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 Là où les anges perdent leurs ailes [Lena]

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MessageSujet: Là où les anges perdent leurs ailes [Lena]   Là où les anges perdent leurs ailes [Lena] EmptySam 25 Juil 2015 - 0:24

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C’est la frontière de Los Angeles. Là où les anges perdent leurs ailes qui se transforment en pierres quand elles touchent le sol. C’est le désert de rocailles et de silhouettes de palmiers. Avec le soleil strident et la poussière étouffante. Au sein de l’étoupe faite de sons étouffés par la distance d’avec les routes.

Elles sont loin, les routes. Les routes et leurs voitures. Les routes et leurs gens.


- Mh…

Une douleur en forme d’étoile fleurit contre la tempe gauche d’Ethan. Une glace lancinante immobilise ses jambes.

A travers les franges de ses cils, il ne voit que le soleil mourant contre la vitre. Et l’étoile de brisure. Le pare-brise fendu. Ses cils sont faits de soie brune, presque rousse. Ethan voit le monde en sépia.

Dix minutes coulent dans les veines. Dix minutes de conscience amochée par le choc. Dix minutes qui finissent par centupler la douleur. Contre la tempe gauche d’Ethan, la douleur est devenue une pivoine carnivore. Qui mord sa peau et qui perce ses os.


- Aie.

Il grimace. Il veut se tordre. La ceinture le retient. Comprime son torse, ses côtes, ses poumons. L’air est expiré par la mécanique de l’effort.

Alors il comprend. Un accident. Une idiotie de contexte maladroit. Une pierre, ou une huile, ou un trou, ou une toute autre minuscule anormalité de l’existence à la frontière de l’univers des anges sans ailes. Et ça a suffi.

Les souvenirs reviennent à la surface du visage qui se détend. La détente se glisse dans sa nuque, dans son dos, dans le reste du corps. Il se cale contre le siège. Les souvenirs affleurent, prennent des couleurs.

Le volant, subitement, a viré à droite. Le cuir du volant a glissé sous les doigts longs. Il a eu mal aux ongles. Les ongles se sont décollés, probablement. La voiture a continué à droite. Côté non cœur. Le côté gauche, celui du cœur, a percuté la portière. Et ensuite… Ensuite les anges ont refermé leurs ailes déchues et l’univers est devenu noir.

Et maintenant… Maintenant le soir tombe. La chaleur persiste. Le monde reste muet. A quelle distance ?

La main droite d’Ethan cherche la ceinture. Libère le corps de la ceinture. Tac. Rapide. Heureusement. Il respire plus librement.

Ses muscles sont engourdis par le choc. L’impression, diffuse et prégnante, que ses veines sont pleines de glace. Il ne ressent aucune chaleur dans ses membres… Alors que son visage cuit sous le soleil mourant... Alors que sa tempe gauche… Oh, sa tempe gauche… Il passe une main dessus. Un peu de sang. Gluant. Rouge noirci. Coagulé, déjà. Rien de grave. Juste la peau qui a souffert.

Il pousse la portière, il sort. Il essaie de sortir. L’engourdissement le ralentit. Il sort enfin. Il titube. Il se raccroche à l’acier de la voiture. Il ferme les yeux. Il cherche son équilibre. Son ouïe cherche l’équilibre. La trouve, entre deux oscillements contenus. Il ouvre ses yeux.

La route est loin. La route est vide. Une route secondaire…

De sa poche, il tire un iphone. Cassé, lui aussi.


- Merde.

Pas le choix.

Il se met à marcher. Dans le désert minéral, sans vie et sans relief, Ethan n’a pas sa place. Sa silhouette maigre, son costume taillé sur mesure dans une toile bleu marine, ses chaussures de cuir, ses cheveux courts et bien coupés… Tout, chez lui, crie la civilisation et le luxe.

Pas le choix.

Il marche. Il abime ses semelles fines sur les angles aigus des cailloux. Il salit le bas de son pantalon dans la poussière qu’il remue.

La route est vide.

Pas le choix.

Il marche le long de la route.

Il marche à ne plus savoir qu’il marche. Il marche et il ne cesse de marcher. Il marche tant, qu’il pense ne plus pouvoir faire que ça. Il marche et il déteste marcher. Il marche et il veut s’arrêter. Mais il ne peut pas s’arrêter. Il remarche, alors qu’il ne s’est jamais arrêté de marcher.

Il stoppe.

Un abri ? Non, une ancienne station essence…

Ancienne, car la rouille a coulé le long du blanc des murs, des piliers, des cubes qui furent jadis des choses utilisables. Ancienne, car les poubelles sont vides, le parking est vide, le magasin est vide. Ancienne, car le silence l’habite, les insectes aussi, les fantômes de même.

La nuit s’apprête à tomber. Le soleil est mort. Contre sa tempe gauche, la fleur de douleur s’est refermée. Ethan a moins mal.

Il s’avance vers la porte principale du magasin. Marcher, encore.

La porte est fermée. Presque fermée. Elle s’ouvre, mais quelque corps dur l’empêche de s’ouvrir tout à fait. Bloquée de l’intérieur. Il y a quelqu’un à l’intérieur ?


- Il y a quelqu’un ?

Ethan tente de forcer la porte. Boum boum boum. Fait la porte contre le corps dur qui l’empêche de s’ouvrir tout à fait.

- S’il-vous-plait, il y a quelqu’un ?

Ethan frappe du poing contre la porte. Boum boum boum. Fait le poing contre le métal de la porte.

- J’ai eu un accident pas loin. S’il-vous-plait, ouvrez.
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