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 nothing compares to you (sharon)

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MessageSujet: nothing compares to you (sharon)   nothing compares to you (sharon) EmptyVen 27 Fév 2015 - 14:07

Aaron Campbell
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Nothing compares to you

Shaé et Aaron


« Qui c'est qui va aller faire un gros dodo, encore ? » Souriante, ma bouche près de son oreille vient la chatouiller doucement et ce sont ses petites mains qui atterrissent sur mon visage, plus ou moins délicatement. « C'est la petite Tina. » Mes mains à moi sont occupées à la tenir tandis qu'elle gesticule de tout son long sur la table à langer, comme à son habitude. Changer une couche est très souvent un moment sportif auquel il faut être un tant soit peu habitué pour ne pas se laisser surprendre. Et détrompez-vous, même quand on gagne en expérience, on n'est jamais à l’abri d'une mauvaise surprise avec les bébés. Ça, je l'ai compris au fur et à mesure des semaines qui passent. Ces petits machins gazouilleurs sont avant tout des êtres humains qui régulièrement mettent tout en œuvre pour nous le rappeler. Leur personnalité se construit dès les premières semaines et Valentina, elle, est une petite malicieuse qui sait déjà charmer avec son regard. Quand j'éloigne finalement mon visage après l'avoir ennuyée une énième fois à l'aide d'un bisou bruyant sur sa joue, j'attrape une nouvelle couche et commence à la lui enfiler de façon tout à fait machinale. Cela se serait très bien passé si et seulement si la demoiselle n'avait pas décidé de s'abandonner, sous mes yeux, dans cette couche toute neuve et à peine glissée sous ses fesses. « Merci … J'imagine que c'est ta façon de me souhaiter bonne nuit. » Murmuré-je alors dans un soupir exaspéré, croisant le regard de ma fille qui ne semblent pas le moins du monde embarrassée. Résigné, j'attrape une nouvelle lingette pour faire la sale besogne et, un instant plus tard, m'occupe de lui mettre cette couche qui restera je l'espère intacte pour les heures à venir. Valentina se laisse faire lorsque je lui enfile son pyjama en coton, puis cette gigoteuse qui lui est assortie, sur le thème de la savane. On y retrouve un lionceau, ressemblant fortement à celui du fameux dessin animé. L'on devinera aisément quel est l'individu, cher à notre famille, qui lui a offert ce bel ensemble, il y a deux jours à peine. J'attrape ensuite ma fille et viens la caler tendrement contre mon torse tout en me rapprochant du berceau. L'une de ses mains arrive à s'accrocher au col de ma chemise mais cela reste très fébrile et hésitant. Je profite de cet instant seul à seul pour la couvrir de tendresse et la bercer doucement au point d'en être niais, sans doute, mais qu'importe puisqu'il n'y a personne d'autre que nous pour en témoigner. Quand la petite montre à nouveau des signes de fatigue, je l'allonge enfin dans son berceau et lui murmure un faible « Bonne nuit ma chérie » Ensuite je m'écarte, branche la veilleuse ainsi que le “babyphone”, relié à ses homogènes situés dans d'autres pièces de la villa, et éteins la lumière avant de finalement refermer la porte. Je parcours ensuite le long couloir menant à mon bureau ainsi qu'à notre chambre par laquelle je passe pour arriver au dressing. Là je commence à déboutonner ma chemise. « Shaé ? » Il me semble l'avoir entendue dans le bureau l'instant d'avant. « Et si tu sortais ton nez de ces cartons, un peu ? » Que je lui demande avec une voix suffisamment forte pour qu'elle m'entende de là où elle est. Depuis que nous avons déménagé, nous avons l'un et l'autre un rythme effréné entre mon travail, ses études et son stage, Valentina et les cartons à terminer de déballer. Mais pour ce qui est de cette dernière tâche, il semblerait que ce soit elle qui y soit la plus active.
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MessageSujet: Re: nothing compares to you (sharon)   nothing compares to you (sharon) EmptyJeu 5 Mar 2015 - 20:20

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Les journées se suivent, se bousculent, mais ne se ressemblent pas. Ou peut-être dans leur lourdeur, dans la fatigue. Ce soir, comme beaucoup d’autres soirs, je laisse Aaron s’occuper de Valentina. Je prendrais le relais plus tard dans la soirée pour des moments privilégiés, intimes avec ma fille. Pour l’instant, je m’occupe de déballer un des nombreux cartons issus du déménagement.

Trier, emballer, déplacer pour trier encore, déballer, replacer … Le même rituel depuis presque deux semaines, que j’exécute de façon presque machinale mais déterminée. Déterminée à me sentir chez nous, à investir les lieux.

Dans ces cartons se trouvent des objets du quotidien, mais aussi des souvenirs palpables, matériels. C’est ce que je semble trouver dans ce carton rempli de clichés que j’attribue immédiatement à Aaron. Des shootings, des photos plus personnelles, des polaroïds, des restes de pellicules vieux témoins d’une autre technologie et … Et ces clichés qui me pincent le cœur. October dans un shooting intime, osé, dont j’aurais probablement pu apprécier la beauté s’il n’avait pas s’agit d’elle, d’elle et de lui.

Mes doigts parcourent les courbes parfaites, mes yeux contemplent la peau dorée et le regard perçant de la brune, de ceux que l’on n’adresse pas à n’importe qui … Ses yeux parlent et ils parlent pour lui …

Et parce que cela devient insupportable pour mon cœur et mon égo, mes yeux bruns la quittent pour se poser dans ce miroir face à moi qui me renvoie cette gifle. Le reflet est impitoyable mais honnête. Il me laisse apercevoir une femme au teint grisonnant, fatiguée. Je ne vois que les ravages de la grossesse là et là, partout ... Je ne vois que ce qui me différencie d’elle … De sa perfection. « Shaé ? ». Je sursaute, arrachée à mes pensées par une voix masculine qui perce le silence depuis une autre pièce de la villa.

Les clichés toujours en main, je me relève et traverse le bureau pour retrouver la source de cette voix qui résonne encore. Je le rejoins et lance un bref et froid : « J’en ai fini pour ce soir ». Et lorsque j’arrive jusqu’à lui, je dépose les clichés en évidence sur la commode. « Je crois que cela t’appartiens. Des souvenirs du bon vieux temps …». Celui auquel je n’appartiens pas … Celui que je ne compose pas. C’est épuisant, vouloir être l’univers, le seul paysage de quelqu'un … Et le ton de ma voix est piquant, il suinte de reproches et d’amertume. Pourquoi garder ces clichés ? La jalousie parle de regrets et toi Aaron de quoi parles-tu ?
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MessageSujet: Re: nothing compares to you (sharon)   nothing compares to you (sharon) EmptyDim 8 Mar 2015 - 23:13

Aaron Campbell
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Dans l'ancien appartement, le bruit du pas de porte de notre chambre contre le parquet m'annonçait toujours l'arrivée de Shaé ; désormais cette alerte n'est plus présente. J'ai par ailleurs à peine distingué le bruit de ses pas avant de la voir franchir la porte. Et quand je me retourne complètement vers elle, j'ai à peine eu le temps de déboutonner entièrement ma chemise. Mes mains terminent de s'affairer au niveau de ma ceinture quand mes yeux, eux,  se posent successivement sur le visage de Shaé puis sur ce qu'elle tient entre ses propres mains. « J’en ai fini pour ce soir » Un tas de photographies dont j'ignore encore le contenu, tout du moins jusqu'à ce qu'elle s'approche pour me les mettre en évidence sous mon nez. Je reconnais donc le minois de cette brunette au teint hâlé, celle dont j'ai gardé tant de souvenirs, bons ou mauvais, datant de mon enfance, de mon adolescence et de ma vie de jeune adulte. Les premiers amours possèdent cette force que peu d'autres possèdent : ils restent gravés dans notre mémoire, avec cette place et cette  saveur toutes particulières, à jamais différentes des autres. October a été le mien et ces photos en sont un témoignage, malheureusement tombés dans de mauvaises mains. « Je crois que cela t’appartiens. Des souvenirs du bon vieux temps …» Un sentiment de malaise me prend alors, pour l'évidente raison que ces clichés exposent une intimité, une qui aurait dû rester dans l'un de ces cartons. Ma main va soulever la première photo pour en inspecter le contenu, puis la seconde, puis je la retire finalement, réalisant bien qu'il ne s'agit que de ça, que d'elle. Je relève mon attention sur Shaé, dont le regard me communique la contrariété en plus de la fatigue. « Je t'avais dit de ne pas t'occuper de tout ça. » Parce que j'ai toujours aimé gérer personnellement mes affaires dans mon bureau et ça, même l'importance de Shaé à mes yeux n'y changera rien. Mais c'était sans compter sur la curiosité et, probablement, son besoin de tout contrôler dans ce déménagement. « Ce ne sont que des vieux clichés … » Tenté-je de répondre pour me défendre. Défendre leur présence dans ce carton parmi tant d'autres albums remplis tout au long de ces années. Mon regard se repose un bref instant sur le papier et la silhouette dénudée de mon ex mais il n'y reste pas bien longtemps. « C'est mon métier aussi de faire ce genre de photos. Si je les ai gardées c'est pour leur qualité, pas pour elle. » Elle, October. Sa beauté m'avait inspiré à l'époque, c'est vrai. Mais qui n'aurait-elle pas inspiré ? Ce n'était pas elle qui avait eu l'idée d'une séance en studio, ce n'était que moi et mes impulsions artistiques. Peut-être qu'il y avait quelque chose de plus personnel, certes, mais à quoi bon remuer tout ce passé aujourd'hui ?
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MessageSujet: Re: nothing compares to you (sharon)   nothing compares to you (sharon) EmptyMar 10 Mar 2015 - 21:21

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Mes prunelles brunes suivent ses mains qui s’activent le plus sereinement du monde sur les boutons de sa chemise puis sur la boucle de sa ceinture … Une sérénité qui contraste avec le feu qui brûle, hurle au fond de mes tripes mais que seul mon regard atteint laisse entrevoir. Parce que je n’ai jamais été dans la démonstration, dans l’expression assumée de mes ressentis, de mes émotions. Parce qu’on ne me jamais laissé l’être et qu’à présent je ne sais pas faire autrement … Puis sa sérénité laisse place au malaise. Le grand brun détaille les deux premiers clichés, bien assez éloquent à eux seuls pour comprendre la source de ma soudaine contrariété et pourtant … Pourtant, les premiers mots qu’ils prononcent, me laissent sans voix, me bousculent. Certains diront que les mots ne sont que des mots, mais j’y ai toujours été sensible. Les mots ont un pouvoir, un sens, les mots peuvent être doux, ils peuvent aussi être durs. Et lorsque les mots sont prononcés ils ne disparaissent pas dans les airs, ils marquent. Les mots, ils sont indélébiles. « Pourquoi ? ». Mes sourcils se froncent. Je connais ses habitudes concernant ses affaires, mais ce n’est clairement pas la réponse qu’il me faut maintenant. « Parce que cela m’éviterait de nouvelles découvertes ? ». De nouveaux clichés ? Témoins d’une autre vie passée mais aussi présente dans laquelle je ne me sens pas impliquée. Le métier d’Aaron reste un mystère pour moi, surtout lorsque son travail s’intéresse à de jeunes et jolies modèles. Un choix de ma part pour ne pas attiser une jalousie que je parviens à rationaliser, à dompter. Un choix qui créé aussi une certaine frustration à l’idée de ne pas participer à sa passion. Une passion qu’il me décrit encore à travers elle ou plutôt malgré elle. L’œil artistique fait donc abstraction des sentiments ? Ne voit-il que les jeux de lumières pertinents ? La beauté des angles choisis ? La perfection de la capture du juste regard ? Ne voit-il pas le souvenir ? Le symbole ? Le sentiment ? A cet instant précis, je m’en veux, je m’en veux d’être si ignorante dans ce domaine, de ne pas avoir les arguments pour lui répondre, pour comprendre. A la place, j’attrape presque désespérée un cliché que je mets à nouveau en évidence sous ses yeux. « Dis-moi Aaron, quand tu regardes cette photo, tu n’y vois qu’un intérêt artistique ? Rien d’autre ? ». Mes yeux ancrés, accrochés aux siens, j’attends une réponse avec le sentiment détestable qu’aucune de celles auxquelles il s’essaiera ne me satisfera.
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MessageSujet: Re: nothing compares to you (sharon)   nothing compares to you (sharon) EmptyMer 11 Mar 2015 - 3:07

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« Pourquoi ? » Et parce que je n'ai pas l'habitude que l'on me demande de me justifier sur ce genre d'actes, je me retrouve interdit face à elle, qui semble prête à m'attaquer pour la moindre remarque de travers. Pourtant, la réponse à sa question est claire, non ? Si elle n'avait pas été mettre son nez dans tous ces cartons que j'avais moi-même pris soin de remplir, elle ne serait pas tombée là-dessus. Je n'ai rien à lui cacher, pas même ces clichés qu'elle me présente, mais je ne supporte pas bien le fait qu'elle se permette de me reprocher quelque chose qu'elle a été chercher d'elle-même. « Parce que cela m’éviterait de nouvelles découvertes ? » Mes yeux s'accrochent difficilement aux siens sur cette interrogation amère et je soupire faiblement, en proie à un sentiment d'embarras que j'aurais préféré éviter. « Shaé, s'il-te-plait... » Que je murmure à son adresse, prêt à tout pour ne pas me confronter davantage à sa contrariété. Une contrariété qui selon moi n'a pas lieu d'être, tant ces photographies datent et ne représentent pour moi que quelques souvenirs dépassés. Je sens qu'elle y accorde beaucoup trop d'intérêt, bien plus que je ne leur en aurais moi-même jamais accordé. Quand elle attrape sèchement l'une des photos pour la placer sous mes yeux, j'abaisse instantanément mes paupières et inspire un bon coup pour me retenir d'avoir une réaction indésirable. « Dis-moi Aaron, quand tu regardes cette photo, tu n’y vois qu’un intérêt artistique ? Rien d’autre ? » Serrant la mâchoire, je finis par rouvrir mes yeux sur elle, uniquement sur elle, et mes mains viennent attraper son bras pour lui retirer cette photo de la main. Si elle s'autorise ce ton vindicatif alors je pense pouvoir me mettre à son niveau et faire preuve d'un peu de dureté. Sans même jeter un énième coup d'oeil à la silhouette d'October, je rassemble les clichés qu'elle a apportés entre mes mains et les reposent face cachée sur la commode. Et sans lâcher son poignet, je me rapproche d'elle. « Est-ce que tu crois vraiment que j'ai besoin de photos pour repenser à elle ? » Lâché-je alors, mon regard dans le sien, sur un ton à moitié accusateur et sarcastique. Puis je réalise que cette question à nouveau pourrait être mal interprétée, ce qui serait la dernière de mes volontés. Alors je poursuis, le plus sérieusement possible. « Et encore faudrait-il que j'aie envie de repenser à elle. » Ce qui n'est pas le cas. A défaut d'avoir un marteau magique pour le lui enfoncer dans le crâne, je relâche son bras et adoucis mon regard ainsi que ma voix. « Tout ce dont je veux me souvenir est dans ma tête Shaé, ces photos ne représentent à mes yeux qu'une séance de plus. Si elles te dérangent tant que ça, tu peux les jeter mais alors il te faudra jeter un tas d'autres clichés de ces cartons. » Car October est loin d'être la seule à s'être déshabillée face à mon appareil. Il ne me reste plus qu'à espérer qu'elle veuille bien relativiser.
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MessageSujet: Re: nothing compares to you (sharon)   nothing compares to you (sharon) EmptyJeu 12 Mar 2015 - 22:54

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Un soupire, un murmure. Des signes d’agacement, des signes de son agacement qui ne font qu’en rajouter à ma contrariété. « Quoi Aaron ? ». Qu’est-ce qu’il y’a ? Qu’est-ce que tu veux me dire ? Va au bout de tes phrases, dis-moi que je t’agace, que je te fais une énième crise vide de sens, que tu ne me comprends pas … Je le fusille du regard, laisse mes yeux sombres et furieux lui exprimer tout ce que je ne lui dit pas. Et alors que ses paupières se referment, je m’attends à une réponse, à une explication. Mais ce sont ses mains qui viennent piéger mon bras. Son regard qui vient durement capturer le miens. Et malgré la surprise que provoque son geste, je ne faiblis pas. Je m’accroche au cliché, je m’accroche à ses yeux, je m’accroche à ma colère … Mais il parvient à m’enlever la photographie qu’il dépose face cachée sur la commode. Il parvient à souffler quelques mots maladroits, non, inappropriés qui m’arrachent cet air pantois et choqué. Je ne réponds pas, je crois que je suis juste sonnée, juste blessée. Mais Aaron reprend la parole, il se rattrape, il tente, relâche mon bras que je lui soustrais brutalement dès que je sens la pression de ses mains s’amenuiser. Il me laisse le choix, le choix de jeter ces clichés et en jeter tout un tas d’autres qui se trouvent encore dans les cartons. Parce que c’est son métier, qu’October n’est pas  la première et ne sera pas la dernière. Je me renfrogne, reste muette. Ses mots, ses propositions ne m’apaisent pas. Je pourrais jeter les clichés, je pourrais en jeter des cartons entiers dans un élan de colère, dans un élan de furie, cela ne me soulagerait pas ou pas totalement. « Ce sont tes affaires, tu en fais ce que tu veux, j’en ai rien à faire … ». Et sur ces mots suant de mauvaise foi, je le dépasse pour me diriger vers le centre de la pièce. Encore inconsciemment déboussolée par la force physique qu'il a utilisé contre moi et qui me ramène à des choses que mon esprit à préféré oublier. Je déboutonne les boutons de ma veste de tailleur qui m’oppresse, qui m’étouffe et la lance négligemment sur le lit. Non, cela ne me soulagerait pas, parce qu’au fond cela me renverrait l’image de la petite amie jalouse et hystérique que par-dessus tout, je ne veux pas être … Parce qu’au fond, j’attends d’autres mots de sa part. Ceux qui rassurent, qui redonnent confiance, ceux qui réchauffent …
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MessageSujet: Re: nothing compares to you (sharon)   nothing compares to you (sharon) EmptyVen 13 Mar 2015 - 17:14

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« Quoi Aaron ? » Il ne m'en faut pas plus pour comprendre qu'il s'agit d'une de nos énièmes disputes, celles qui construisent et définissent un couple, à ce que l'on dit. Et les nôtres se ressemblent toujours ou presque. Shaé qui creuse, qui tente de toucher les points sensibles quand je cherche moi à m'en éloigner le plus rapidement possible. Une attitude qu'elle n'a jamais supporté et que, malgré quelques efforts, je n'arrive pas à changer. Combien de temps va durer cette nouvelle prise de bec ? Le temps sans doute que je trouve quoi dire pour la rassurer, parce qu'elle attend toujours des mots en particulier, j'en suis fort conscient. Tout serait plus simple si cela ne s'accompagnait pas chez moi d'une maladresse légendaire et d'un besoin pressant d'exposer la vérité, toute la vérité. L'on a beau dire tout ce qu'on voudra, Shaé est souvent en position d'attaque ; que voulez-vous que je fasse si ce n'est me défendre ? Et voici donc le point de départ de toutes ces tensions qui sont les nôtres. « Ce sont tes affaires, tu en fais ce que tu veux, j’en ai rien à faire … » Son indifférence m'apparaît évidemment comme fausse, tout autant que ses propos d'ailleurs. Il faudrait ne pas la connaître pour ne pas le savoir ; ne pas connaître la gente féminine tout court. En me donnant le choix, Shaé applique une nouvelle fois sa plus maligne stratégie. Je sais très bien que si je conserve ces clichés, elle aura toujours cette petite rancune envers moi. C'est pourquoi, avant même de me retourner pour la regarder, je lâche d'une voix brisée ce mot qui la définit trop bien à cet instant même. « Menteuse. » Et c'est sur cette accusation que je me tourne pour l'avoir à nouveau dans mon champ de vision. Ce qui suit ne résulte que d'une courte réflexion mais à laquelle je trouve pourtant un peu de sens. « Tu es jalouse. » Dis-je d'une voix calme, presque trop, oscillant entre l'affirmation et l'étonnement. C'est bien de cela qu'il s'agit non, lorsqu'une femme nous parle d'une autre femme avec cet air si farouche, si défiant ? Mais si c'est bien de ça, alors ça me dépasse complètement. Je ne vois plus October autant qu'avant, elle mène sa vie de son côté et moi la mienne ici, avec Shaé, alors pourquoi s'énerver autant contre quelques photos que je n'ai jamais cherché à lui cacher auparavant ? Pourquoi maintenant ? Stoïque, je pose mon regard sur elle, sur ce chemisier blanc qui recouvre parfaitement les courbes prononcées de ses hanches. J'attends une réaction, une réponse. Quelque chose qui puisse effacer le mystère qui plane encore dans cette chambre. Parce que c'est une évidence qu'elle n'en a pas “rien à faire” et que tout ça la tracassera tant que nous n'aurons pas mis un point dessus, tous les deux. Avec Shaé comme avec beaucoup de femmes, les équations non résolues ne semblent jamais être bon signe.


Vois-tu, mon petit, tout dépend de l'aplomb, ici. Un homme un peu malin devient plus facilement ministre que chef de bureau. Il faut s'imposer et non pas demander. Maupassant
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MessageSujet: Re: nothing compares to you (sharon)   nothing compares to you (sharon) EmptyLun 16 Mar 2015 - 22:58

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Débarrassée de ma veste, j’inspire profondément les yeux rivés sur la vue que m’offrent les grandes baies vitrées de la villa. D’ici, comme dans toutes les pièces, l’horizon est à nos pieds et donne cette impression de liberté inconditionnelle … Droite, dos à lui, je m’attends à ce qu’il parte, j’aimerais qu’il parte, qu’il abandonne. Comme j’aimerais qu’il reste, qu’il souffle les bons mots que je ne sais moi-même, pas définir. Et sa voix résonne une nouvelle fois, pour m’accuser, pour m’asséner un nouveau coup de massue qui ébranle mon égo, qui me fait juste un peu plus de mal. « Menteuse. ». Le sang ne fait qu’un tour dans mes veines et je me retiens d’une remarque acerbe lorsqu’il ajoute : « Tu es jalouse. ». Cette fois ci, je ris. Un rire cynique, nerveux qui ne reflète que la tension qui s’empare de chaque petite parcelle de mon corps. Je me retourne alors pour lui faire face à mon tour et use du même calme que lui, sachant que les cris font perdre la crédibilité, l’écoute. « Pourquoi je serais jalouse ? ». Et parce que cette question n’en est pas une, je me permets d’y répondre à sa place. « Parce que tu travailles entouré de jolies mannequins qui à l’occasion posent nues devant ton objectif ? ». Des mannequins qui ne me ressemblent pas, en rien. Des mannequins qui n’ont rien d’autre à faire que prendre soin d’elle. Qui ne connaissent pas les ravages du temps, du stress, d’une grossesse … « Parce que certaines font parties de ton palmarès ? ». De ces moments d’abandon qui constituent tes souvenirs. Des souvenirs qu’il souhaite conserver dans des cartons. Des clichés qui ne représentent rien pour lui, sans qu’il ne se soit jamais posé la question de ce qu’ils pouvaient représenter pour moi. « Parce que je retrouves leurs photos soigneusement rangées dans tes affaires ? ». Leurs photos qui me rappellent que je ne suis pas elles. Que je ne suis pas la seule que son regard convoite, admire. Que certaines, plusieurs d’entre elles sont passées dans ses draps. Que certaines en garde l’espoir quand il joue un jeu de séduction, pourtant chaste. Je le connais, je connais ses attitudes, ses regards qu’il s’autorise malgré moi. Et si je parviens à faire abstraction, à avoir assez confiance en moi habituellement, la grossesse, la fatigue sont venus fragiliser cet équilibre. Un équilibre que cette photo d’October avait complétement balayé. « Tout ça est ridicule ! ». Ridicule Aaron, comme cette ironie dont j’use pour tenter de te faire comprendre où j’ai mal …
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MessageSujet: Re: nothing compares to you (sharon)   nothing compares to you (sharon) EmptyJeu 19 Mar 2015 - 16:24

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On n'aime jamais se faire qualifier de jaloux, mais il y a deux façons de prendre la chose. Avec décontraction ou avec énervement, et ce rire sardonique qu'elle laisse échapper ne dit rien qui vaille mais ça, j'aurais dû m'y attendre. En pointant simplement du doigt une réalité, j'aurais pu en prévoir les conséquences. Elles sont toujours livrées avec le reste et ce, sans vous laisser le temps de vous reprendre. « Pourquoi je serais jalouse ? » Me dit-elle presque trop calmement, sur un ton qui je le sais n'est en rien comparable avec ce qu'elle a en tête. Je la regarde puisque je n'ai pas vraiment d'autre choix ou plutôt parce que mes yeux n'ont pas de meilleur support, et quand elle se trouve une première raison, je dénonce silencieusement l'injustice qui en découle. « Parce que tu travailles entouré de jolies mannequins qui à l’occasion posent nues devant ton objectif ? » Un argument qui, finalement, ne me fait ni chaud ni froid, que je n'ai jamais considéré de la même manière qu'elle étant donné qu'il s'agit de mon métier, de ce qui me permet de gagner ma vie. J'aimerais lui rappeler que je n'ai rien fait qui puisse mériter une telle remontrance de sa part mais je n'en ai pas la possibilité car déjà, une nouvelle vague acerbe se manifeste. « Parce que certaines font parties de ton palmarès ? » Mes épaules se détendent étrangement face à cette animosité indésirable et je serre les dents, me retenant de répliquer quoi que ce soit. Je ne veux pas penser à ces éventuels écarts qui ont pu avoir lieu dans mes studios durant toutes ces années, je ne veux pas penser à October ni à cette précieuse relation qui a toujours été la nôtre. Depuis que Shaé est dans ma vie, plus rien d'autre, personne d'autre ne pourrait avoir l'espoir et encore moins le pouvoir d'arriver à sa hauteur. Ce qui était auparavant des absurdités ont trouvé ancrage dans notre histoire : l'amour rend fatalement aveugle. Et c'est ce sentiment encore une fois qui me submerge quand, face à moi, elle se fait du tort avec autant d'acharnement, quand elle se dévalorise pour je ne sais quelle raison soudaine. Ah si, bien sûr, ces bouts de papier glacé laissés au fond d'un carton. « Parce que je retrouves leurs photos soigneusement rangées dans tes affaires ? » Je l'entends insister sur le mot “soigneusement”, comme si je n'étais pas un homme particulièrement soigneux. Faux. Le seul mot qui me vient moi à l'esprit en fin de compte, c'est le même qui sort de sa bouche quelques secondes plus tard à peine. « Tout ça est ridicule ! » Ridicule … Insupportable. Elle n'a pas le temps de terminer sa phrase que déjà je fais un pas vers elle, puis un autre. Je crains un rejet tout en étant intimement persuadé que c'est finalement la bonne chose à faire. Éviter de heurter un peu plus sa fierté déjà froissée par un moyen plus efficace qu'une cascade de mots maladroits, par cet autre langage que j'ai appris à manier avec elle. Mes mains viennent doucement mais fermement attraper son visage, l'invitent à me regarder pendant un moment qui s'éternise un peu. Je prends le temps de caresser le haut de ces joues sur lesquelles s'éparpillent toutes ces tâches de rousseur auxquelles je suis désormais familier, comme tout le reste de ce corps qui ne m'a jamais laissé indifférent, qui me rend même fou, mais l'a-t-elle oublié, tout ça ? Et a-t-elle osé oublier qu'elle était la plus importante à mes yeux ? Ou est-ce moi qui ai oublié de le lui montrer ? Ses mots résonnent encore une fois dans mon esprit …  Tout ça est ridicule. « Tu peux me reprocher tout ce que tu veux si ça te fait du bien mais je refuse que tu te sentes inférieure à toutes ces filles, tu entends ? » Murmuré-je assurément, mes yeux dans les siens, refusant tout déni de sa part. Et puis, au bout d'un moment, je relève mon regard, le laisse suivre ma main qui se fraye un chemin dans son épaisse chevelure auburn. Une interrogation se pointe dans mon esprit et c'est avec un ton à la fois curieux et désolé que je la libère. « Je n'ai pas été assez proche de toi pendant ces derniers mois, c'est ça ? Dis-moi ce qui ne va pas Shaé … » Dis-moi quoi faire, dis-moi comment rectifier tout ce qui nous t'arrive, tout ce qui t’arrive. Et dis-moi que je te manque, parce que la réciproque n'a jamais été aussi vraie.


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MessageSujet: Re: nothing compares to you (sharon)   nothing compares to you (sharon) EmptyMar 14 Avr 2015 - 20:43

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Je le détaille, le scrute au fil des mots que je lui lance pour capturer chacune de ses réactions. Ses épaules qui se détendent, ses dents qui se serrent. Je suis attentive, sensible au moindre détail, au moindre mot ou geste qui lui échapperont malgré lui, parce que je cherche la faille. Le regard coupable, le sourire déplacé qui me permettra de justifier ma colère et d’attaquer à nouveau … Je sais que c’est absurde, presque malsain mais je ne sais pas agir autrement lorsque je suis blessée. Je ne sais pas dire pourquoi, je ne veux pas dire pourquoi. Parce que cela reviendrait à se livrer, à livrer des faiblesses qu’il trouverait peut-être futiles, stupides. J’ai trop de fierté pour ça, trop d’orgueil. Il est plus facile d’attaquer que d’avouer les jalousies infondées, les angoisses ridicules. Mais le grand brun ne va plus me laisser le choix. Il fait un premier pas et je recule. Il fait un deuxième pas et vient fermement attraper mon visage entre ses mains, ne me laissant d’autre choix que d’inscrire mes prunelles contrariées dans les siennes. Dans un automatisme mes mains viennent s’accrocher à ses poignets pour l’intimer de lâcher prise. Mais je ne suis sûrement pas assez convaincante ou convaincue puisque ses mains restent ancrées sur mes joues, comme l’est son regard sur mon visage. Ses pouces viennent caresser ma peau et ce simple geste suffit à m’apaiser un peu, à me tranquilliser. Puis ses mots trouvent leur chemin dans mon esprit, dans mon cœur. Je n’ai pourtant pas décolérée, pas si vite, pas si facilement … Mais j’entends. J’entends ce que tu me dis Aaron. Même si je doute encore de tes mots. Comment me persuader que je leur arrive à la cheville ? A ces monstres de beauté et de perfection ? Comment m’en persuader quand tu n’es pas là pour me le dire ? Quand je tombe sur des clichés qui me rappelle pourquoi tu n’es pas là … Ce que tu fais de tes journées ? Je détourne le regard, soupire d’agacement, de tristesse parce que je ne sais pas quoi dire, quoi lui répondre. Sa main profite de mon silence pour se glisser dans mes cheveux et je ferme les paupières un instant. Sa voix s’élève à nouveau dans un ton désolé et curieux qui me serre le cœur tant ses mots semblent effleurer mes vérités. « J’aimerai être la seule que tu regardes que tu vois … ». Ma voix s’essouffle, hésite. J'ouvre à nouveau les paupières pour lui faire face. « Je sais que c’est égoïste, que c’est trop … Mais depuis quelques mois j’ai l’impression que tu ne me vois plus. Tu travailles beaucoup, moi aussi maintenant et quand tu rentres tu rattrapes le temps avec Valentina mais moi tu ne me vois plus. Plus comme avant … ». Et je ne sais pas si c’est la conséquence de l’arrivée d’un enfant dans un couple, si j’ai réellement changé avec la grossesse. Si je suis égoïste, une mère indigne déjà jalouse de sa progéniture ou si je lui en demande trop. Tout ce que je sais c’est que cette situation ne me convient pas. Tout comme ces photos au fond de ce carton ne me conviennent pas.
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MessageSujet: Re: nothing compares to you (sharon)   nothing compares to you (sharon) EmptySam 25 Avr 2015 - 21:16

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Shaé peut être particulièrement déconcertante dans ces moments-là, entre la simplicité et la complexité, là où il n'y a souvent qu'un pas. Moi qui aurais eu tendance auparavant à laisser faire passer la crise, je sais qu'avec elle cela n'a qu'un effet médiocre voire même pire, dévastateur. En m'approchant d'elle je m'attends déjà à ce qu'elle repousse mes gestes mais je ne recule pas, apprenant encore, petit à petit, à dépasser ma fierté pour nous deux au lieu de ne penser qu'à mon propre confort. Ses mains viennent encercler mes poignets mais je résiste parce qu'il ne manquerait plus qu'elle réussisse à me rejeter ; non c'est inconcevable, elle devra me laisser poursuivre, user de ma voix, de je ne sais quel autre ingrédient pour la rassurer et lui rappeler une chose que j'ai oubliée de lui dire ces derniers mois. On a beau être quelqu'un de sentimental, cela ne fait pas de nous une personne capable de maîtriser les sentiments facilement, et encore moins de poser des mots dessus. Alors j'essaie tant bien que mal de lui faire comprendre qu'elle est la femme avec laquelle je veux passer ma vie. « J’aimerai être la seule que tu regardes que tu vois … » Mon regard s'abaisse sur ces lèvres qui prononcent un idéal impossible, aussi agréable que douloureux. Cela ne sera jamais possible, Shaé, et pourtant dès que je te regarde il n'y a plus que toi, et le monde autour de toi s'efface tant il est fade quand tu es là. N'est-ce pas suffisant ? Si toutes ces autres filles, aussi belles soient-elles, ne représentent rien, ne me font pas ressentir cette chose si précieuse et si chère à mon cœur que tu sais si bien me procurer ? Mais comment lui dire tout cela sans demi-teintes ou sans qu'elle ne s'imagine aussitôt le mensonge flatteur ? Je suis désolé de ce que j'entends, de ce manque d'assurance qui me prend de court, et pourtant... Ma part de responsabilité est peut-être plus grande que ce que j'avais pensé. « Je sais que c’est égoïste, que c’est trop … Mais depuis quelques mois j’ai l’impression que tu ne me vois plus. Tu travailles beaucoup, moi aussi maintenant et quand tu rentres tu rattrapes le temps avec Valentina mais moi tu ne me vois plus. Plus comme avant … » Remettre en cause ces derniers mois et toute cette routine devenue presque naturelle avec l'arrivée du bébé et le travail n'est pas évident. Shaé me pousse à le faire pourtant, à réaliser qu'effectivement je l'ai laissée passer au second plan et plus encore, sans jamais m'en soucier comme j'aurais peut-être dû le faire. La raison est que je ne la pensais pas si déstabilisée sur ce point, que je croyais mon attitude inchangée vis-à-vis d'elle mais elle me rappelle la réalité. Tout aurait changé, alors. C'est vrai que je travaille encore plus, que Valentina et notre futur à trois accaparent la majorité de mes pensées, au détriment d'elle. Juste elle. Ce n'est pas une question de sentiments, c'est plus un mauvais placement de priorités, le rush quotidien qui prend le dessus sur tout le reste. C'est avec une voix hésitante que je tente de répondre. « Je ne pensais pas que cela te rendrait aussi malheureuse. Ce n'est pas ce que je voulais. » Evidemment, comment pourrais-je le vouloir ? A nouveau, mes prunelles vont rechercher les siennes, quand mes bras s'abaissent le long de mon corps. « Tu sais que je fais tout ça pour nous. Si je m'investis autant moi-même et si j'investis autant dans des projets c'est pour nous trois, pour la petite. J'ai besoin de tout ça. » De carburer professionnellement, de briller à ma façon, et à ses yeux. Aux yeux du monde entier, aussi, ce que je ne dis pas toujours ouvertement. Mais ce n'est pas en rabâchant cela que je résous le problème, n'est-ce pas ? De l'égoïsme pour de l'égoïsme, cela ne réparera rien, j'en suis bien conscient et d'autant plus que toute son attention est rivée sur moi. « Tu ne devrais pas être si inquiète. Je ne vois toujours que toi, peu importe avec qui je passe mes journées. » Essayer de s'en sortir, malgré tout... « Ce doit être normal, les perturbations, après l'arrivée d'un enfant. Il ne doit s'agir que d'une question de temps... » Dis-je alors, en me débarrassant finalement de ma chemise. Qui a dit que se remettre en question était facile ?


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