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 Lancer de riz et amnésie (William)

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MessageSujet: Lancer de riz et amnésie (William)   Lun 7 Sep 2015 - 17:07

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Mia Summerfield
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L'anneau roule entre ses doigts. Encore et encore. Dans un sens. Dans l'autre. La nervosité de la jeune femme est évidente. Approchant d'un pas vif de la fontaine, son regard parcourt la foule. Les visages masculins se retrouvent dévisager presque brutalement. Certains froncent les sourcils et s'éloignent vite. D'autres détournent simplement les yeux, mal à l'aise face à ce viol visuel. Mia ne peut leur en vouloir. Elle porte son air autoritaire, inquisiteur même. Elle semble fixer jusqu'au plus profond de leur âme à chaque fois. Sa frange masque heureusement ses sourcils. Seules quelques rides marquées s'aperçoivent, prouvant de l'expression peu sympathique que porte son visage. Son idiot de mari a raccroché trop vite. Comment peut-elle le reconnaitre maintenant ? Ils auraient dû mettre au point une méthode de reconnaissance. Une couleur de sac. Un chapeau spécial. Une écharpe légère. Même des chaussures particulières aideraient plus que ce néant ! Elle ne sait que son prénom. Rien de plus. De son côté, fidèle à elle-même, la sportive revêt une tenue aux couleurs chaudes. Ses lèvres rougies s'assortissent aux motifs de sa robe noire. Elle compte bien faire au moins bonne impression pour sa première rencontre avec son époux, bien qu'elle fasse toujours attention.

Finalement, elle atteint la fameuse fontaine. Son regard se pose sur sa montre autour de son poignet. Elle est en avance d'une demi-heure. L'impatience de résoudre cette affaire lui coute maintenant. Comment attendre trente minutes au même endroit ? La brune s'assoit sur le rebord et fixe un peu l'eau où quelques pièces reposent au fond. Des gens ont fait des vœux apparemment. Stupide. Elle regarde encore l'heure pour se lever ensuite. Ses pas la font tourner autour de la fontaine. Une fois, deux fois, trois fois. Elle se rassoit. Elle croise la jambe gauche puis la droite. La bague se glisse à chacun de ses doigts, un à un, à plusieurs reprises. Définitivement, c'est fait pour son annulaire. Un geignement lui échappe. Il est autant de panique que de regret et de désespoir. Comment a-t-elle pu se marier comme ça ? Elle n'a jamais rêvé de cela en plus. Enfin des rêves, elle n'en possède plus des masses maintenant... Cette pensée plombe son moral davantage. Abaissant ses paupières poudrées un instant, Mia respire profondément pour se calmer et chasser ses démons. Ce n'est ni l'endroit ni le moment de montrer sa déprime. Lorsqu'ils se tapissent à nouveau dans l'ombre, elle parcourt à nouveau les passants des yeux. Un homme attire alors son regard. Il semble attendre aussi quelqu'un. Une demi-seconde suffit à la footballeuse pour se décider à l'approcher. Elle file de sa démarche décidée vers l'inconnu, espérant qu'il s'agisse du bon.

"William ?"
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MessageSujet: Re: Lancer de riz et amnésie (William)   Ven 11 Sep 2015 - 0:34

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William Sorel
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Il n’est pourtant pas d’une nature inquiète, et encore moins angoissée. Mais la situation dans laquelle il se retrouve, bien malgré lui, a le don de le dérouter et de le contrarier. Quel homme ne stresserait pas, à sa place ? Parce que se retrouver enchaîner à un destin inconnu du jour au lendemain, sans que notre mémoire soit apte à nous rassurer un tant soit peu, cela ressemble fort à un cauchemar ! … N’est–ce d’ailleurs pas un de ces scénarios types que l’on pourrait retrouver dans certains films hollywoodiens ? Ou même dans des livres d’auteurs à l’imagination farfelue, qu’importe ! La réalité, elle, devrait être exemptée de ce genre de circonstances impromptues et désastreuses.

Le sentiment d’injustice s’écoule dans les veines du malheureux marié, lorsqu’il se rend jusqu’au lieu de rendez-vous qu’il a lui-même proposé la veille. Vêtu d’un pantalon en toile, d’une chemise blanche et d’un blouson en cuir basiques, l’homme se faufile dans les ruelles qui mènent à la place principale sans profiter ne serait-ce qu’un peu de l’atmosphère si particulière qui émane de ce quartier. Son sens de l’observation aurait été à combler si seulement il avait été zen, mais c’est loin d’être le cas. S’il n’apparaît pas non plus comme un homme paniqué, il est cependant aisé de remarquer la crispation sur son visage ainsi que dans son allure vive. Ce n’est évidemment pas l’impatience de rencontrer Mia qui le motive, mais bel et bien l’envie d’en finir le plus vite possible avec cette affaire sordide.

Quel idiot a-t-il été, de ne pas demander à cette fille à quoi elle ressemblait ! Cela lui aurait sans doute évité de se sentir ridicule en atteignant cette fameuse fontaine et en dirigeant discrètement son regard sur chaque individu présent… Il se remémore la voix de la jeune fille et tente d’y associer un visage, mais cela se révèle être un exercice bien laborieux. Les secondes passent ainsi, dans l’attente et le malaise, jusqu’à ce qu’enfin, une voix le sauve du tourment. Et cette voix, il la reconnait aussitôt. Légèrement différente de celle qu’il a entendue au téléphone hier, certes, mais néanmoins pas assez pour s’en dissocier. Les yeux du trentenaire ne tardent pas à se poser sur ceux de son épouse… aux yeux de la loi. Gris, bleu, vert… Quelle est la réelle couleur de ces yeux dans lesquels il semble se plonger, pendant ne serait-ce qu’une seconde, avant de déclarer sur un ton quelque peu engourdi :

– Et vous êtes Mia.

Mia... Cette Mia. La reconnaît-il ? Peut-être en creusant davantage dans ses méninges... Mia. Mia. Ces traits si délicats, cet air si sauvage. Mia ! Seigneur, rien ne lui vient. Rien. Le vide.

Et puis, Mia n’est pas du tout comme il l’avait imaginée. Il avait imaginé des yeux plus sombres, des cheveux plus clairs, un teint moins pâle. Une fille un peu plus âgée, peut-être ? Et moins maigrichonne. Tout ce qu’elle n’est pas, finalement, mais ce n’est pas tant la surprise qu’il laisse apparaître. Encore et toujours ce désir de résoudre le problème. Ne sont-ils pas là pour ça, après tout ? Alors, y a-t-il de quoi sourire ? Pas selon William en tout cas.

– Cela vous convient si on va discuter autour d’une table et d’un café ? demande-t-il bientôt, l'air quelque peu… indifférent. Mais l'est-il vraiment ? Je vous invite.

Il lui doit au moins ça. La courtoisie typique du bon Français, pour tenter d’adoucir un tant soit peu ce cœur révolté qui gronde en lui.


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MessageSujet: Re: Lancer de riz et amnésie (William)   Dim 20 Sep 2015 - 10:54

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La justesse de son intuition la stresse encore un peu plus. C'est bien William. Il est là. Lui. Son époux. Son mari. Sa moitié. Son...  Elle fronce les sourcils. Son visage ne lui dit rien. Absolument rien. C'est un véritable trou noir dans son esprit et la panique envahit ce néant avec violence. Un frisson la traverse. Elle réalise encore plus que leur union est réelle maintenant qu'il se tient ainsi sous ses yeux. L'a-t-elle aimé ? Surement. Au moins le temps d'une soirée de folie. Elle ne l'aurait pas épousé sinon... Ses pensées s'embrouillent, sortant par tous les côtés, s'emmêlant dans tous les sens. Muette face à  cette révélation terrible, Mia l'écoute seulement.  Il propose d'aller dans un café alors elle acquiesce vivement. Sa gorge reprend du travail pour approuver son idée.

"Oui ! Allons-y, ça sera mieux !"

Elle parle vite, trahissant ainsi sa nervosité. Pour un peu, elle lui aurait attrapé le bras pour le tirer vers un café avec autorité. Heureusement, un minimum de retenue lui permet d'éviter ce geste plus que maladroit. Avançant malgré tout en tête, la brune se dirige vers une terrasse. Ses doigts continuent de s'enrouler autour de l'anneau vermeil inlassablement. Que faire ? Comment cette situation était-elle seulement possible ?! La sportive s'arrête devant un café au hasard. Elle ne le connait pas alors son regard interrogatif se pose sur son...rendez-vous ? Son cœur s'emballe. L'appréhension toujours. Puis, la peur de ne pas résoudre leur problème facilement, posément.

"Ici ?"

Sa voix hésite. Elle attend qu'il la guide. Il est plus vieux non ? Il a l'air plus vieux en tout cas. C'est lui le plus mature alors. C'est son rôle de la mener. Mia en profite pour le dévisager avec plus d'attention. Il semble si impassible, indifférent. Comme si la situation ne l'affectait pas outre mesure. Ca lui était déjà arrivé peut-être ? Ou alors il s'en fout simplement. Ce manque de réaction déplait à la boule de nerfs. Elle se retient de faire une réflexion pourtant, se mordant un peu la langue avant de s'installer à une table avec lui une fois qu'il a approuvé le choix.

"Commençons peut-être par le début... Tu te souviens de quoique ce soit ? Parce que moi non."

Autant être claire depuis le début. Ses souvenirs : zéro. Rien. Nada. Et c'est bien ce qui rend la scène encore plus loufoque. Et troublante pour la demoiselle. Non... madame maintenant ! La réalisation la choque encore une fois. Madame Summerfield. Même pas, Madame... Madame quoi ? Elle ne connait même pas son nom. Le cauchemar devient de plus en plus intense. Il est temps de sortir la tête de l'eau avant de se noyer complètement.

Ses doigts pianotent un peu sur la table avant d'y déposer nerveusement la bague. L'alliance. La preuve matérielle de leur union. D'un rouge pétant, digne d'un jeton du casino, l'anneau porte toujours la phrase invraisemblable et leurs initiales entrelacées.

"Je sais pas si ça te rappelle des choses... ou si tu as toujours la tienne. Je me suis réveillée avec là-bas mais j'étais seule dans la chambre. J'ai pas cherché à comprendre plus loin je t'avoue, j'étais... pas en état disons."

Etant donné la gueule de bois mémorable qu'elle s'était payée, elle n'avait clairement pas pu réfléchir davantage à la raison de cette bague sur son doigt. Ca l'avait survolé complètement jusqu'à être oublié dans les tréfonds de ses armoires pendant quelques mois...

Assise inconfortablement tellement elle est tendue, Mia regarde à peine son époux. Ses yeux sont plutôt rivés sur l'alliance puis sur les couples autour qui profitent du soleil tranquillement sur la terrasse. Le tableau noir avec les boissons devient fascinant soudainement. Elle n'ose trop fixer l'homme face à elle. C'est un inconnu et ça la met mal à l'aise de ne pas se souvenir de son visage.
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MessageSujet: Re: Lancer de riz et amnésie (William)   Jeu 29 Oct 2015 - 18:09

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William Sorel
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Tandis que l’épouse cherche du regard une terrasse susceptible de les recevoir, William la regarde une nouvelle fois, le temps d’une seconde à peine. Le temps d’enregistrer ce faciès pour ensuite creuser dans ses méninges, à la recherche d’une révélation.

Il est à ça… A ça, je vous dis, d’avoir le déclic. Il se sent si proche et si loin à la fois de la vérité, d’elle, de ce moment qu’ils ont visiblement partagé à deux. Oh Seigneur, quel sentiment frustrant qu’est celui de ne pas recouvrer totalement sa mémoire !

─ Oui, ici ce sera très bien, acquiesce-t-il de la plus simple des façons avant de la suivre, au travers des rangées de tables.

Les deux amants manqués s’assoient enfin l’un face à l’autre. Le moment tant redouté débute et il y a fort à parier en les regardant qu’ils ne sont pas à leur aise. William prend une grande inspiration et croise ses jambes comme il le fait toujours, ou pas loin, dans ce genre de situation. Ses sourcils sont légèrement froncés, signe que quelque chose le contrarie ; à l’évidence, il s’agit du caractère presque surréaliste de leur relation. Lui qui est plutôt solitaire, à construire des liens plus lentement et sûrement que rapidement, le voici dans une position bien peu confortable… Mais la jeune femme, de ce qu’il remarque en levant ses yeux perçants sur elle, semble être dans la même galère que lui. Oui, forcément… Que l’on soit sociable ou non, à aimer l’exubérance ou non, se retrouver marié du jour au lendemain à un inconnu, ça ne fait jamais plaisir. Bon…

Par chance, elle entame la discussion avec un ton relativement familier. Pourtant distingué, William profite de cette initiative et la suit sur cet élan. C’est le moment ou jamais. Ne pas oublier son objectif.

─ Je ne suis pas bien plus avancé que toi. Je me souviens vaguement du casino et du bar, mais pour le reste…

Elle, autrement dit, ne lui rappelle rien. Comment est-ce possible ? La nature est-elle à ce point bien faite ? Faire oublier aux humains ce qu’ils ne pourraient tolérer… Le trentenaire a beau chercher et y mettre sa bonne volonté, le visage de Mia refuse de s’intégrer à ses souvenirs. Ce n’est plus l’indifférence qui stagne sur son visage, mais plutôt la frustration, en plus de la désolation. Il prend conscience qu’il n’est pas tout à fait seul à souffrir de ce manque de clarté.

Bientôt, la fine main de la jeune femme s’avance et libère un objet qui secoue le coeur de William. Il observe l’anneau un moment sans rien faire, écoutant en même temps les propos de sa propriétaire, puis ses mains s’avancent à leur tour, pour attraper la bague du bout des doigts. Il la fait tourner, lit les inscriptions qui y sont gravées et qui prouvent leur union, puis la repose sur la table. Sans la quitter du regard.  


Creuse… Creuse…

Toujours plus loin…

On pourrait croire que ça aide, de savoir qu’il y a une réponse au bout, aussi enfouie soit-elle, mais ce n’est pas aussi simple que cela. L’homme se renfonce dans son siège, caresse sa mâchoire à l’aide de ses doigts et réfléchit pendant un long moment.

Un long moment…

… Jusqu’au flash. Aussi petit soit-il.

─ Je m’étais réveillé avec le même anneau. Enfin je crois. Je n’avais pas pensé à le regarder en détail et… je m’en suis vite débarrassé, ce matin-là.

Il se revoit, vaguement, traverser une petite pièce aux murs verts, foncés, et se retrouver face à la vitre d’une salle de bain aux teintes de jaune. Un jaune délavé. Et ce reflet que le miroir lui renvoyait, c’était un autre lui, un qu’il avait voulu effacer très, trop vite.

Il sent à nouveau la douleur, de cette anneau aspergé d’eau savonnée qui refusait de quitter cet annulaire prisonnier. Il avait forcé, forcé, forcé, jusqu’à ce qu’enfin il soit libéré. Et c’est la poubelle de cette salle de bain qui avait reçu le poids d’un mariage inconscient, complètement fou.


Les prunelles de William retournent se loger sur le visage de Mia. L’a-t-il abandonnée dans leur chambre, ce matin-là, ou ont-ils fait chambre à part ? Quand et comment se sont-ils vus pour la dernière fois ? Ont-ils… fait ce que tout mariage traditionnel entraîne, normalement ? C’est un tas de questions légitimes qui vient se heurter à l’esprit du professeur, au moment où un garçon de café vient prendre leur commande. Il demande un simple café puis patiente jusqu’à ce que l’employé disparaisse à nouveau.

Presque imperceptible, une vague de rouge apparaît sur les joues de William. Il ne connaît pas cette fille et elle lui semble un brin farouche, il ne lui demandera donc pas comment et dans quelle tenue elle s’est réveillée ce fameux matin. Plutôt crever, même si ça l’aiderait à savoir ce qui s’est passé cette nuit-là.

─ Peut-être que si tu me parles un peu de toi, ça m’aidera à puiser dans ma mémoire. Je t’avoue que c’est difficile d’en faire le tour avec cette seule babiole…

Il mentionne la bague du regard et l’invite d’ailleurs à la reprendre. La faire disparaître de sa vue, car c’est un objet qu’il n’est décidément pas prêt à affronter.


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MessageSujet: Re: Lancer de riz et amnésie (William)   Sam 14 Nov 2015 - 15:34

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Les deux époux sont aussi perdus l'un que l'autre. Leurs souvenirs flous et incohérents n'en aident aucun. Il parle d'un anneau jeté. Mia en serait presque vexée. Enfin, encore aurait-il fallu qu'elle ressente quoique ce soit pour cet homme. Or, il ne s'agit que d'un étranger à ses yeux. Un étranger lié à elle par un petit bout de papier et deux morceaux de métal éparpillés. Autant dire, peu de choses mais d'une ampleur considérable. Elle ramasse d'ailleurs la preuve de leur union insensée et la range dans son sac. Hors de question qu'elle porte cela autour de son doigt. Ce mariage n'est qu'une erreur, un écart dans leur vie qu'ils sauront remettre en ordre sans trop de souci elle l'espère.

Pour répondre à sa question, Mia a besoin de repartir quelques mois en arrière. Elle réfléchit. Ce voyage... Ah ce voyage. Une fuite vers l'avant. Une échappée de son monde fermé, de ses rêves brisés. C'est lourd à avouer. C'est difficile à exprimer à un inconnu. Son regard se perd dans cette période difficile, se promenant inconsciemment le long des traits de ce beau brun. Désespoir, agacement, colère... L'explosion l'avait poussé à se rendre dans la ville de la débauche. La ville qui gardait ses souvenirs pour elle. En théorie. Quoique... Elle fait bien son travail. La mémoire de la sportive lui fait défaut. Mais les faits sont là. Quelle idée d'autoriser les mariages à Las Vegas ! C'est la porte ouverte vers les regrets. Mia en sait quelque chose. Ce cher William aussi.

Se lançant à moitié, les explications bancales ouvrent la danse. Commencer, c'est toujours le plus dur. Elle sait que ça sortira tout seul ensuite.

"J'étais dans...une mauvaise passe. J'en avais marre. Vraiment marre. Alors je suis partie et j'ai été à l'endroit le plus fou qui m'est venu à l'esprit. Je voulais penser à rien. Juste boire, faire la fête et...pas me marier par contre."

Elle sourit un peu, pour détendre l'atmosphère et se sentir plus à l'aise. Ces explications ne doivent pas l'aider du tout. Pas le moins du monde même. Elle réfléchit. Que pourrait-elle lui avoir dit ? S'ils se sont sentis suffisamment amoureux pour s'épouser, ils ont échangé sur leur vie respective. Mia ne se reconnait pas dans l'image d'une femme épousant le premier homme qu'elle attrape. Mais d'un autre côté, l'alcool réalise des miracles...

Le serveur vient la couper. La sauver dans ces aveux. Il dépose les deux cafés sur la table avant de s'éclipser, sentant la lourdeur de l'échange entre les deux êtres. La jeune femme prend le sachet de sucre pour en vider la moitié dans sa tasse.

"Je jouais au foot avant. Je t'ai peut-être fait une démonstration si j'ai trouvé un ballon. Même en talons. J'y jouais à un haut niveau. J'étais pro en fait."

Son regard nerveux se redresse vers son mari. La croit-elle ? Il vaut mieux. Elle n'a pas de raison de lui mentir. Rabaissant ses yeux verts et repliant le sachet de sucre pour le poser, elle se saisit de la tasse pour la porter à ses lèvres. La fumée brûlante l'arrête dans son geste et elle se contente d'humer l'odeur du café, soufflant un peu dessus.

"Je me suis blessée pendant un match. Au genou."

Ses jambes croisées se démêlent et se ré-emmêlent. Elles s'inversent. La blessée en avant maintenant. La brune soulève légèrement sa robe pour lui dévoiler la cicatrice devenue discrète avec le temps. Du bon travail de la part de ses chirurgiens. Encore heureux vu le prix de l'opération.

Dès qu'il a suffisamment vu à son goût, elle couvre à nouveau sa peau dénudée. L'idée qu'ils aient partagé le même lit - ou autre d'ailleurs - la traverse et elle l'observe attention, tentant d'imaginer ce que couvre ses vêtements. Lorsqu'elle réalise à quel point elle fixe son torse, Mia détourne les yeux sans pourtant rougir et prend une gorgée de café. Impossible de se souvenir. Soit ils n'ont rien fait, soit il est lambda, soit l'alcool est coupable. Encore et toujours.

Elle reprend alors :

"Je viens de San Francisco en fait mais j'ai bougé à Los Angeles pour ma rééducation, il y a une bonne clinique qui le fait ici. J'ai suivi la thérapie du coup mais j'en pouvais plus. J'ai toujours suivi des règles strictes parce que je fais du sport de haut niveau depuis très jeune et quand tout s'effondrait pour moi, je devais encore et encore suivre des règles de m..."

L'agacement grimpe dans sa voix. Ses lèvres se pincent sur le dernier mot. Retenant une insulte qui ne serait que la porte d'entrée pour un lot bien plus assaisonnée que celle-ci. Rien que de penser à tout cela, elle s'énerve encore. Ses activités, ses repas, ses jours de repos. Tout était planifié dans un agenda sans une once de folie, d'imprévu. Elle a créé l'imprévu elle-même. Avec violence.

"J'ai craqué et je me suis barrée. Et maintenant, on en est là. Pour le meilleur et pour le pire."

Un léger rire amer lui échappe. Elle ne l'a plus regardé en parlant, trop perdue dans ses souvenirs nocifs et mal à l'aise de s'ouvrir ainsi. Pour se sortir de ce monde fini, la blessée boit une gorgée. Elle se brûle le palais, la langue, l’œsophage mais qu'importe. Ça lui donne la gifle qu'il lui faut.

"Désolée. Mais voila : tu sais."

Ses iris émeraudes se redressent sur lui, le fixant avec intensité. Inquisitrice. Elle se demande qui il est maintenant. Il en sait beaucoup sur elle. Plus que beaucoup. C'est son mari après tout. Quoi de plus normal ?

"A ton tour alors. Fais donc frétiller mes souvenirs en me montrant qui tu es."

Un sourire s'étire sur ses lèvres rougies, empreint d'amusement et d'ironie. A l'image de leur situation.
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MessageSujet: Re: Lancer de riz et amnésie (William)   Ven 18 Déc 2015 - 0:54

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L’odeur du café corsé s’élève jusqu’aux narines de William quand ses prunelles, elles, s’abaissent vers ce genou qui lui est discrètement présenté. La cicatrice est visible mais on sent que les années se sont écoulées, depuis sa création. Le grand brun observe cette trace avec la bienséance qui lui a été enseignée dans ses plus jeunes années, dignement française, et il ne songe pas à creuser dans sa mémoire, à la recherche d’un souvenir en lien avec cette parcelle de peau dénudée.

Le tissu vient vite recouvrir la marque et William repose toute sa concentration sur son café un bref moment. Le temps de  prendre conscience que cette fille a été sportive professionnelle. Quelles étaient les chances pour que ce professeur de littérature épouse une mordue de foot ? Quasi nulles, pour ainsi dire, mais Las Vegas a frappé et il faut se rendre à l’évidence : ce n’est que le début des surprises. Il relève ses yeux sur elle lorsqu’elle reprend la parole et l’écoute avec un sérieux intérêt, tout sauf forcé. Que ce mariage lui plaise ou non, que cette fille soit passionnée ou non par des choses qui ne lui font ni chaud ni froid, il doit admettre qu’elle commence à réellement l’intriguer. Qui se cache derrière cette tignasse ébène, ces yeux aussi clairs que les siens et cet air un brin sauvage qui indiquent tout sauf la facilité ? Finalement, elle l’a, ce petit côté attrayant. Il suffisait d’y songer, d’ouvrir les yeux.  

Cette blessure a changé la vie de Mia, or elle vivait en partie pour sa passion. Il voit à sa sensibilité qu’il n’y a pas que son genou, qui a été blessé ce jour-là. En réalité, sa vie entière a été brisée. Certainement pas à l’image de cette lueur qui brille dans ses yeux néanmoins, elle qui est éclatante et prometteuse. Cette fille a quelque chose de fort en elle, il le sent.

Mais voila : tu sais.

Est-ce qu’il sait vraiment ? Ou en sait-il seulement un peu plus… ? Buvant une gorgée de son café, il se soumet ensuite lui aussi à l’exercice. Parler de lui : l’une des choses qu’il aime le moins faire dans sa vie. Pas tant par gêne - quoiqu’il en soit malgré tout question - mais surtout parce qu’il estime qu’il y a de meilleures façons de découvrir les gens. Cela dit, il a lui-même demandé à cette brunette de parler d’elle. Ce serait mal venu de sa part de refuser d’en faire autant. Lorsqu'il la voit sourire, son regard s’éternise un peu sur les traits délicats de ses lèvres pour peut-être y trouver des réponses… Touché sans le vouloir par cette envie étrange, il abaisse bientôt ses paupières et sourit également, plus par mimétisme qu’autre chose.

─ J’étais encore étudiant au printemps dernier, sur le point de présenter ma thèse sur la littérature française au 19ème siècle devant le jury et… justement, j’avais voulu me changer les idées avec des copains de l’université.

Vague haussement d’épaules. Ses doigts caressent légèrement la tasse de porcelaine.

─ Il est fort probable que je t’ai parlé de ma passion pour la littérature, il paraît que je peux parler des grands classiques français pendant des heures sans m’en lasser quand j’ai bu. Enfin, pas que quand j’ai bu…

Will esquisse un sourire, croise ses jambes et apporte à nouveau la tasse jusqu’à ses lèvres. Il aimerait s’arrêter là, la regarder à nouveau dans l’espoir que ce soit elle qui reprenne la parole. Néanmoins, cela n’arrivera pas, il le sait. Il n’en a pas assez dit sur sa personne.

─ Je suis originaire du sud de la France, une ville qui s’appelle Nice. C’est en bord de mer, un endroit très agréable. Vivre dans les terres, ça n’a jamais été mon truc, pourtant j’adore voyager, où que ce soit. C’était la première fois que j’allais à Las Vegas d’ailleurs. Si c’est moi qui t’ai embarquée dans cette histoire folle, ajoute-t-il en signifiant le mariage, j’en suis navré. Ça ne me ressemble absolument pas et…

Il se mord légèrement la lèvre inférieure avant de rire, gêné.

─ Je ne comprends pas. J’aurais du fuir, devant une fille douée avec un ballon, d'autant plus avec des talons.

Le voici qui se moque un peu, mais gentiment malgré tout, ne cherchant pas du tout à vexer la jeune femme. Il parle seulement avec sa sincérité, celle de l’homme si peu intéressé par le sport ainsi que les sportifs. Ses yeux se fixent à nouveau sur Mia et son expression change encore, en douceur. Il fronce légèrement ses sourcils, ses doigts toujours accrochés à l’anse de la tasse.

─ Tu te souviens de la robe que tu portais, ce soir-là ? Ou peut-être de ton parfum ? J’accorde beaucoup d’importance aux sens, ça pourrait m’aider à me souvenir… Bien que cela ne changera rien à la donne. Nous allons devoir retourner à Las Vegas.

Non pas pour célébrer à nouveau leur union, non au contraire, pour réparer l’erreur qu’ils ont commise…


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MessageSujet: Re: Lancer de riz et amnésie (William)   Jeu 24 Déc 2015 - 11:18

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Mia Summerfield
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Leur parcours sont si opposés. Mia l'écoute avec intérêt, admiratrice de cette voie qu’elle serait incapable de suivre. Littérature française. Un grand lecteur donc. Comment ont-ils trouvé des sujets de conversation en commun ? La brune se demande s'ils ont seulement parlé car tout cela ne ravive aucun souvenir. Elle aime en apprendre plus sur cet homme lié à elle par un bout de papier. Là n'est pas la question. Mais le trou béant dans sa mémoire demeure. Elle profite de l'entendre parler pour l'observer attentivement. Il est propre sur lui. Il dégage un sérieux certain. Il est beau à sa façon. Rien à voir avec les sportifs ou sportives qu’elle a fréquenté. Le malaise entre eux reste évident. Bien que celui de la footballeuse se soit apaisé quelque peu. Elle n'apprécie pas la situation outre mesure mais il ne sert plus à rien de regretter. Maintenant, il s'agit d'arranger les dégâts. Puis qui sait sur quoi peut mener cette rencontre improbable ?

Un flash la frappe soudainement. Il est... français ? Il lui avait dit cela. Elle en est certaine. Malheureusement, son seul souvenir est horrible. Ses joues s'enflamment directement. A-t-elle réellement osé...? Et ça a fonctionné ? Comment a-t-elle pu faire ça ?! Elle boit la fin de son café pour penser à autre chose, décrochant un peu de la conversation, perdu dans le fil de ses pensées tourmentées. Sa remarque sur sa fuite des joueuses de football lui arrache un sourire malgré tout, laissant un peu sa gêne de côté. Elle comprend. Il n'aurait pas été pas le premier à fuir. Il existe aussi des hommes qui prennent mal qu'elle les dépasse dans ce domaine. Comme quoi... Mais non, il l'a épousé lui. Il n'a pas fui au final. Peut-être n'a-t-elle pas eu le temps de le faire fuir ? Si son souvenir est exact, c'est fort probable.

Elle se décide à reposer la tasse. Il continue de parler. Mentionnant des choses particulièrement bien pensées. Définitivement, il est plus malin qu’elle. Mais pas suffisamment pour avoir refusé leur union.

"Il faut retourner à Vegas pour briser le mariage ? Tu t’es déjà renseigné ?"

Elle sort son téléphone en parlant et se met à fouiller dessus. Sa tenue du voyage. Elle avait une photo. Reste à savoir si la photo est encore là. Elle ne sait pas comment le cliché avait fini sur son téléphone, ni qui l’avait pris, mais il est là. C’est sûr. Elle fouille donc. Galérant comme toujours. La technologie et elle, une grande histoire d’amour inexistante.

"AH ! Trouvé !"

Son sourire dévoile sa fierté et elle se penche vers William pour lui montrer, lui tendant l’appareil en espérant qu’il ne s’éteindra pas ou autre folie.

"C’était une belle robe donc quelqu’un avait voulu me prendre en photo je crois. Honnêtement, je sais plus. Mais voila. J’étais comme ça. Et toi du coup ?"

C’est un bon début. Quant au parfum… La solution était sous leur nez. Littéralement.

"Et je porte le même parfum que là-bas au fait ! J’utilise toujours le même donc tu peux sentir si tu veux."

Une flagrance fruitée. Des effluves aussi dynamiques et vives qu’elle. Qui dégagent des couleurs inexistantes. Qui donnent envie de sourire. Qui font penser à l’été. Mia les aime ainsi ses parfums. Et c’est toujours le même qu’elle porte. Elle a trouvé son odeur.

Son regard se perd dans les traits du beau brun. Elle le fixe encore. Observant sa réaction face à la photo et l’offre de venir mettre la tête dans son cou pour sentir. Elle se mord la lèvre. Hésitant à partager son souvenir. Grattant un peu de vernis sur ses ongles, elle se lance finalement.

"Je me souviens de quelque chose… Mais je tiens à dire que j’étais vraiment bourrée donc je m’excuse d’avance. J’ai très honte…"

Elle grimace.
Très, très, très honte.

"Tu m’avais dit que tu étais français. J’ai utilisé la pire technique de drague du coup pour t’embrasser… Je t’ai demandé…"

Un grognement lui échappe puis elle se rapproche, refusant de dire ça à voix haute. Proche de lui, Mia murmure donc sans oser le regarder, les joues rougies.

"Montre moi donc l’art authentique du french kiss"

Inconsciemment, elle a repris la voix semi-sensuelle de la scène réelle. Son regard n’a rien à voir pourtant. De la séduction outrageuse de Vegas, Mia ne garde que l’embarras qu’une phrase pareille pouvait provoquer. Elle n’ajoute d’ailleurs rien. Que dire de plus après un souvenir pareil ? Leurs soirées n’avaient pas volé haut. C’était une certitude.


Photo par ici
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MessageSujet: Re: Lancer de riz et amnésie (William)   Jeu 31 Déc 2015 - 19:05

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Briser un mariage, en France, cela prend du temps, de l’argent et de la ténacité. C’est parfois, même souvent, source de nombreuses prises de tête. Dans un pays où l’administration est aussi chargée, il faut tout simplement être persévérant. Mais aux États-Unis et précisément à Las Vegas, les choses sont beaucoup plus simples. Par chance, William et Mia n’auront pas à y passer des mois, ni à vider leur compte en banque.

─ Disons que c’est la solution la plus rapide et la moins coûteuse, déclare-t-il, avec flegme.

Il ne répond pas à la seconde question mais elle comprendra facilement qu’il s’est renseigné sur le sujet. A vrai dire, il s’est jeté sur Internet dès lors qu’il a compris qu’il était marié, avant de se ruer à la bibliothèque municipale pour y trouver davantage d’informations. C’était inconcevable pour lui d’être lié de cette façon à une autre personne, inconnue surtout. Inconcevable, à la limite de l’insupportable. Heureusement, les jours qui ont passé depuis et ce qu’il a appris dans les sources les plus sûres ont fini par le détendre, conscient que ce n’était qu’une question de temps avant de redevenir officiellement un célibataire, libre comme le vent. Et ça, dans l’esprit du jeune Français plus que pour des questions pratiques, ça a toujours été essentiel.

Quand il repose la tasse sur la table, Mia lui montre une photographie d’elle, dans la robe qu’elle portait ce fameux soir-là. Ses prunelles fixent l’image un moment, et en particulier les lignes de tissu qui se croisent dans le dos de la jeune fille. Il essaye de se souvenir et c’est ce détail-là qui lui cause, mystérieusement. Quand tout à coup l’écran s’assombrit, William est victime d’un flash, aussi court que net.

Un endroit lugubre, sombre… faiblement éclairé par quelques néons capricieux, ici et là, au plafond. Des tags sur les murs, de toutes les couleurs. Une odeur peu agréable, bien loin de ce parfum qui lui chatouillait les narines. Ses doigts, qui s’accrochent à ces lacets pour les faire glisser le long de ses épaules, de ses bras, pour…

Et l’odeur du café revient déjà, quand il s’écarte et rouvre les yeux. Elle semble si légère, fière d’elle et de ses goûts. Jeune et jolie. Détachée de cette erreur qu’ils ont commise, et il aimerait que ce soit pareil pour lui. Il aimerait se sentir détaché, délesté de ce poids. Mais il y a eu ce flash, il y a eu cette propulsion d’angoisse quand il a compris que dans ses souvenirs bien profonds, Mia avait réellement été un objet de ses désirs. Doit-il lui en parler ? Et si c’était un mirage qu’il venait de se créer ? Et si… ? Finalement, il se dit qu’il devrait aller questionner les amis qui l’ont accompagné à Las Vegas. Peut-être se souviennent-ils de quelques détails. Peut-être pourront-ils l’aider. En tout cas, William en oublie que Mia lui a retourné la question sur sa tenue. Est-il si important, de toute façon ? Le classicisme du trentenaire n’aurait probablement pas éclairé davantage la lanterne de la jeune fille.

Il ne sait pas s’il doit s’estimer heureux du souvenir soudain de la brunette. Les sourcils légèrement froncés, tout concentré sur ses propos et sur son visage qui semble vraisemblablement évoquer la honte, William accuse bientôt le flash de Mia. Cette technique de drague auxquels les Français n’échappent que rarement, en tout cas cela lui fait écho, à lui. Pas venant d’elle, d’autres femmes. Mais c’est bien sur elle, que toute son attention est portée à cet instant. Il craque un sourire, face à ce petit air théâtral, face à ces mots presque sensuels, et bien évidemment, il tente ensuite de creuser dans sa mémoire à lui pour se souvenir de ça. Le flou est énorme, vraiment énorme.

─ Tu n’avais pas été chercher ça loin pour ce coup, je te l’accorde.

Quelque peu amusé, mais avec une réserve toujours bien là, William sent une question lui brûler les lèvres, quand bien même il se doute déjà de la réponse. Après tout, s’il y a eu cet épisode dans le recoin cafardeux, il y a sans doute eu une introduction auparavant. Alors…

─ Mais je suppose que j’ai tenté de te montrer, n’est-ce pas ? Badin, il fait appel à la mémoire de Mia. Pour mieux t’accompagner dans le ridicule de la situation.

Il lui adresse un petit sourire complice, le premier. Car ce sujet est léger, finalement, et même drôle. Il oublie un peu le pacte officiel qui les lie et ne pense qu’à ce jeu de séduction alcoolisé qui a dû les rassembler, le temps d’un soir… Un instant qui ne dure pas longtemps, car il se brûle un peu les yeux en la regardant avec cette nouvelle et étrange connivence. Cela ne fait pas sens… A-t-il oublié qu’il ne la connaissait pas ? Que leur monde ne semble avoir rien en commun ? Comment tout cela est-il possible ? … Tout à coup, il ne sait plus trop quoi dire, quoi rajouter. Sa tasse de café est vidée, son esprit plein de cette fille étrangère, ou presque. Jamais il n’a autant désiré ce souvenir de quelque chose. Jamais. Il pourrait lui poser d’autres questions sur sa vie, ses passe-temps, ce qu’elle aime et ainsi de suite ; ça pourrait réellement l’intéresser, si seulement il n’avait pas une épée de Damoclès au-dessus de lui.

─ Si nous retournons à Las Vegas, on pourrait peut-être recouvrer notre mémoire. Il y a des choses dont je crois me souvenir… mais sans grande certitude. Enfin dans tous les cas, nous devons y retourner ensemble pour annuler les vœux.

A son tour, il a sorti son cellulaire de sa poche. Lui qui n’est pas un grand passionné de technologie, il sait pourtant bien s’en servir lorsque cela s’avère nécessaire. Au bout d’une minute, il tourne son écran vers Mia. Dessus, la page d’un site où des dizaines de photographies et vidéos sont affichées les unes après les autres. Des couples de mariés guillerets, unis face à un drôle d'Elvis. Des photos souvenirs, en somme.

─ Si tu as envie de te revoir dans ta magnifique robe... tu sais où aller.

Mais lui préfère à tout prix éviter de voir cette photo, étrangement. S'il a hâte de mieux comprendre ce qui s'est passé pour avoir la conscience plus tranquille, il y a des choses que ses yeux ne sont pas encore prêts à voir. C'est pourquoi il range son portable et sort à la place un billet afin de payer les deux boissons.

─ Tu as un weekend à tuer, prochainement ?


L'amour est une fleur délicieuse, mais il faut avoir le courage d'aller la cueillir. Stendhal
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MessageSujet: Re: Lancer de riz et amnésie (William)   

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