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 behind those brown eyes (croesus)

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MessageSujet: behind those brown eyes (croesus)   Mer 6 Mai 2015 - 20:47

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Charlotte Henry
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Behind those brown eyes
Croesus & Charlotte
You were there, like a king sitting on his empire. So straight, so confident, so majestic and so intimidating. Everything I was not, everything that I would never be. And nevertheless, from that moment when I looked down on you, I knew that you would have an influence on me. That it was the beginning of something new.

***

Tout a commencé par quelques lettres manuscrites, écrites proprement sur un morceau de papier lui-même accroché sans la moindre cérémonie sur un tableau d'affichage de l'une des épiceries du quartier de Holmby Hills, pas très loin de l'université. Ces commerces de proximité ont toujours eu les faveurs de la jeune Henry, étant déjà fort habituée à leur praticité quand elle vivait encore à Paris, dans sa contrée d'origine. C'est pour cette raison qu'elle s'y rend régulièrement, et en particulier dans celle-ci, où se trouvait le bout de papier. Il a de suite attiré son attention et ce, peut-être davantage grâce à l'aspect bienveillant qui s'en dégageait. Autant par la forme que par le fond, l'homme qui avait rédigé ce mot détenait une sagesse et une expérience qui était facilement reconnaissable. Un homme qui répondrait au nom de Mr. Kingsley.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, Charlotte Henry la Parisienne n'est pas amatrice des longues après-midi à Beverly Hills, le fameux quartier tant adulé par toutes ces femmes du monde entier, enthousiastes à la simple évocation de quelques marques plus ou moins luxueuses. Aux coupes et tissus tendances, elle préfère de loin le confort et la discrétion. Aux boutiques blindées et aux prix exorbitants, elle préfère les magasins en retrait, plus abordables et fonctionnant grâce au bouche à oreille. Elle vient pourtant d'un milieu aisé dont le confort financier lui aurait permis d'aller vers les boutiques les plus pompeuses et les plus éclatantes, lieux de rendez-vous phares pour y acheter de quoi taper à l’œil. Mais là était le hic ; elle n'a jamais été ce genre de fille.

Par chance, il n'y a pas grand monde arpentant la rue principale du quartier. La blondinette, apprêtée de la façon la plus sérieuse possible, avance à allure plutôt rapide jusqu'à l'agence dont l'adresse lui est indiquée sur un vulgaire morceau de papier froissé. Pour l'occasion, elle a choisi d'attacher ses cheveux en une longue tresse souple, donnant un aspect à la fois sage et détendu. Détendue, elle ne l'est pas tant que ça, comme avant chaque entretien professionnel qu'elle a passé dans sa vie. Ils n'ont pas été si nombreux, déjà parce que ses contrats étaient honorés par un travail souvent apprécié et efficace, ce qui engendrait une ambiance sereine, idéale pour la mettre en confiance et lui donner l'envie de rester à ces postes. Aussi, faut-il le souligner, parce que Charlotte a toujours voulu faire privilégier ses études et qu'elle avait la chance de pouvoir compter sur le soutien de ses parents. Une chance qu'elle tait autant qu'elle lui rend grâce, aussi bien qu'elle le peut.

La voici, enfin, devant l'agence. Sans tergiverser, sa main accompagne son état d'esprit et attrape la poignée pour qu'elle fasse son entrée. Une femme l'accueille poliment et lui demande la raison de sa venue.

- J'ai un rendez-vous avec Monsieur Kingsley, à propos de sa recherche de stagiaires.

- Ah oui, très juste. Vous êtes mademoiselle Henry ?

Elle acquiesce simplement.

- Veuillez me suivre. Monsieur Kingsley ne devrait pas tarder à vous recevoir.

L'adrénaline grimpe, tandis que Charlotte se laisse entraîner jusque dans un large couloir où se trouvent deux fauteuils ainsi qu'une table basse sur laquelle est posé un vase élégant, certainement pas le genre à contenir quelques plantes, pas même les plus belles qui soient. Charlotte s'assied sur l'un des sièges conformément à ce qui lui a été intimé et attend désormais que le destin frappe. Que l'homme dont elle a imaginé tant – trop – de fois le visage sorte de son bureau...  



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MessageSujet: Re: behind those brown eyes (croesus)   Lun 11 Mai 2015 - 2:38

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Qu'attendre d'un homme qui, dos au mur, n'a nulle part où se tourner ? Qu'espérer d'un héros qui, une fois l'épreuve surmontée, ne sait pas quoi faire de sa vie ? Que réclamer du roi, régnant seul dans sa tour, isolée, de plus que tout ce qu'il a déjà donné ?

Pensif, le menton appuyé contre ses mains, le regard perdu dans le vide, accroché à la vue qui s'offrait à lui par le biais des fenêtres de son bureau, il attendait. Il ne passait pas la majorité de ses heures à attendre, mais ce n'était pas une tâche qui lui incombait rarement pour autant. Comme toute chose, la vie se doit d'être équilibrée. La sienne l'était, en tous les cas. Du moins, c'était ce qu'il se plaisait à penser. Il savait autant se détendre en écoutant un disque classique que maintenir son taux de stress élevé par le biais de plusieurs appels de conférence simultanés. Il savait parfaitement bien gérer son  temps entre l'acquisition d'une nouvelle propriété, la location d'un nouveau bâtiment à ses futurs tenants et les parties de golf qu'il se plaisait régulièrement à jouer avec les autres membres du club ; hommes avec qui il n'avait pas besoin de partager autre chose qu'une passion pour le golf et plusieurs comptes en banque tous remplis à ras-bord. Il lui arrivait parfois de manger du homard et des huîtres accompagnés d'un velouté de courgette - en contrepartie, d'autres soirs, il se permettait de dévorer avec avidité un bon burger américain, comme ceux qu'il avait si souvent mangé lorsqu'il était encore un ouvrier aux dents ambitieuses et acérées.

Oui, l'équilibre était un maître mot dans la vie de l'américain qui, toute sa vie, s'était efforcé de garder une certaine harmonie dans les différents aspects de sa vie. Il était d'ailleurs intimement persuadé que c'était grâce à cela (et uniquement grâce à cela) qu'il était arrivé au stade où il en était à présent : parce qu'il avait toujours su parfaitement bien doser les différents éléments de sa vie. Néanmoins, l'équilibre ne fait pas tout, et c'est une réalité dont l'homme mature était plus que conscient, à ce stade de sa vie. Il se faisait vieux, il ne pouvait pas se voiler la face davantage. Le miroir ne mentait pas. Sa date de naissance non plus. Il datait du siècle précédent, avait vu bien des choses, des choses que peu de personnes nées plus tard avaient eu la chance (ou la malchance) de vivre, elles aussi. Il avait vécu une vie pleine, bien remplie, de passion, d'ébats, de travail, d'acharnement. Il avait vécu, il avait grandi, muri ; s'était assagi. Et maintenant, il était vieux. Pas assez pour prendre sa retraite, ça, ça viendrait bien plus tard - mais certainement suffisamment pour pouvoir se préoccuper de sa succession.

Autour de lui, il n'y avait que des incapables.

Il s'était rapidement mis à l'évidence après avoir étudié les profils de tous les employés susceptibles d'attirer son attention. Il avait commencé par tous ceux travaillant, comme lui, au quartier général de Brighter Living. Lorsqu'il s'était rendu compte qu'il cherchait une aiguille dans une botte de foin, il avait fait ce que tout homme censé aurait fait à sa place : il avait agrandi la botte de foin, s'étant intéressé aux employés haut-placés des diverses branches de Brighter Living. Mais cela n'avait toujours pas suffi. Le tycoon, le monarque et le businessman n'avait pas trouvé de quoi le satisfaire et s'était donc résolu à élargir le spectre davantage. Des externes. Des personnes issues de nulle part et de partout à la fois, des personnes à qui il proposerait des stages, des positions internes. Si ceux qui travaillaient sous sa tutelle ne lui correspondaient pas suffisamment, il s'était résolu à trouver ceux en qui il pourrait avoir confiance à l'extérieur. C'était comme cela qu'il était lui rentré dans le milieu, après tout - et l'étendue de son succès à ce stade particulier de sa vie n'était plus à remettre en cause. Il avait merveilleusement bien réussi sa vie, et ce, sous de bien nombreux aspects. Et il en était particulièrement conscient ; presque fier, même.

Il avait donc décidé qu'il offrirait cette chance à une nouvelle personne. Le prochain Croesus Oliver Kingsley. Et par soucis d'équité (mais surtout, par curiosité), il avait même élargi le spectre. S'il trouvait une Olivia Kingsley, il ne se plaindrait effectivement pas. L'annonce, écrite à la main par sa secrétaire, Jasmine, avait été photocopié plusieurs fois, puis placardée à travers la ville entière. Les jours suivants, la jeune femme fraîchement arrivée s'était retrouvée ensevelie sous les coups de fils et les e-mails s'étant ajoutés à sa masse déjà spectaculaire de travail. Évidemment, elle s'en était merveilleusement bien sortie ; le cas contraire, revenir à Beverly Hills, dans le bureau principal de Brighter Living aurait été non seulement inutile, mais également insensé.

Les entretiens s'étaient alors annoncés, un par un. Il avait libéré son agenda pour la majorité des matinées, cette semaine là, afin de s'assurer qu'il pourrait faire passer un maximum de candidats à la casserole. Il comptait bien les interviewer un par un, personnellement, jusqu'à trouver les cibles qui l'intéressaient le plus. Aujourd'hui, il s'agissait de son septième entretien de la semaine. Deuxième entretien de la journée. Son regard s'arrêta brièvement sur le nom écrit sur le bloc notes devant lui tandis que le candidat qu'il venait de prendre en considération le salua une dernière fois avant de quitter son bureau, à tout jamais. Un de ses sourcils se souleva curieusement. Charlotte Henry. Un nom bien simple. Que cherchait-elle donc dans le domaine de l'immobilier ? C'était ce qu'il allait découvrir, bien évidemment. Appuyant sur l'interphone, il allait demander à sa secrétaire d'envoyer la candidate suivante dans son bureau.

- Jasmine, vous ...

Mais la secrétaire, toujours attentive et aux aguets s'était empressée de le devancer.

- Monsieur Wright vient de partir, Monsieur Kingsley. Je suppose que je vous emmène la suivante, comme les autres fois ?

- ... Oui, c'est exactement ça, merci. répondit-il, calmement, d'un ton neutre. Il était peut être un homme strict et réservé, mais il ne manquait pas de reconnaître les efforts de ses employés lorsque ceux-ci en faisaient et qu'ils méritaient d'être remarqués. Évidemment, cela ne lui empêchait pas de les licencier au moindre faux-pas. Tout est question d'équilibre, mais la discipline est également importante - et ça, aucun homme ne vous le dira plus fort que le seul et unique Croesus Oliver Kingsley, dirigeant de Brighter Living depuis maintenant plusieurs années.




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MessageSujet: Re: behind those brown eyes (croesus)   Dim 17 Mai 2015 - 22:35

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Behind those brown eyes
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Elle entend deux voix depuis ce couloir, l'une beaucoup plus nettement que l'autre. Nul besoin de comprendre les termes prononcés par cette dernière pour deviner qu'il s'agit de la secrétaire, celle qui vient de l'accueillir et de la conduire jusqu'à ce fauteuil. Face à cette voix assurée, c'est un timbre bien plus doux et, semble-t-il, plus apaisé, que la jeune fille perçoit. Elle tente une nouvelle fois de dresser un portrait juste de ce magnat. Plutôt jeune ou plutôt âgé ? Les secondes passent et elle penche de plus en plus vers la seconde alternative. Et ce visage marqué par le labeur de la vie posséderait des traits durs ou détendus ? Fins ou grossiers ? Mais finalement, pourquoi ne pas se laisser surprendre ? Se concentrer davantage sur cette poignée de main à venir, sur ces questions qui lui seront posées et sur l'attitude qu'elle devra adopter ? D'un moment à l'autre, Charlotte oublie la raison principale qui l'a amenée ici. Elle est une fille de bonne famille, à laquelle on a pris le temps d'apprendre le savoir-vivre, les bonnes manières et le goût de l'effort. Pourtant, certaines failles peinent à trouver se corriger. Toute la confiance qu'elle a eu envers elle-même jusqu'à cet instant disparaît au profit de cet immuable stress grimpant. On ne change pas la nature première des gens. Eux-mêmes y arriveront difficilement, à moins d'y mettre le prix, peut-être. Ce qui est sûr, c'est que Charlotte Henry a à peine atteint la fleur de l'âge et que tout est encore à perfectionner chez elle, notamment cette assurance égratignée.

Ses deux prunelles claires, toujours représentatives autant de sa vivacité intellectuelle que de sa douceur, guettent discrètement la porte entrouverte du bureau. Les genoux serrés, les mains liées sur ses cuisses, elle patiente, presque immobile, en résistant à l'envie de regarder qui vient de lui envoyer un message sur son portable dont la fonction vibreur se fait insistante. D'une seconde à l'autre, elle s'attend à ce que la secrétaire refasse apparition, à moins que ce ne soit monsieur Kingsley lui-même, et loin d'elle l'envie qu'on la surprenne avec son mobile en mains. Son sens de la bienséance atteint parfois des degrés que même le plus distingué des hommes modernes pourrait trouver superflus, mais cela encore serait bien difficile à modifier...  

- Mademoiselle Henry, Monsieur Kingsley vous attend dans son bureau.

***

Charlotte aurait pu passer des heures à imaginer cet homme, jamais il n'aurait été, au détail près, ressemblant à Croesus Kingsley. Jamais il n'aurait possédé ne serait-ce qu'une once de ce charme exceptionnel, pourtant altéré par une vieillesse apparente. Debout devant lui, la jeune fille s'avance puis s'arrête, sa main déjà légèrement relevée, prête à accomplir son devoir. Intérieurement, elle se dit qu'un tel charme ne peut être abimé par l'âge, qu'au contraire, tout est à gagner dans l'âge. A vrai dire, elle n'a pas le temps de réfléchir bien longtemps sur cette question, déjà le contact physique s'établit. A partir de cet instant, il n'est plus possible de faire marche arrière et, mystérieusement, cela rétribue à la jeune fille le taux de confiance dont elle a besoin.

- Bonjour, Monsieur. S'élève sa douce voix dans un anglais qu'elle maîtrise désormais très bien mais dans lequel il pourra bientôt, malgré tout, diagnostiquer une origine étrangère. Armée d'un sourire et d'un regard respectueux, elle poursuit de la façon la plus sincère qui soit. Enchantée de vous rencontrer.

Complètement absorbée par l'énergie de cette poignée puis par l'aura du cinquantenaire, Charlotte passe tout d'abord à côté du décor de cette pièce aux tons lumineux et dans laquelle la sérénité semble être le maître mot. Ce n'est qu'un peu plus tard, lorsqu'on lui propose de s'asseoir, que la jeune Française laisse finalement son regard balayer courtoisement, quelques éléments de décoration. Et dans le plus grand silence, elle retrouve dans son viseur la silhouette qui ne quitte déjà plus son esprit et dont elle laisse, à sa guise, la liberté de déterminer la suite des événements. 



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MessageSujet: Re: behind those brown eyes (croesus)   Jeu 28 Mai 2015 - 3:02

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Lorsqu'il put percevoir les pas légers claquant contre le sol, son regard se redressa instinctivement, bien que furtivement, vers la porte d'entrée. Puis, il attendit. Ce n'était pas la première ni la dernière fois qu'il attendait ... Mais, pour sûr, ce n'était pas non plus quelque chose qui lui arrivait fréquemment. Croesus ... Avait systématiquement mieux à faire. Il devait licencier ses employés, trouver de nouveaux clients. Inspecter ses propriétés, mettre sur le marché ses locations. Sa vie, peuplée de nombreuses charges et de responsabilités diverses et variées lui permettait rarement d'être attendu, ayant pris, et rapidement de surcroît, l'habitude à ce que ce soit lui qu'on l'attende. Pourtant, ce jour là, l'entrepreneur désirait savourer cet entretien avec une attention particulière. Il ne savait pas pourquoi ni comment, mais quelque chose lui avait inspiré le désir de se décrocher de toutes ses activités intuitives – comme si cet entretien était réellement important et qu'il allait devoir le suivre avec précision et minutie.

Lorsque ses yeux eurent leur premier aperçu de l'élégante chevelure blonde et de la svelte corpulence, ils clignèrent d'étonnement. Sa première réaction était qu'elle était jeune ... Mais qu'attendre de plus avec une telle recherche ? Assurément, il aurait été le premier étonné qu'un candidat considéré comme étant mature se présente, et n'aurait probablement pas eu confiance en ses capacités. Malgré tout, la jeunesse de cette silhouette, de ce tendre minois et de cette personnalité légère et insouciante le frappa de plein fouet, lui rappelant au passage un perturbant cocktail de souvenirs, présents et passés. Des locataires, des clientes, des anciennes conquêtes, des amies du collège ...

Ce n'était que face à la véritable jeunesse que le monarque prenait réellement conscience de son âge mûr.
Ce n'était que confronté à la peau tendre et pure des jeunes adultes que sa propre vieillesse lui paraissait transparente.
Ce n'était que lorsque des personnes au début de leurs vies entraient dans la sienne qu'il prenait davantage conscience qu'il en était bientôt au bout.

La vie.
Puis la mort.
Entre les deux, le travail.
Il n'avait jamais réellement eu de temps pour grand chose d'autre.

Aurait-il un peu de répit, avant la mort ? Ou même après ? Il en doutait, et très fortement de surcroît. En attendant, il n'en avait pas et c'était comme cela qu'il fonctionnerait. Une main se tendit à lui et il la serra, avec fermeté. C'était l'une des premières choses que son père lui avait appris, lorsqu'il grandissait, et il ne l'avait jamais oubliée : avoir une poigne ferme démontrait le pouvoir ; le véritable pouvoir. Ce n'était qu'avec une poigne ferme que les hommes pouvaient obtenir de brillants avenirs. La sienne, indéniablement, avait une force et une vigueur surpassant la norme, compte tenu du succès impressionnant de ses affaires.

- Mademoiselle Henry, enchanté. Asseyez-vous, je vous en prie, que cet entretien puisse enfin commencer.

Sa voix, neutre, n'est ni douce, ni sèche. Ni joyeuse, ni colérique. Neutre, tout simplement. Apaisante ? Sans nul doute. Effrayante ? Probablement ! Respectable ? Absolument. La question ne se posait même pas. Tout chez lui était respectable, ou presque : il y avait veillé avec discipline et assiduité. Lorsque la jeune femme, trop préoccupée par son environnement, s'autorisa à prendre place face au dirigeant, celui-ci se permit de rassembler ses papiers avant de jeter un regard furtif à sa liste pré-établie de questions. Cette liste, il en avait usé pour bon nombre d'entretiens ... Tant et si bien que s'en servir, à présent, ne l'intéressait plus vraiment. Du moins, pas pour cet entretien-ci. Pour les prochains, il aviserait. Une fois que son interlocutrice semblait s'être remise du décor, il se racla donc la gorge avant de lui demander d'une intonation claire et autoritaire :

- Bien. Commençons donc.

Silence, pendant lequel ses yeux, curieux, se permirent de se relever afin de tenter de jauger l'expression des siens, à elle, cherchant à tenter de déchiffrer ses émotions et peut être même à y déceler quelques uns de ses secrets. Silence, pur, furtif et pourtant, délectable, qui ne dura qu'un bref instant.

- Que pouvez-vous me dire sur Brighter Living ?

Poser une telle question, surtout en tête d'entretien, était peu conventionnel. Croesus n'était pas un homme de conventions. Son élégance et son savoir-vivre surpassait toute éducation, était à l'épreuve de toute institution. Les règles, c'était lui qui se les étaient crées et, sa vie, lui qui se l'était dictée. Et personne d'autre. Seul régisseur, chef d'orchestre, maestro suprême, il définissait les règles du jeu et bougeait les pions sur l'échiquier. C'était probablement ce qui lui plaisait le plus dans son quotidien, d'ailleurs : ce contrôle absolu dont il semblait disposer et qu'il savait parfaitement utiliser, ayant bénéficié de nombreuses années de découvertes et d'entrainement. À présent, voilà qu'il maitrisait le terrain comme très peu d'autres ... S'y étant épanoui comme une orchidée au printemps.




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MessageSujet: Re: behind those brown eyes (croesus)   Jeu 4 Juin 2015 - 13:50

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Behind those brown eyes
Croesus & Charlotte
Un pan de la vie de Charlotte est en train de se jouer dans cette pièce, si lumineuse d’ailleurs qu’elle en vient à se demander si cela ne serait pas l’une des clefs du succès. Toute cette clarté, très bien pensée autant pour stimuler l’esprit que pour mettre à l’aise n’importe quelle personne susceptible de venir s’asseoir sur ce siège où elle se trouve à cet instant précis.

Il faut dire que la jeune Henry ne s’est pas présentée à cet entretien sans raison, ni sans la moindre idée derrière la tête. Elle savait très bien où elle allait mettre les pieds ; la réputation de cette agence immobilière ne lui a pas échappé à elle, comme à n’importe quel Angelin voire même, Californien. Avant de se présenter devant ce bâtiment de Beverly Hills, elle a déjà vu plus d’une fois le nom de l’agence inscrit sur des insignes frontales, entre autres. Et lorsqu’elle a vu cette annonce dans cette épicerie, il lui a évidemment semblé naturel de procéder à quelques recherches, fructueuses selon elle.

Charlotte ne s’est pas installée de l’autre côté de l’Atlantique dans le simple cadre de ses études. Si ses objectifs premiers étaient bel et bien de perfectionner sa maîtrise de l’anglais – et des autres langues de son cursus – ce serait sous-estimer son ambition que de se suffire à cette seule raison. Plonger dans cette nouvelle culture et en découvrir tous les aspects était aussi primordial pour cette jeune femme à la personnalité pourtant réservée et peu expansive. Elle n’est pas ce que l’on pourrait nommer littéralement une personne “intellectuelle” dans le sens où, à l’évidence, elle ne fait pas preuve d’une autorité naturelle quelconque, ni ne se plait à s’élever en public afin de faire part de quelques critiques mûrement réfléchies ou pour lancer des débats. Charlotte est bien trop discrète et effacée pour rentrer dans cette catégorie, néanmoins il est indéniable qu’elle est plus une femme d’esprit qu’une femme de pratique. Peut-être est-ce la faute à sa jeunesse, en plus de cette tendance à être trop sage, trop réfléchie. Mais peut-on vraiment qualifier cela de faute ? Charlotte sait se remettre en question, elle est prête à évoluer, bien plus qu’elle ne le sait elle-même. Cette décision d’aller vivre et s’intégrer dans un nouveau pays, ce qu’elle a très bien réussi à faire, en était d’ailleurs peut-être les prémices.

Cette soif d’apprendre ne la quitte jamais, ni celle de faire ses preuves dans le monde qui lui plaira ; là est toute son ambition. Se transformer en ce type de femme qu’elle idéalise et auquel elle désire ressembler, si tant est que l’on lui donne ses chances. Et pour ça, elle n’attend pas les bras croisés, car ce n’est pas cela qu’on lui a appris, chez les Henry. Dans cette famille, le goût du savoir et de l’effort sont les deux piliers que son père Georges et sa mère Ariane ont tenté année après année d’inculquer à leurs trois enfants. Charlotte en est désormais imprégnée et il s’agit bien là de son essence motrice.

Installée dans ce fauteuil de façon à la fois droite et élégante, la jeune fille tente du mieux qu’elle peut de contrôler cette petite appréhension qui lui serre le cœur. En cet instant, elle veut plus que tout faire bonne impression. Cet homme va se construire une opinion sur elle très rapidement et il serait malheureux que celle-ci soit erronée. Le minimum qu’il doive savoir à son sujet réside dans sa capacité à être respectueuse et bienséante en toute situation. Pour le reste, elle attend les questions. Quand les yeux du boss trouvent un point d’ancrage dans les siens, Charlotte croit tout d’abord n’être victime que d’un jugement pourtant nécessaire. Mais bientôt, c’est autre chose qui se passe en elle …

Un sentiment inconnu. Une émotion nouvelle.
Le regard de Crœsus Kingsley … et tout le mystère qui l’enveloppe.
Cette impression de …




Charlotte n’a pas quitté ces yeux, pas même une seule seconde. Cela aurait été impossible, de toute façon. Mais quand elle reprend conscience après ce moment de flou, elle culpabilise déjà pour cet égarement, aussi court eut-il pu être. Elle déglutit et déjà, se voit poser une question des plus pertinentes. Par chance, la jeune fille n’est pas venue ici les mains vides ; elle a au moins eu l’intelligence de se préparer.

- J’ai découvert le nom de cette agence en venant m’installer sur le territoire américain. Auparavant il m’était inconnu mais j’ai bien vite constaté qu’il était très bien implanté dans cet Etat précisément.

Parce que, qui dit déménagement à l’étranger dit large recherche Internet, et qui dit recherche d’appartements sur la toile dit multitudes de résultats, dont certains sont irrémédiablement mieux placés, qu’ils correspondent ou non aux critères souhaités. Brighter Living était apparu, d’ailleurs.

– Votre agence porte un nom qui lui sied bien, de ce que j’ai pu en voir en effectuant mes recherches. Vous proposez des biens immobiliers modernes et de haut standing à des particuliers qui doivent être, je suppose, souvent fortunés et qui doivent rechercher de fait un confort et une qualité de vie optimales … Cela dit, je suis aussi tombée sur des locations aux prix plus abordables, ce qui doit élargir considérablement la palette des potentiels intéressés, et je pense que ceux-ci doivent venir du monde entier. Etant moi-même d’origine française, je sais que la Californie représente pour bon nombre d’Européens une espèce d’eldorado. Les biens que vous proposez semblent être à cette image.

Evidemment, elle songe en disant cela à ce qu’elle pourrait apporter à cette agence. Sinon, à quoi bon venir se proposer pour un stage ? Charlotte manque certes parfois de confiance en ses capacités, mais dans un moment aussi crucial et déterminant que celui-ci, elle ne compte certainement pas oublier de rappeler ses attributs, tout du moins quand il les lui demandera. Elle croise ses jambes et lie ses deux mains, désormais légèrement plus à l’aise.

- Je sais que Brighter Living est une agence de renom et qu’elle cible des particuliers pointilleux avec un certain type d’exigences. Je crois d’ailleurs que … c’est ce qui m’a en partie motivée à venir vous rencontrer vous, plus qu’un autre entrepreneur.



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MessageSujet: Re: behind those brown eyes (croesus)   Sam 22 Aoû 2015 - 2:56

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L'obscurité cultive les insécurités, les échecs, les défaites.

Lorsqu'il s'était mis l'idée de débuter sa propre entreprise en tête, les recherches s'étaient faites presque naturellement en termes de quartiers généraux. Certes, le premier local de Brighter Living n'était pas le quartier général qu'il occupait à ce jour, mais ses critères de recherche n'avaient pas réellement changé, toutes ces années. Il était primordial que l'immeuble baigne pleinement dans le soleil, et que son bureau à lui en soit le principal bénéficiaire. Il ne pouvait pas travailler dans l'obscurité. Pas le jour, en tous les cas. La nuit apportait une autre sorte d'inspiration dont le jour était dépourvue. Une salle sombre malgré un soleil rayonnant n'avait rien d'une salle inspirante, aux yeux de l'entrepreneur.

En face de lui se trouvait une jeune femme. Blonde, aux traits doux. Calmes. Délicats. Cette jeune femme était la promesse qu'il attendait depuis maintenant plusieurs moments. Il y avait quelque chose en elle. Il pouvait le voir. Le sentir. Le ressentir. Peut être même l'entendre. Cette énergie qu'inspirait ses iris, bleutés. Cette confiance qui se dégageait de sa posture, la façon que son corps avait de se tenir droit, face à lui, là où tant d'autres s'amusaient à se recroqueviller sur eux-mêmes. Mais, avec toute cette énergie et toute cette puissance se trouvait également une part d'humilité. Une ombre de doute, une vulnérabilité. Une sensibilité, inspirée par sa douceur. Si Kingsley voyait et percevait excellemment bien toutes ces choses, il serait toutefois incapable de les décrire. Malgré tout son vaste savoir et toutes ses expériences passées, l'entrepreneur était quelque peu limité lorsqu'il en venait aux émotions et aux ressentis et serait donc virtuellement incapable d'expliquer pourquoi cette jeune femme, plutôt qu'une autre, lui inspirait des ambitions d'avenir.

Et pourtant, des ambitions, il en avait. Son regard, à elle, le lui racontait, leur avenir. Et avidement, il en découvrait chaque instant. Une alliance, forgée dans la confiance. Un soutient inviolable qu'elle lui apporterait dans tout ce qu'il entreprendrait de faire. Une présence exemplaire, un travail pointilleux, effectué avec précision et minutie. Tout serait parfait, avec elle à ses côtés. Son empire deviendrait une véritable puissance à l'échelle mondiale, avec des branches fonctionnelles dans les quatre recoins du monde. Puis, un jour, alors qu'il aurait enfin accompli tout ce qu'il s'était promis d'exécuter dans sa jeunesse, une fois que sa fougue et que son impétuosité se seront faits éteindre par la vieillesse et la lassitude, les clefs du royaume, il les lui offrirait, sur un plateau d'or ou d'argent, sans l'ombre d'un doute, sans la moindre rancune ni la moindre hésitation. Certes, il leur restait énormément de chemin à faire avant d'en arriver à ce stade là... Mais dans le regard profond et pénétrant de la jeune mademoiselle Henry, Croesus y lisait des promesses que très peu d'autres personnes auraient su lui raconter, avec tant de conviction et de charisme, sans avoir à prononcer le moindre mot.

Sitôt qu'elle s'était assise, elle s'était assuré qu'il prêterait une attention complète à elle et à son entretien. Chose dont trop peu de postulants pouvaient réellement se vanter. À ce jour, dans la longue carrière du franco-grec, elle devait probablement être la troisième personne à avoir été capable de le marquer autant en si peu de temps. Et pourtant, des personnes, il en avait interviewées.

Certes, elle n'avait pas atteint le maximum de son potentiel – à son âge, combien de personnes peuvent réellement prétendre être tout ce qu'elles pourraient devenir au cours de leur vie? Zéro. Ce qui comptait, aux yeux de Kingsley, cependant, ce n'était pas ce qu'il voyait ce jour là. Mais plutôt, ce qu'il voyait dans son avenir. À lui. Et à elle. Sans oublier qu'une fille réservée et hésitante avait davantage de chances de lui devenir loyale et redevable que de lui enfoncer un poignard dans le dos – et voilà un avantage qui le séduisait pleinement. Déjà, il pouvait la voir en elle, cette envie frétillante de convenir au poste et de réussir à impressionner le grand patron. Une envie à la fois touchante et délicieuse. Il désirait en voir plus.

Sa première question fut directe et sans confusions. Que pouvait-elle lui dire sur son entreprise à lui. Sa réponse, il l'attendit alors, avec impatience dévorante et curiosité brûlante. Premier point: l'agence était bien implantée dans cet état, précisément. Il se garda de préciser qu'il ne s'agissait que d'une situation temporaire, étant donné que sa réponse n'en demeurait pas moins correcte pour autant. Elle décrivit les biens immobiliers de l'entreprise avec précision et le fit correctement, ce qui marqua un deuxième point en sa faveur dans les pensées du magnat. Mais le monarque n'en fut aucunement étonné. Dès le premier regard, il avait bien vu que quelque chose varierait de la norme, dans cet entretien. Les propos de la jeune femme n'existaient que pour corroborer les affirmations de ses pensées. La compagnie, spécialisée en appartements de luxe, possédait effectivement des propriétés un peu moins luxuriantes mais bel et bien toujours aussi lumineuses et élégantes. L'eldorado immobilier, c'était exactement ce que sa société représentait. Il vantait le pouvoir de celle-ci: celui d'offrir à quiconque un sanctuaire, un véritable havre de paix et de repos dans lequel véritablement être soi prenait un tout autre sens. Brighter Living n'avait jamais loué des maisons ou des appartements: il s'agissait, ici, de locations de foyers. La nuance pouvait sembler futile, mais aux yeux de tout agent employé par la société, elle constituait toute une réalité. Un foyer n'était pas un logement. Un foyer, c'était bien plus. Un chez-soi. Une maison. Un endroit qui nous définirait. Auquel on pourrait réellement appartenir, s'identifier. Louer des foyers, vendre des foyers. En construisant son entreprise, c'était ça, son ambition. À présent, il était plus que ravi d'en récolter les frais. L'étendue de son succès n'aurait probablement de cesse de l'enchanter.

Face à lui, l'attitude de la jeune femme sembla se transformer, ne serait-ce qu'un peu. Ses jambes se croisèrent. Ses mains s'attardèrent au-dessus de son genou droit, comme pour assumer un contrôle qu'elle semblait persuadée posséder, à présent. L'entrepreneur jugea ce changement un brin risqué, deux brins osés. Il se demanda si la jeune femme faisait présence de témérité ou d'arrogance et sa prochaine question avait pour but de le départager dans son hésitation. Était-elle une fille avec la tête sur les épaules, qui avait cette particularité de pouvoir endurer plus de difficultés que la vaste majorité des autres? Ou, au contraire, faisait-elle partie de ces nombreuses femmes émancipées et quasi-persuadées que leurs capacités étaient à la hauteur de toute épreuve? Ses aveux l'intriguèrent davantage. Plutôt que de lever le voile sur ses incertitudes, ils semèrent davantage de brouillard dans le jugement du magnat. Était-elle présente pour le panache et le prestige ou désirait-elle plutôt apporter sa pierre à l'édifice d'une entreprise qui promettait (et fournissait) toujours le meilleur à ses clients? Curieux, l'attitude ambiguë de la jeune femme éveilla ses sens. Son regard s'aiguisa tandis qu'il se redressa dans son fauteuil, entièrement réceptif au moindre mot et à chacun de ses mouvements. Il comptait l'étudier et l'analyser incessamment, jusqu'à la connaître dans les moindres détails. Tous ses réflexes, tous ses cheminements oraux. Il saurait tout, à la fin de cette entretien. Ou du moins, une bonne majorité de ses mécanismes automatiques. Il se le promettait.

– Hmm... Je vois... Déclara-t-il avec un stoïcisme nonchalant. Ses doigts s'amusèrent à ramasser son stylo Montblanc tandis que ses yeux noisette suivaient les mouvements habiles de ses phalanges. Lorsque ses lèvres s'entrouvrirent à nouveau, le regard de Kingsley, tel un drapeau victorieux, se planta dans le sol de l'âme de son interlocutrice. Et... Que pensez-vous pouvoir apporter à Brighter Living, mademoiselle... Feignant l'ignorance, ses yeux balayèrent furtivement la feuille posée devant lui dans un effort futile de se remémorer un nom qu'il n'avait pourtant pas oublié. Histoire de pouvoir jauger la réaction inévitable et fascinante que la jeune femme aurait indéniablement face à cet oubli imaginaire. ... Henry. Lâcha-t-il alors, tandis que ses yeux s'amusaient à chercher les siens avec davantage d'insistance. Il jubilait d'avance de pouvoir étudier sa réponse et ses gestuelles instinctives. À présent, il n'aurait plus qu'à s'armer de sa patience. Sa prise de parole, à elle, lui semblait plus qu'imminente.




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