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 Chevalier défiant la pénombre et son ombre [Wolfram][Terminé]

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MessageSujet: Chevalier défiant la pénombre et son ombre [Wolfram][Terminé]   Chevalier défiant la pénombre et son ombre [Wolfram][Terminé] EmptyLun 27 Juil 2015 - 14:31

Chloé Beauchamps
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Dans le registre, sois riche et consomme, je remporte amplement la palme. Je me noie dans l'absurde abandon des substances hallucinogènes qui constituaient mon amère réalité illusoire ; grâce à l'éther j'allumais mon cerveau endolori d'un apaisement malsain, et je me laissais consumer dans ma propre débauche. Désespérante enfant qui fête ses dix-huit ans et qui s'octroie peut-être un peu plus de charme. Princesse immorale, refusant la luxure dans laquelle elle se débat. Je suis remplie de contradictions incertaines.

Je me noie dans mon martini givré aux effluves d’acides,
Nuit glacée où l’hypocrisie déborde mais où l’espoir subsiste.

Je me balance doucement, au grès de mes humeurs et du vent. Mes bras s’étirent, mes mains rejoignent mes hanches qui ondulent avec élégance. J’ai fermé les yeux, mes mèches brunes parsèment mon visage, ma bouche cerise s'entrouvre légèrement. J’expire doucement, longuement, chaudement. Les néons verts éclairent les traits de mon visage angélique, brisée. Comme la petite fille qui vient d’enterrer tous ses jouets. Dix-huit ans aujourd’hui, j’ai oublié le nom de mes poupées et et j'ai grandi. Bien trop vite.

Ce soir j'ai décidé de rentrer à pied.
La lune sera la seule spectatrice silencieuse,

De
Mes
Regrets

Condamnée. Je voudrais me vomir moi-même, je hais les anniversaires, je hais sentir le poids des années qui défilent, je hais ce compte à rebours insensé. Je hais vieillir car j'ai peur de voir toutes les personnes auxquelles je tiens, mourir. Défaillir.

Mes talons foulent le sol bétonné, l'air frais évapore l'odeur d'alcool, je me sens plus légère, plus sereine. Il faut que j'arrête de me mettre dans de tels états les soirs de mon anniversaire. Ce n'est qu'un jour, qu'un soleil, qu'une aurore. Une masse obscur vient perturber mes pensées. J'en compte quatre, peut être cinq. Des hommes qui s'extirpent de la nuit et m'entoure dans un battement de cil. Je les observe et je sais parfaitement ce qu'ils veulent. De l'argent, principalement. Être héritière et une personnalité publique n'offre pas uniquement des avantages dorés et luisants. Instinctivement, ma main se referme sur mon sac à main. Lasse, je préviens.

C : J’ai pas de liquide sur moi.
! : Balance ta carte bleue et ton code ! Putain active toi !
C : Pourquoi je ferais ça ?
! : Tu voudrais pas qu’on abime ta petite face hein ?
C : Je suis déjà abimée.

Un premier coup fuse et je m’écroule. La poussière m’encercle et ma langue se réveille sous ce goût de fer. Je m'écroule sur le sol et mon ventre s'écorche sur les bouteilles de verre qui s'y trouve. Je me crée une existence dans cette flaque de sang. J'ai toujours cru que j'étais née dans un bain de sang. Un bain d’hémoglobine, réchauffant, confortable. Je suis une fille sanguine. Le liquide colore ma robe d'un rouge communiste. D'un rouge criard. Mes paupières se plissent, puis s'ouvrent délicatement. J'ai mal, la peau tire, irrite et le pourpre coule. J'entends à peine le bruit, le néant me recouvre d'un silence noir et doux. Pure et innocente, je ne peux plus bouger.





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MessageSujet: Re: Chevalier défiant la pénombre et son ombre [Wolfram][Terminé]   Chevalier défiant la pénombre et son ombre [Wolfram][Terminé] EmptyVen 31 Juil 2015 - 0:49

Wolfram Blake
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C'est toujours la même merde. Dès que je vais la voir, toujours la même merde. Toujours ces mêmes attentes, toujours ces mêmes reproches. Qu'est-ce que j'en ai à foutre que tu manques d'amour, bordel de merde ; qu'est-ce que j'en ai à foutre que t'aies besoin de moi? T'as plus rien à offrir quand ton corps régit ton coeur, t'as plus rien à offrir quand l'amour se résume à baiser ou être baisée. Tout c'que je sais c'est qu't'as plus de parole, putain, t'as plus d'honneur, et tout ce que tu dis n'est qu'une excuse de plus dans cette marre de mensonges dans laquelle tu t'endors chaque nuit. Bordel de merde, Spencer, qu'est-ce que j'en ai à foutre.

La musique est trop forte. J'entends pas mes pas, elle me perd, la musique, comme mes pensées, elles sont trop fortes, comme extérieures, comme si-- Chaque fois que je vais la voir, dix heures d'avion, et-- putain, la musique est trop forte.
J'arrache mes écouteurs de mes oreilles, les laisse pendre de ma poche. J'entends à présent. J'ai marché trop longtemps sans m'en rendre compte. Les noms de rues défilent, comme les panneaux publicitaires, comme cette ville amère que je n'avais la force de supporter que pour te voir. Et putain je te parle encore comme si j'en avais quelque chose à foutre, comme si c'était important, comme si pourtant, je t'avais aimé, un peu peut-être, un peu trop, ou peut-être que j'avais espéré, au fond-- putain. Ta gueule Wolf. C'est trop tard. Putain. Je soupire. J'hurle, dans ma tête. Mais je soupire. Et mon esprit prend presque feu.

Je sais pas où j'suis. J'connais rien, ici. Ici, y'a juste l'odeur de l'alcool qui pollue l'air qui m'est familière, l'odeur de la jeunesse débauchée qui se perd dans la nuit, qui s'inonde, qui se noie. Y'a pas d'étoiles dans le ciel, juste un nuage, un seul, qui se délecte de nos tourments, qui nous pisse dessus.
Les bars sont remplis, je les entends de loin, et leurs lumières illuminent les quelques flaques lugubres sur le béton. Je m'arrête une seconde, au coin de la rue, avant de tourner.

A gauche, je regarde, je sens, j'entends ; ils sont tous là, ces trous du cul avec leurs porte-monnaie dans la poche arrière, prêts à acheter pour quelques dollars ce qu'il y a de pire en eux au bar-- A droite, c'est le vide. Je regarde, j'hésite. A droite, je sens l'air qui s'engouffre dans les ruelles et je sens l'obscurité, le silence, et je sais pas, putain, ce dont j'ai besoin, je revois dans ma tête cette image de leurs corps nus sur le sol et l'alcool m'attire, et j'entends les rires et--
Droite. Sans trop réfléchir, le silence m'appelle. Je tourne à droite, m'enfonce dans les ruelles. Il n'y a que le silence qui m'apaise. Je sors une clope et la porte à ma bouche. La fumée s'engouffre par les fenêtres ouvertes quand je l'allume au coin d'une rue.
Maintenant, Wolf...
Maintenant...
Tu marches.

Des sursauts de rire par la fenêtre.
Des klaxons de ci, de là, comme si c'était une évidence qu'il n'existe pas de paix d'esprit dans les rues torturées de cette saloperie de ville.

"Putain active-toi!" Les bribes d'une conversation animée au bout de la rue. J'avance.
Les silhouettes se distinguent mal, sous le rayon crasseux de quelques réverbères. J'avance.
"Pourquoi je ferai ça?" Une voix sans peur, comme un défi tacite, je les vois à présent, ils sont quatre. J'avance.
"Tu voudrais pas qu'on abîme ta petite face, hein?" Je les observe, il s'apprche d'elle. Je souffle du coin de la bouche la fumée qui salit mes poumons.

Mon coeur s'arrête quand elle tombe au sol.

En quelques secondes, j'avais perdu l'esprit. J'avais laissé à mon corps le choix d'agir seul, sans contrainte de la morale, sans rien à foutre des conséquences. Mon coeur s'est arrêté quand elle est tombée au sol-- j'avais l'impression-- c'était une seconde? Peut-être deux. La clope pressée entre mes lèvres, j'avais en trois pas dévalé le reste de la rue. Le reste de mes actions est comme une suite d'images floues dans mon cerveau, un lapse de temps presque inexistant, figé.

...

"Qu'est-ce que tu veux, toi?" J'avais décidé bien avant qu'il ouvre sa grande gueule de lui en coller une. Il tombe par terre. Il ne se relèvera pas. Mes phalanges sont en sang-- ah putain Wolf, c'est tout ce qu'il te fallait, une putain de baston au milieu de la rue après que ta copine t'ai trompé, hein?
Si un autre ne touche ne serait-ce qu'une parcelle de ses cheveux, il finit dans le putain d'mu-- J'entends des bribes de mots, des insultes, mais ils ne savent pas, ils ne me connaissent pas, je n'ai plus de raison. Elle est bien lointaine cette voix dans ma tête cachée sous la colère, cette conscience. Ce soir, elle est bien trop loin. Dommage pour toi.

L'un m'approche sur la gauche, et j'esquive son coup de poing sans trop de mal, comme un réflexe, les yeux rivés sur son visage. C'est lui qui l'a frappée. J'attrape son cou d'une main, le soulève ;  il fait quoi, cinquante kilo cet enfoiré? "Quoi, salope, pas habitué à taper sur des mecs?" Je le colle contre le mur. Son pote m'attrape le bras droit, sort un couteau.

Je lâche le cou de l'autre fils de pute, il tombe au sol comme une gamine effrayée, et je décroche au mec de droite un crochet du gauche- je frappe si fort que je sens les os de son nez se briser contre mon poing. Son couteau tombe au sol, mais pas lui. J'attrape son t-shirt à la nuque, et l'envoie cogner contre le mur de brique qui se fissurepresque sous la pression de son corps. Les bruits qui émanent de leurs petits corps frêles me font presque rire.

J'enlève la clope de ma bouche, et m'accroupis près de celui qui l'a frappée. Mes doigts tiennent l'un de ses yeux grand ouvert. "Plus..." j'approche la clope de son oeil, il se tortille sous moi comme un mome qui a peur du dentiste. "...jamais."

Il acquiesce. J'écrase la clope sur sa joue. Il hurle de douleur. Casse-toi, sale lopette. Je les vois courir, vite, s'en aller, comme les connards qu'ils sont, t'aurais dû les tuer, putain, j'aurais pu. J'aurais pu. Mes mains tremblent. Les souveniurs s'écrasent dans ma tête, j'essaie de reconstituer mes acions, j'oublie-- comme un réflexe, comme l'alcool. J'oublie au fur et à mesure, et j'essaie-- putain, j'essaie deme rappeler par-delà la rage incontrôlable, les muscles qui cèdent, la vision floue, j'essaie de me souvenir-- Ils l'ont frappée.

...

Je la regarde. Elle est là. Assise. Par terre, à moitié  relevée, elle me regarde. Je ne sais pas-- je saurais pas dire si elle a peur, si elle est-- j'hésite. Je ne sais pas si je peux marcher vers elle ou m'en aller. Ses yeux sont beaux, ils brillent sous la froideur de la lune. Ils sont confus, ils me transpercent.

Mon coeur s'est arrêté quand elle est tombée au sol. J'inspire comme si je n'avais pas respiré depuis des heures. Mon coeur s'est arrêté quand... Et sous ses yeux je le sentais à peine recommencer à battre.
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MessageSujet: Re: Chevalier défiant la pénombre et son ombre [Wolfram][Terminé]   Chevalier défiant la pénombre et son ombre [Wolfram][Terminé] EmptyLun 3 Aoû 2015 - 15:43

Chloé Beauchamps
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Lune de Charbon.

L’étincelle est éteinte,
Et son reflet est délavé.

Quelques secondes de sommeil profond, d’oubli instantané. Comme si rien ne s’était passé. Mes yeux s’ouvrent, se ferment, le noir, une douce fumée volant dans l’air. C’était bien réel. Un temps de réaction. Mes mains agrippent mon visage, mes yeux se crispent.

Enfin,
Je me souviens.

L’humanité est si incompréhensible. Dénuée de sens et complètement aberrante. Toujours en contradiction avec la raison et éternellement opiniâtre dans le moindre de ses choix. Des milliers d’alternatives existantes bafouées au profit d’une insolente incohérence. Le temps file à vive allure sans se retourner sur ce chaos grandissant, sans se soucier des impertinents et pourtant les aiguilles continuent de tourner, et pourtant le monde continue d’exister. Qu’ils sont nombreux ceux qui se lamentent sur des causes perdues, ceux qui abandonnent avant d’avoir suffisamment essayés ou ceux qui affirment ouvertement qu’il n’y a plus d’espoirs sans en être véritablement certains. Ce sont sans doute les pires. Car même si l’on prétend ne plus y croire, on aspire tous à la béatitude, à cet état divin de sérénité et de bonheur suprême. Est-il si honteux de vouloir être heureux ? l’Hypocrisie déborde sur toutes les bouches mais au fond n’est-ce pas un moyen de protection plutôt que de manipulation enfantine ? C’est tellement plus facile de ne rien espérer de la vie afin de n’éprouver aucune déception quand on se rends compte de notre cruelle banalité.  

C’est une soirée sans nuages, sans étoiles aussi.

Le sang gicle, s’étale sur les murs et coule le long de ses doigts. Il massacre, un à un, tous les pauvres minables, il les défigure, désatellise leurs crânes, désintègre leurs cervelles, pulvérise leurs sourires, les réduisant en chair sanguinolente. Un nez craque, j'entends le cartilage se briser avec élégance. Je vois leurs yeux se révulser, je cligne des paupières et quand je trouve la force de me relever, je perçois leur dernier spasme. L'autre silhouette, celle du chevalier noir aux mains imbibées de sang, elle ne bouge pas. Il stagne, latent, immobile. Je fixe ses mains, je fixe le rouge. Ma respiration se saccade, capricieuse. Et j'avance. J'avance vers cet homme, teinté de gloire et d'hémoglobine.

J'avance vers cette homme à qui je dois mon sauvetage et mon appréhension. Un cri de douleur lorsque sa cigarette a percé la joue fiévreuse de l'agresseur. Ce hurlement est la raison de mes doutes et de mes incertitudes. Est-il bon ou mauvais ? Cet homme, ce chevalier. Est-il mon sauveur ou mon persécuteur ?

A chacun de mes pas, ma peau tire.
Le tissu s'imbibe, colle à ma peau fébrile.
La plaie est si béante que je voudrais m'y plonger dedans.

J'esquisse un rictus qui déforment mes traits, la douleur dans mon ventre, la douleur sur la chair. La coupure sur la peau, l'épiderme élastique. Le verre qui s'y accroche.

« Il faut qu'on parte d'ici. »

Je voulais dire "Merci".
Mais mes yeux se figent.
Mes prunelles s'inquiètent.
Nerveuses.

Ils sont partis.

Je veux partir. Loin de cet endroit, loin de cette rue malfamée, loin de ce souvenir que je me plairais à détruire comme un vestige qu'on efface.

Je voudrais le toucher, attraper sa main et dévaler les pavées. S'enfuir, là où l'air y sera plus pure. Mais je suis incapable de bouger, ma blessure me paralyse, la peur aussi. Il n'est pas aisé d'accorder sa confiance à l'homme inconnu qui erre la nuit. Mais il est si facile de s'y attacher. Je veux qu'il reste auprès de moi, je veux qu'il me sauve encore. Avec lui, je me sens invincible.

« Tu peux m'aider à marcher ? »

Toujours pas de "Merci".
J'attends de voir si la bonté l'habite.
J'attends de voir si son geste est véritablement désintéressé.
J'attends de voir son visage à l'ombre de la lune.



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MessageSujet: Re: Chevalier défiant la pénombre et son ombre [Wolfram][Terminé]   Chevalier défiant la pénombre et son ombre [Wolfram][Terminé] EmptyLun 3 Aoû 2015 - 19:49

Wolfram Blake
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Je respire. Doucement. Progressivement, ma vue recouvre. Je respire. Ils sont partis. La gueule ensanglantée, et apeurés comme trois Goliaths, mais je ne vo ssplus leur silhouette sous les rayons des réverbères, je n'entends plus leurs pas résonner sur le béton. Alors, je respire.

Elle s'est levée. Putain, je ne l'avais pas vue. Elle s'est levée elle me regarde. Je ne sais toujours pas comment- comme un étranger, avec précaution ; comme un étranger qui vient d'exploser la gueule à trois mecs dans la rue, dans la nuit, dans le noir, sans personne. Comme un passager ephémère, un voyageur, à qui personne n'accorderait sa confiance sans un putain de syndrome de Stockholm. Je me rends compte qu'elle est là, devant moi, les yeux grands ouverts, l'esprit sain ; elle est là, elle n'a pas bougé, et elle doit être terrifiée. Et je ne sais pas quoi faire.

J'hésite.

"Il faut qu'on parte d'ici."

Ses yeux ne décrochent pas des miens. Ou est-ce moi qui la fixe sans cesse? Je fais un pas- petit, je me coupe. Non. Je m'arrête. Son chuchotement résonne et rebondit sur les murs de brique des ruelles meurtries. Mais toujours...

J'hésite.

"Tu peux m'aider à marcher?"

Je m'étais à peine rendu compte de ses blessures. Le verre sur le sol l'avait coupée. Elle saigne. Je fais un autre pas. Je la regarde. Elle est si petite, si fragile. Sa peau est blanche, propre, pure, comme une poupée de porcelaine ; ses yeux brillent dans la nuit, ils reflètent le peu d'espoir que les étoiles illuminent, ils reflètent...

Et, soudainement, je n'hésite plus.

Je respire. Enfin, putain, je respire. Reprends-toi, reprends tes esprits. Je ne peux pas la laisser rentrer chez elle seule, je ne peux pas la laisser ; pas maintenant, pas comme ça.

Doucement, je m'approche, pour ne pas l'effrayer, pour ne pas la destabiliser, j'ai peur qu'elle soit trop choquée, j'ai peur... Ses yeux suivent mon visage, et en quelques pas, je lui fais face, je domine de toute ma taille sa petite silhouette.

Je respire.

Doucement, une main sur son dos, l'autre dans le creux de ses genoux. Je la soulève du sol aisément, comme une enfant, comme une plume . Je ne sens pas son poids dans mes bras, elle ne pèse rien ; je sens uniquement son parfum, enivrant, cher ;  et l'alcool.
Doucement, je fais un pas, puis deux. Doucement... toujours, doucement. Je marche. Je ne sais pas où elle habite. J'ai peur de lui demander. J'ai peur qu'elle ait peur de moi. Putain, n'aie pas peur de moi. Mais si je la ramène chez moi...

Elle aura peur.
Alors...
J'hésite.

Je soupire. Je sens qu'elle est fébrile, je sens qu'elle a mal. Je sens encore la rage bouillir dans mon estomac, comme un fauve, comme un monstre assoifé qu'on ne rassasie jamais vraiment. J'ai dans ma tête trop d'histoires, trop de pensées, et je m'entoure soudainement d'un paysage qui n'est plus réel, qui n'est que trop lointain.

...

Londres, les rues malfamées, les quartiers dégradés, les murs sales et recouverts de tags. Londres et Riley, qui me regarde, qui sourit, qui n'a plus peur quand elle est dans mes bras ; et Londres, la pluie...

La pluie. Elle a un goût acide, un goût de pisse. Elle me dit de rentrer chez moi avec la rapidité d'un coyote, elle me dit... Qu'il est trop tard pour s'excuser, qu'il est trop tard pour regretter, à Londres la pluie...

A Londres?

Non... Je m'arrête. Je n'ai fait que quelques mètres. Los Angeles. Merde. Il pleut.

...

Je baisse les yeux vers son visage, elle me regarde toujours. "Tu veux que je te ramène chez toi?"
Je prie qu'elle me dise non. Je prie qu'elle ne me laisse pas seul. Je prie qu'elle ne me force pas à la laisser seule. J'ai dans mon coeur battant une flamme qui s'élève à sa vue, et j'ai peur qu'en la quittant ce soir, je ne puisse jamais vraiment l'éteindre complètement. J'ai peur qu'une braise immortelle reste sans cesse allumée, qu'elle rallume sans cesse un feu dévastateur et nostalgique.
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MessageSujet: Re: Chevalier défiant la pénombre et son ombre [Wolfram][Terminé]   Chevalier défiant la pénombre et son ombre [Wolfram][Terminé] EmptyLun 3 Aoû 2015 - 20:52

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Tout aurait était si simple si tu étais en vie Nathan. Je suis morte de cet amour et pourtant je t'écris ces mots sans destinée, tombés de mon effroi afin qu'ils te disent là ou je subsiste, trace insignifiante, d'une passion détruite. L'espace, le temps, plus rien ne m'est possible. Tout n'est que vide infranchissable, tout est difforme, gigantesque, minuscule. Ma vie est vide, vide de toi. Le temps m'exclut, me rejette, ton absence est devenu celui de ma vie, tout est loin, tout est disparaissant. Désormais, ton impossible retour est devenu une transe dont je me gave lorsque la drogue tisse mes veines. Je repense à tous mes cauchemars où je te vois périr à l'heure fatidique, ta silhouette s'évaporant derrière cette porte bleu de nuit, nuit de solitude, l'heure du couvre-feu, la rafle, celle de toi-même, celle qui t'arrache à moi, happé dans la bouche du monstre sans repère, tu me quitte, me laissant là hébétée de silence, n'osant te retenir et te dire "reste avec moi". Restons ensemble pour mieux nous retrouver. Tu as fais de ces murs blancs et noirs les couleurs de ton absence. Je sombre, m'enfonce, me noie. Je pourrais toucher ton absence, glycine bleue, lauriers roses, mouvements des vagues, au loin la citadelle est éclairée. Assise par terre te tournant le dos, je suis dans tes bras, tu me serres, me tiens, parles à mon oreille, dis-moi ce que je veux entendre, parle, ton silence est comme ma mort, chaque minute plus présente, des mots de toi pourraient me sauver, mots de morphine. Contre ma douleur. Il faut que je continue de respirer pour pouvoir attendre ton retour. Ton retour impossible. Ouvre-moi, toi seul détiens le peu de vie qu’il me reste. Ton silence de nuits et de jours rend l'air dense, compact, je voudrais le fendre, le découper, le lacérer, je serai le passe muraille des heures et des jours qui nous séparent. Tu m'as laissée seule, mon corps asphyxié, mon avenir ne sait plus respirer. Rupture d'un futur effondré, encerclement. Tu es mort, Nathan. Peut-on vraiment oublier le passé ? L’avenir n’y est-il pas irrémédiablement liée ?

***


Depuis la mort de mon premier amour de lycée, c’est la première fois que je me sens véritablement en sécurité. Là, au creux de la courbe de son épaule. Là, contre son corps qui se balance au rythme de ses pas. Délicats. Là, au fond de ses iris exaltées de mon émoi. Je me sens libérée. Légère, sereine. J’avais oublié l’effet ingénu de la bienveillance, ce que l’on ressent quand un être se met en danger pour vous protéger. Pourquoi cet homme a prit un tel risque ? Pourquoi ici, pourquoi maintenant ? Pourquoi pour moi ?

Ma tête s’incline, effleure sa peau. Ma méfiance s’évapore au profit d’une douce curiosité, d’une éternelle reconnaissance, d’une générosité que je voudrais partager. Mes cheveux se dérobent, le vent devient frais, il s’infiltre à travers le coton de ma robe. Je me serre davantage, mes mains accrochent, les genoux se replient. Mes yeux détaillent le visage du mystérieux inconnu. Il possède une de ces beauté là, celle qui est évidente, celle qui n’hésite pas, qui ne se discute pas. Il a cette beauté authentique qui perle de chacun de ses traits. Son nez, ses pommettes, sa bouche charnu, son menton, les veines de son cou. Il est de ce genre d’homme, suffisamment accompli pour être dénué de prétention et de vanité. Celui qui pourrait avoir le monde à ses pieds.
Peut-être l’a-t-il déjà ?

Sa voix se décline en croches et en dièses. Elle berce mon oreille. Le sens vient ensuite. Il me propose de me ramener chez moi.

Dans cet état ? A moitié ivre, saoule, blessée, désabusée. Écorchée des blessures du passé -nous le sommes tous- et encore bouleversée par cette agression impétueuse ?

Certainement pas.

« Non, je... »

Ma gorge se noue, la peur primitif de l'enfant tout juste mineur qui refuse et appréhende la remontrance des parents inquiets et aimants.

P
A
T
H
E
T
I
Q
U
E

Ma gorge se délie, ma respiration retrouve son souffle, sa lubie. Je cligne encore des paupières, victime des vertiges de douleur et de peur. Comment me suis-je retrouvée ici ?

« Je ne préfère pas rentrer chez moi dans cet état. Peut être que nous pourrions aller chez toi ? Promis je ne suis pas quelqu'un de dangereux. »

L'ironie de la situation en serait presque risible.

Spontanées,
Mes lèvres forment un I
La lettre est murmurée.
Honnête.

« Merci d'être intervenu. J'ignore ce qu'il se serait passé si tu ... Si tu n'avais pas été là. »

Je crois que mes mains se serrent sur son épaule et son dos. Je serre de le savoir en vie. Je serre de me savoir en vie. Je serre de notre victoire, silencieuse, lourde de sens, de violence, de reconnaissance. Mes yeux se troublent, ma vision est floue. Je suis si émue de son geste. Si émue d'être dans ses bras, loin de mes craintes, loin de mes angoisses. Je suis émue de me sentir si bien. Et je n'ai pas le temps d'ôter la larme qui dévale ma joue avec cette vitalité insolente.






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MessageSujet: Re: Chevalier défiant la pénombre et son ombre [Wolfram][Terminé]   Chevalier défiant la pénombre et son ombre [Wolfram][Terminé] EmptyMer 12 Aoû 2015 - 19:26

Wolfram Blake
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Elle divague, je la sens ailleurs, partie. Ma question ne trouve pas de réponse immédiate, elle pend dans l'air au-dessus de moi, rend mes pas hésitants et peureux. J'ai peur qu'elle soit trop choquée, j'ai peur d'avoir dépassé mes limites, celles qui n'existent pas mais que je pense forcer parfois- souvent.
Je la sens autre part, comme dans un monde lointain, un souvenir, un peu comme Riley, un peu comme Londres, un peu comme nous, là, deux fantômes dans la rue, deux spectres inconnus qui se sont trouvés et qui marchent ensemble.
C'est moi qui divague, putain, c'est moi qui m'en vais, qui décolle, les pieds fermement encrés dans les racines, j'arrive quand même à m'échapper, contre mon gré, putain-

"Non, je..." Son murmur est troublé par d'autres pensées. Elle aussi est comme moi, perdue, sans savoir sur quel pied danser. Elle réfléchit à quelque chose, son visage change d'expression... Puis soudain, elle me regarde, elle n'est plus ailleurs ; ses yeux ne me transpercent pas, ils ne voient pas à travers moi comme des vieilles images on repeat,  une loop familière de bavures de nostalgie. Elle me regarde, et elle me voit. "Je ne préfère pas rentrer chez moi dans cet état. Peut être que nous pourrions aller chez toi ? Promis je ne suis pas quelqu'un de dangereux."

Elle ne veut pas rentrer chez elle. Je souffle en me rassurant que c'est la meilleure chose à faire ; l'est-ce vraiment? Putain, Wolf, tu verras bien demain, quand l'euphorie sera pass-
Quoi? Je ne suis pas quelqu'un de dangeureux?

Je m'arrête.
Je souris.
Je sens ses doigts fragiles serrer doucement mon épaule, tirer mon t-shirt ; trouver du réconfort dans mon étreinte. Elle ferme les yeux et j'ai l'impression qu'elle se calme,  j'ai l'impression qu'elle ne divague plus, enfin peut-être, peut-être qu'elle quitte son corps, qu'elle laisse le sommeil l'engourdir et la vanner. Mais je le vois, comme d'un coup elle se détend, presque- ses muscles se relâchent, elle respire, je le sens contre mon torse, contre mon coeur. Elle respire.

Je réfléchis.
Je ne pourrai pas rentrer chez moi à pieds. Putain je ne sais même pas où je suis. Je soupire. Elle a fermé les yeux. Je fais demi-tour. Je réfléchis, sans vraiment réflechir... La solution je la connais. Je n'ai plus qu'à essayer de convaincre mon coeur que mon cerveau a raison. Je fais demi-tour et j'accélère le pas. Je sens tout d'un coup le froid me chatouiller, s'infiltrer sous ma veste, s'infiltrer sous ma peau, ronger mes ongles. Je vois le fin tissu sur sa peau ; elle doit avoir froid.

Je réfléchis.
Il n'y a pas d'autres solutions, mais j'essaie de me faire changer d'avis à mi-chemin. J'essaie de trouver un panneau qui me dirait eh Wolfie, la maison c'est juste au bout de la rue, mais aucun signe du destin ne me vient. Alors je ne réfléchis plus, je retrace mon chemin, j'analyse les fenêtres, les gouttières, les bouts de murs et les flaques pour m'y retrouver. Je marche un peu trop, toujours, mais je la sens se refroidir, comme s'assoupir sous le vent, et je ne veux pas qu'elle s'endorme.

...

Ca y est. Putain. Je vois le bout de la rue se dessiner et je reconnais le croisement qui m'est si familier. Je le fuis du regard et me concentre sur ma destination: ma moto. Où est-elle? Quand le jour donne un sens, la nuit au contraire indécise floute les bords des bâtiments et tout se confod. Je ne reconnais que son appartement, à l'autre, je vois à travers la fenêtre bouger des silhouettes, la lumière s'écrasant sur le mur d'en face.
Ne regarde pas. Je ne regarde pas, Wolf c'est trop tard, ne regarde pas. Je continue au bout de la rue, et voit sur la droite se dessiner les contours de ma moto dans l'obscurité. Ne regarde pas, Wolf. C'est trop tard, Wolf, ne regarde pas. Putain, ne regarde pas!

"Tu peux t'accrocher?" Ma voix est rauque, reflète mes pensées Ses yeux s'ouvrent, elle analyse la situation, elle se rend compte d'où nous sommes. Je la pose sur la moto et enlève ma veste. Je n'ai qu'un casque... Elle le mettra. Elle cligne des yeux. D'une main, je pose le cuir lourd sur ses épaules pour qu'elle enfile ses bras menus à l'intérieur et se réchauffe du froid présent et à venir.

Je lui tends le casque. Elle ne m'a toujours pas répondu. "Est-ce que tu peux t'accrocher?" Je l'empresse, qu'on en finisse, que la fenêtre au-dessus de moi n'éclaire plus cette lumière lugubre sur mes souve,irs, que je n'ai plus ce goût apre dans la bouche, que j'ai la paix ; putain, juste un peu la paix de tout ce tourment qui me traîne par terre.
Je n'attends pas sa réponse pour monter sur la moto et la démarrer. Ses bras entourent mon torse et s'accrochent à mon t-shirt. Sur mon dos, tout le poids de son petit corps s'applatit et je tourne ma tête une dernière fois vers elle, espérant une réponse....

Tu peux t'accrocher?
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