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MessageSujet: OSCAR LUCCHETI ⚣ I'll cast a spell that you can't undo ...   OSCAR LUCCHETI ⚣ I'll cast a spell that you can't undo ... EmptyDim 8 Fév 2015 - 4:44

Oscar Luccheti
Oscar Luccheti
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Age : 23
Date d'inscription : 12/02/2014
Prénom : Ferdi
Célébrité : Thom Morell
Crédit avatar : (c) FA
Messages : 1040
Nationalité / origines : Sicilien (Italien)
Situation : Célibataire
Avec qui ? : /
Orientation sexuelle : Homosexuel(le)
Etudes/études passées : Doctorat en exercice du droit. ("juris doctor" ; 7ème et dernière année)
Job/Métier : Bénévole à l'orphelinat et dans des associations diverses ; il assiste également son frère à faire les comptes pour son salon de tatouage
Adresse de résidence : Eastside, avec son grand frère, Fabio
Dispo pour le rp : Oui
Autres comptes : MLTR, YBH, SCS, BSS, PLM, COK
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OSCAR LUCCHETI


28 ANS
ITALIEN
DROIT (7ÈME ANNÉE)
HOMOSEXUEL
CÉLIBATAIRE


FEAT. THOM MORELL




PARTIE I - LE CORPS SAIN ...
INFORMATION #1 ♦ Ma garde robe.
Une penderie blanche dans laquelle sont soigneusement accrochés différentes chemises, toutes colorées dans des tons sobres et pourtant, lumineux (bleu pastel, rose pâle, avec l'occasionnelle chemise noire ou turquoise), des pantalons en tissus soyeux et quelques pulls en laine. Au sol, des chaussures en cuir italien, une paire de Reeboks blanches toute usée et abîmée ainsi qu'un paire de Nike noires neuves, encore jamais utilisées. Dans la commode, un peu plus loin, il y a dans les deux tiroirs du bas des vêtements plus simples et, cette fois-ci, plus colorés. Tee-shirts, shorts, pantalons multicolores ... Il s'agit là des vêtements portés l'été, à l'université ou lorsqu'il n'y a pas de raison de s'habiller de façon plus élégante. Dans le tiroir du haut se trouve les sous-vêtements, des caleçons, plus ou moins moulants, plus ou moins colorés ; il y en a un ou deux portant le fameux nom de "Calvin Klein" dans le lot mais ceux là se cachent au fond, réservés à des occasions spéciales. Des vieux tee-shirts troués, délavés, décolorés font également partie de ce tiroir et font souvent office de pyjama. Les chaussettes et les gants y trouvent également leur place. Finalement, sur l'un des crochets derrière la porte d'entrée se trouve un manteau noir possédé depuis deux années. Il faudrait peut être songer à le remplacer, et pourtant, celui-ci est toujours porté avec régularité et enthousiasme, l'hiver.

INFORMATION #2 ♦ Mon hygiène.
Généralement, je me douche le matin afin de pouvoir me coiffer plus facilement. Cela me permet également de me réveiller plus progressivement, étant donné que la chaleur d'une douche bien chaude parvient presque toujours à me revitaliser. Tous les dimanches soirs, devant le miroir de la salle de bains, je retaille un peu ma barbe afin de lui empêcher de pousser trop rapidement. Au début, lorsque j'ai commencé à me la laisser pousser, justement, il m'arrivait parfois de me couper ... Mais maintenant, je le fais tellement souvent que cela ne m'arrive presque jamais ! Je ne sors jamais de la maison sans m'être aspergé d'un peu de parfum et de déodorant afin de m'assurer que je n'imposerai pas aux autres des odeurs désagréables au cours de la journée. Je ne vais presque jamais voir le dentiste, mais lorsque je rentre en Italie, ma mère insiste toujours pour que je prenne un rendez-vous. C'est en partie pour cela que je rentre moins souvent qu'avant ! Sinon, je ne vais pas très souvent chez le médecin. Généralement, je me dis que les maladies passeront d'elles mêmes. Ce n'est que lorsque les choses commencent à me sembler "importantes" que je me permets de lui rendre une petite visite. C'est une charmante dame, d'ailleurs !

INFORMATION #3 ♦ Mes études//Mon emploi.
Actuellement, je termine mes études de droit. Je recherche activement un cabinet dans lequel commencer ma carrière à la fin de l'année et, en attendant, je continue de venir aux cours qui me permettront de devenir un avocat. Pour le moment, je ne me suis pas spécialisé dans un domaine en particulier, bien que j'admets espérer pouvoir travailler à l'avenir dans le droit privé, notamment dans l'une des disciplines qui m'intéressent le plus (à savoir le droit de la famille, le droit de la vie privée, le droit de la consommation et le droit de la pauvreté). En effet, si j'ai décidé de devenir avocat, après m'être essayé au commerce, aux langues appliquées et à l'histoire, c'était afin de pouvoir protéger le citoyen lambda de l'abus d'une autorité, quelle quelle soit. Ayant souvent été victime de discrimination par le passé (et l'étant encore dans certaines situations), je souhaite aider tous ceux qui, eux aussi, se retrouveraient écrasés sous la botte d'un quelconque individu, d'une entreprise ou même d'un département gouvernemental. Nous sommes tous égaux, nous avons tous des droits, et mon objectif à moi est de m'assurer que ceux de tous et de chacun soient respectés. Et ça, je compte le faire au maximum de ma capacité.

INFORMATION #4 ♦ Mon opinion sur le sexe.
J'évite d'avoir d'entretenir des rapports avec des personnes que je ne connais pas particulièrement. Cela paraît peut être étrange, mais il m'est souvent difficile d'apprécier ce genre d'échanges lorsque je ne me sens pas à l'aise avec la personne en face de moi - ainsi, j'ai souvent besoin d'être en couple afin de réellement pouvoir profiter des rapports sexuels. Avec mon ex, j'évitais d'ailleurs de le faire trop souvent, parce qu'à mes yeux, le plus important dans une relation n'est pas la dimension physique mais bel et bien son aspect spirituel - ainsi, je préfère discuter, partager, échanger et communiquer avec mon objet de désir plutôt que de me perdre dans ses bras à longueur de journée. Lorsque cela arrive, cela dit, je préfère prendre un rôle moins autoritaire - j'ai essayé de prendre le dessus, une ou deux fois par le passé, mais je me suis rapidement rendu compte que ce n'était vraiment pas pour moi.



PARTIE II - L'ESPRIT, MALSAIN ...
INFORMATION #5 ♦ Mon sens de la spiritualité.
Je ne sais pas si je crois en Dieu, en réalité. Maman y croit, il me semble bien ... Et Fabio aussi, enfin de temps en temps. Papa ? Oui, oui, lui aussi il y croit, et dur comme fer, de surcroît. Et moi, dans tout ça ? Je ne sais pas. Ou plutôt ... Je ne sais plus. On m'a appris tellement de choses, sur Dieu, Jésus, la religion ... Tellement de choses tout au long de ma vie que j'ai fini par me perdre au milieu de toutes ces informations. J'ai fini par ne plus comprendre. Pourquoi Dieu autorisait aux catastrophes naturelles de détruire des vies, de ravager des familles. J'ai fini par ne plus comprendre ; ne plus comprendre comment il pouvait nous aimer, mais, également, nous condamner pour nos péchés. Jusque là, cela dit, ça allait encore. Puis, un jour, on m'a déclaré que Dieu m'enverrait en enfer, parce que j'aimais les hommes. Et c'est à partir de là que ma foi, déjà fragile, s'est plus ou moins brisée.

Le Destin ? Là non plus, je ne suis pas trop sûr. C'est comme avec Dieu, en fait : parfois, c'est rassurant d'y penser, de se dire que ça existe ... Mais parfois, il ne peut rien y avoir de plus effrayant. N'auriez-vous pas peur, vous, si on vous disait que toute votre vie était déjà pré-programmée, de votre naissance à votre mort, et que quoi que vous fassiez, vous ne parviendrez pas réellement à influencer le cours de celle-ci ? Peut être qu'il est écrit dans les étoiles que vous êtes destinés à vivre une vie de souffrances et de douleurs ... Et si c'est le cas ... À quoi bon essayer ?

Je ne suis pas très superstitieux, d'ailleurs. J'estime qu'il n'y a aucune raison de perdre son temps avec ce genre de choses ; cela ne me semble pas logique que briser un miroir pourrait entraîner sept années de malheur en son sillage, ni que marcher sous une échelle puisse être un mauvais augure, d'une façon ou d'une autre. Non, j'ai bien mieux à faire que de me mettre à croire à toutes ces idioties, ça, c'est sûr et certain.

INFORMATION #6 ♦ Mon code moral.
C'est ... Difficile. C'est une question difficile à laquelle je dois répondre, je ... Hm ... Je crois que c'est vraiment difficile, impossible même de bien délimiter les frontières entre le bien et le mal. Nous vivons cependant dans une société où il y a des règles à suivre et des lois à respecter donc je pense qu'il suffit réellement de se baser sur celles-ci pour se faire une opinion informée sur "qu'est-ce-que le bien" et "qu'est-ce-que le mal" ... Et encore, même là, les frontières sont relativement floues, étant donné qu'il faut toujours prendre en compte les circonstances, les motivations, les alternatives ... La justice a en effet une définition très stricte et arrêtée de ce qui est correct et de ce qui ne l'est pas et, si je ne suis pas nécessairement toujours d'accord avec celle-ci, en tant que futur avocat, je me dois bien de la respecter !

INFORMATION #7 ♦ Moi et Los Angeles.
Je suis arrivé ici il y a exactement sept ans, lorsque j'ai décidé de me réorienter dans le droit, en fait. La ville a beaucoup changé, depuis ... Et si au départ, il y a beaucoup de choses que j'avais du mal à comprendre, qu'il s'agisse des coutumes locales ou de l'américanisme de mes camarades. Il faut dire qu'à Syracuse, les gens peuvent être tellement conservateurs ... Au final, venir ici m'a fait le plus grand bien. Après l'Italie, la France, l'Angleterre et l'Allemagne, j'ai découvert les États-Unis ... Et quel véritable bol d'air ! Fabio avait bien vu lorsqu'il m'avait dit qu'il était persuadé que je me plairais, ici ! Je me demande d'ailleurs si c'est pour cela qu'il m'envoyait toujours des cartes postales, lorsque j'étudiais encore eu Europe ... Peut être qu'il aurait pu me convaincre de venir le rejoindre plus tôt s'il s'agissait d'hommes dans les maillots de bains, et non pas de midinettes ! Je ne sais pas encore si je compte rester ici bien longtemps : idéalement, j'aimerais bien pouvoir bouger un peu, l'air de rien ... Mais où ? Peu de villes sont aussi culturellement riches, intéressantes, diversifiées et intéressantes que L.A., et si j'adore Lyon, Londres et Munich, je crois que j'aimerai bien aller quelque part où je n'ai encore jamais vécu ... New York, peut être ? Je ne sais pas. J'ai encore le temps pour me décider, après tout.

INFORMATION #8 ♦ Mes loisirs et passe-temps.
Je suis une personne très ... Active, je pense, dans la mesure où je déteste n'avoir rien à faire. Laissez moi seul, dans une salle, pendant une heure, et je trouverai de quoi m'occuper. J'aime lire, de temps en temps, mais je n'ai pas réellement le temps de lire autre chose que mes cours, depuis quelques années ... Faire du sport, également, je trouve cela important, en fait. J'ai fait énormément de gymnastique au secondaire, un peu d'aquagym, également (mais ça ne m'a pas plu autant que je l'espérais donc j'ai rapidement décidé d'arrêter) et depuis que j'ai commencé mon enseignement supérieur, je me suis découvert une passion pour le Yoga étant donné que cela me permet de rester en forme et de décompresser en même temps ! J'aime également aller à des évènements culturels de type festivals, concerts et représentations de pièces de théâtre ... Et je suis également un avide cinéphile. Je pense que l'on pourrait me reprocher cette habitude que j'ai de m'essayer à tout, étant donné qu'au final - je le reconnais moi même - je m'éparpille un peu ... Mais en même temps cela me permet de découvrir de nouvelles choses au quotidien et autant dire que ça, je trouve ça très important pour pouvoir bien évoluer. Finalement, je me considère également comme étant quelqu'un de très engagé : si je me suis lancé dans le droit, après tout, c'était dans le but de faire une différence ... Et ça ne s'arrête pas là ! En effet, cela fait plusieurs années que je fais du bénévolat, et après m'être fièrement battu avec l'administration d'U.C.L.A., j'ai même réussi à fonder le club des bénévoles au sein de l'université. Comme vous pouvez le constater, j'aime bien rester occupé.



PARTIE III - LE MASQUE ...
PRÉNOM : Ferdinand. PSEUDO : Feu Ardent. ÂGE : 18 ans. ANNIVERSAIRE : 25 Avril. GROUPE : Phi Epsilon. PRÉSENCE : Variable. NIVEAU DE RP : Acceptable. OÙ AVEZ-VOUS TROUVÉ LE FORUM ? Joker, joker. COMMENT LE TROUVEZ-VOUS ? La question ne se pose plus. ANCIEN MEMBRE DE FRAT ? SI OUI, QUI (nom + avatar) ? Anciennement : Luke Larson (Colton Haynes) & Cheryl Renfield (Jessica Alba) et Dalgliesh E. Agnew (Colton Haynes) sur cette version également. Actuellement : Lisa T. M. Renfield, Yannick B. Hobbs, Sapphire C. Sachs, B. Stephen Smith, Oscar Luccheti & Peter L. Michaels. SOUHAITEZ-VOUS VOUS INSCRIRE AU MP DE MASSE ? [i](Facultatif uniquement pour les doubles, triples comptes ou plus) Oui [ ]   Non [X] VOTRE PLUS GRANDE PEUR VIS-À-VIS DE #FRAT7YL : Qu'il ferme ? UN DERNIER MOT ♥ ? Bitch, I'm Madonna.
Code:
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MessageSujet: Re: OSCAR LUCCHETI ⚣ I'll cast a spell that you can't undo ...   OSCAR LUCCHETI ⚣ I'll cast a spell that you can't undo ... EmptyDim 8 Fév 2015 - 4:46

Oscar Luccheti
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VOICI MA VIE


Paroles, Paroles, Paroles



PARTIE IV - REVENONS AU COMMENCEMENT ...
CHAPITRE I - Carried Off By Cold Winds, 21 Septembre 2013.

La brise marine claque mes joues, me donne des forces. Les yeux rivés vers l'horizon, je contemple la mer, malgré le froid, malgré la peur. Cela fait dix bonnes minutes que je dois être ici, planté là à observer les vagues s'écraser sur les rochers ... Et comme je les envie, ces belles vagues lisses mais en relief. Je me mords la lèvre, méditant sur ce que je devrais faire, à présent. Il m'avait menti. Mike m'avait menti et il n'avait même pas eu la décence de me l'avouer. Et pourtant, les preuves en sont irréfutables. Il n'a pas quitté sa femme, certainement pas pour moi. Je le sais, maintenant. Pourquoi un prestigieux avocat ferait cela pour un jeune minet avec qui il vit une aventure depuis maintenant deux ans ? Cela n'a aucun sens. Absolument aucun sens ; après tout, deux années, c'est quoi, face à une vie ? Une famille, des enfants. À ses yeux, je ne suis rien de plus qu'un passe-temps ; un vulgaire loisir auquel prendre recours lorsqu'il a une minute de libre. Du moins, je n'étais que cela. Aujourd'hui, c'est fini. Je me suis résolu à rompre notre liaison. Je me suis décidé à terminer notre aventure. Ceci n'est pas une décision prise à la légère. Ce choix n'est pas inconscient. Au contraire, il est plutôt informé, médité sagement face à un paysage des plus apaisants. Lorsque je ne sais pas vers où me tourner, la nature me guide. Elle me dit quoi faire. Avez-vous déjà ramassé un coquillage sur le rivage, au bord de l'eau ? Avez-vous déjà collé votre oreille contre la paroi de celui-ci ? Avez-vous déjà entendu l'envoutante berceuse de la mer ? Vous me répondrez sans doute que oui. Avez-vous déjà tenté d'y répondre, au chant des vagues ? De verser vos plus lourds secrets à l'audition de ce même coquillage ? Ne l'entendez-vous pas qui vous répond ? Le vent ne vous porte-t-il pas conseil ? La mer, en vous engloutissant, ne vous filtre-t-elle pas les pensées pour rendre vos idées plus clairs ? La poudreuse terre mouillée ne vous revigore-t-elle pas lorsque vos orteils entrent en contact avec ? Le feu ne vous murmure-t-il pas de douces paroles lorsqu'il crépite dans votre cheminée ? Si vous êtes capables de me répondre réellement et sincèrement "non" à toutes ces questions ... Alors je vous plains. Car les éléments sont mon élément. Mon seul véritable amour. Mon seul refuge, mon seul havre de paix. Il n'y a qu'avec eux que je me sens bien. Il n'y a qu'eux qui me permettent de me sentir écouté. Apaisé. Ils ne me mentent pas. Ne me trompent pas. Ne me manipulent pas. Ils se contentent d'être là, de m'aimer, de me prendre tout entier. De me rendre leur. Oui, les éléments m'apaisent, et c'est grâce au vent que j'ai pu décider de ce que j'allais faire, aujourd'hui.

- Scar, attends ! Un sourire sournois vient hanter mes lèvres. Quel merveilleux surnom, celui qu'il m'avait choisi. "Scar" pour symboliser la cicatrice éternelle que j'avais creusé dans son coeur, apparemment. Si j'avais su, à ce moment là, qu'il parlait en réalité de celle qu'il creuserait dans le mien ... Je crois que je l'aurais refusé, ce surnom. Mike est là. Mike arrive. Mike s'approche. Je ferme les yeux, je veux l'ignorer, ne pas reconnaitre son existence ... Et pourtant, ses pas crissent dans le sable frais. Ses vêtements froissent le vent, qui ne manque pas de le leur dire. Il m'a retrouvé. Il faut dire qu'il devrait bien me connaitre, après deux années de liaison. Il faut dire qu'il devrait savoir que lorsque je ne me sens pas aussi bien qu'habituellement, je viens me réfugier sur la Plage afin d'être le plus proche de tous ces éléments qui me sont si chers. Je ne me retourne pas lorsqu'il avance, je ne me retourne pas lorsqu'il prononce mon prénom ; entier, cette fois-ci. Je ne me retourne pas non plus lorsque je peux sentir son souffle chaud dans ma nuque glacée, ni lorsqu'il répète mon nom une dernière fois, d'une façon implorante. Ce qui me pousse à me retourner, c'est le moment où il pose sa main sur mon épaule. D'une violence surprenante, là, je me retourne afin de lui faire face.

- Ne me touche pas ! Je te défends de t'approcher de moi ! Les larmes ont disparu de mon visage. Cela fait un bon moment que j'ai compris que cela ne servait plus à rien de les laisser couler à profusion pour lui. Mon regard est dur. Haineux. Assassin. Je le hais, je le hais, putain, qu'est-ce que je le hais ! Mais ça, je pense qu'il le sait. Je l'espère pour lui, sinon, je doute qu'il soit capable d'avancer bien plus loin que cela dans ta vie.

- Laisse moi au moins t'expliquer ...

C'est trop pour moi. Violemment, je lui réponds :

- M'expliquer quoi, bordel ? M'expliquer quoi ? Tu t'es foutu de ma gueule et tu es incapable de le reconnaitre ! Je l'ai vue, de mes propres yeux, ta fameuse "ex-femme" ! Je l'ai vue, ta putain de femme, qui porte encore son alliance à la main gauche et qui pour la première fois en deux ans est venue rendre visite à son "mari" à son bureau ! Je l'ai vue t'embrasser lorsque tu es sorti la chercher, j'ai vu la tendresse avec laquelle elle t'a embrassé ! N'ose pas me dire que ce n'est pas vrai parce que je - vous - ai - vus. N'essaie pas de t'expliquer, c'est fini. C'est fini, je te dis.

Muet, il semblait vexé. Blessé ... Mais surtout ? Déstabilisé. Comme s'il ne sait pas quoi rajouter d'autre. Comme s'il ne sait pas comment réparer cette erreur qu'il avait commise continuellement et ce, sur plusieurs mois. Il fait bien de ne pas savoir comment s'y prendre car toute négociation est impossible. Toute réparation est impensable.

- Scar, je comprends que tu sois en colère mais il faut que tu comprennes ...

- Que je comprenne quoi ? Que tu ne voulais pas ternir ta réputation de "grand avocat du barreau" ? Épargne moi tes répliques à deux balles, Mike. T'es qu'un connard et tu le sais. Je n'ai pas honte de qui je suis, moi. Je n'ai pas honte de ceux que j'aime, et je te promets qu'un jour, je deviendrai un brillant avocat. Qui sait ? Peut être même que je serais plus respecté que toi. Et moi, au moins, je n'aurais pas à me cacher sous les jupons d'une femme que je suis incapable d'aimer. Parce que quoi que tu te dises, en rentrant le soir, pour te réconforter dans l'idée de ne pas la quitter ... Quoi que tu fasse, je sais que tu ne l'aimes pas. Si tu l'aimais, tu n'aurais jamais posé les yeux sur moi.

Peu d'hommes hétérosexuels et heureux s'amusent à se jeter sur le premier jeune stagiaire qui met les pieds dans leur bureau, non ? Peu d'hommes hétérosexuels et heureux restent deux années à entretenir une relation avec un jeune homme pour lequel ils n'ont aucune affection. "C'est toi que j'aime. Ma femme, cela fait un moment que ça ne marche plus. Avant que tu ne débute ton stage, avant même que je ne te connaisse, nous étions déjà en train de divorcer." ou encore "Tu dois me croire lorsque je te dis qu'il n'y a que toi. Je lui ai avoué, d'ailleurs, pourquoi je souhaitais divorcer aussi vite : je veux être à toi, entièrement à toi et avec toi sans avoir à m'en cacher. Elle le sait. Elle sait tout. Pour les enfants ... On fera garde alternée. Elle n'est pas réjouie face à cette prospective mais je me battrai." Et encore, ces phrases ne sont qu'un échantillon de toutes les promesses intenables qu'il a su me faire, ces deux dernières années. Je le fusille du regard. Un con. J'ai été un con, à croire toutes ses belles paroles. À croire qu'un homme de trente-trois ans pourrait avoir envie de vivre une véritable histoire d'amour avec un étudiant âgé d'à peine vingt-cinq ans. Le voilà qui inspire. Le voilà qui ouvre sa bouche, et voilà que je riposte, une dernière fois :

- Ne parle pas, ne parle plus, ne m'adresse plus la putain de parole ! Je te jure que si tu ne me fiches pas la paix, Mike, je vais tout raconter à mon frère, et crois moi lorsque je te dis qu'il te pèterait la gueule s'il savait ne serait-ce que la moitié de toutes les saloperies que tu m'as fait endurer. J'ai la chance d'avoir un frère qui m'aime comme très peu de frères savent aimer. Malgré la différence d'âge de quatre ans, malgré mon homosexualité, malgré nos différences en choix d'orientation, un lien fort et pur nous a toujours unis, tant et si bien que je le sais prêt à braver toutes sortes d'obstacles pour mon bien-être. Mike aussi, le sait, après tout ce que j'ai pu lui raconter sur Fabio. Mike le sait très bien, et c'est pour ça qu'il resserre ses deux poings, sans doute furieux. C'est pour ça qu'il me crache un :

- Puisque c'est ce que tu veux. Avant de se retourner sur lui-même et de retourner sur ses pas. Je ne réponds pas. Je me contente de le regarder disparaitre, m'assurant que j'étais enfin libéré de lui, de son regard envoutant et de ses mots traitres. Pourquoi ? Pour que je puisse m'accroupir, au bord de l'eau, et chialer comme rarement j'avais chialé. Ça faisait longtemps que je n'avais pas pleuré comme ça, putain, et ... Ça fait du bien. Pourquoi, merde ? Pourquoi moi, j'ai jamais de chance avec ces connards de mecs ? Est-ce que c'est parce que j'ai choisi d'être homosexuel au lieu de le devenir naturellement ? Est-ce que c'est parce que je déteste mon père au lieu de l'aimer ? Est-ce que c'est parce que je préfère défier l'autorité plutôt que de m'y soumettre ?

Le soleil se couche. J'enterre mon menton entre mes deux bras. Silencieusement, j'observe les vagues, écoutant le chant des mouettes, me remémorant mon sombre passé.
________________________

CHAPITRE II - Bury Me Under Your Earth, 13 Juin 2004.

Des filets de soleil percent la couverture de branches dissimulant notre hérésie. Un battement de cils. Puis deux. Mes yeux s'ouvrent, petit à petit. Deux grands orbes émerveillés par ce qu'ils venaient de découvrir. Soupir. Mes lèvres frémissent de plaisir et de gel. Un monde nouveau m'a été révélé, hier. Un monde merveilleux m'a été offert. Mes doigts glissent le long de la roche contre laquelle je m'étais logé, quelques minutes auparavant. Caressent chaque vallon, chaque mont, chaque extrémité de la poitrine de Dario. Un sourire se dessine sur mes lèvres. J'ai gagné, papa ; j'ai encore gagné. Je frissonne déjà à l'alléchante idée de ramener ma dernière trouvaille à la maison. J'ai déjà hâte de découvrir la réaction de mon père lorsqu'il apprendra que son fils est une "tarlouze". Je jubile d'avance à l'idée de le blesser, lui et son satané ego à trois francs six sous. « Vous savez que le fils des Morelli fricote avec des garçons ? Je vous défends de l'approcher. Cela me tuerait qu'un membre de ma famille soit associé avec tant de bassesse humaine. Je suis horrifié de vous annoncer qu'ils ne comptent même pas l'envoyer en camp de redressement ... Comment peuvent-ils laisser passer un tel affront ? » Mon sourire s'élargit. Oh, papa, papa, papa. Comment laisseras-tu passer un tel affront ? Je meurs de curiosité face à la réponse à ma question, bien que j'avoue que les répercussions de mes actions m'effraient un peu. Je ne pense pas qu'il ait les couilles de me déshériter ou de me mettre à la porte, mais je me rends compte que je ne connais pas mon père si bien que cela. Ce n'est pas de ma faute s'il ne rentre jamais à la maison, après tout. Non, moi je me contente simplement de faire tout et n'importe quoi de mon côté pour le confronter à un chaos total à chacun de ses retours. Je l'aime comme ça, mon père, voyez-vous. Je glisse lentement mon index le long du torse de Dario Morelli ; je longe son cou, franchit son menton puis caresse la pulpe de ses lèvres tendrement.

- Oh, ne t'endors pas encore, matelot. Je lui souris, de mon plus beau sourire ; vous savez, celui qui fait fondre le coeur de toutes ces imbéciles au lycée. Dario a vingt-et-un ans, lui. Comment pensent-elles pouvoir avoir le niveau face à un étalon italien pur-sang ? Je dois vous faire un aveu, d'ailleurs : cela me gêne un peu que son sang soit italien à cent pour cent. Pourquoi donc ? Cela n'a rien à voir avec les preuves de sa virilité, non, loin de là - bien qu'en l'occurrence, cela aurait été plus désirable, pour une première fois, d'être confronté à moins de volume ... - mais plutôt avec le fait que mon père ne serait donc pas entièrement déçu de mon choix. Cela le tuerait, je pense, si je rentrais à la maison avec un espagnol ne possédant pas la moindre once de sang italien. Il est comme ça, mon père : il déteste ça, les espagnols. Les anglais, aussi. Sauf lorsque ceux-ci lui parlent chéquiers et association. Là, je peux vous garantir qu'il est toute ouïe. Un monde d'apparences. Je vis réellement dans un monde d'apparences, et je peux vous garantir que ce genre d'univers luit d'un vernis bien particulier : celui qui brille de l'extérieur, scintille, impressionne et fascine mais qui, au final, ne dissimule rien de plus consistant derrière sa paroi lisse et vernie. Mais revenons-en à Morelli. Revenons à ce moment fatidique ; à ce matin, où je suis allé le voir vêtu d'un simple short et d'un débardeur. C'est l'été, après tout ; pourquoi s'encombrer avec des vêtements inutiles et difficiles à arracher au moment propice ? C'est bien ce que je pensais. Revenons au moment où je lui ai demandé de m'accompagner pendant ma marche dans la nature, donc. Revenons au sourire malicieux que je lui ai décoché mais qu'il a dû percevoir comme un simple geste amical et inoffensif. Revenons à la pétillante étincelle de vie qu'il a dû percevoir dans mes yeux mais à laquelle il n'a pas prêté plus d'attention que cela. Oui, revenons à notre marche de quinze minutes, à nos pas dans la forêt ; revenons à mes doigts cherchant ceux de sa main, à mon regard plongé dans le sien.

Revenons au moment où il m'a embrassé.

Tout avait été calculé, de notre baiser à ses fougueuses caresses. De mes soupirs à son emprise farouche sur ma chair fraiche et fragile. Il ne le sait pas encore ; sans doute ne le saurait-il jamais ... Mais j'ai séduit Dario Morelli non pas parce qu'il me plaisait mais pour abrutir mon père. Le fait qu'il soit relativement beau et bien doté par la nature ? Ça, ce n'est que la cerise sur le gâteau.

- Je veux qu'on refasse ça, bientôt. Sourire innocent de ma part, sourire aux anges de la sienne. Il avait trouvé un amoureux, ce matin. Moi, j'avais trouvé un nouveau moyen de rendre mon père rouge de couleur. C'est gagnant-gagnant comme situation si vous voulez mon avis. Nous devrions peut être y aller, il va commencer à pleuvoir. Il grogne, soupire, gémit, tout ce que vous voulez. Il me dit qu'il est bien, là, qu'il ne veut pas bouger même si le déluge est annoncé. Feignant un rire, je commence à remettre un à un le peu de vêtements que j'avais apporté avec moi. Ma première fois, et ce, dans la forêt ... Cliché et pourtant, moins magique que je m'y attendais. Du moins, c'est ce que je pense, ce jour là. Je ne peux pas savoir que je finirais par m'attacher à Dario. Je ne peux pas savoir que le sport que j'ai relevé comme une simple distraction effectuée pour faire enrager mon père deviendrait éventuellement un mode de vie. Je ne peux pas savoir qu'à feindre l'homosexualité, je finirais par ne plus avoir à faire semblant, un beau jour.
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CHAPITRE III - Burn Me With Fire, 28 Décembre 2004.

Un feu crépite doucement dans la cheminée. Il lèche les buches qui l'alimentent, les consumant patiemment dans l'attente de l'arrivée d'une nouvelle proie. Les yeux rivés sur les flammes, je ne vois qu'elles. Je ne vois que les doigts rouges dansants et habiles caressant le bois qu'ils ont fait prisonniers. Je n'entends que le bruit granuleux de chaque parcelle de bois se détachant de leur "tronc", de leur noyau, petit à petit. J'ignore tout du monde avoisinant, de la voix de mon père, de son regard sévère et, même de la pluie battante sur les carreaux du salon. Il n'y a que moi, le rouge et la rage, aujourd'hui. Seule ma colère s'exprime en moi. Pour ma part, je reste muet. Sans voix. J'écoute, mais je ne comprends pas. Ou plutôt ... Je ne veux pas comprendre. Mon père avait demandé à me parler, une énième fois. Je me doutais bien que ce moment reviendrait, un jour où l'autre ... Mais autant que je m'y étais préparé, au préalable, je le redoutais tout de même. Je mentirais, d'ailleurs, si je n'avouais pas que maintenant que je suis ici, en face de lui ... Je suis pété de trouille. Ce n'est pas que mon père m'intimide. Il a cessé d'avoir la moindre emprise sur moi après que l'excellente thérapeute qu'il a eu l'idée de me prescrire - voyez-vous, il ne fait pas que des conneries, mon papa, quand bien même, hein - il y a un ou deux ans a su me défaire de l'attachement contradictoire que je lui vouais jusqu'alors.

- Je suppose que tu sais pourquoi tu es ici aujourd'hui.

Je ne lui réponds pas, n'ayant pas réellement de réponse à apporter à sa question. À chaque fois qu'il veut me voir, lui, c'est pour me reparler de mes choix. De ceux que j'aime, de pourquoi je les aime. Il est persuadé que je suis en couple avec Dario uniquement pour lui tenir tête et, si cela s'était avéré vrai pendant ... Quoi ... La première semaine de notre couple ? Un peu plus ? Bref, passons, ce n'est pas là la question. Si cela s'était avéré vrai, donc, pendant un bref instant ... Cela n'est plus le cas et papa serait déçu d'apprendre que mes motivations à rester avec avaient rapidement changé et ce, contre ma volonté. Qui pouvait prévoir que je finirais par aimer que Dario me maitrise comme il sait si bien le faire ? (Non, parce que, ne nous voilons pas la face : ce n'est pas un mineur qui va prendre les devants avec un jeune homme déjà développé et mature, non, non). Si Fabio n'avait pas approuvé de ma relation avec Morelli au départ (façon de dire qu'il l'avait plaqué contre un mur et menacé de mort ... Aaaah, souvenirs, souvenirs), j'avais su le raisonner avec le temps. Papa ? On ne raisonne pas avec papa. On se soumet à sa volonté ou on la défie mais, avec lui, il n'y a pas de juste milieu. Je l'ai appris difficilement, mais assez bien pour que cette parcelle d'information soit ancrée en moi comme une partie même de mon identité. Plutôt que de suivre la convention, plutôt que de me plier à sa volonté, de m'offrir à lui en tant que pantin sage, silencieux et manipulable, j'ai donc décidé de créer mes propres règles et d'aller à l'encontre de tous les principes classiques de la hiérarchie familiale. J'ai décidé de me tourner contre mon père et ce, assez prématurément. Je devais avoir douze ans, la première fois que je me suis décidé à ne plus l'aimer. Il avait constamment ce besoin de s'assurer qu'il était le plus fort. Qu'il exerçait un certain pouvoir sur nous. Moi, ça me rendait malade. Pire, encore : ça me révoltait. Je détestais l'idée qu'il puisse me prendre comme un pion d'échec, incapable de me mouvoir librement sans qu'il ne choisisse où me poser ensuite. Incapable d'indépendance, d'autonomie. J'avais refusé de maintenir l'illusion que mon père détenait tout le pouvoir au sein de notre famille le jour où j'ai compris qu'il était, en réalité, un simple impuissant à la grande gueule. Il n'exerçait aucun réel pouvoir sur nous. Il n'avait aucun moyen de nous faire la pression autre qu'avec ses mots. Vous voulez savoir pourquoi ? Parce qu'il nous aimait. Parce qu'il nous aime. Parce que même moi, après tout ce que j'ai pu lui faire subir, ces dernières années, il m'aime encore. Pourquoi est-ce que je lui mène la vie dure, dans ce cas, me demanderiez-vous ... Et à ça, je ne puis que répondre que c'est parce qu'il nous aime mal. Ce n'est pas de sa faute si ses parents ont toujours cru que l'argent et le pouvoir pouvaient résoudre tous les problèmes. C'est de la sienne, par contre, d'avoir fini par en croire de même.

Les bras croisés sur le torse, je feins de l'écouter sans réellement prêter la moindre importance aux mots qui sortent de sa bouche. Pour moi, c'est du pareil au même. Il me dit que la mascarade a duré assez longtemps. Que bientôt, j'aurais dix-huit ans, que je devrais arrêter mes conneries, me concentrer sur mes études et me chercher une fille de riche à épouser et à déplumer. Bien sûr, p'pa. Parce que tout le monde sait que j'ai l'habitude d'écouter tout ce que tu me dis de faire, évidemment. Je soupire. Je le regarde de façon vide, dénuée de toute émotion, de toute spontanéité.

- Sérieusement ?

Et là, il me dit la phrase qu'il n'aurait pas dû dire. Il me dit le mot de trop.

- Je ne tolèrerai pas qu'une maladie comme ça continue de croitre dans ma famille, Oscar ! Je suis ton père, tu as le devoir de m'écouter !

Le feu en moi grandit, petit à petit, me consume et, éventuellement, jaillit dans une explosion de mots tous plus colorés les uns que les autres.

- Je ne te dois rien ! Tu n'es rien à mes yeux et ne mérite rien de ma part ! Comment veux-tu que je puisse même  songer à t'accorder mon respect si tu es incapable de m'en accorder ne serait-ce qu'un peu ? Comment veux-tu que je puisse cesser de te faire du mal quand tu n'as aucune scrupule à détruire mon bonheur tant que cela préserve tes apparences et ton compte en banque ? Tu me dégoutes. Je lui crache au visage avant de me rendre compte, horrifié, de ce que je viens de faire. Lui semble choqué, pour sa part. Et là ... Je m'apprête à m'excuser lorsque sa main gauche s'abat violemment sur ma joue. Je titube, fais un pas en arrière ... Puis deux, et me rattrape de justesse à la table basse se trouvant à ma gauche. Il ne me fait pas peur, cependant. Avec son regard assassin et sa force physique, il ne me fait pas peur. Le sang me monte au visage, mes yeux s'emplissent de larmes et je le regarde avec mépris avant de dire, d'un ton aussi calme que possible mais d'une voix frétillant d'émotion :

- Tu me dégoutes. Tu peux faire semblant d'être un bon père, tu peux berner la terre entière ... Mais moi tu ne me bernes pas. Je te connais, papa. Je sais que tu es un monstre. Dans moins d'un an, j'aurais dix-huit ans. À ce moment là, je partirais à l'université, et plus jamais tu ne me verras. Plus jamais tu n'entendras parler de moi. J'espère que tu seras bien  content de toi, ce jour là. Il faudra que tu meure pour que je daigne revenir te voir, et encore, il n'est pas dit que j'aille à ton enterrement. J'avoue que j'y vais un peu fort, pour le coup. Je sais que je vais trop loin, et inconsciemment, je m'en veux, parce que je ne devrais pas être capable de lui dire ce genre de choses. Mais ce n'est pas mon père. Pas à mes yeux. Mon géniteur, certes. Mais pas mon père. Il ne m'a pas élevé, il ne sait pas m'aimer, et aussi dur qu'il puisse essayer de se rattraper, il ne pourra jamais être à la hauteur.

- J'aime Dario et tu ne pourras rien y faire. Ça te rend vert, hein, que ton fils soit un pédé ? Avoue que t'en es vert, papa. Je jubile à l'idée de lui faire du mal mais je tente de dissimuler mon amusement par précaution : il risque de me tuer, le cas échéant, et ce serait dommage parce que je n'ai pas encore fini de m'amuser avec mon petit copain. Alors on va rester ensemble.

Il est tellement surpris qu'il ne bouge pas, et je profite de ce moment pour remonter dans ma chambre, choisissant de m'y enfermer avant qu'il ne vienne me demander des comptes. Alors que je pose mon pied sur la première marche, cependant, il rétorque finalement :

- Tu ne mérites pas mon amour, Oscar. Tu ne mérites rien de moi. Vis ta vie. Attrape toi un SIDA. Ce ne sont plus mes affaires. J'abandonne.

Non mais il se prend pour qui, lui ? Il croit sérieusement qu'il m'importe, son amour ? Je m'en tamponne - mais alors royalement ! - la nouille, de son amour, non mais sérieusement !

- En attendant, cela doit bien faire quatre ans que je suis incapable de te dire que je t'aime. Ce n'est pas sans raison. Je monte enfin. Je sais que je n'ai pas fini de payer pour cette conversation, loin de là ... Je sais que mes mots auront leurs répercussions un jour proche ou distant ... Mais dans l'instant présent, j'ai la sensation soulageante d'être libéré d'un lourd fardeau. L'impression de pouvoir réellement vivre ma vie comme je le souhaite.
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CHAPITRE IV - Drown Me With Rain, 07 Décembre 2013.

Une pluie torrentielle me réveille en sursaut. Je halète bruyamment. Un cauchemar. Encore un de ces satanés cauchemars qui me hantent et qui me maudissent. Dedans ... J'ai rêvé que les éléments se retournaient´contre moi. Noyé dans l'eau, brûlé par le feu, enseveli sous la terre, emporté par le vent ... Mes quatre plus tendres amies déchaînées contre moi. Triste et sordide rêve. Je frissonne, m'enterrant dans le confort´de mes draps avant de me tourner sur le côté pour regarder mon petit-ami dormir ... Deux ans. Vous me croiriez, vous, si je vous dis que cela fait déjà deux ans que nous sommes ensemble ? Jamais une de mes relations n'a duré aussi longtemps que celle que je possède actuellement, avec Mike. Jamais une de mes histoires n'a su être aussi forte que celle que je vis. Me voilà donc, caressant sa douce crinière de boucles blondes. Le rythme de sa respiration m'apaise, me détend. Son corps dénudé me donne envie de lui, pour ne pas changer mes bonnes vieilles habitudes. Je souris. Ma main glisse le long de sa joue ... Deux ans, et je ne l'aime pas moins qu'avant. Pas pour le moins du monde. Chaque jour nouveau est un jour de découverte. Chaque jour nouveau me permet d'apercevoir une nouvelle facette de lui ; une facette qui me permet de mieux l'aimer, mon Mike. J'ai envie de le couvrir de baisers mais j'ai peur que ça ne le réveille ; il est comme ça, mon bébé : il a souvent sommeil mais son sommeil est toujours léger. Je le contemple dormir, un certain air de fierté affiché sur mon visage. Lui, il est à moi. Lui, il m'aime. Lui, il a divorcé pour pouvoir être avec moi. Tant pis s'il se réveille parce qu'il mérite vraiment que je l'embrasse.

Une pluie torrentielle me réveille en sursaut. Je halète bruyamment. Un rêve. Encore un de ces satanés rêves qui emplissent mon coeur de faux espoirs et de désirs. Encore un de ces délicieux rêves auxquels on romprait le cou sans hésitation s'il s'agissait d'animaux. Une goutte de sueur perle sur mon front. Ce rêve est mon pire cauchemar. Ma plus grande hantise. Pire encore que la présence de mon père, pire encore que l'absurde notion que les éléments me trahissent ; pire encore que l'idée de la mort elle-même. J'aime Mike ; j'aime encore Mike et me rendre à l'évidence ne fait pas de moi quelqu'un de plus faible. Je me redresse doucement, à présent assis sur le lit, ma main gauche plaquée contre mon front. J'inspire. J'expire. J'inspire. J'expire à nouveau. Calme toi, Ozzy, calme toi. Ce n'était qu'un rêve. Il ne peut plus te faire du mal, dorénavant. J'espère que c'est vrai. Quelque chose me dit que je ne le reverrai plus jamais ... Et pourtant, je mentirais si je disais que je n'en meurs pas d'envie. Me levant péniblement de mon lit, je m'enroule dans ma couette, n'ayant pas songé à me coucher avec des vêtements. Plus tôt, dans la soirée, je n'en avais pas vu l'utilité, étant donné qu'il faisait, en somme, meilleur temps que les jours précédents. Je regarde l'heure. Trois heures du matin. Cela ne m'étonne pas que j'ai une migraine terrible si je n'ai dormi que trois heures avant mon réveil brutal. J'enfile alors les chaussons posés du côté gauche de mon lit, abandonnant mes draps au profit d'un peignoir en soie bleu roi jonchant jusqu'à lors le sol de ma chambre. Marchant d'un pas hésitant hors de la pièce, j'ai besoin de prendre une douche : je sais que dormir ne sert plus à grand chose, étant donné que tout rêve de Mike a la fâcheuse tendance de me bouleverser au plus profond de mon être. Tant pis, j'arriverais en cours épuisé, demain matin. Ce n'est pas comme si je ne rêvais jamais de lui, après tout.

- Bah alors ... Tu dors pas, toi ?

Ma tête se tourne en direction de la lumière, surpris, avant de reconnaître mon interlocuteur. James. Mon beau britannique.

- Mauvais rêve ... Je pense que je vais prendre une douche et me mettre à bosser un peu. Ça tombe bien, je dois m'avancer dans mes révisions.

James. L'homme que j'avais rencontré trois semaines après ma rupture avec Mike, le seul homme qui avait su me faire rire et me changer les idées suite à ma rupture avec l'avocat. James. L'homme le plus tendre et prévenant que j'ai eu le plaisir de rencontrer de ma vie entière. James. Le seul homme capable de me faire l'amour comme s'il avait désespérément peur de me perdre. Celui qui a toujours peur que je n'aie pas assez bien dormi, qui a toujours envie de s'assurer de mon bonheur ; celui qui n'hésite pas à passer l'aspirateur pour m'aider à me concentrer sur mes études alors que lui-même devrait en faire de même avec les siennes ... Mon James ; mon prince charmant. N'a-t-il pas l'air tout simplement parfait ? Oui, hein. J'ai gagné au change, avec celui-ci. Et pourtant une profonde douleur se réveille en moi dès que mon regard croise le sien. Mon coeur s'arrête à chaque fois que ses doigts chaleureux caressent mon dos gelé. Mes yeux pleurent dès qu'il s'endort après m'avoir « aimé ». Aussi parfait et adorable que James puisse sembler, ce n'est pas Mike, et je le sais. Pire, encore ? Lui-même le sait, et cette nouvelle me détruit au plus profond de mon être. Il m'aime. Je pense que je peux maintenant le dire avec certitude ... Mais je suis un monstre et je suis incapable de l'aimer car mon coeur est toujours brisé par mon ex. Je ne sais pas ce qu'il m'est passé par la tête de me mettre avec lui car, indéniablement, bien que son étreinte me fait énormément de bien, notre relation ne durera pas une éternité ... Et je me déteste déjà parce que je sais que je ferais souffrir cet homme phénoménal, quoi qu'il en soit. Si seulement c'était lui que j'avais rencontré, il y a deux ans, et pas Mike ... Là, c'est sans hésiter que je vous garantis que j'aurais pu l'aimer.

- Je peux venir avec toi ? J'ai besoin de me redonner un peu d'énergie si je veux finir ce mémoire pour demain.

Je lui souris faiblement. Puis, sans même le regarder dans les yeux, je lui réponds :

- Bien sûr. Je t'attends. Sans dire un mot, voilà que je me dirige vers la salle de bains. Je referme la porte derrière moi, fais couler l'eau ... Puis, je me mets à larmoyer, un peu, pas beaucoup. Je pleure de fatigue, de douleur, de déception ... Car je ne veux pas blesser un type bien comme James. Ça me détruirait encore plus que ce n'est déjà le cas, je crois.

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MessageSujet: Re: OSCAR LUCCHETI ⚣ I'll cast a spell that you can't undo ...   OSCAR LUCCHETI ⚣ I'll cast a spell that you can't undo ... EmptyLun 9 Fév 2015 - 4:50

Oscar Luccheti
Oscar Luccheti
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... ET MAINTENANT ?


Paroles, Paroles, Paroles


PARTIE V - ... POUR ALLER DE L'AVANT !
01 SEPTEMBRE 2008 ♦ Une chambre illuminée dans un appartement, 15:47.
Le soleil. Le soleil brille. Merveilleusement. Il illumine chaque mur, chaque objet ... Chaque élément de cette piece qui m'appartient désormais. Un sourire imperceptible, presque invisible se dessine lentement sur mes lèvres tandis que mon regard se perd à travers la fenêtre. Des immeubles, tous plus grands les uns que les autres ; tous plus majestueux, scintillants et luisants que leurs voisins sont érigés en face de moi. Dans la distance, je vois leurs sommets caresser les cieux avec malice, chatouiller les nuages, braver les vents comme s'ils n'en avaient pas peur, tandis que les rayons éclatants de cet astre si proche de notre terre s'amusent à rebondir sur les parois de ces gratte-ciels, produisant des reflets éblouissants, voire, même, aveuglants.

Le silence dans l'appartement m'emplit de sérénité. Cela ne fait pas longtemps que je suis arrivé, deux jours, à tout casser ... Et pourtant, je ne peux déjà pas m'empêcher de penser que c'est un nouveau chapitre de ma vie qui débute à présent, et que ce chapitre sera merveilleux, de surcroît. Mes doigts glissent le long de la vitre brûlante et éclatante avec prudence et, pourtant, avidité. J'ai envie de découvrir le monde qui se cache à l'extérieur. Cela ne fait que quarante huit heures que je suis ici, en Californie ; cela ne fait que quarante huit heures que je vis ici, à Los Angeles ; cela ne fait que quarante huit heures que je suis arrivé aux États-Unis ... Et pourtant, mon envie de découvrir mon nouvel habitat est à présent bien ancrée en moi, remplaçant toute sensation de dépaysement ou de décalage horaire que j'aurais bien pu éprouver, ces derniers jours. Je n'ai pas encore fini de déballer mes cartons que déjà, voila que j'ai envie de vagabonder.

De marcher, là, dehors. De me perdre, dans les rues, dans les magasins, parmi les passants ... De me perdre, sans avoir à me soucier ni du temps, ni de l'argent, ni de ma famille qui me préoccupe un peu trop, en ces moments. Sans avoir à me soucier de ces nouvelles études, que je m'apprête à entamer, très prochainement ... Ces études de droit que j'appréhende (presque) autant que je les attends. Le droit ... Qui aurait pu le deviner ? Qui s'y attendait ? Certainement pas moi ! Le droit ! Cet univers scintillant d'avocats bien costumés, aux chemises bien repassées, avec leurs cravates bien attachées autour de leur cou afin que leurs clients puissent facilement les étrangler ! Le droit ! Ce monde brillant, si bien dépeint dans les séries télévisées, où tout le monde est toujours si bien coiffé, où personne ne semble jamais douter de ses capacités ! Le droit ! Ah ... Non, j'ai décidément toujours du mal a m'y faire. Mais cela changera, je le sais. Cela ne peut que changer.

Déjà, je m'imagine, à la fin de mes études. Je serai mieux habillé, c'est évident. Je serai ... Plus cultivé ! Les autres ne pourront alors que s'incliner devant mon amas de connaissances impressionnantes, des connaissances accumulées avec les années et les révisions assidues ! Je serai ... Rasé ? Pas rasé ? Mal rasé ? Probablement rasé. C'est bien propre, lorsque c'est rasé ... Ça me ressemble plus. J'ai envie que mes futurs clients me trouvent bien propre. Je ne ferais pas confiance à un homme mal rasé, en tous les cas, personnellement. Lorsque Fabio se laisse pousser la barbe, il ressemble a un terroriste, après tout ... Oui, rasé, ça me semble donc logique.

Je m'allonge sur le lit, un sourire accroché au visage. Un sourire grand, si grand qu'on ne peut pas ignorer les dents blanches qui ne cherchent désormais plus à se cacher derrière une paire de lèvres espiègles. Deux mains derrière le crâne, je contemple le plafond, de façon admirative, rêveuse, enjouée ... Des images défilant dans mon crâne à une allure vertigineuse. Je m'imagine un Oscar, tout beau, tout sophistiqué. Un Oscar bien habillé, bien coiffé, un Oscar avocat, un Oscar respectable. Je m'imagine un Oscar marié, et heureux qui plus est ! Un Oscar marié à un autre homme, avocat, lui aussi, ou peut être, a la rigueur, juge ou banquier. Je les imagine heureux, si heureux qu'ils pensent peut être même à adopter un enfant ensemble. Mon avenir m'est encore si lointain et inconnu et, pourtant, il semble se dessiner à la perfection dans mes pensées. Comme s'il se rapprochait à chaque seconde, a chaque instant.

C'est empli de satisfaction et d'impatience que je ferme alors les yeux. Et alors, je commence à rêver. D'un avenir, aussi brillant et impressionnant que les rayons du soleil. D'un avenir que les autres ne pourraient qu'envier. D'un avenir si beau qu'on pourrait aisément en écrire un conte pour enfants ! Ah, les enfants ...

Le décalage horaire a finalement eu raison de moi.

01 JANVIER 2015 ♦ Une chambre sombre dans un appartement, 00:03.
Ne pas comprendre est l'une des choses les plus douloureuses qu'il puisse nous arriver, en ce bas monde.

Assis par terre, adossé contre ce lit qui m'a apporté bien du confort, ces sept dernières années, je joue négligemment avec mon briquet, un regard fuyant, un regard distrait de logé dans mes yeux. Ma tête se bascule librement, de gauche à droite, de droite à gauche, sur cette nuque qui semble bien entêtée à ne pas la soutenir correctement tandis que je tente, tant bien que mal, d'y résister.

À quoi ?

À la tentation.

De quoi ?

...

C'est une longue histoire.

Une longue histoire, une longue histoire douloureuse et pénible.

Une longue histoire qui a commencé il y a un peu plus de trois ans, maintenant.

C'est ...

C'est l'histoire d'un jeune homme, vibrant, plein d'énergie. L'histoire d'un jeune homme, souriant, toujours de bonne humeur. L'histoire d'un bonhomme qui s'est réveillé un jour avec l'objectif en tête de changer le monde, de faire une différence. C'est l'histoire d'un jeune homme qui s'est plongé corps et âme dans des études qui devaient paraître, aux yeux des autres, comme un nouveau passe-temps, de quoi l'occuper, quelques mois ou années ... L'histoire d'un jeune homme qui a éventuellement pu montrer aux sceptiques qu'il avait finalement trouvé sa voie et qu'à défaut de se contenter de briller dedans, il s'épanouissait également comme jamais un autre jeune homme ne s'était épanoui par le passé. C'est mon histoire à moi, mon histoire qui a commencé il y a sept ans, mon histoire qui avait si bien commencé et qui aurait si bien dû se terminer.

Puis, le jeune homme a eu un stage à effectuer.

Dans le cadre de ses études, il a dû intégrer un cabinet ...

Et autant dire que c'est à ce moment là que les choses se sont corsées.

Je me mords la lèvre. Mes mains jouent frénétiquement avec le briquet. J'ai mal rien que d'y repenser.

J'expire nonchalamment.

Ma tête bascule en arrière afin que mes yeux puissent contempler le plafond, ce plafond blanc, si blanc qu'on pourrait aisément le méprendre pour la lumière céleste, vous savez, cette fameuse lumière que nous voyons supposément lorsque nous sommes sur le point de faire ce voyage jusqu'à l'autre monde ... Ou pas, d'ailleurs, puisque je me suis mis dans la tête il n'y a pas si longtemps que Dieu n'existe pas, en réalité. Mes yeux contemplent ce plafond aussi blanc que ces draps dans lesquels nos corps se sont aimés ; ces draps dans lesquels nos corps se sont perdus. Mes yeux se perdent dans l'étendue si pure, et pourtant, si malsaine de cette couleur si évocatrice et pourtant, si neutre.

Devant moi se trouve un album photo, grand ouvert sur l'une des pages du milieu. Un album photo que je m'étais surpris à feuilleter, sans réelles convictions, quelques instants plus tôt, avant de tomber sur ce visage qui, même après tant de temps, parvient encore à me faire frissonner et frémir de regret. Le tendre et doux visage de Mike. Sur la photo, il semble être au meilleur de sa forme. Parfaitement bien habillé, coiffé avec soin et attention, les cheveux savamment ébouriffés, comme on dirait ... Savamment ébouriffés par moi, bien évidemment. Sur la photo, il semble sourire ... D'un air fier, et pourtant, généreux. D'un air fier, et pourtant, chaleureux. Sur la photo, il semble être parfait ... L'homme idéal, mon homme idéal ... Et c'est normal, parce qu'il l'était.

Distraitement, mes yeux se perdent à nouveau sur l'un des objets que je tiens entre mes mains. Il ne s'agit désormais plus du briquet, mais bel et bien de ce satané iPhone qui ne cesse de me tenter avec sa lumière vive et les quelques chiffres qui se sont dessinés sur son écran. Mike. Quatre lettres, un numéro, une voix que je n'ai pas entendue depuis trop longtemps couplés avec un désir entêtant de l'entendre à nouveau. Mike. Je l'ai aimé. Je l'aime encore. Je ne l'aime plus ? Je l'aime encore. J'ai tourné la page ? Je l'aime encore.

Mike, Mike, Mike, Mike, Mike ...

Obsédant, son parfum était pour moi comme le plus doux des nectars. Une odeur enivrante dont je ne pouvais plus me passer. Une odeur si addictive que je ne pouvais plus m'endormir le soir s'il n'était pas à mes côtés.

Fascinant, son regard était pour moi comme le manuscrit le mieux rédigé de toute l'histoire de la littérature. Un regard riche et complexe, un regard que moi seul était capable de déchiffrer. Je lisais entre ses lignes comme s'il m'était un livre ouvert tandis que les autres peinaient toujours tant à le déchiffrer, et c'est comme cela que l'on s'aimait.

Épuisant, son corps se heurtait au mien avec tant de vigueur et d'entrain que je n'avais non seulement l'impression de mourir, à chaque fois qu'on le faisait, mais également l'impression d'accéder au Paradis, à un monde meilleur, au Nirvana. Je lui en redemandais plus, encore et toujours plus, pantelant, sans souffle, recouvert de sueur, vidé de toute mon énergie ... Mais jamais vidé de mon désir pour lui.

Captivant, il savait faire de sa voix la plus persuasive des armes, ce qui expliquait pourquoi les juges l'adoraient ou le détestaient tant. Captivant, il ensorcelait tout le monde sur son passage ... Et si j'aurais aimé être l'exception qui confirme la règle, il s'avère en réalité que j'ai été parmi les plus affectés, a mon plus grand regret.

Rassurant, son bras viril s'enroulant autour de ma taille était toujours rassurant. J'avais la folie des grandeurs, l'envie de m'envoler, de décoller ... Prendre mon essor vers de nouveaux horizons, faire un saut dans le vide ... C'était ainsi que je vivais ma vie, à l'époque ; au jour le jour, sans peurs ni regrets. Sans rien, aucun autre appui que ces bras virils qui savaient si bien me ramener sur terre lorsque j'avais besoin d'une piqûre de rappel ... Ou qui, au contraire, me propulsaient si loin que je ne m'inquiétais même plus de la possibilité que j'avais de m'écraser.

Déchirant. Le baiser que sa femme lui avait décroché, ce 21 Septembre-là, était tout simplement déchirant. Lacérant pour mon coeur. Écoeurant pour mes sens. Ravageur pour mes rêves, alors réduits en cendres et en fumées, en l'espace de quelques secondes. Des rêves aussi fragiles qu'un château de cartes ... Un coeur façonné avec du sable mouillé.

Il m'avait promis qu'il divorcerait ...

C'est l'histoire d'un jeune homme, vibrant, plein d'énergie. L'histoire d'un jeune homme, souriant, toujours de bonne humeur. L'histoire d'un bonhomme qui avait un jour eu la mauvaise idée d'ouvrir son coeur ... L'histoire d'un bonhomme qui se l'était donc fait briser.

Depuis ... La douleur ne disparaît pas.

Elle s'atténue, elle se tait, elle feint souvent de s'en aller, mais lorsque je commence enfin à être dupe, c'est là qu'elle revient, plus forte, plus violente, plus agressive que jamais.

La douleur ne disparaît pas. Elle ne disparaîtra peut être jamais.

J'hésite à l'appeler, en ce nouvel an, aveuglé par des souvenirs insupportables, des souvenirs de caresses, de baisers ; des souvenirs d'un dîner aux chandelles et d'une promenade romantique, améliorée par ce bain de minuit improvisé. J'hésite à l'appeler pour le pardonner, lui toucher deux mots ... Entendre le son de sa voix.

J'hésite à l'appeler, c'est insupportable, j'ai simplement envie de ...

Puis, je n'hésite plus ...

Et je ne le fais pas.

Les larmes montent alors, les larmes menacent de sortir, de jaillir, de briser l'équilibre que je maintenais jusqu'alors dans ma vie, et je les laisse faire, incapable de les retenir mais, surtout, incapable d'avoir la volonté de le faire. Les larmes montent, je me recroqueville alors sur moi même. Puis, je me laisse être pleinement cette coquille que je suis devenu sans lui. Je me laisse envahir par la douleur. Je l'accueille, même. À bras ouverts. Je me laisse submerger. Je suis en train de me noyer.

Certaines histoires sont trop belles pour réellement exister.

08 FÉVRIER 2022 ♦ Un bureau dans un cabinet d'avocats, 20:22.
- Joan ?

Je l'appelle, mais alors que ma voix résonne le long du corridor, je me rends rapidement compte qu'elle ne me répondra pas. Pas ce soir, en tous les cas. En effet, Joan est déjà rentrée chez elle, tout comme tous les autres employés du cabinet, à en croire l'état désert de ces lieux. Me retournant donc en silence, je referme la porte de mon bureau derrière moi avant de me diriger vers la table à nouveau et d'y rassembler tous les papiers que j'y avais éparpillés, plus tôt, avec "soin" et "attention".

Tant pis. Je continuerai à trier mes dossiers demain, dans ce cas là. Enfin ... Après être passé au tribunal, évidemment.

Il y a quelques années, l'idée de me retrouver face à un juge m'emplissait d'incertitude et de nervosité. À présent, cependant, il ne s'agit de rien de plus que d'une simple formalité. Il faut avouer que ce n'est pas trop difficile de voir les choses de cette façon là lorsque l'on a toujours l'habitude de gagner. Je suis sérieux. Je n'ai pas perdu un seul de mes cas depuis ... Oh. Depuis un bon moment, en tous les cas. Rassemblant toutes ces feuilles de papier en une seule pile, je la range dans le premier tiroir de mon bureau, assez distraitement. Je suis déjà en train de réfléchir au reste de ma soirée. Je me demande ce que je devrais faire, en rentrant : travailler, encore un peu plus ou prendre un peu de temps pour moi ? Il faudrait bien que je m'avance sur le cas des Baker, après tout ... Suite à la mauvaise surprise du faux témoignage, la semaine dernière, il faut bien que je revoie toute ma stratégie afin de pouvoir correctement plaider leur cause face à Coca Cola ... Et autant dire que ce n'est pas nécessairement une cause facile à faire valoir. Attention, cela ne veut pas dire qu'elle est impossible pour autant ! Juste ... "Pas facile". Mais je trouverai une solution. Je trouve toujours une solution, de toutes façons.

D'un autre côté, l'affaire Richardson a été réglée avec un succès considérable - non seulement ai-je réussi à gagner le cas de ma cliente en plaidant sa cause correctement, le juge a également exigé que Colgate lui verse une compensation de trois cent mille dollars - une belle somme, en soit, supérieure à celle à laquelle nous nous attendions initialement d'au moins un zéro ! Les associés m'ont bien dit de célébrer cela, "d'une façon ou d'une autre" parce que "Tu l'as bien mérité, Luccheti !" Je commence d'ailleurs à envisager la possibilité de suivre leurs conseils. Je me dis que je pourrai bien me permettre de regarder un film, ce soir, en rentrant, au moins afin de me changer les idées ...  Je referme alors le tiroir de mon bureau avant de rassembler tous mes stylos et de les ranger dans mon pot à crayons. Je m'apprête à attraper mon sac et à filer d'ici lorsque mon regard s'arrête inconsciemment sur cette photographie, soigneusement encadrée et déposée sur mon bureau devant l'écran de mon ordinateur.

Je m'arrête alors, le temps de contempler le cliché avec tristesse et nostalgie.

Il s'agissait là du bon vieux temps ...

Hélas.

Sur la photographie se trouvent deux hommes, souriants. Ils ont l'air heureux, pour la simple et bonne raison qu'ils l'étaient, alors. Sur la photographie se trouvent deux hommes, posant confortablement, côte à côte. Le bras de celui de gauche est tendrement enroulé derrière le dos de son voisin tandis que celui-ci a le bras enroulé derrière le cou du premier. Sur la photographie se trouvent deux hommes, impeccablement bien habillés. Deux hommes amoureux, deux hommes qui viennent de se marier. Sur la photographie se trouvent deux hommes, emplis de rêves, d'espoirs pour l'avenir et de promesses à respecter. Sur la photographie, nous avons été immortalisés, pour l'éternité.

Jusqu'à ce que la mort nous sépare.

Il s'agit là du serment qu'un homme fait, le jour de son mariage. Il fait le serment d'être là pour son mari, à la vie, a la mort, à travers les épreuves et les conflits, certains plus importants et graves que d'autres. Il fait le serment de soutenir son mari, quoi qu'il advienne, autant physiquement que financièrement et, surtout, sentimentalement. Il fait le serment de l'aimer, pour l'éternité ...

Il lui jure fidélité.

Et moi, dans tout ça ?

Moi ...

Je n'ai pas été fidèle.

Je n'ai pas été fidèle, et il le sait.

Je n'ai pas été fidèle, et je m'en veux.

Je n'ai pas été fidèle, je n'ai pas su m'en empêcher ...

Je n'ai pas été fidèle et je n'ai pas pu m'arrêter, une fois lancé.

Puis, il l'a appris. Évidemment. Les choses n'auraient pas pu avancer d'une autre façon, de toutes manières. Il l'a appris, une scène s'en est ensuivie. Une scène que tout le monde aurait préféré éviter, une scène ...

Ce n'était pas une belle scène de ménage.

Des insultes. Des reproches. Des insultes et des reproches. Des critiques. Des non-dits. Des rancoeurs, dissimulées, cachées au plus profond de l'un, de l'autre. Il s'était enfui, claquant la porte derrière lui. Je ne l'ai pas suivi. Peut être que j'aurais dû. Mais je ne l'ai pas fait. C'est pour cela qu'il s'était mis à marcher, dans la nuit. Sans savoir où aller, sans savoir quoi faire de sa vie.

Je ne comprends toujours pas comment il a fait pour ne pas voir ce taxi.

Du sang. Un corps inanimé. Du sang. Des piétons, étonnés. Du sang. L'arrivée des policiers. Du sang ...

C'était il y a trois semaines.

Je me mords alors l'index, rongé par la culpabilité. Je devrais retourner à l'hôpital, mais je fais tout pour ne pas avoir à y aller. Rongé par la culpabilité. Et la peur. Et la douleur, surtout. N'en oublions pas la douleur. Je devrais y retourner, lui rendre visite, lui tenir compagnie ...

Et pourtant, une part de moi se refuse à le faire.

Un coma.

Il est dans le coma et ils sont tous incapables de me dire s'il compte un jour se réveiller, ces médecins, pourtant tous censés être plus "brillants" les uns que les autres.

Il est dans le coma, il ne se réveillera peut être jamais.

Alors, je me rassois.

Et je me remets à travailler.

Je devais t'aimer pour l'éternité ...
IMAGE 1 (C) YOGINIYODA
IMAGE 2 (C) BARBARA FLORCHIK
IMAGE 3 (C) WIKIMEDIA COMMONS

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MessageSujet: Re: OSCAR LUCCHETI ⚣ I'll cast a spell that you can't undo ...   OSCAR LUCCHETI ⚣ I'll cast a spell that you can't undo ... EmptyLun 9 Fév 2015 - 13:54

Aaron Campbell
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Espèce de beau gosse. pervers
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MessageSujet: Re: OSCAR LUCCHETI ⚣ I'll cast a spell that you can't undo ...   OSCAR LUCCHETI ⚣ I'll cast a spell that you can't undo ... EmptyLun 9 Fév 2015 - 13:56

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Enleve donc ton maillot de bain :arro: trop de bgeyssitude par ici.



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MessageSujet: Re: OSCAR LUCCHETI ⚣ I'll cast a spell that you can't undo ...   OSCAR LUCCHETI ⚣ I'll cast a spell that you can't undo ... EmptyLun 9 Fév 2015 - 20:08

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@Aaron Campbell a écrit:
Espèce de beau gosse. pervers

Oh, Aaron ... Tu m'émoustilles tant.  **  excited  kiss  sex  disco  **  **  love  love  love   sex  Aaron -> fuck2 <- Oscar What a Face

@Solomon Collins a écrit:
Enleve donc ton maillot de bain Arrow trop de bgeyssitude par ici.

Je ne sais pas, je suis timide moi, tu sais ? siffle




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MessageSujet: Re: OSCAR LUCCHETI ⚣ I'll cast a spell that you can't undo ...   OSCAR LUCCHETI ⚣ I'll cast a spell that you can't undo ... EmptyMar 10 Fév 2015 - 12:56

Mana'arii Baldwin
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FICHE VALIDÉE


FÉLICITATIONS, TU AS RÉUSSI


JE M’APPELLE ... CHARLY VON BODMAN
Demat (bonjour en breton), moi c’est Liz, alias Razowski ! J’ai 19 ans et je fais partie de ces cinglés qui ont tenté la prépa lettres. Je pratique l’équitation histoire de montrer que j’ai encore une vie et je suis une passionnée de cinéma. Je rêve aussi de visiter le monde, parce qu’après tout on a qu’une vie, alors autant en profiter !




FRATERNITIES, SEVEN YEARS LATER


Mon p'tit Ferdinou,
Je suis si contente d'avoir validé cette fiche parce que malgré la courte relation qu'on vécut Oscar et Marius, je me rends compte que je ne connaissais pas très bien ton Luccheti. Et il a eu une vie tellement triste... Ca me fait presque regretter d'avoir abandonné Marius (le brave, le gentil mdr) cutie
J'espère qu'il trouvera réellement l'amour de sa vie et qu'il oubliera vite Mike l'affreux bouh love

→ prendre ses repères ←
Félicitations, petit Padawan ! Te voilà maintenant validé, et prêt à intégrer la communauté de Fraternities, Seven Years Later ! Fini, la solitude, bonjour, le flood, le rp, les amis, les liens, la chatbox ! (Enfin, vous l'aviez déjà, avant, celle-là ) Fini les longues fiches à remplir et à rédiger, bonjour les fiches de liens et les coins détente ! Dorénavant, vous êtes l'un des nôtres. N'oubliez donc pas, en conséquence, de bien recenser votre avatar, de bien (re)lire les règles pour vous assurer que vous les avez toutes en tête, et surtout, de vous amuser sur le forum !

Vous trouverez ici un petit message dont le seul but est de vous guider à travers le forum donc n'hésitez pas à vous en servir pendant l'intégralité de votre séjour !

Encore une fois, félicitations, et bienvenue, un ou une réceptionniste viendra sous peu vous prendre sous son aile. En attendant, n'hésitez pas à commencer à vous familiariser avec vos pairs et à débuter le jeu sur Frat (ceci commence d'ailleurs de suite par une visite sur notre page Facebook et une adhésion à notre groupe Facebook !)

L'équipe administrative à son grand complet.


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TEXTE © RAZOWSKI


    Ka Pua Maila I Ka Mauna

    There is pleasure in the pathless woods, there is rapture on the lonely shore, there is society where none intrudes. By the deep sea and the music in its roar. I love not man the less, but Nature more.©️endlesslove
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MessageSujet: Re: OSCAR LUCCHETI ⚣ I'll cast a spell that you can't undo ...   OSCAR LUCCHETI ⚣ I'll cast a spell that you can't undo ... EmptyMar 10 Fév 2015 - 21:27

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*envoie une mega dose d'amour après la lecture de la fiche*
jotem encore plus ** ♥️
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MessageSujet: Re: OSCAR LUCCHETI ⚣ I'll cast a spell that you can't undo ...   OSCAR LUCCHETI ⚣ I'll cast a spell that you can't undo ... EmptyMar 10 Fév 2015 - 22:12

Lola C. Sandstrøm
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Rah mais tu lui as écrit un avenir affreux! XD

*caline le Oscar du futur*
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MessageSujet: Re: OSCAR LUCCHETI ⚣ I'll cast a spell that you can't undo ...   OSCAR LUCCHETI ⚣ I'll cast a spell that you can't undo ... EmptyMer 11 Fév 2015 - 5:05

Jay Collins
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MessageSujet: Re: OSCAR LUCCHETI ⚣ I'll cast a spell that you can't undo ...   OSCAR LUCCHETI ⚣ I'll cast a spell that you can't undo ... Empty

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