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 Help me if you can — ft Jersey

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MessageSujet: Help me if you can — ft Jersey   Help me if you can — ft Jersey EmptySam 11 Avr 2015 - 15:28

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    Il y a trois ans et des poussières.

    J’avais froid. Terriblement froid. Quand j’ai dû rentrer à l’hôpital pour une énième révision de mon traitement, j’étais arrivée depuis peu sur le territoire américain, cela devait bien faire trois mois maintenant, et le médecin que je voyais nouvellement ici avait des doutes sur l’efficacité de mes médicaments que je prenais depuis des années. Un mois entier à rester cloîtrée dans une chambre aux murs maculés, ça avait de quoi me déprimer encore plus - même si, en soi, Saul était présent le plus possible malgré son agenda chargé. Mais soyons honnêtes, la plupart du temps, j’étais seule, ou du moins entourée par un cortège de blouses blanches qui me visitaient. J’avais heureusement pas de douleurs d’ordre physique, ce qui écourtait nettement les conversations. Néanmoins mes troubles purement psychiques avaient de quoi susciter l’intérêt parfois malsain de certains médecins spécialisés. À chaque fois que je me retrouvais ici, je ne pouvais pas m’empêcher de songer à toutes ces choses que j’avais gardées au fond de moi, me refusant à les laisser sortir au grand-jour. Et, à chaque fois, je me demandais si je n’allais pas finalement avoir le courage de le dire lors de cette « x-ième » hospitalisation. Une chose est sûre, je n’étais pas là pour une tentative de suicide. J’aimais trop la vie pour ça, ou plutôt j’aimais trop mes proches. Ce qui ne m’empêchait pas pour autant de leur faire défaut par d’autres moyens tout aussi dangereux.

    Mes mains se frictionnaient lorsqu’elles n’étaient pas cachées sous les draps de mon lit de fortune. L’anxiété y était aussi pour quelque chose, je le sentais bien. Je venais de finir mon repas du midi et nous étions au troisième jour d’hospitalisation, il fallait même avouer que je n’avais pas touché à la moitié du plateau, pas parce que ça n’était pas bon, je n’étais pas douillette à ce point-là. Je n’avais tout simplement pas d’appétit pour le coup, je n’avais mangé que du pain ainsi que mon laitage. J’avais les yeux rivés sur la télévision qui énonçait les nouvelles du jour tandis que l’aide-soignante entrait afin de me débarrasser. Une infirmière passa après elle en notant ce que j’avais mangé ou non, m’interrogeant sur le repas.

    « J’ai peu d’appétit depuis hier soir, ça viendra, ne vous inquiétez pas. », lui dis-je, alors que mon rôle n’était pas de les rassurer elles. L’inverse serait plutôt d’ordre logique. Mais j’étais comme ça. Et ma sincérité, pour le coup, était avérée. Pas la peine de broder comme pour les marques qu’ils seraient susceptibles de trouver sur mes cuisses si un médecin m’auscultait.

    J’étais même loin de m’imaginer que, justement, on allait venir m’ausculter ce jour-là. Généralement c’était à l’entrée, ou éventuellement à la sortie. Je n’avais pas montré de signes particuliers de rechutes, ce qui aurait dû jouer en ma faveur. Mes longs cheveux noirs reposaient sur mes épaules, ma tête alourdie par la fatigue appuyée contre le deuxième coussin qu’on m’avait emmené pour la nuit dernière. Je ne savais même pas s’ils avaient prévu qu’un thérapeute vienne frapper à ma porte non plus. J’étais déjà suivie par le collègue qui m’avait fait venir ici, il n’y avait pas besoin de faire tout un plat.

    Les deux personnes disparurent de ma chambre tandis que le jingle télévisé marquait la fin du JT. Je commençai à zapper sans réel enjouement, me demandant si je n’allais pas plutôt fermer les yeux pour dormir à la place. Je voulais écouter de la musique mais mon baladeur était dans la poche de mon manteau, ce dernier se trouvant sur le dos de la chaise, j’avais tout simplement une flemme générale de me lever pour le récupérer et m’occuper l’esprit. C’est ce léger détail de prétendue paresse qui m’informa sur mon état psychologique actuel : je n’étais pas en grande forme.
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MessageSujet: Re: Help me if you can — ft Jersey   Help me if you can — ft Jersey EmptyDim 19 Avr 2015 - 12:42

Valery S. Belemi
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Est-il possible d’être aussi impatiente de commencer une nouvelle journée de travail ? Depuis quelques jours je touche à une toute autre catégorie de médecine, très éloignée de celle que je suis habituée à travailler lorsque je suis mes cours de médecine. En deuxième année, j’ai réussi à passer le cap très éliminatoire de l’introduction au cursus de médecine, je n’ai pas eu à me battre comme une lionne pour obtenir une place suffisante dans le classement. Non, je me suis servie de mes atouts pour bosser mes cours et j’ai cartonné aux deux concours organisés en fin de semestre. J’ai été acceptée dans ma spécialisation en deuxième année. Cela dit, je ne crache jamais sur des occasions et c’est de cette manière que je me suis retrouvée à travailler pendant quinze jours aux côtés de médecins dans un service psychiatrique. Qu’on se le dise, je ne pense pas me tourner vers ce domaine, une vocation n’est pas née depuis que je me suis présentée ici pour mon premier jour de travail. Au contraire, je dirais plutôt qu’il me parait à présent évident que je ne suis pas faite pour la psychologie, j’ai tendance à davantage me concentrer sur les faits plutôt que sur les maux intérieurs. Peut-être est-ce à cause de ma jeunesse, je manque peut-être de maturité pour m’intéresser aux problèmes des uns et des autres ? Et si j’étais finalement plus égocentrique que ce que je crois ? Quoiqu’il en soit, puisque je suis ici, autant en profiter pour faire le travail comme il faut.

En avance d’une petite dizaine de minutes je retrouve rapidement l’un des médecins en salle de repos. Il me propose un café que j’accepte avec plaisir et commence à me présenter le programme de la journée. Nous avons du pain sur la planche et nous n’allons pas tarder de nous mettre au boulot. Nous commencerons par une patiente, Lucy Cassidy, et il me propose même de m’occuper d’elle. Sérieusement ? Comment ne pas être excitée et stressée par cette occasion unique ? J’accepte, potasse son dossier rapidement en traversant le couloir pour rejoindre l’aile dans laquelle se trouve la chambre de cette patiente. Il toque à la porte, entre, je le suis. « Bonjour, vous avez bien dormi ? » Lui demande-t-il en approchant du lit. « Je vous présente Jersey Harrington, stagiaire, elle sera à mes côtés pendant quelques jours. Êtes-vous d’accord pour qu’elle assiste à chacune de nos consultations ? »
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MessageSujet: Re: Help me if you can — ft Jersey   Help me if you can — ft Jersey EmptyDim 19 Avr 2015 - 16:31

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    Au final, c’était toujours le même scénario, à quelques détails près. On me surveille pour une semaine et quelques à l’administration de mon nouveau traitement, on le module, l’adapte. Si cela ne marche pas, je douille tout simplement, et si par hasard cela me convient, je suis prête à ressortir d’ici. Parfois j’avais la sensation d’être un poids, même pour mon frère que j’ai pourtant soutenu jusqu’ici. J’ai toujours voulu être celle qui aidait, et pas l’inverse. Car ça ne me correspondait pas. Cette faiblesse ne me correspond pas…ou du moins je ne parviens pas à l’assumer. Saul, lui, doit en baver avec l’image que je peux donner de notre famille. Lui a la notoriété et le talent, tandis que moi, j’ai l’espoir et un cerveau dégradé. Je me l’imagine entrer dans l’hôpital, se faire reconnaître par un certain nombre de personnes, et ce sur tout le chemin jusqu’à la porte de ma chambre. Un véritable parcours du combattant. On ne m’a pas encore bassiné avec des autographes ou autre que je devrais transmettre à mon aîné, mais ça ne saurait tarder quand même. J’attendais ce moment avec une certaine appréhension, il fallait l’avouer. Ce n’était pas vraiment le moment pour me demander ce genre de choses, mais je savais très bien que la plupart s’en fichaient royalement.

    Je venais d’éteindre la télévision via sa télécommande afin de me permettre de laisser mon cerveau « respirer » un peu. J’étais plutôt casanière dans mon genre, mais je devais tout de même avouer que rester inactive entre quatre murs me laissait particulièrement perplexe - voire, attisait un certain agacement. Je n’étais pas non plus de nature colérique, mais à force de cumuler, je finissais par saturer. J’inspirais profondément et laissait l’arrière de mon crâne s’enfoncer un peu plus dans mon oreiller, me laissant à mes divagations intérieures. Je n’eus cependant pas le temps de penser à grand-chose car la porte se mit à vibrer de quelques coups portés sur sa surface.

    Évidemment, j’acquiesçai d’un « oui » symbolique car, de toute évidence, la personne serait tout de même entrée même si je n’avais prononcé aucun mot. Je ne pris même pas la peine de me redresser un peu dans mon lit, en réalité, je m’étais contentée de sourire en pinçant ma lèvre inférieure. Lorsque la même question que tout à l’heure fusa, je ne fus pas déstabilisée à réitérer ma réponse.

    « J’ai très peu dormi, mais je compte me rattraper. », lui dis-je en jetant un rapide coup d’oeil à la jeune femme mise en retrait à ses côtés. Je compris alors ce qu’elle faisait ici et affirma sans avoir réfléchi davantage. « Il n’y a pas de problèmes. »

    Bien que la langue des stagiaires, lorsque cela concernait des proches de célébrités, pouvait facilement être mise en doute puisqu’étant naturelle bien pendue. Encore une fois, j’allais sans doute devoir mesurer mes propos alors que j’étais dans la sphère privée, même intime - car médicale. Je saluai donc instinctivement la demoiselle, ce même sourire accroché aux lèvres. Un sourire qui en valait mille, même si mes yeux, depuis quelques jours, pleuraient sans larmes.

    Le médecin demanda à la stagiaire de fermer la porte derrière eux tandis qu’il s’installait sur le siège posté près du lit, invitant Jersey à faire de même avec la chaise lambda qui était présente pour les visiteurs. Je les laissai faire, attentive, tandis que mon anxiété se mettait à grandir en moi. Le premier geste que je tentais de ne pas faire était de jouer avec ma bague, placée à mon annulaire droit. Sauf que, après deux-trois questions sur mes premiers jours ici, je me faisais déjà défaut.

    « Avez-vous ressenti des effets particuliers, des changements depuis le début de votre sevrage ? »

    Je me mis à réfléchir mais mes neurones étaient un peu mollassons, il fallait l’avouer. Avec le manque de sommeil, ces effets secondaires, et le background global…je n’avais pas vraiment une tête de gagnante, que ce soit de manière expresse ou interne.

    « Des cauchemars, je me force à ne plus dormir par la suite car j’ai peur de m’y replonger. »

    L’homme à la blouse blanche nota sur sa fiche de soins certaines choses, des remarques sans doute, vis à vis de ce que j’avais pu énoncer. Je ne m’étalai pas davantage sur le sujet mais il s’enquit à poursuivre sur cette voie. « Est-ce que vous vous souvenez de ces cauchemars, vous voulez en parler ? »

    J’eus l’air de me décomposer sur place lorsqu’il me demanda ça. Car je venais d’avoir le souvenir malsain de ce cauchemar…qui était des plus réalistes. Et depuis ma première prise de traitements, ces derniers avaient tendance à l’être beaucoup trop. Le professionnel s’inclina légèrement vers sa stagiaire, l’air de lui dire qu’elle pouvait ajouter des choses si elle en ressentait le besoin, l’initiative.
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MessageSujet: Re: Help me if you can — ft Jersey   Help me if you can — ft Jersey EmptyMar 5 Mai 2015 - 18:10

Valery S. Belemi
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Nous entrons dans cette nouvelle chambre pour rejoindre un nouveau patient. Enfin nouveau, énième serait le terme le plus approprié. Nous avons enchainé sur quelques patients depuis mon arrivée sans relâche, chacun avec ses spécificités, ses traitements et des maux allant du plus simple aux plus complexes. Je reste relativement en retrait, davantage dans l’observation. Que pourrais-je bien faire d’autre après tout ? Je ne suis pas habilitée à évaluer les patients d’un point de vue psychologique et, à vrai dire, ce stage m’aura permis de comprendre que je ne souhaite pas réellement approfondir ce domaine. La médecine générale, en chirurgie, me botte d’avantage. Pour l’heure, il me reste encore un ou deux jours avant de rendre ma blouse et de retourner à mes bouquins sur les bancs de la fac. Concentrons-nous donc sur le patient, ou plutôt la patiente. Elle m’a l’air tristounette, on dirait même qu’elle est désorientée. J’ignore une bonne partie de ce qui la pousse à être ici aujourd’hui, avec un peu de chance j’en saurais plus d’ici quelques secondes, lorsque mon collègue superviseur aura pris les devants pour me présenter le cas. Pour l’heure, ils échangent une série de banalités, il lui demande comment elle va. « J’ai très peu dormi, mais je compte me rattraper. » Il acquiesce, prends quelques notes sur son calepin et passe à autre chose. Le pauvre est habitué à entendre cette réponse, à croire que la plupart des patients peinent à trouver le sommeil dans cet institut. « Il n’y a pas de problèmes. » La jeune femme n’est donc embêtée par ma présence, une bonne nouvelle puisque je vais pouvoir assister à l’ensemble des passages de ce médecin pendant le temps qu’il me reste à faire. De quoi progressivement approfondir mes connaissances sur son cas, cela devrait me permettre d’en apprendre beaucoup sur le métier. Elle ne tarde pas à me saluer, je la salue à mon tour en souriant tendrement.

Je profite d’un petit flottement pour refermer la porte de la chambre et me glisser près d’une chaise pour m’installer et ressortir un calepin sur lequel j’ai déjà pris énormément de notes depuis le début de mon expérience ici. Je relève la tête un moment pour observer la patiente, Lucy, voilà son prénom. Je remarque rapidement le mouvement quasi-automatique de son doigt qui titille la bague à son annulaire, en peu de temps j’ai déjà efficacement assimilé énormément de petits détails qui me permettent d’imaginer quelques diagnostiques sans en dire un seul mot. Voyons voir si mes observations sont avérées, elle m’a l’air anxieuse, serait-ce la raison de sa présence ici ? « Avez-vous ressenti des effets particuliers, des changements depuis le début de votre sevrage ? » Très bonne question, à la fois pour la réponse explicite mais également pour les petites réactions implicites, les mouvements, il est important de toujours observer le patient. Le corps parle parfois bien plus que les mots eux-mêmes. « Des cauchemars, je me force à ne plus dormir par la suite car j’ai peur de m’y replonger. » Je mordille le bout de mon stylo bille, signe de la réflexion naissante en moi, des cauchemars, reflet d’une peur étouffante ? D’un mal être plus ou moins exprimé ? Les possibilités sont infinies et pourtant, un bon psychologue doit être capable de dégager les axes petit à petit pour engager son diagnostic. « Est-ce que vous vous souvenez de ces cauchemars, vous voulez en parler ? » La jeune femme semble se liquéfier d’un seul coup, inquiète, fébrile. Je me mordille la lèvre, embêtée tandis que le médecin me fait signe. Contrairement à lui, j’ai tendance à m’impliquer un petit peu plus humainement. Bonne ou mauvaise chose ? Je ne saurais dire. En tout cas je recouvre sa main de la mienne, tâchant d’être la plus rassurante possible. « Prenez le temps qu’il vous faut, ensuite, prenez une grande inspiration. » Nous avons un petit peu de temps, qu’elle soit certaine de pouvoir affronter ses cauchemars à nouveau.
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MessageSujet: Re: Help me if you can — ft Jersey   Help me if you can — ft Jersey EmptyMer 22 Juil 2015 - 14:47

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Je ne sais pas ce que je dois répondre. À ce moment-là, étrangement, je ne parviens pas à dire la vérité. Je la feins uniquement malgré le fait que je me sois décomposée brutalement, comme si j’avais vu un mort marcher sous mes yeux. Ce que j’aurais nettement préféré plutôt que d’avoir à reparler de ce fichu cauchemar. Ce sont des choses que j’estime être tellement secrètes, douloureuses, parfois même tabous que je n’ose pas en parler. Pas ici, pas en présence d’une stagiaire qui ne sait rien de moi, si ce n’est une identité sur un bout de papier, des paramètres et une fiche de traitement. J’avais déjà de la chance de pouvoir être prise en charge, je le devais à mes économies qui partaient aujourd’hui en fumée rien que le fait de rester chaque jour de plus dans ce lit d’hôpital. Je n’avais évidemment pas parlé de ça à Saul, mon frère n’était donc pas au courant que je suivais encore un traitement et encore moins que j’étais hospitalisée à ce jour. Le financement n’était donc pas aidé, j’avais puisé dans mes ressources afin de pouvoir subvenir à mes besoins.

Mon coeur se met à battre de plus en plus fort alors que je sens la crise d’angoisse arriver. On pose enfin une main sur la mienne, qui me rend d’autant plus coupable - ma main est glacée, commençant déjà à être moite par le stress qui montait en moi. D’un côté, je sentais qu’il fallait que j’en parle, et de l’autre, que le simple fait de l’exprimer me rendrait d’autant plus fébrile. L’homme présent dans la pièce, le fait même qu’il en soit un, exacerbait d’autant plus cette pression que je ressentais. Je ne pouvais pas en parler à lui non plus. Il commença cependant à s’enquérir de mon état, me demandant si ça allait. Cette fois, je ne pus mentir.

« Je ne me sens pas très bien…j’ai l’impression d’étouffer. », parvins-je à dire alors que ma tête commençait à tourner. Je ne parvenais pas à oxygéner mon cerveau convenablement, mon souffle étant irrégulier. J’avais pourtant l’air calme en dehors de tout ça, mais mon regard inquiet témoignait (entre autre) de mon malaise.

Le médecin se leva promptement, demandant à la stagiaire ici présente, Jersey je crois, de rester avec moi. Il appela une infirmière. Cette dernière revint avec lui, un verre d’eau et un cachet dans le creux de sa main, qu’elle me donna. D’une main tremblante je pris le verre plastifié et avalait son contenu afin de faire passer l’anxiolytique dans ma gorge. Je la remerciai d’un petit « merci » bref. Je n’avais plus qu’à attendre que cela fasse effet. Je connaissais que trop bien ces substances assommantes. Vous pensez qu’elles vous aident, mais ne font qu’inhiber, faisant mourir votre angoisse en vous. Et en vous grignotant de l’intérieur au passage.

Je ne su ce que l’homme dit à sa stagiaire à ce moment-là, ils s’étaient un peu éloignés et je n’avais pas entendu. La seule qui resta dans la chambre fut Jersey. En réalité, mon psychiatre avait émit certaines informations confidentielles - naturellement - au thérapeute principal qui s’occupait de moi, et il semblait qu’il eut oublié. Ou qu’il l’ait prit à la légère. Un homme ne pouvait pas m’écouter, ni se présenter comme confident, aussi proche de moi dans mon intimité. Parce que le monstre, ou plutôt les, qui étaient acteurs de mes songes les plus agités, étaient des hommes, eux aussi. Et que c’était eux qui m’avaient détruite en premiers. Et à tout jamais.

L’infirmière resta quelques petites minutes dans la chambre pour prendre mes paramètres, s’assurant que rien n’était anormal. Et effectivement, à part une légère tachycardie due à ma crise d’angoisse, un pourcentage un peu plus bas d’oxygénation, et d’autres symptômes qui caractérisaient de manière plus personnelle chacun d’entre nous, il n’y avait rien d’alarmant. Je n’étais pas vraiment surprise de l’entendre dire. Elle disparut en me laissant seule avec Jersey. En croisant son regard, je me sentis honteuse. Sans doute n’était-elle pas prédestinée à cette voie.  J’avais sans doute dû la dégoûter encore plus de cette spécialisation. Moi-même, j’étais infirmière de profession et je n’aurais jamais supporté de travailler dans ce genre de services. Sans doute était-ce à cause de mon propre passif…

« Je suis désolée, commençais-je, je ne vous rends pas la tâche plus facile… »

Et, sans que je ne sache réellement pourquoi, mes yeux avaient commencé à s'humidifier d'eux mêmes.
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