, pas une ne se démarquait des autres. La plupart des demoiselles discutaient entres elles, un verre à la main ou se pavanaient auprès d’hommes complètement ivres dans l’espoir d’y croiser le prince charmant. J’osais espérer que ma petite sœur serait différente, aurait une autre vision du monde, des hommes, mais le fait est que j’ignorai encore quelle serait ma réaction lorsque mes yeux se poseraient sur elle pour la toute première fois. Aurais-je envie de faire partie de sa vie ? Devrais-je prendre le risque de bouleverser la sienne ? Les doutes m’envahissaient sans trouver de réponses, mais il était indéniable qu’il me fallait avant tout la rencontrer. Me voici donc a l’anniversaire d’un étudiant prénommé Jo’, John ou Johan et dont j’ignorai tout de sa personne.  L’un de ses amis m’avait convié, prétextant une superbe ambiance, de l’alcool, mais aussi de nombreuses filles. Là étant ma principale motivation vous l’aurez compris.

Déambulant dans la foule, un verre à la main, je pris rapidement part à la fête, espérant rencontrer de nouvelles personnes qui me mèneraient tout droit vers ma destinée. Peu à peu, la soirée se fit tardive, enchainant les verres, mais aussi les danses lorsque certaines demoiselles, les plus charmantes à mon sens, venaient à ma rencontre. Je n’étais pas de ceux à enchainer les conquêtes, plutôt un solitaire, de ceux qui s’y prendraient à plusieurs reprises avant de proposer à une femme de partager mes nuits. J’étais sauvage, peut être un peu trop, mais je reconnaissais volontiers ne pas vouloir entrer dans les bonnes grâces de mon entourage. J’aimais faire tout ce dont j’avais envie, aucunement me forcer dans l’espoir de me construire toute une réputation qui serait au final, totalement éphémère. «  Wuaaaaa t’es trop SWAGGGG !! » Décontenancé, j’arquais un sourcil en direction de la demoiselle qui venait de m’interpeller avec une délicatesse sans nom. « Pardon? » «  Bah swagg quoi, t’as du style ! Mon dieu, il faut se mettre à la page hein ! Mais c’est pas grave mon chou, je ferai de toi l’homme parfait. » L’ivresse semblait avoir décuplé son imagination, n’étant guère enclin à partager la moindre minute en sa compagnie. « Je ne crois pas non. » D’un geste de la main, je retirais la sienne, cette dernière s’en étant allée sur mon torse sans y être conviée. Son taux d’alcoolémie, son côté tactile, son penchant pour les surnoms ridicules, tout me laissait à penser que nous n’avions rien en commun. « Oh allezzzzzz, laisse-nous une chance ! Soit pas coincé comme ça !  » Le comble fut atteint lorsque mon poignet fut saisi par un individu, enchainé et condamné sans raison apparente. « Jusqu’à demain matin ! » « Qu’est-ce qu… ?! »   « Maël … ? » C’était à ne plus rien comprendre, levant naturellement la main, forcé de constater que ma liberté m’était une fois de plus retirée. Puis vint l’instant ou mes yeux se posèrent sur ceux d’une demoiselle que je connaissais que trop bien, Violet. J’en avais le souffle coupé, mis à terre par ce nouveau coup que la vie venait de me porter. Les mots me manquaient, ne sachant plus sur quel pied danser, ce qui reconnaissons-le, relevait du miracle. «  Hééééé ohhhhhhhhh ! JE SUIS LAAAAA ! » Perdu dans mes songes, j’en avais oublié la grue aux allures de glue qui tentait toujours et tant bien que mal, d’attirer mon attention. « Désolé je ne suis pas intéressé, je suis marié, pour le meilleur et le pire à venir. »  Si j’aurai pu me contenter de lui montrer la paire de menotte, tout sourire, je pris le soin d’apposer mes lèvres contre celles de Violet, y déposant un baiser avec douceur sans y laisser entrevoir toute la rancœur que je nourrissais pourtant à son égard.
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MessageSujet: Re: "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël.   "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël. EmptyMer 21 Jan 2015 - 17:40

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Me revient par vague des centaines de souvenirs, notre insouciante, et notre semblant d’enfance. Comme si je l’avais oublié, avant ça, cet enfant que mes parents avaient cru bon de sauver, sans s’apercevoir qu’ils le désarmaient. C’était avant ma maladie, avant que ne tourne qu’autour de moi, leur vie. Avant qu’ils ne se trouvent quelqu’un de nouveau à sauver, quelqu’un comme leur fille, leur bébé.

Je ressens mon cœur battre jusque dans mes tympans, et ma voix est coupée, comme si son prénom était tout ce que je suis capable de prononcer, à présent. Me voilà en train de détailler son visage vieillit par les années. Je me souviens moi, de ce à quoi il ressemblait, lorsqu’il avait une dizaine d’années. Je me souviens de bien des choses, depuis qu’on m’a expliqué que personne ne le fera pour moi, se souvenir, n'est ce pas, une fois que mon cœur explosera. Que le mal gagnera notre combat.

J’aimerai pouvoir lire la moindre de ses pensées. Deviner ses songes, ses espoirs, s’il m’a reconnu et ce qu’il ressent à me voir. Et je ne saurai dire combien de secondes sont passées depuis que j’ai lancé son prénom au vent, depuis que je me suis dit qu’il aurait fallu que j’apprenne à arrêter le temps. «  Hééééé ohhhhhhhhh ! JE SUIS LAAAAA ! » Alors que je n'avais pas lâché son visage durant quelques secondes, quand il a rencontré à nouveau le mien, je me détache de ce dernier afin de regarder celle qui vient de nous interpeler.

Et je la devine déjà envieuse de lui, surement pour tout le reste de la nuit. Avec une perversité étrange et incontrôlée, j’imagine même ses cris. Alors j’en viens à me découvrir une jalousie éphémère, celle qui me fait prendre conscience que je n’ai pas envie de le partager. Qu’à nous deux, il nous manque plusieurs années. Plusieurs explications, aussi, c’est vrai. Je déglutis, refoulant des nausées.

« Désolé je ne suis pas intéressé, je suis marié, pour le meilleur et le pire à venir. » Sa réponse m’arrache un sourire, non pas de satisfaction, juste de défi envers la jeune femme qui se trouve encore en face nous deux, c’est idiot certes, mais il a raison. Et quand je m’apprête à approuver ses dires, ne pensant pas qu’ils pourraient suffirent. Je n’ai …

Pas le temps de lui expliquer, que c’est à moi qu’il est lié, par les menottes, et par les ans qui ont défilés. Puisque le visage de Maël se rapproche du mien, me prend par surprise et emballe mon cœur, il cogne si fort à l’intérieur de moi, encore une fois. Dans un acte manqué, mes sourcils se froncent et je me laisse tout de même embrasser. Jamais encore, non, jamais je n’avais ressentie ça, et je sens poindre en moi une certaine affection, un certain manque de raison, complaisance suprême devant son aisance.

Bêtement, comme toujours, je me fais cette réflexion qui me dit que ce sera le baiser de trop, qu’il me fera atteindre ce qu’il y a de plus beau dans la vie, la fin de celle-ci. Grâce à cet organe étrange, qui menace toujours, de s'arrêter sous la pression, l'émotion, un jour. Mais finalement son visage s’éloigne, et je reste sans voix, interloquée, ou quelque chose comme ça. Je l’observe quelques secondes, puis quelques autres encore, j’en perds mon latin, mon anglais et le reste, putain. Mes bonnes manières et mon manque de vulgarité. Ce n’est pas correct de me faire cet effet.

Ma main libre vient se poser sur celle qui fait que je suis prisonnière pour le temps qu’il reste à cette soirée, future matinée. Quand je croise à nouveau son regard, j’ai comme l’impression de ne plus savoir respirer, que ces retrouvailles vont bel et bien m’achever. Mais quand je ressens le besoin de fuir, comme je le fais si souvent avec les traitements, mes parents, la demoiselle toujours là, semble vouloir elle démontrer qu’elle n’est pas d’accord avec ce qu’il vient de lui affirmer, pourtant, moi, j’aurai juré que c’était simple ce qu’il lui a expliqué. «Parce que t’as une copine ? »

Non il n’a rien, hurle mon âme, et à dire vrai, comme révélation, c’est soudain. Je reviens dans cette réalité où je sais qu’on lui a tout enlevé. Je l’ai vu lorsqu’il était avec elle. J’ai vu son monde et sa déchéance. Personne jamais n’offre la bonne délivrance. Il n’a rien par leur faute, mais un peu par la mienne. Il n’a plus de maman, je conçois ses tourments, j’attends sa haine. J’exècre sa douceur. Je bouillonne, tremble et frissonne. A l’intérieur. « Oui. » s’échappe de mes lèvres, peu sure de moi, mais ma voix prouve tout le contraire. Je l’espère …

Je ne saurai dire si elle s’en va, mais mon attention, elle, la quitte en tous les cas. Mon visage à nouveau tourné vers le sien, je n’y comprends strictement rien. Je cherche mes mots, au moins autant que ce que j’essaie de mettre de l’ordre dans mes pensées. Si embrouillées habituellement, aujourd’hui, elles semblent ne pas vouloir s’arrêter de tourner. Et je constate que mon cœur ne se calme toujours pas, mon rythme cardiaque est dangereux, je le sais, au plus profond de moi, je le sais, mais je ne bouge pas. Alors mes yeux se posent sur mes deux mains qui n’ont pas bougées depuis que la première a rejoint sa sœur. « Dis papa, pourquoi vous l’avez fait, déjà ? »

Pour le sauver, pour essayer de lui donner une vie meilleure, pour qu’ils aient l’arrogance de se penser avec les plus belles valeurs. C’était une erreur, personne n’a le droit de s’inventer sauveur. Mes prunelles trouvent les siennes, j’espère sa rancœur. Me tournant tant bien que mal, je me mets alors à hurler. « Qui possède cette fichue clef ?! » Force est de constater, que je ne suis pas prête à l’affronter. Que de ma candeur, il ne reste pas grand-chose, pas de place pour le bonheur ...

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MessageSujet: Re: "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël.   "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël. EmptyVen 30 Jan 2015 - 21:29

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Il n’y avait pas un jour sans que les visages de ses parents viennent me hanter, pas un jour sans ressentir toute la souffrance qu’ils ont pu nous causer par un simple appel. Ils ont bouleversé notre vie, notre existence en ruinant le peu de bonheur que nous avions réussis à conserver malgré la maladie. Je n’étais plus ce petit enfant pour qui le prochain jeu vidéo était une obsession impossible à combler sans une bonne crise de larmes, nous nous en sortions, ensembles, main dans la main. Ils n’avaient tout simplement pas le droit de nous séparer, et si Violet n’était en rien responsable des décisions prises par ses parents, la rancune était si profonde que son regard suffisait à lui seul, à m’insuffler un torrent de colère.
Je n’étais vraisemblablement pas le seul en proie aux souvenirs, à l’incompréhension quant à ces retrouvailles qui, a l’un comme l’autre, paraissait inimaginable. J’ignore encore combien de temps nous restèrent ainsi, à nous toiser du regard, mémorisant les traits de nos visages, cherchant des ressemblances avec ceux du passé. Pour ma part, je la trouvais plus…féminine, d’une finesse et d’une élégance sans nom. Je n’osais imaginer le succès qu’elle devait avoir auprès de la gente masculine, à juste titre. Je ne pourrais que m’en réjouir pour elle, si seulement je n’étais pas à ce point rancunier. Je n’eu cependant pas le temps de lui souhaiter le moindre tourment, étant rappelé à l’ordre par celle qui se voulait un peu trop entreprenante. Me vint alors à l’esprit un grand classique, celui d’un baiser qui se devait dissuasif, celle d’une union pour le meilleur et pour le pire à venir. Ma main vint naturellement, peut-être un peu trop, se poser sur sa joue tandis que nos lèvres entrèrent en collision.  Violet devint par conséquent ma prisonnière, la prenant en otage sans prendre en considération ses envies. Elle était mienne, du moins le temps d’un instant. Je savourais ma liberté prochainement retrouvée, imaginant combien ce stratagème serait une réussite. Là était ma principale préoccupation, même si je devais me l’avouer, ce baiser échangé était pour le moins agréable, presque plaisant si nous n’avions pas ce passé commun. Ainsi la contradiction se mêlait à mes émotions, toujours en proie à la colère, mais aussi aux souvenirs d’une amitié innocente, enfantine et unique en son genre.

Il n’était cependant guère question d’un retour en arrière, de rayer les souffrances du passé pour reprendre une possible amitié que je qualifiais à présent de brisée. Je m’y refusais, corps et âme, si bien que mon regard pris la direction de celle qui refusait de comprendre qu’aucune idylle ne serait possible entre nous.  « Parce que t’as une copine ? » La patience me quittait, lâchant un premier soupire en guise d’avertissement.  J’ignorais pour qui sa stupidité restait la plus offensante ;  elle-même ? Violet, peut-être trop naturelle à ses yeux ? Ou envers ma personne, comme ci avoir une petite amie relevait du domaine de l’impossible. Fort heureusement, je n’étais pas de ceux à porter un grand intérêt aux autres. Ils étaient libres de penser ce qu’ils veulent. Au fond peu m’importait. Bien que doté d’une certaine aisance à communiquer, je me savais tout aussi prêt à en oublier ma galanterie lorsque cela s’avérait nécessaire. Mais alors que je m’apprêtais à lui déverser une pluie d’incivilités, Violet eu le don de me surprendre. « Oui. » Plutôt bref, mais il fallait lui reconnaitre le sens de la persuasion. Sa voix ne laissait paraitre aucun doute, à croire qu’elle en était convaincu, elle aussi.  Intrigué mon regard en vint à se poser sur elle, abandonnant ainsi toutes idées d’impolitesse envers cette femme qui au final, n’en valait pas la peine. « Très bien, j’abandonne. Mais si tu changes d’avis, tu sais où me trouver » A vrai dire je l’ignorais, mais un simple sourire fut ma réponse, refusant de lui montrer le moindre intérêt qui pourrait l’inciter à s’éterniser.

Nous voilà réunis, liés par une paire de menottes dont l’existence m’était complètement sortie de l’esprit, tant la présence de l’autre femme m’était oppressante.   « Qui possède cette fichue clef ?! » Visiblement je n’étais pas le seul à vouloir retrouver la liberté, pour autant j’étais bel et bien décidé à ne pas lui offrir satisfaction sans avoir une conversation. Cela serait bien trop facile.  En réalité je n’avais pas la moindre idée de ce que je m’apprêtais à lui dire, étant partagé entre la colère et mes envies de vengeance. Bien évidemment les deux restaient étroitement liés, néanmoins mon esprit retord aimait à penser qu’une simple dispute ne suffirait pas à panser mes blessures. « Tu es si pressée de me quitter ? » Malheureusement ce n’était ni le lieu ni le moment, il me fallait trouver un endroit plus calme, à l’abri des regards et surtout de ce bruit qui martelait nos oreilles. « Il me semble qu’il s’est rendu dans la cave, pour les rafraîchissements j’imagine. » Avais-je des scrupules à lui mentir ? Pas le moindre, ce n’était ni le premier, ni le dernier, bien au contraire… Là n’était qu’une fois de plus, que pure stratégie pour parvenir à mes fins. L’occasion était trop parfaite, il m’était impossible de lui offrir une chance de s’enfuir , de prendre le risque de ne plus la recroiser. Ainsi je l’entrainais avec moi par la force des choses, marchant en direction de la cave pour finalement y amorcer la descente des escaliers. Personne, bien évidemment. « Fausse piste. On devrait en profiter pour boire un verre ou deux » D’une main je pris l’une des bouteilles de bières entreposées dans le sous sol, la décapsulant sans grand mal avant de la porter a mes lèvres. « Tes parents se portent bien ? » Une conversation anodine, voir amicale de par le détachement que l’on pouvait prêter à mon comportement. L’art de l’illusion.
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MessageSujet: Re: "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël.   "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël. EmptyVen 13 Fév 2015 - 13:10

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Je me souhaite un malaise, un vertige qui pourrait me plonger dans un de ces comas étranges desquels je me suis toujours sortie. Je rêve de m’évader dans un ailleurs où il sera pour toujours effacé de mon cœur. Mes ses yeux qui me détaillent, qui me transcendent, qui me font comprendre que c’est mon âme qu’il a tatouée. Si je l’avais voulu du plus fort que je l’ai pu, je suis obligée de réaliser, que je suis loin de l’avoir oublié. Que notre insouciance était ce qu’il y avait de plus beau, parce que c’était avant, avant que mon cœur ne décide d’être mourant. Je nous désire enfant, quand il me semblait encore avoir le temps. Et quand j’essaie de m’échapper, quand je hurle au vent afin qu’on vienne me délivrer, je sais que c’est impossible à envisager. Piégée, me battre contre lui semble quelque chose d’impossible à éviter.

« Tu es si pressée de me quitter ? » Je pense à mes parents, je pense à ce qu’ils croyaient, je me rappelle de Maël avec sa mère, il l’aimait bien plus que ce que j’aime aujourd’hui la mienne. Il l’aimait comme on le fait sans y penser, de façon naturelle, et belle. Si je suis pressée de le quitter ? Là n’est pas le réel problème, je ne pense pas en avoir le courage, c’est plutôt ça. Je brave la maladie un peu plus chaque jour, mais le fait est que toi, tu vois, je ne le peux pas. Je suis terrifiée, pétrifiée, j’ai comme l’impression d’avoir perdu encore de parler, la faculté. Je me cherche de la force, je me cherche des envies, de lutte et d’assez féroce. Mais rien ne vient, je suis vide depuis qu’il a posé son regard dans le mien. « Oui. » J’entends ma voix, malgré moi, prononcer. Comme si je n’étais plus capable de me contrôler. Je deviens cette marionnette, pantin, poupée. J’attends qu’il se mette à jouer.

« Il me semble qu’il s’est rendu dans la cave, pour les rafraîchissements j’imagine. » Pour une fois, ce n’est pas mon cœur qui semble s’emballer, mais bel et bien mon intérieur. Je ne sais comment réagir, l’impression intense et dérangeante que je suis en train de suffoquer. Mael, je ne vais pas survivre au fait de passer toute une nuit à tes côtés. Je ne le crois pas, je ressens ces mensonges jusque dans mes veines, au plus profond de moi. Sait-il que j’ai changé ? Et qu’en faux semblants je suis devenue des plus douée ? Un soupir profond s’empare de moi, je le regarde et sais que je n’ai pas le choix. Un poids s’effondre au plus profond de mon estomac, c’est lourd et ça fait mal, c’est plus fort que moi, plus fort que lui, quand je le suis. Ma main heurte la sienne, plusieurs fois, et ça me rend vivante, je crois, quand tout en moi désire s’enfuir vers le chemin opposé. Je sais que personne ne se trouvera dans la cave, surtout pas la clef pour ma liberté. Tout ce que nous trouverons, ce sont des années de rancœur accumulées. Un moment désagréable que le destin nous force à jouer. Acteurs démodés.

« Fausse piste. On devrait en profiter pour boire un verre ou deux » Mes pieds ont descendus les marches en se posant exactement là où les siens sont allés, superposer nos empreintes, sur le même rythme, celui d’un dies irae que mon âme a fredonné. Et quand je hoche le visage, négativement, je constate qu’à sa question il a déjà répondu  positivement. Il ouvre une bière, tandis que moi je reste muette, et n’ose pas en prendre une pour moi, me contente encore et encore de regarder sa silhouette. « Tes parents se portent bien ? » Cette question, je l’attendais plus tard, de ma raison il n’en reste que quelque chose de noir. Mes parents, sa maman, nous enfants. Les souvenirs sont lointains et pourtant c’est comme s’ils dataient d’hier matin. Ils disaient que pour lui ce n’était pas un environnement serein, que pour grandir il lui fallait, un équilibre plus concret. Avec acharnement, je mords ma lèvre inférieure, ma langue aussi, vraiment, je cherche mes mots, ceux que je connais sur le bout des doigts, qu’habituellement, je trouve beaux. Ceux avec lesquels en cours je m’amuse, ceux qui me manquent aujourd’hui. Sais-tu combien parfois, je me dis, que tu manques à ma vie ?

Je me demande si je dois lui dire que je suis désolée, me faire porte-parole pour leurs actes qu’à l’époque je n’avais pas compris, qui prennent peut-être un peu plus de sens dans mon esprit. Je me perds, les défends, tu vois combien tu ne te fais pas violence auprès de mes tourments ? Je te nomme tyran, je te désigne bourreau, je conçois tes maux et pourtant … Je hais mes parents à chaque secondes durant lesquelles ils s’évertuent à me sauver, je te comprends, je sais ce que ça fait. Mais de leur décision, il ne peut me nommer garant. Parce que je ne pouvais rien faire pour les contrer, et maintenant ? Je ne peux revenir en arrière, remonter le temps, ramener ta mère. « Ils sont restés les mêmes. » Ils vivent, et portent leur peine. Celle que je leur inflige, celle que tu ignores, le mal qui me dévore. « Bourrés de bons sentiments. » Je respire, calme mon rythme cardiaque, aucune de mes explications ne pourraient lui suffire. « Maël … » Seconde fois de la soirée que je prononce son prénom qu’autrefois j’ai tant aimé. Il a un gout différent à présent, comme quelque chose d’inachevé, une histoire de laquelle on ne garde que des regrets. « Je ne vais pas demander ton pardon pour quelque chose que je n’ai pas fait. » Je reprends mon courage en main puisqu’à l’évidence, je vais en avoir besoin, jusqu’à demain.
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MessageSujet: Re: "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël.   "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël. EmptySam 14 Fév 2015 - 20:35

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Menotté a mon passé je n’avais guère d’autre choix que de m’y confronter, observant la demoiselle non sans une certaine appréhension. Non pas que je redoutais sa présence, celle qu’elle était, non…je n’étais pas du genre à me laisser intimidé et encore moins par une femme. Néanmoins je craignais la fleuraison de sentiments, un retour dans le passé non souhaité, mais aussi une confusion entre l’amertume et la joie d’une amitié retrouvée. Je ne pouvais me laisser attendrir, revenir en arrière sans que ma rancune, cette haine nourrie à l’encontre de ses parents ne fasse surface. Ainsi était la vie, nous étions destinés à nous séparer, à suivre des chemins différents alors même que nous étions enfants. « Oui. » Visiblement je n’étais pas le seul à subir les tourments du passé, ne pas savoir quoi penser de ce soudain manque de liberté. Elle semblait perdue, flottant dans les souvenirs de notre enfance interrompue. Bien peu désireux de lui faire croire a de la réciprocité, j’en vins à lui adresser une légère grimace non sans un sourire amusé. « Outch, en voila de l’impolitesse ! Où sont tes bonnes manières ? »  A vrai dire j’en avais que faire, nous étions attachés l’un à l’autre et malheureusement pour elle, la clé s’en était allé sans pouvoir pu l’en empêcher.

Bien trop pressée de retrouver sa liberté, lui raconter un mensonge je ne pu m’en empêcher. Il me fallait passer du temps en sa compagnie,  lui faire comprendre combien sa mère avait détruit nos vies. Car si elle en avait conscience, du moins je l’espérais, ce n’était point suffisant comparé à toutes ses années d’errances. Bien évidemment cela ne changerait en rien mon destin, mais je reconnaissais bien volontiers mon côté malsain.  Ainsi donc je l’entrainais dans la foule sans lui laisser le moindre choix, prétextant que dans la cave se trouvait un ‘je ne sais quoi’. Ah oui, la liberté de retrouver nos vies. Sa main vint à l’encontre de la mienne à plusieurs reprises, contrainte et certainement désireuse de se défaire de mon emprise. Un contact charnel qui ne m’étais pas désagréable, qui dans d’autres circonstances, aurait été des plus appréciable. Comme prévu il n’y avait pas l’ombre d’un chat, descendant une à une les marches sans en sauter le moindre pas. Nous serions tranquille, laissant libre cours mon esprit le plus vil. Je n’avais que pour seule hâte de la confronter, si bien que s’enfuir il me fallait l’en empêcher. Ma main vint naturellement prendre une bière, refusant d’exaucer ses prières. J’accusais d’un sourire son refus, cette façon qu’elle avait de se comporter telle une malotrue.  Il me fut facile de trouver un sujet de conversation, demandant des nouvelles de ses parents envers qui je n’avais pas la moindre bonne attention. « Ils sont restés les mêmes. » Ainsi donc ils n’avaient pas compris la leçon, restait à mon sens, toujours aussi cons.  Des pensés peu catholiques, je vous l’accorde, mais pourrait-on vraiment m’en vouloir de pas être aussi ‘biblique‘?  « Bourrés de bons sentiments. » Il m’était impossible de lui donner raison, ne comprenant aucunement les bénéfices de m’arracher à ce qui était autrefois, ma maison. Bien évidemment je pourrais lui hurler combien mon cœur se mourrait depuis, mais je n’en n’oubliais pas moins mon objectif, optant ainsi pour le silence qui se révèle parfois comme le pire des ennemis.  Pour autant mon sourire se fit plus présent, attrapant mon portable dans ma poche avant.  « Maël … » Un texto et une gorgée plus tard, Violet pris un ton plus solennel, souhaitant sans doute abréger cette nuit avant qu’elle ne devienne éternelle. Le temps était venu de se mettre à nu, d’abandonner les bons sentiments prétendus.
Mon visage se fit peu à peu plus douloureux, pour le moins douteux.  « Je ne vais pas demander ton pardon pour quelque chose que je n’ai pas fait. » Bien que cela aurait en temps normal suffit à me faire bondir de rage, je fis mine d’en oublier ma rancune pour paraitre en plein naufrage. « Bon sang, je ne sais pas ce que j’ai mais…je ne me sens pas bien là. Il fait chaud tu ne trouves pas ?» Une main en vint à glisser sur mon front, tandis que plus oppressante se fit ma respiration. Bien évidemment il n’en n’était rien, juste un moyen de faire valoir mon envie de devenir un bien meilleur comédien. La manipulation était mon maître mot, faute de l’avoir découvert que trop tôt. «  Mais tu n’as pas trop chaud toi ? J’étouffe... la bière… il devait y avoir quelque chose dans la bière !» Ainsi il m’était facile de simuler des bouffées de chaleur tout droit sorti de mon imaginaire, craignant faussement de manquer d’air. Mon sourire s’en était allé, laissant un S.O.S se dévoiler. Tel un enfant j’en vins à tirer le col de ma chemise, faisant sauter un a un tous les boutons sans qu’aucune autre sentence ne soit permise. Aucun ne fut épargné, dévoilant une partie de mon corps à Violet, elle qui n’a pourtant rien souhaité. Quelques secondes suffirent à me défaire de ma chemise, la laissant se balancer entre nos deux mains liées par la paire de menottes grise. « Bordel qu’il fait chaud ! J’ai l’impression d’avoir avalé toute une boite de piments » Je savais qu’il me fallait encore gagner un peu de temps, attrapant une bouteille d’eau pour m’en asperger le visage lentement. Voilà qui faisait du bien, sentant l’eau ruisseler sur mon corps alors qu’une petite voix dans ma tête me disait combien j’avais l’air malin. Il existait un millier de possibilités pour la retenir, mais l’idée de la mettre mal à l’aise suffisait à me convaincre qu’il fait bon de se dévêtir.  Ma respiration se voulait toujours aussi accentuée, mes mains s’en allant à la conquête de mon jean qu’il me fut facile de laisser tomber. Je n’en oubliais pas moins les chaussures, avant de tirer doucement sur les menottes afin que Violet ait la bougeotte. Face à face, mon regard vint prendre possession du sien, tandis que je faisais en sorte d’unir nos mains. Délicatement j’en vins à les passer autour de ma taille, comme prêt à lui soutirer son aide dans ma bataille.

«  WOOOO mais c’est chaud par ici ! Je vais faire en sorte qu’on vous dérange pas, allez y, continuez ! » L’ami que j’avais convié s’en était allé aussi rapidement que la porte qu’il venait de fermer. Nous voilà enfermés, chose qui suffisait à me combler, oubliant ainsi l’idée que Violet m’aiderait à retirer le seul vêtement encore délaissé.  «  Une seconde… je crois que….» Je fis mine de ne pas m’en préoccuper,  reculant afin de ne plus être face à elle, fronçant à nouveau les sourcils tout en tapant sur mon torse de mon poing fermé. Un terrible bruit en vint alors à s'échapper de mes lèvres, libérant un rot digne de me trainer au quai des orfèvres. «  Oups….je crois que la bière me reste sur l’estomac. Qu’est ce que tu disais déjà ? Ah oui, que tu ne vas pas t’excuser pour quelque chose que tu n’as pas fait. J’imagine que l’on aura tout le temps d’en discuter, la nuit risque d’être longue pas vrai ? » La galanterie ne m’avait jamais étouffée, ne m’excusant en rien pour la gêne occasionnée. Mon sourire quant à lui  en disait long sur ma satisfaction, certain qu’elle ne pourrait que s’enfuir aux premiers rayons.
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël.   "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël. EmptyMer 18 Mar 2015 - 20:55

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Je ferme les paupières, j’essaie de me dire qu’il ne va pas de suite me jeter la pierre. Mais je suis de celles qui savent définir lorsqu’il est trop tard, et ce soir nous sommes dans ce cas, je ne laisse même pas de place pour le hasard. Pour les hypothèses, pour les fabulations, nous ne voulons pas être ici, lui et moi, et l’enfance à laisser place à l’errance. Qu’il se rassure, je ne m’imagine pas qu’il va me prendre dans ses bras. Et quand je m’entends lui dire oui, je réalise que face à son visage j’en oublie bien des choses, dans un premier la bienséance, j’en deviens folle de sa présence. « Outch, en voila de l’impolitesse ! Où sont tes bonnes manières ? » Nulle part, dans un ailleurs où jamais ne souffre mon cœur. Un univers tout entier, où je m’invente vivre à jamais. Et je note qu’il me ment, que de mon impolitesse il n’en a rien à faire, qu’il est acteur et qu’il tait ses tourments. Mais nous voilà partis à la recherche d’une clé factice qu’on ne risque pas de retrouver avant la matinée.

Alors j’ai suivis ses pieds à défaut de savoir où placer mes pas. J’ai avancé à son allure, en tentant d’oublier peu à peu mes blessures. Je me suis laissée entrainer dans une cave qui en temps normaux aurait pu m’effrayer. Et quand il me demande si mes parents vont bien, j’oublie de le regarder afin de chercher dans mes pensées. Une réponse à cela, une échappatoire, je ne sais pas. J’omets volontairement toute rancœur, celle que je pourrai lui porter, celle qu’il se doit de ressentir pour moi, et je gagne en candeur, force mon cœur. J’attends sa réponse, l’appréhende et je n’en reviens pas d’à quel point, par lui et ses mots, je me laisse surprendre. « Bon sang, je ne sais pas ce que j’ai mais…je ne me sens pas bien là. Il fait chaud tu ne trouves pas ?» Et mes prunelles l’interpellent. L’interrogent afin de savoir ce qu’il se passe en lui à ce moment-là, et je m’accuse de tous ses maux, sachant pourtant que je ne me trouve pas en position de bourreau. Sa main sur son front face à mon incompréhension. Son non contrôle de sa respiration, et je pourrai presque jurer que j’en perds la raison. « Mais tu n’as pas trop chaud toi ? J’étouffe... la bière… il devait y avoir quelque chose dans la bière ! » Mon visage bouge lentement pour lui signifier que non. Que malgré le fait que je me trouve dans une étrange position, je vais aussi bien qu’on peut aller dans ces conditions. Et quand il commence à se déshabiller j’avoue perdre un peu pieds, ne devine d’aucune façon comment je pourrai l’aider. Plus il se dénude et moins je comprends quand sa peau s’offre à ma vision, pour de bon, je me contente de contrôler ma respiration. Interloquée, et surement, aussi, c’est vrai, agacée. Tandis que mes iris fixent cette chemise qu’il vient de délaisser, je l’entends à nouveau parler. « Bordel qu’il fait chaud ! J’ai l’impression d’avoir avalé toute une boite de piments » Sa main libre s’active à attraper de l’eau afin de l’apaiser, même si je ne suis certaine d’entendre tout ce qui est en train de se dérouler. Encore, mon visage s’incline et je me contente d’être muette, je deviens cette personne étrange que le non savoir dévore. Parce que j’ai assurément raté quelque chose dans notre entrevue, je n’avais, à la vérité, pas du tout envisagé sa mise à nue. Plus il a chaud et plus j’ai froid, réalise que nos chemin n’auraient pas dû se croiser comme cela. Je ne reviens que dans cette étrange réalité que lorsqu’il se décide à se servir de sa main attachée. Défaisant la fermeture éclair de son jean et me rapprochant de lui par la même occasion, ne laissant dans ma bouche qu’un gout de regret face à ses actions. Pendant quelques secondes, et pour la première fois depuis longtemps, je remercie le ciel de m’avoir donné cette maladie, celle qui ralenti ma vie, mais qui aussi, me permet aujourd’hui de ne pas avoir froid aux yeux, de ne pas me sentir rougir quand de son regard il attrape le mien, me pousse, ou essaie, dans mes propres retranchements, hors de ce temps. Mes mains autour de sa tailler j’expire, combien de fois, déjà, j’ai essayé de cette façon là ? De tenter le diable par de corps à corps ? De mourir avant que la passion ne s’évapore ? Trop de fois, c’est bien pour cette raison, que dans son jeu, je me berce et reconnais mes propres illusions.
«  WOOOO mais c’est chaud par ici ! Je vais faire en sorte qu’on vous dérange pas, allez y, continuez ! » Une fraction de seconde, trop rapide, trop lente, je ne sais pas, mais je n’ai pas su la contrôler en tous les cas. Ma voix ne s’est pas fait entendre, jurant pourtant intérieurement, que de son aide j’aurai pu m’éprendre. Seulement rien, comme si je l’avais rêvé, le jeune homme disparait. Et je me contente de subir le fait qu’en plus d’être enchainée à lui, je me retrouve à présent enfermé avec lui, plus aucune possibilité de fuir, de hurler, la fête bat son plein et je n’y peux plus rien. Jusqu’à demain. «  Une seconde… je crois que….» Je reviens dans cette réalité étrange où nous sommes à présent réunis, regarde son visage se détourner du mien, il recule et j’avoue pour ma part clore mes paupières comprenant au moment où il frappe son torse ce qu’il va faire. Et finalement je lève les yeux au ciel, me questionnant une seconde sur le fait que ce qui vient de se passer est réel. Et avant que l’on en revienne à tenter de remettre l’autre à sa place, je ne peux m’empêcher de tirer une grimace. «  Oups….je crois que la bière me reste sur l’estomac. Qu’est ce que tu disais déjà ? Ah oui, que tu ne vas pas t’excuser pour quelque chose que tu n’as pas fait. J’imagine que l’on aura tout le temps d’en discuter, la nuit risque d’être longue pas vrai ? » Tandis que je ne pensais depuis le départ qu’à sa propre rancœur, je l’oublie quelques instants, préférant de loin la mienne, et je me permets de penser à moi. C’est de ce fait sans me contrôler que je lui dis, sans y penser. « Oups ? » Sérieusement ? Dans mes souvenirs, même enfant, je le voyais plus grand. Imposant, classieux et peut-être même aventureux. Non, jamais je ne m’étais permise de penser, qu’il aurait juste pu être grossier. « Même pas un « désolé » ? » Je ne parle plus de nos parents, de nos histoires communes, juste de maintenant. Je secoue le visage quand je ne saurai dire pourquoi j’imagine déjà son sourire naissant. « Sale porc. » Et des hommes qui se sont joués de moi j’en ai connu, de ceux qui se sont moqués de moi, auxquels j’ai laissé le plaisir de me torturer et de m’abimer, vouloir leur laisser les commandes dans l’espoir de voir mon cœur, de battre, s’arrêter.
C’est en soupirant finalement que je le regarde, avant de lever les mains en l’air pendant une fraction de seconde pour montrer mon mécontentement, comme si ça pouvait changer quelque chose, comme si ça allait jouer en faveur de ma cause. Puis mon corps s’affaisse, je m’assoie sur le sol et garde tout de même ma main liée à lui à la bonne hauteur. « Et dire que je pensais m’ennuyer ce soir. » Je dis au vent, en ricanant. « Mais non, c’est plutôt bien en y réfléchissant. » Je lève un peu les yeux vers lui, ne réalisant presque pas encore qu’il est ici, laisse place à l'ironie. « Je retrouve un - ancien - ami, on me roule une pelle, j’ai droit à un striptease, puis on me rote à la gueule. » Je n’ai pas pour habitude d’être vulgaire, mais il est vrai que j’en oublie mes bonnes manières. « T’as résumé ma vie en quinze minutes, c’est génial. » Un peu d’adrénaline, et beaucoup de laideur, n’en déplaise à mon âme, à mon cœur. « La nuit est déjà longue. » J’en reviens à ses mots et oublie volontairement tous ceux qu’on pu provoquer mes parents. Je vais mourir, Maël, et pour l’ancien, l’avant, je n'ai pas le temps.
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MessageSujet: Re: "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël.   "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël. EmptyDim 26 Avr 2015 - 16:31

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Jouer avec les apparences ne m’était pas difficile, mon passé et présent n’étant qu’illusions depuis de nombreuses années. Peu avait eu l’occasion de véritablement me connaître… Violet était l’une de ces exceptions, il fut un temps. Mais les années avaient œuvré pour me façonner en un tout autre homme, plus froid, plus retord. L’innocence avait clairement laissé place à la malveillance. Le petit Maël n’était plus. Refermant peu à peu mon emprise sur Violet en nous retardant dans le sous sol, ma respiration se voulait saccadée, plus intense, simulant ainsi un manque d’oxygène tandis que l’incompréhension semblait gagner le visage de la demoiselle. J’accusais à tord la délicieuse bière que je venais d’entamer, retirant peu à peu mes vêtements sous l’étonnement et la gêne de la douce Violet qui n’osait plus m’accorder le moindre regard. Je me devais de masquer ma satisfaction, me disant encore victime d’un mal inconnu tout en jouant sur la proximité nouvellement créée et ce, en l’attirant tout contre mon corps. Je devais avouer mon plaisir de me jouer de ses émotions, pour autant et à mesure que mes vêtements disparaissaient, Violet semblait au contraire, regagner en confiance, en indifférence. Assurément elle n’était plus cette enfant que j’avais moi aussi connue, j’en avais conscience. Malheureusement je n’eu guère l’occasion de connaitre ses limites, nos limites, étant finalement interrompu par mon complice qui n’eu aucun remord à nous retirer une autre parcelle de liberté.
Un vent de grossièreté en vint à s’échapper de mes lèvres, tombant ainsi le masque quant à cette fièvre soudainement dissipée. « Oups ? » Qu’il en déplaise à Violet dont le dégoût se lisait clairement sur son visage. Je ne pouvais que la comprendre, mais ce large sourire que j’arborais laissait entrevoir combien cela m’importait.  J’haussais les épaules, faisant mine d’ignorer combien ce manque de galanterie pouvait lui déplaire. « Même pas un « désolé » ? »  Voilà bien longtemps que les excuses étaient tombées dans l’oubli, ne faisant ainsi plus partie de mon vocabulaire. Après tout, qui avait été là pour m’en faire lorsque par deux fois, mon existence s’était vue complètement brisée ? «  Bien sûr, avec des fleurs aussi ? Ou est-ce que sa majesté pense pouvoir s’en passer ? » Devrais-je lui conter lorsque ces mots eurent le malheur de s’échapper de mes lèvres pour la toute dernière fois ? Moi ce petit garçon blotti contre le corps meurtri de celle que je prenais autrefois pour ma mère, m’excusant de ne pas avoir été là pour elle, de ne pas être suffisant fort, de ne pas être ce petit homme qui se devait d’être à la hauteur pour la soutenir ? Non…je ne pouvais me résoudre à laisser filer ce dernier souvenir, avec quiconque et cela d’autant plus, auprès de celle qui portait encore le nom de ceux que je jugeais encore comme responsable de tout ce fiasco. « Sale porc. » Que pouvait-elle bien espérer de ces insultes ? Abimer ce pauvre Cœur que je n’écoutais plus ? Je ne saurai le dire, mon sourire n’étant aucunement ébréché tandis que je m’abaissais pour récupérer ce jean que j’avais soigneusement délaissé.

A peine avais-eu le temps de reboutonner mon jean que nos mains en virent à gesticuler dans les airs pour finalement tomber dans le désespoir à l’image de Violet qui en vint à s’assoir. Elle baissait les armes, un peu trop vite à mon goût. Elle qui autrefois ne manquait pas de caractère, savait obtenir tout ce dont elle avait envie en un simple sourire et ce, même lorsqu’elle savait d’ore et déjà que c’était peine perdue. « Et dire que je pensais m’ennuyer ce soir. » Je l’observais, intrigué, prenant cette fois ci le temps de ne pas la brusquer, de laisser libre cours à ses pensées. « Mais non, c’est plutôt bien en y réfléchissant. » Nos regards en vinrent à se croiser de nouveau tandis que son discours succombait peu à peu à l’ironie. J’haussais un sourcil, l’incitant à poursuivre tandis que ma main encore libre de tout mouvement pris la direction de la bouteille de bière bien trop longtemps abandonnée elle aussi. « Je retrouve un - ancien - ami, on me roule une pelle, j’ai droit à un striptease, puis on me rote à la gueule. » Je ne pu que sourire, bien qu’elle espérait une toute autre réaction de ma part. Oh je pourrais la plaindre, imaginer que certaines limites ont été franchies malgré elle, néanmoins je ne pouvais ressentir autre chose qu’un certain amusement pour avoir bousculé les bonnes mœurs de Mademoiselle Dawson. « T’as résumé ma vie en quinze minutes, c’est génial. » Je ne pu m’empêcher de penser combien l’ironie lui allait que trop bien, même si la demoiselle qui se trouvait sous mes yeux contrastait en tout point avec celle que je connaissais autrefois. Un juste retour des choses j’imagine. Un petit soupir en vint néanmoins à s’échapper de mes lèvres alors qu’elle se plaignait d’ores et déjà de cette longue nuit à mes côtés. « Vous les femmes !  A croire que vous êtes toujour l’héroïne du plus grand mélodrame qui n’a jamais existé. » Je goutais une nouvelle fois a ma bière, prenant cette fois ci le temps de la savourer non sans un petit sourire amusé.
Puis dans un silence quasi religieux, j’abandonnais l’idée de remettre ma chemise pour m’assoir face à elle, retrouvant ainsi son regard sans la moindre difficulté. Elle pouvait s’attendre à ce que j’engage la conversation, admettant combien ma réaction fut excessive, si ce n’est pour lui faire des excuses qu’elle considérait certainement comme bien méritées. Pour autant le silence régnait en maître dans le sous sol, me sentant perdre pied en plongeant dans son regard que je ne saurais décrire avec justesse. D’un petit geste, je lui tendis la bouteille, un petit sourire sur les lèvres tant je m’attendais à ce qu’elle rejette cette idée. Elle semblait si…coincée, sérieuse, si…différente. Depuis combien de temps n’avait elle pas rigolé aux éclats ? N’avait-elle pas succombée a la moindre de ses envies ? Ressentie ce petit moment de liberté sans que rien ni personne ne vienne l'entacher. «  La manière est peu être contestable, mais tu ne peux pas m’en vouloir d’avoir tout fait pour te garder à mes côtés. Toi qui était si pressée de me quitter. »
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MessageSujet: Re: "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël.   "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël. EmptySam 9 Mai 2015 - 11:46

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«  Bien sûr, avec des fleurs aussi ? Ou est-ce que sa majesté pense pouvoir s’en passer ? » Dans un automatisme, mes prunelles cherchent les siennes, essayant tant bien que mal de comprendre comment il me voit. Une princesse dans une prison dorée, et cette idée, pour le coup, me donne une envie de rire comme je ne l’ai pas fait depuis longtemps, juste sincèrement. « Sa majesté » va mourir, alors les fleurs, elle ne les reçoit que lorsque l’hôpital devient une nouvelle fois, son chez soi. Nos différences ficelées grâce à toutes ces années d’absence me frappent en plein visage, me faisant peu à peu oublier, cette enfance commencée à ses côtés, lui en tant mon allié. Je l’insulte, doucereuse, et abandonne, parce que notre combat ne servirait à rien, il sera la victime et je serai le bourreau, ça brûle de ma peau, chaque infime morceau.

Si aux autres hommes je donne tous les droits, quand je me perds et me permets de m’épancher en paroles superficielles je réalise qu’à lui, je ne lui donne rien, si ce n’est ce qu’il attend, une petite poupée qui se morfond, qui finira par atteindre le fond. Quand je parle d’ennui, je pense aux verres que j’ai ingurgités, destinés à me faire oublier. Quand j’hypothèse sur un ami, je suis presque capable d’avouer que je n’en ai pas de vrai. Que je suis pleine de mensonge, de haine et que peu savent qu’un jour je vais exploser. Et les baisers, je ne saurais compter combien j’ai pu en donner, combien mon corps a été théâtre d’une vie de débauchée. Combien j’ai toujours été la première généralement à me déshabiller. Et puis les grossièretés, le fait que dans un monde je m’applique si bien à devenir un déchet. Je pourrai le remercier, si je n’étais pas consciente du fait qu’il me hait et me voit comme celle qui lui a tout volé. Un presque résumé que je lui vends, sans les détails, sans lui expliquer que derrière mon ironie et mon cynisme, il y a une raison, peu importe ses impressions. « Vous les femmes !  A croire que vous êtes toujours l’héroïne du plus grand mélodrame qui n’a jamais existé. » C’est maintenant que je lui dis que je suis en train de crever ? Que ça fait des années que j’essaie de faire en sorte que les choses soient accélérées, mais que la vie a choisi de faire de moi son jouet ? Je pourrais lui raconter, ce que ça fait, d’être torturée par une dizaine de personnes se prenant pour des médecins, des dieux qui en réalité sont à mon image, de la vie, les chiens. Je pourrai, c’est vrai, mais dans ses yeux jamais je ne veux y voir de la pitié, je crois bien que c’est ce qui m’achèverai. Le savoir en train de me plaindre alors que ma famille lui a tout pris, là serait l’ironie. Alors je me contente de sourire, et au plus profond de mon être, je délire. Je me refuse à survivre, encore plus aujourd’hui que je vois la haine dans son regard, que plus forte se fait ma peine. Alors je ne suis peut-être pas l’héroïne du plus grand mélodrame au monde, mais je jure que je suis l’héroïne du mien, combien de temps met la vie à mourir, combien ?

Étourdie par l’alcool qui se trouve encore dans mes veines, j’avais avoir le tournis lorsque face à moi, il décide de s’assoir, et j’essaie tant bien que mal de ne pas broyer du noir. Il boit une gorgée, ou trois, après tout, je ne sais pas. Mais il est là, à plonger ses yeux dans les miens, et à me rappeler de mon enfance tout son côté divin. Avant le mal et les médecins. Je me souviens alors des promesses de cette soirée, de mon cœur que je voulais à tout prix faire exploser, et je regrette d’en être maintenant bien loin, bloqué dans un cave à ses côtés, sans plus savoir sur quel pied marcher. «  La manière est peut être contestable, mais tu ne peux pas m’en vouloir d’avoir tout fait pour te garder à mes côtés. Toi qui était si pressée de me quitter. » En tous les cas, il me semblait à moi, que nous étions bloqués dans cette position-là, sous-sol ou pas. Liés par nos poignets, je suis presque certaine que ce gage n’était pas prêt d’être annulé, peu importe ce que j’aurai pu faire pour persuader mon compagnon d’infortune de tout arrêter. Quand il me tend sa bière, j’hésite d’abord, fixant ses prunelles pour y chercher son prochain piège. Mais rien, je suis peut-être stupide, mais je crois à l’innocence de son acte, alors je me décide à la prendre en main, à la porter à mes lèvres afin d’en boire une gorgée, le liquide ambré laisse un gout amer au fond de moi, peut-être comme notre histoire, n’est-ce pas ? Mes soupirs s’apparentent à des plaintes quand je réalise que je ne sais pas quoi lui  dire de plus, que j’appréhende la moindre de mes pensées, comme la plus infime des siennes. Je bois encore un peu, avant de lui rendre sa boisson, dans ma tête, la vérité est que cela tourne en boucle et en rond. « Parce que tu vas m’en vouloir maintenant de ne pas apprécier l’idée de passer une nuit à tes côtés ? » A ressasser des souvenirs qui font plus de mal que du bien, à faire semblant qu’on se fiche de nos hiers et de nos demains.

Ma main libre passe dans mes cheveux, les renvoie en arrière, et je réalise qu’en moi, j’espère. Voir son sourire et nous rappeler, simplement des bons moments et en laissant de côtés les mauvais. L’alcool allume de plus en plus mon corps, et dans les méandres de mon esprit, abime, apeure mon cœur. « T’avais raison pour la chaleur. » Elle tient à ma peau, me consume et provoque à l’intérieur plusieurs électrochocs. « Mais si je te fais le coup du strip tease, je suis pas certaine que tu puisses avoir autant de self-control. » que moi s’entend. Un sourire traverse mes lèvres, quand finalement, j’ose soutenir son regard pour de bon, et prononcer ces mots, ceux qui ont un rapport direct avec les siens, de maux. Mes parents et sa maman. Mon monde et le sien. Deux univers contraires séparés, alors qu’ils auraient pu parfaitement s’entremêler. « Maël, mes parents pensaient bien faire. » C’est toujours ce qu’ils croient, comme ces jours où ils laissent les hôpitaux et spécialistes me prendre les meilleures parties de moi.
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MessageSujet: Re: "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël.   "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël. EmptyDim 7 Juin 2015 - 19:12

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Un parfait gougeât je devenais en sa compagnie, persuadé d’être en droit de lui faire comprendre combien sa famille était la source du désastre qui avait su frapper la mienne. Bien évidemment, elle s’en doutait que trop bien, sinon pourquoi se faire fuyante, évoquer ses parents et des excuses qu’elle se refusait de me faire sous prétexte qu’elle n’était en rien responsable des décisions prises par ses géniteurs.  J’aurai pu le comprendre, je le pourrais…vraiment…si ma colère n’était pas aussi forte, si elle n’avait pas eu le temps de s’accroitre avec les années sans qu’aucun membre de sa famille ne cherche à connaître les conséquences des décisions prises sans nous solliciter. Pour autant elle prenait sur elle, restait impassible, accueillant mes réflexions sans en être offusquée. Du moins en apparence. Un doux parfum d’innocence ? Etait-elle réellement convaincue que toute cette conversation, mes ressentiments n’avaient pas lieu d’être ? Son tempérament, ce calme avec laquelle elle me scrutait me désarmait, parvenant presque à semer le doute dans mon esprit. Fort heureusement le visage de ma mère, du moins celle qui se disait l’être pendant les toutes premières années de mon existence, restait suffisamment ancré dans mes pensés pour ne pas me laisser amadouer par ce doux visage qu’était le sien.
Mais rien…rien ne semblait l’atteindre, à croire que nous nous ressemblons plus que je ne saurais l’avouer. Elle semblait avoir érigé un mur entre elle et le reste du monde, à croire que plus rien ne pourrait l’atteindre, la faire souffrir à nouveau. J’avais pourtant en mémoire une petite fille au sourire indescriptible, infaillible…si bien que j’en venais à m’interroger sur la disparition de ce dernier. La folie était proche, sur le point de m’emporter, moi qui me préoccupais maintenant de celle qui devrait au contraire, subir mon courroux.  Si elle semblait inatteignable, je savais que trop bien que tout ceci n’était qu’une façade, un jeu d’illusion et d’apparence qui n’avait aujourd’hui, plus le moindre secret pour moi. Nous avions tous une faille, quoique l’on dise, quoique l’on fasse. Me restait simplement à trouver la sienne et fort heureusement, nous avions la nuit devant nous.

Ainsi je pris place au sol, face à elle, me mettant ainsi à son niveau, bière à la main avant de me revigorer de quelques gorgées. Le silence prit naturellement tout son sens, laissant place aux regards, mais aussi aux souvenirs d’une enfance que l’on croyait tous pleine de promesses. Bien que les années semblent avoir œuvré en lui sculptant un visage quasi parfait,  je reconnaissais sans grand mal l’enfant qui fut autrefois mon équilibre. Contrairement à ce que pouvait bien penser ses parents, être un enfant ne rendait pas pour autant notre amitié insignifiante, bien au contraire, je me rappelais que trop bien de la pureté de nos sentiments, de cette force avec laquelle nous affrontions nos démons de la journée. Au fond, nous étions plus à même d’apprécier la vie, plus qu’ils ne le faisaient et que nous le faisons aujourd’hui à notre tour. D’un geste j’en vins à lui proposer quelques gorgées, ouvrant le dialogue sur un air plus singulier. « Parce que tu vas m’en vouloir maintenant de ne pas apprécier l’idée de passer une nuit à tes côtés ? » Une nouvelle fois elle ne cachait pas son envie de me tenir éloigner, de prendre la fuite pour ne plus avoir à me revoir. Pourquoi ? Pourquoi fuir lorsque l’on n’a rien à se reprocher ? Lorsque la conscience est libre et  sans le moindre regret ? Faisant mine de réfléchir, j’haussais finalement les épaules, un petit sourire sur les lèvres tout en ajoutant avec un léger amusement. «  Tu serais bien la première à t’en plaindre » Bien loin d’être désarmé, je m’emparais de la bouteille pour la porter une nouvelle fois à mes lèvres avant de la reposer au sol, entre nos deux corps tenus à distante et pourtant inébranlablement liés.

Mon regard ne se détachait pas un seul instant du sien, de ce corps que j’apprenais à connaitre tout en recherchant quelques liens du passé. Elle était devenue une femme, plutôt admirable il fallait bien lui reconnaitre cette qualité. D’une beauté pure, presque trop parfaite en y reflétant une fragilité que je ne lui reconnaissais pas. Ses moindres mouvements, cette façon qu’elle avait de passer sa main dans ses cheveux restait des plus gracieux, séduisant pour n’importe quel homme. « T’avais raison pour la chaleur. » Rapidement je fus ramener à la réalité, imaginant que trop bien l’alcool réchauffé ce cœur qu’elle voulait de glace un peu plus tôt. « Mais si je te fais le coup du strip tease, je suis pas certaine que tu puisses avoir autant de self-control. » Je me maudissais d’ore et déjà de lui rendre son sourire, me permettant même de rire quelque peu devant tant de prétention. Devais-je lui rappeler combien elle fut troublée un peu plus tôt ? Car oui elle l’était, j’en étais intimement convaincu. « Soit gentille et ne me confond pas avec les types qui comblent tes nuits. Il me faut bien plus qu’une jolie paire de jambes pour m’affoler. » J’avais beau faire partie des Delta, connu pour être ami et frère des plus grands séducteurs du campus, je restais particulièrement difficile à combler, mon cœur et mon corps se refusant de flancher dans la facilité. C’est alors que son visage se fit soudainement plus sérieux, abordant sans prévenir ce sujet qu’elle espérant tant éviter jusque là. « Maël, mes parents pensaient bien faire. » Des paroles qui eurent le don de raviver ma colère, bien qu’elle me consumait de l’intérieur sans que je la laisse une nouvelle fois s’exprimer. A quoi bon si elle excusait déjà ces parents ?  Mon regard prit refuge sur le mur qui se trouvait au loin, conservant le silence une petite minute, ou deux, je ne saurais le dire. « Depuis quand séparer un enfant de sa mère est une bonne chose…? Qu’espères-tu Violet ? Que tout comme toi, je leur trouve toutes les excuses du monde et que je passe à autre chose, comme ci il ne s’était rien passé ? »  Ma voix se voulait relativement calme, l’abordant sans cris, sans haine bien qu’il m’était impossible de cacher toute la rancœur que je nourrissais à l’encontre de ses parents.
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MessageSujet: Re: "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël.   "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël. EmptyMer 1 Juil 2015 - 10:27

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Mes paupières se closent pour un laps de temps indéterminé que je voudrai long, que s’éteigne de mon corps chaque brin de passion, mais que je devine court, ou plutôt que je sais, puisque déjà, mes prunelles affrontent les siennes pour les défier. Tenter de ne pas tout de suite sombrer. Quand je lui demande si maintenant il va m’en vouloir de ne pas me réjouir d’être enchainée à son bras pour le reste de la soirée, je ne m’attends à aucune réponse de sa part, bien au contraire, sachant mes propos parfaitement rhétorique à la vérité. C’était sans penser, qu’en plus d’avoir bien vieilli son côté arrogant lui aussi a grandi. «  Tu serais bien la première à t’en plaindre » Arquant les sourcils en souriant, à nouveau je le regarde boire, sachant que pour ma part l’alcool est déjà en train de me plonger dans le noir. C’est d’un ton railleur que je fini par lui dire quelques mots moqueurs. « T’es au courant que les filles disent aux mecs ce qu’ils veulent entendre, hein ? » Insinuant par cette phrase, que si les autres filles ne s’étaient pas permis de geindre, c’était simplement pour lui faire croire ce que tout homme de ce nom attend. Aussi idiots amis qu’amants. Pourtant, j’avoue ne plus savoir qui ment, a son allure je devine, qu’entre ses mains les femmes doivent juste se penser divines. Sauf que je me tais, n’ajoute rien, puisque je détesterai le voir presque satisfait.

En silence ses iris brûlent ma peau dans lesquels je décèle la recherche d’un signe de reconnaissance, de ce quelque chose qui nous liait, avant. Avant la perte de sa mère, avant ma maladie, et nos manques de repères. Deux enfants innocents. Et j’avoue, parfois, rêver encore à ce temps. Alors je nous sors de notre torpeur, utilises des mots simples, sans arrière-pensées, voulant arrêter le fait que depuis sa présence j’ai du mal à respirer. Ressens mon cœur oppressé. A croire que nous sommes deux, à jouer les prétentieux. Mais il y a une petite – grande – part de fierté en moi, qui trouve que ça me va mieux. Il répond d’un sourire, et la cage qui bloquait ma poitrine semble peu à peu s’ouvrir à quelque chose de nouveau, nostalgique et beau. Son rire me surprend, et tout mon être réalise que sur lui, à l’évidence, je me méprends. « Soit gentille et ne me confond pas avec les types qui comblent tes nuits. Il me faut bien plus qu’une jolie paire de jambes pour m’affoler. » Et même si sa réplique est censée m’outrer ou je-ne-sais-quoi, je suis presque certaine que c’est quelque chose comme ça, je préfère choisir toujours notre ton léger, au moment où je laisse les doigts qui constituent ma main libre courir sur mes jambes d’un air amusé. « Heureuse de savoir que mes jambes te plaisent. » Taquine, un tout petit peu, c’est vrai, mesquine, manipulatrice à souhait. J’en viens à me demander, quel est le jour où je me suis décidée, à me contenter de survivre et de m’abimer plutôt que de vivre comme on le dit dans les contes de fées. Suis-je bête, je le sais. Depuis qu’on m’a dit que je ne pourrai pas vivre à jamais. Que le temps est toujours compté. Que le mien se fait journées.

Puis l’atmosphère devient pesante quand j’aborde sans prévenir à nouveau ce sujet que j’ai dit vouloir ne pas aborder. Pleine de contradictions, mais on me pardonne quand on sait, que parfois mon cœur me fait divaguer. On me laisse passer tout et n’importe quoi. Mais lui ne le fera pas. Ne donnera pas d’excuses à mes parents, et je le comprends. Je suis de son avis, cependant je me fais porte-parole de leurs agissements, alors que je me sais vindicative à leur sujet, pour tout ce qu’ils nous ont fait, ces deux manières différentes de nous torturer. « Depuis quand séparer un enfant de sa mère est une bonne chose…? Qu’espères-tu Violet ? Que tout comme toi, je leur trouve toutes les excuses du monde et que je passe à autre chose, comme ci il ne s’était rien passé ? » Je ne peux m’empêcher de soupirer, de me demander surtout pourquoi j’ai remis ça sur le tapis. Je mords ma lèvre généreusement lorsque je me mets à réfléchir à toutes ses questions, à mettre à mal mon esprit et mon intérieur pour tenter de comprendre le sien. Si j’osais j’avouerai qu’il n’est pas comme les autres, parce que difficile à sonder, je déteste en tous points ce que mes parents lui ont fait. Depuis quand c’est une bonne chose ? Je n’en sais rien, j’aspire à mourir depuis si longtemps que je ne pense plus ou presque au fait que je vais les laisser, que mon hérésie cardiaque va eux aussi les achever. « J’en sais rien. » A sa première question, je réponds, en tout honnêteté, gêne et aucune possibilité d’assumer. Je n’ai sais rien, c’est aussi simple, limpide, idiot aussi. Parfait résumé de quelques vies. « J’espère rien du tout. » Que je lui dis avec plus de force, relevant mes iris verts en direction des siens, troublée de leur voir si … sur et certain. Je n'espère plus rien, depuis des années déjà, alors ça ne va pas changer aujourd'hui, au nom d'une amitié qui n'est plus. Qui n'avait aucun sens, bourrée d'innocence. « Je ne leur trouve aucune excuse, au contraire, je suis autant en colère que toi. Pour ce qu’ils t’ont fait, c’est injuste même s’ils ont cru que ça pouvait t’aider. » Pour ce qu’ils me font, même s’ils sont persuadés que ça pourrait me sauver. « J’veux pas que tu passes à autre chose, ce n'est pas ce que j'ai dit. » Je le sais, je le sens, on oublie jamais sa maman. « J’n’explique rien, je n’ai pas la solution pour tout, je ne peux même pas parler à leur place. » Parce que je ne savais pas ce qu’ils faisaient, parce que je me contentais d’être une gamine encore capable de rêver.
J’ai perdu mon assurance, ma candeur et gardé toutes mes douleurs. Une moitié de moi, juste ça. « Mais t’as le droit de me détester, je t’en voudrai même pas. » Tu ne serais pas le premier ni le dernier, j’attrape sa bière, en bois une gorgée, on supporte toujours d’être haïs lorsqu’on sait qu’on va bientôt quitter la vie.
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MessageSujet: Re: "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël.   "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël. EmptyDim 5 Juil 2015 - 15:23

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« T’es au courant que les filles disent aux mecs ce qu’ils veulent entendre, hein ? » Mes Lèvres s’en retrouvaient scellées, non pas par les propos de la demoiselle, ni même par cette répartie qui la définissait déjà à l’âge de l’innocence. Non…Je lui offrais une accalmie, le temps pour mon corps de grimper en degrés par le délicieux breuvage que je tenais encore entre mes doigts. Pour autant un fin sourire parvint à se glisser sur mes lèvres, peu convaincu tant les femmes revendiquaient ce besoin de sincérité de notre part, nous les hommes, plus souvent connus pour nos trahisons et mensonges, que pour nos véritables moments de partage. Ainsi je devinais que trop bien le petit jeu dans lequel nous nous étions, corps et âmes, jetés, presque instinctivement comme ci ces dernières années n’avaient jamais existées.   « Vraiment ? Vous êtes pourtant les premières à pleurer le nombre de fois où vous vous êtes fait berner. » Appelez cela une once de vantardise ou de l’arrogance à l’état pur, mais mon regard défiait le sien sans que le remord ne vienne entacher mon visage. Je refusais de lui laisser le moindre pouvoir, de lui dévoiler la moindre faiblesse en étant en proie au moindre doute. J’étais du genre confiant, loin d’être parfait certes, mais je ne comptais plus le nombre de demoiselles qui espéraient, en vain, obtenir la clé de mon cœur malgré mes nombreux défauts.
Je ne saurais décrire nos retrouvailles, étant bien évidemment envahis par la rancœur, la haine que je nourrissais depuis plusieurs années à son nom. Des envies de vengeances martelaient mon cœur de tous côtés,  l’appelant à se faire justice lui qui a été autrefois maltraité. Pour autant les souvenirs m’accablaient, tentait de me faire entendre raison, de la déclarer innocente des méfaits commis par ses parents. Faire table rase du passé…il était permis de rêver. Je l’observais, à présent silencieux, pas insensible à ses traits pour le moins familiers bien que plus affinés, mais aussi a cette ambiance contrasté entre rancœur et complicité, je ne pouvais le nier. Il m’était facile de lui céder, de me livrer à ce petit jeu a l’image du passé, néanmoins je me refusais de perdre pied, de me laisser amadouer par cette main qui se livrait a un jeu coquin. « Heureuse de savoir que mes jambes te plaisent. »  Quel homme ne serait pas tenté ? Pour autant je me refusais de quitter son regard, n’accordant qu’à sa main une simple pensé, l’imaginant glisser sur sa peau dés plus délicate et douce, tel un drap de soie. Assurément elle était devenue une femme redoutable, capable d’utiliser ses nombreux atouts pour parvenir à ses fins, quels qu’ils soient. Un réflexe que trop bien connu, dénué de toute finesse contrairement à l’image qu’elle s’évertuait de m’envoyer en jouant la carte de la séduction. Amusé, je feignais un petit soupir, non sans un sourire tout reposant au sol la bouteille qui ne tarderait sans doute pas à connaitre un nouveau coup du sort. « Je t’ai dis qu’elles sont jolies, pas irrésistibles. » C’en était presque insultant qu’elle puisse m’imaginer de la sorte, faible au point de me laisser attendrir par son corps, aussi agréable soit-il. Une fois encore, je me considérais différents des autres, pas meilleur, juste…différent. Il m’en fallait plus. Bien plus.

Contre toute attente ce fut Violet qui mit fin à ce petit jeu pour aborder LE sujet de conversation tant redouté. Elle prenait la défense de ses parents, revendiquait que leurs intentions étaient purs, pour mon propre bien être. Bien  évidemment je ne pouvais lui donner raison, refusant de croire, non que dis-je, n’ayant d’autre choix que de constater a quel point cela pouvait s’avérer illusoire. Ma vie s’en était retrouvée que plus compliquée, détruite. Tout comme celle de ma pauvre mère. Ainsi je ne pus m’empêcher de lui faire part de mon point de vu, de mon impossibilité à oublier, voir à pardonner. « J’espère rien du tout. »  Allez savoir pourquoi, mais je voulais qu’elle me comprenne, qu’elle prenne conscience qu’une simple décision pouvait engendrer des conséquences inimaginables, irrévocables. Elle pouvait que le deviner, l’avait probablement appris par le passé, mais se tenir face à face, se noyer dans le regard de l’autre offrait une toute dimension de la réalité. Ainsi je m’attendais à l’affronter sur bien des terrains, tel que son comportement l’annonçait un peu plus tôt alors qu’elle prenait encore la défense de ses géniteurs…Il n’en fut rien, à ma grande surprise. « Je ne leur trouve aucune excuse, au contraire, je suis autant en colère que toi. Pour ce qu’ils t’ont fait, c’est injuste même s’ils ont cru que ça pouvait t’aider. »  Particulièrement étonné de se revirement de situation, je l’observais, sourcils froncés sans que la moindre protestation ne vienne surgir de mes lèvres. Elle leur prêtait une nouvelle fois de bonnes intentions, pour autant je ne parvenais pas à surprendre dans son regard la moindre lueur de mensonge quant à cette rancune qu’elle leur nourrissait elle aussi. Me voilà désarmé, ne m’attendant aucunement à ce qu’elle me donne raison, pas aussi vite du moins. « J’veux pas que tu passes à autre chose, ce n'est pas ce que j'ai dit. »  Alors qu’espérait-elle ? Que chacun reprenne le cours de leur vie, tout simplement ? « J’n’explique rien, je n’ai pas la solution pour tout, je ne peux même pas parler à leur place. »  Elle marquait un point, ne pouvant se justifier pour eux. Après tout elle n’était qu’une enfant, nous l’étions tout deux avant que des adultes ne se décident soudainement à briser notre innocence. « Mais t’as le droit de me détester, je t’en voudrai même pas. »  Je peinais à la comprendre, l’observant encore de longues minutes, prendre cette bouteille pour la porter à ses lèvres dans l’espoir qu’elle lui fasse un quelconque effet. Me voilà perdu, désarmé, sans véritablement savoir si je devais lui accorder un sourire pour avoir été enfin entendu, ou la haïr d’autant plus pour ne pas être venue me voir il y a plusieurs années afin de me tenir ce même discours. Est-ce que cela aurait changé quelque chose ? Aurais-je été capable de l’entendre ? Je l’ignorais, mais elle aurait au moins essayé. De toute évidence la rancune ne m’avait pas quitté, à l’image de mon regard, toujours sur son corps, son visage que j’observais sans que j’en connaisse réellement les raisons. Je l’observais, tout simplement, presque envouté, totalement désarmé.
Pourquoi ? Pourquoi avait-elle une telle emprise sur moi et cela, même après des années ? J’en étais agacé, convaincu depuis que nul ne serait capable de guider mes pensés, mes sentiments. J’étais libre, libre de mon destin. Ne sachant sur quel pied dansé, j’attendis qu’elle repose la bouteille pour reprendre le fil de notre conversation. « Es-tu seulement sincère ? »  Je remettais en doute sa parole, Violet n’étant plus une enfant ou le mensonge était puni par quelques lignes à recopier sur un carnet. Non, elle était devenue une adulte en possession de tous ses moyens. « Ou est –ce l’une de tes stratégies dans l’espoir d’en finir au plus vite… ? Tu l’as dis toi-même, les femmes savent ce que les hommes veulent entendre. »  Peu à peu la suspicion prenait le dessus, mon instinct m’ayant toujours intimé l’ordre de me méfier des plus belles femmes. Mon regard s’éternisait dans le sien, essayant encore et toujours de déceler le vrai du faux. Ma main vint lentement à la conquête de la sienne, se posant au dessus de cette dernière dont l’emprise s’exerçait encore sur la bouteille. «  Un coup tu les défends, un coup du les accables…dis moi…où se trouve la vérité dans tout ça, et pourquoi es-tu si impassible ? Comme ci tout ceci t’importait peu.. »
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MessageSujet: Re: "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël.   "Ne noies pas tes problèmes dans l'alcool, ils savent nager." ▬ Maël. EmptyDim 19 Juil 2015 - 16:46

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Je lui dépeins un monde mensonger, de moche, de laid, un univers où les filles se contentent de mentir et où les hommes font semblants d’apprécier. Un truc qui ne tourne pas rond et auquel on ne peut donner une véritable explication. Des faux semblants sur fond de manipulations et ambiguïté bien calculée. Et j’aimerai qu’il soit comme moi, l’espace de quelques secondes et qu’il se mette à penser, que dans le fond, c’est juste à gerber. Que c’est tellement pas juste le fait que ma vie va être forcée de s’arrêter. Mais mon ressenti et ma rancœur envers moi-même s’effacent quand un ton léger semble entre nous prendre place. Je vends mon âme et tous ses contraires, juste pour un laps de temps où je n’aurai plus cette impression intense de lui déplaire. D’avoir trop changé, au fil des années, de m’être noyée à ses yeux, lorsque mes parents ont cru bon de jouer les dieux. « Vraiment ? Vous êtes pourtant les premières à pleurer le nombre de fois où vous vous êtes fait berner. » Un rire m’échappe quand je réalise la façon dont il me voit. Et c’est presque au tac au tac que je lui réponds. « Parce que tu me penses assez idiote pour avoir donné le droit à un homme de briser mon cœur ? » Ça aurait été vu mon état une terrible erreur. Je souris encore quand l’alcool en moi me dévore. Jamais je n’aurai pu donner ce droit à qui que ce soit, puisque moi-même je ne sais toujours pas ce que mon cœur est capable de supporter … A long terme. Et pendant quelques secondes, une pensée étrange brûle mon épiderme. J’ai tout essayé, tout tenter pour le faire se stopper, je l’ai malmené comme aucune autre malade ne l’a jamais fait afin de le faire exploser. La drogue, l’alcool, le sexe et les excès … L’amour je n’ai jamais essayé. Jamais. Ma délivrance, la fin de mon arrogance, de cette errance, et je calme mon esprit, tente du mieux que je le peux de me faire violence. Je refuse que l’amour soit mon dernier choix, refuse de torturer mon cœur de cette façon-là.

Quand il parle de mes jambes, il y a ce truc en moi qui me dérange, je ne le blâme de me changer en un regard, parce que si un autre avait été en face de moi, je n’aurai pas réagi de cette façon-là, bien au contraire. On aurait fait les choses, à ma manière. Je lui aurai tenu tête, j’aurai fait semblant, je me serai joué de lui, et j’aurai fait comme s’il était totalement indispensable à ma vie. Alors je tente de me retrouver, de rester moi, malgré le fait que je ne sais plus, je ne sais pas. Je porte un nouveau masque à mon visage lorsque de mes doigts je joue sur moi, je me noie sans savoir comment me comporter parce qu’il est le seul à m’avoir connu avant, avec lequel avoir une forteresse ne semble pas être suffisant, comme s’il savait à l’avance quand je m’amuse, quand je mens, je me permets de l’avouer intérieurement, j’oublie presque notre relation d’enfants. Je le hais de m’avoir un jour connu d’un par cœur que personne d’autre ne pourrait posséder. Il soupire et je réalise que j’ai échoué. Repose la bouteille sur le sol et continue encore et encore à accrocher mes prunelles des siennes, comme s’il sondait mon âme, comme de ma mélodie il en connaissait chaque gamme. « Je t’ai dis qu’elles sont jolies, pas irrésistibles. » Mes paupières se plissent, mes lèvres se pincent, et j’attrape sa bière pour la porter à mes lèvres, boire une gorgée et de mes iris le jauger. Incline mon visage avant de lui dire « T’es le premier à penser qu’elles ne le sont pas. » Et hausse les épaules en toute innocence pour ne pas m’étaler sur les détails des nuits, et du nombre d’homme qui ont eu le loisir de laisser leurs mains glisser le long de mes jambes pour arriver aux creux de mes hanches. Le problème c’est que ça me plait, qu’il soit le premier à le penser. Je suis, je le sais, on ne peut plus névrosée.

Ma langue au sujet de mes parents se délie, au gré de son envie, celle de mon ancien ami. Celle d’avoir une explication, celle qui lui donnera surement raison. Désignera coupables mes parents et leur fille instable. Je me débats avec les mots, mes pensées et j’essaie de justifier leurs idéaux. Change de discours sans m’en apercevoir, blâme l’alcool et la maladie qui ne finiront jamais de me plonger dans le noir. Et quand je m’entends lui dire de me détester, j’ai bien vite l’impression d’étouffer. Je subis son regard, accepte sa haine à mon égard, porte la bouteille à mes lèvres encore en attendant presque patiemment que ses mots prochains me dévorent. « Es-tu seulement sincère ? » Depuis des années j’ai oublié de le faire. Alors je me surprends à soupirer, à chercher dans mes précédents mots une once de vérité. Et de sa question je ne m’en offusque pas, réalisant à quel point mon discours était un résumé de n’importe quoi. Défendre mes parents, et puis les vendre, comme on crache au vent, oui, aussi facilement. « Ou est –ce l’une de tes stratégies dans l’espoir d’en finir au plus vite… ? Tu l’as dis toi-même, les femmes savent ce que les hommes veulent entendre. » Je ne peux plus faire l’impasse, plus m’enfuir, mais malgré moi sa phrase me fait rire. Intérieurement, évidemment, parce que je ne voudrai pas prendre le risque de le froisser avec quelque chose de déplacé. Après tout, nous sommes en plein milieu d’un sujet qui pue l’honnêteté, et moi, c’est avec cette dernière que je dois me dépatouiller. Comme si j’avais parlé dans l’espoir de l’attendrir, comme si ça pouvait suffire … Je n’aime pas le gout de ses paroles, puisque des miennes je n’ai rien calculé, à l’évidence, c’est en rond que nous sommes condamnés à tourner. «  Un coup tu les défends, un coup tu les accables…dis moi…où se trouve la vérité dans tout ça, et pourquoi es-tu si impassible ? Comme ci tout ceci t’importait peu.. » Sa main glisse sur la mienne, et durant quelques secondes interminables, mes yeux restent bloqués sur ce contact commun, réfléchissant à mes prochaines fables. Je me cherche des raisons sans nom, pour ne pas être obligé de baptiser dans son esprit ce mal qui ronge et empêche peu à peu ma vie.

Je ne peux même pas lui tenir tête, même pas me justifier un peu plus sans avoir l’air totalement bête. Il n’a pas tort sur la forme et le fond, elles sont d’une absurdité, mes explications. Je les défends et je les vends. Je lâche la bière et refuse de ce fait le contact sur moi de ses mains, je nous invente, tant bien que mal un nouveau refrain. Incertain. Alors j’essaie de recommencer, de faire comme si dans ma poitrine une cage n’est pas en train de m’oppresser. Aucune bombe en moi prête à exploser. Je repense à mes parents, à sa mère, à une vision de nous enfant. A sa souffrance, et mon errance. A son calme démuni qui sent le mensonge et dans l’incompréhension totale de moi me plonge. J’attends sa véhémence, j’attends l’oublie de nos moments d’innocence, que s’éteigne enfin mon enfance. « Un coup je leur en veux, un coup je les comprends. » Ca  ne rime à rien, vraiment. « Et plus on en parle, plus je me dis que ça ne sert à rien. » Que personne encore à trouver la solution pour remonter le temps. « Ca va juste nous mener à une seule et unique conclusion. » Une qui porte nos prénoms. « Sois tu me tolère et on fait en sorte de ne pas passer la pire des nuits. Sois tu me hais, et dans ce cas, on patiente on se tait. » Je fais l’impasse sur le fait que ça m’importe ou pas … La vérité, Maël, c’est qu’aux drames je suis habituée, j’en suis un, un pantin qu’on oblige à marcher. A continuer.
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