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 same old, same old? [w. edgar]

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MessageSujet: same old, same old? [w. edgar]   Dim 25 Oct 2015 - 0:34

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Oscar Luccheti
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SAMEDI, dernière semaine d'Août.

Tic, toc.
Tic, toc.
Tic, toc.
Tic, toc.

13:01.

Je soupire et je m'étire. Je regarde autour de moi une nouvelle fois, pour me rassurer. Non, je n'ai rien oublié. Tout est bien propre et rangé, à présent. Je suis encore étonné d'y être parvenu aussi rapidement...

– Ne me parle pas comme ça! Écoute moi quand je te parle! Pour qui te prends-tu? Tu n'es qu'une chienne, tu m'entends? Tu n'es qu'une putain de chienne qui ne mérite même pas qu'on la touche! Ouais, ouais, c'est ça, casse toi, va rejoindre ton autre mec, mais oui, mais oui, mais ... Va t'en, je te dis!

Des cris... Des cris et des larmes. C'est systématique, en haut. Appartement 7B. Je ne les ai jamais rencontrés. Je crois que c'est une bonne chose. Parfois, on peut entendre des plaintes, aussi. Ou des sanglots. La nuit, surtout, les sanglots. Juste au dessus de mon lit... Cela fait plusieurs semaines que ça a commencé. Maintenant, je m'y suis tout sauf habitué.

Le plus souvent, cela dit, c'est les hurlements, qu'on entend. Les siens, à elle. Puis les bruits sourds. Les silences. De nouveaux cris.

Personne ne sait réellement ce qu'il se passe, là haut. Je crois que ça me fait peur.

Tic, toc.
Tic, toc.
Tic, toc.
Tic, toc.

Je me lève, parce que je ne supporte pas de rester figé en un seul et même endroit. À l'université, c'était horrible lorsqu'il y avait des séminaires auquel je devais me rendre... J'ai fini par jouer au tambour avec mon pied, afin de faire passer le temps et de tuer l'ennui. Je ne sais pas rester figé en un seul endroit. J'ai besoin de bouger, me dégourdir les jambes... Parce que ça m'aide à... Réfléchir.

Alors, je fais les cent pas.

Un, deux, trois...

Et au dessus, les sanglots commencent enfin.

... Sept, Neuf... Quinze...

Je ne comprends pas. Comment c'est possible. Pourquoi c'est possible.

... Vingt-sept... Trente-deux... Quarante...

Et les sanglots continuent...

... Cinquante-cinq, cinquante-six, cinquante-sept... Soixante-dix.

Je me demande si...?

Je m'arrête.

Je me demande si je devrais monter.

Je fais un pas vers la porte, puis deux.

Les sanglots, étouffés, s'éteignent à petit feu. Je devrais faire quelque chose, aller frapper, toquer là-haut, à la porte de l'appartement 7B. Alors je marche vers la porte.


Tic, toc.
Tic, toc.
Tic, toc.
Tic, toc.

Un dernier coup d'oeil au cadran, avant de monter...

13:05.

Et pas d'élève en vue.
Il avait dit treize heures tapantes...

S'il a cinq minutes de retard, il en aura probablement deux de plus.
Ma main est sur la poignée, à présent, et je la tourne.
Je m'apprête à sortir avant de me rendre compte que l'entrée est bouchée.

Il est là.




Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: same old, same old? [w. edgar]   Mar 27 Oct 2015 - 15:37

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Edgar C. Dobson
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Il sort de l’ascenseur étroit – ergh ne pas toucher les parois.
Un dernier regard jeté en arrière pour l’appareil défraîchi – au moins, il n’y a pas assez de place dedans pour qu’un couple tente d’y faire l’amour.
C’est con, mais Edgar préfère savoir que ses semelles n’ont pas touché des restes de fluides corporels. Chez Edgar, même les semelles sont une partie de lui.

Il avance dans le couloir…

Et…

Ça … gueule ? Ça s’engueule, en tout cas.
Vers le haut, vers le ciel.
Au-dessus des portes, au-dessus des numéros.
A l’étage supérieur, un couple s’arrache, se détache, s’amourache, se tue à la hache.

Edgar continue à avancer.
Ses yeux rivés sur les numéros des portes.
Il fronce les sourcils.
Il avait oublié à quel point… Certains appartements lui font penser à une prison.

Ça tonitrue. Ça détonne. Ça s’éventrue.

Encore au-dessus.
Edgar stoppe net.
Devant lui, le numéro du prof de cuisine.
Au-dessus de lui, les voix plus fortes.

Il observe, évidemment. Il écoute. Il se demande si.
L’humain est un animal indiscret.
Il ne perd pas des millénaires d’instinct en quelques centaines d’années de civilisation.

Mains dans les poches de la veste de cuir fin et brun,
Tête levée vers le plafond à s’en casser la nuque,
Bouche bée à s’en décrocher la mâchoire,
Il décortique tous les mots, toutes leurs bribes pour tenter de comprendre.
Et jauger.

Comprendre est pour le cerveau supérieur.
Jauger est pour le cerveau reptilien.

Jauger du danger.
Jauger de l’urgence.
Jauger si on est un animal social qui veut intervenir pour la société – ici, une femme et un homme.
Drôle de société, en réalité. Mais société malgré tout.

La porte s’ouvre.

Sans bruit dans le couloir
Ce fracas dans la tête.

BAM.

Un autre homme.

BAM

Une autre situation.

Les yeux cillent une fois.

L’esprit reptilien switch. Off.
L’esprit humain s’ouvre. On.

C’est le prof – éduqué à la cuisine et qui va éduquer à la cuisine.
C’est un spécimen hors de la scène entendue, perçue, mal vue, où la femme – chienne ? – se fait engueuler, secouer, brimer, malmener…


- Bonjour.

Il tend la main.

Et la femme, en haut, l’invisible, la cachée par le plâtre du mur, l’acier des poutres, pleure…


- Edgar Dobson. Enchanté.

Elle pleure.
Elle sanglote.
Elle pleure.
Elle hoquète.
Elle pleure.

Ça va être difficile de se concentrer sur des pâtes cuites al dante…

L’homme en face de lui, l’inconnu, là, le prof qu’il ne connait pas encore… Il devrait au moins l’étonner. Belle gueule – on imagine souvent un cuisinier âgé – et probablement un minimum musclé – on imagine toujours un cuisinier bedonnant. Mais rien.

Rien parce que.
Là-haut…
Y a trop. Trop de choses qui attirent l’attention.
Tout le focus sur le plafond.
Plus rien, du focus, plus rien pour le prof de cuisine.

Désolé, ce sera pour après.


- Dites, avant de commencer le cours…

Edgar pointe le plafond du regard. Sourcils en accents circonflexes décomplexés, étonnés.

- Ça arrive souvent ? On devrait peut-être appeler la police, non ?


Les humeurs du corps

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MessageSujet: Re: same old, same old? [w. edgar]   Mer 28 Oct 2015 - 0:47

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Oscar Luccheti
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- Bonjour.

Et je cligne des yeux.
Mon visage est le miroir de l'étonnement que je ne tente même pas de masquer.
Il est... Ici.

– Bonjour! Je m'exclame en souriant avant d'attraper la main qu'il me sert pour la saluer chaleureusement. Je suis Oscar. Enchanté également. Mon sourire ne s'efface pas mais je lâche sa main. Puis, je me donne le droit de le dévisager un instant.

Je l'observe, malgré moi. Curieux d'en découvrir plus sur ce personnage particulier.
Les apparences sont toujours trompeuses. Ou presque.
C'est une chose que j'ai appris bien assez/trop tôt dans ma jeunesse.
La fille populaire qui connaît tout le lycée de jour est la fille suicidaire qui se taille les veines la nuit.
Le garçon intellectuel qui réussit toujours ses examens est également celui qui se réfugie dans ses bouteilles et ses pilules lorsque ses parents ont le dos tourné.
L'athlète souriant et privilégié n'étale pas au public plébéien ses penchants pour la gent masculine. Ça ne se fait pas. Ce n'est pas socialement acceptable.

Tout comme ce n'est pas socialement acceptable pour le banquier/ouvrier/maçon/avocat honnête d'avouer qu'il bat sa femme/compagne/soeur/petite-amie/fille/mère/autre. Ça ne se fait pas. On ne dit jamais tout ce qu'il y a à savoir sur nous. On cache toujours des choses. On a toujours des secrets.

Mais comme à chaque fois, les secrets... On ne peut jamais s'y fier.
Parce qu'il y a toujours au moins deux personnes qui la connaissent, la vérité: l'esprit... Et le corps.
Et si l'esprit ne veut pas parler, le corps est parfois le premier à le trahir.

Ça se manifeste dans le physique. L'apparence soignée – ou non – la poigne ferme – ou non – les vêtements colorés – ou sombres. Il y a toujours des indices. Toujours des trahisons de nos pensées, dans nos apparences, les images que l'on projette à ceux qu'on rencontre...

Alors je les observe, les images.
Je suis curieux. Je veux connaître l'histoire.
Savoir qui se cache derrière le masque. Ou comment le masque a été peint, tout simplement.
Il semble... Distingué.
Étrangement, le genre d'hommes avec qui on pourrait me voir ami, si on était collègues.
Pourtant, si on l'était, je doute fortement qu'on s'apprécierait.
C'est ça, aussi, le miracle de la vie: pouvoir occuper différents rôles selon notre emplacement dans le temps et l'espace.
On peut faire office de professeur, d'ami, d'ennemi, de frère ou de parent pour une seule et même personne selon les circonstances. Je le regarde, attentivement, et je me dis que les cours devraient bien se passer.
Mais si on avait eu à se rencontrer autrement... Je suis persuadé que l'on n'aurait même pas pris la peine de se regarder plus d'un instant. Afin de voir quelque chose de sympathique dans le regard de l'autre, ou même dans son sourire.
Il aurait eu ses préjugés.
Et moi, j'aurais eu les miens.

Je me dégage alors du passage histoire de lui laisser assez de place pour entrer.

– Je t'en prie, fais comme chez toi! Mon sourire demeure, fièrement, chaleureux. Je joue la carte de l'hôte parfait comme mamma m'a bien appris à le faire, il y a tant d'années. Ah, mamma... Et pourtant, il reste là. Debout. Planté comme un piquet. Il ne bouge pas.

J'hausse un sourcil, étonné.
Je ne comprends pas.
Je baisse les yeux.
Est-ce que...?
Ah, non, ce n'était pas un problème de braguette ouverte: c'est probablement mon tablier.
Rose. Avec des cupcakes. Je... J'aurais peut être mieux fait de ne pas le mettre, ce tablier...

Cazzo.

- Dites, avant de commencer le cours…

Je continue de sourire malgré l'appréhension.
L'hésitation dès le premier instant, ce n'est pas vraiment bon signe, si?
Ou alors c'est moi qui suis trop nerveux...?
À voir.

Ses yeux se lèvent. Les miens suivent.
On regarde... Le plafond?

CRASH!

Verre brisé.

Ah.

- Ça arrive souvent ? On devrait peut-être appeler la police, non ?

Mon sourire se crispe. Je réfléchis, et j'hésite.

Que faire...? Agir et réagir?
Préserver les apparences...?

... On a tous des secrets.

Alors je retravaille mon sourire, duquel j'essaie de balayer toute trace d'inquiétude.

– Non, du tout. De temps en temps, pour les grandes occasions... Tu sais bien ce que c'est, les scènes de ménage. Elle a probablement trouvé un cheveu suspect dans sa penderie.

Faux. Faux. Et je le sais.
Moi? Je ne mens jamais.
Et pourtant, aujourd'hui, je ne sais pas pourquoi, mais...
Je n'arrive pas à m'en empêcher.

– Ça va se terminer d'ici une petite minute ou deux, fais moi confiance. Je sais de quoi je parle.

Clin d'oeil.

Mal
sain.




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MessageSujet: Re: same old, same old? [w. edgar]   Lun 2 Nov 2015 - 19:37

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Edgar C. Dobson
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Mini-scrutation… Pas de chasse. Peut-être de territoire ? Sur le moment, on ne sait pas.

Mini-scrutation… De quand les hommes devaient évaluer les hommes.

Mini-scrutation…
Ce moment où les paroles sortent, affluent.
Ce moment où les civilités s’imposent en nouveaux réflexes.

Ce moment où on sent,

Malgré soi,
Contre soi,

La question inscrite dans les gènes des hommes qui ont survécu :
Ami ou ennemi ?
Ils ne seront pas ennemis.
Tout crie qu’ils ne le seront pas. Relation de prof et d’élève, quelques heures…

Mais la scrutation est là, malgré tout, dans les tripes. Elle grouille, légère et furtive. Elle lance quelques éclairs rapides.

Elle ne dure pas. Les scrutations durent rarement.

Un battement de cils pour revenir dans les civilités.
Un battement de cils pour chasser la bête.

L’animal doit se taire.
La bestialité, aujourd’hui, n’est pas désirée. Pas invitée. Les instincts, aujourd’hui, ne sont là que pour le goût.
L’odeur, aussi.
La texture, aussi.
Le combat, non.

Oscar rassure.


– Non, du tout. […] Tu sais bien ce que c'est, les scènes de ménage […]
– Ça va se terminer […] Je sais de quoi je parle.


Un clin d'oeil... Un peu étrange.


Qui est Oscar?


Edgar sourit.
Lèvres closes et air entendu : les couples …


Je vois.

Un dernier regard pour le plafond. Un adieu d’intérêt… Et une promesse, pour lui-même, que s’ils ne se taisent pas, il les fera taire. Edgar n’est pas venu pour des voisins qui n’existent que par leurs voix.

Oscar l’a invité à entrer. Edgar entre.
Ses yeux balaient, vite, horizontalement, l’espace, globalement.
Impression visuelle. Introduction du chez-Oscar par les yeux d’Edgar.

L’antre d’un autre, c’est toujours étonnant.

Etonnant parce qu’on n’aurait pas choisi la même couleur des murs. Ou si.
Etonnant parce qu’on n’aurait pas mis les meubles au même endroit. Ou si.
Etonnant parce que…
Oscar porte un tablier rose… Edgar posera la question plus tard qui le démange plus tard.


Qui est Oscar?


Vêtement pour vêtement… Il retire sa veste de cuir.


Puis-je ? Je suppose que…
Je vais aussi porter un tablier ?

Rose ?

Ca gueule encore en haut.

Deux secondes de silence.
Deux silences de mouvements en suspension.

Un instant où les pensées veulent voler vers le haut.
Un effort pour ne pas regarder le haut  – de nouveau.
Un effort – évident – pour rester dans le présent de chez-Oscar.

Edgar continue.


Merci d’avoir répondu à mon annonce.

Il n’entre pas dans le vif du sujet. Il est venu pour la cuisine, mais avant… Il veut se présenter, à sa manière. Une espèce de parade non nuptiale entre animaux civilisés. Une approche à la fois frontale et indirecte.

Je l’ai passée parce que j’ai un binôme de chimie et…
Qu’il cuisine mieux que moi.

Les mains s’ouvrent. Le sourire se fait à demi. Les sourcils se haussent.

Je sais.
C’est puéril.

Il sourit tout à fait. Les dents blanches. Les canines aiguisées. Les yeux qui rient.

Mais …

Edgar hausse les épaules.
Un peu désinvolte. Un peu détaché.

Au fond, très motivé.
Ce binôme…

Son attention revient sur Oscar.
Edgar veut enregistrer sa réaction.

Est-ce qu’Oscar s’en fout de ses motivations ?
Il parie que oui.
Est-ce qu’Oscar va lui montrer ses motivations à lui ?
Purement dollar ?

Ou...

L'amour de la tradition?
L'amour de l'Italie?

Pourquoi pas?


Qui est Oscar?


Et sous ses cils, les pupilles s’ouvrent grand. Elles veulent attraper Oscar. L’étudier, l’analyser.

Le disséquer.

Lui arracher la peau.

Lui séparer les chairs.

Voir ses os.

Découvrir sa moelle.


… je ne suis pas fermé à d’autres motivations moins enfantines.


Les humeurs du corps

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MessageSujet: Re: same old, same old? [w. edgar]   Mar 10 Nov 2015 - 1:31

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Oscar Luccheti
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Les yeux me balaient comme un nuage de poussières. Je me sens disséqué. Décomposé. Décortiqué par ce regard. Et ça me met mal à l'aise.

Mais j'attends, et j'attends en silence.
Les yeux me balaient, et je souris en silence.
Le regard me dévisage, et moi, je feins l'ignorance.

Observé tel un criminel, guetté comme un prisonnier, les moindres mouvements surveillés, je devrais faire attention, à ce que je dis, à ce que je fais...
Mais non.
Non.
Absolument pas.
Au lieu de cela, au lieu de feindre une banalité sans équivoques,
Au lieu de cela, au lieu de feindre une sincérité sans la moindre cloque...

Je mens.
Oscar ment.
Et je ne suis plus moi, mais un mensonge de moi-même.
Un Oscar qui ment. Un Oscar qui, jusqu'aujourd'hui, n'existait plus, n'existait pas.

Je suis malhonnête.
Si j'avais un miroir, face à moi, mon reflet me cracherait des insultes au visage.
Faible. Lâche. Hypocrite. Malhonnête. Quand as-tu vendu ton humanité au profit de ta sociabilité?

Dans mon coeur, un brin d'altruisme pousse ses derniers cris.

Changement d'angle. Je redresse mes yeux honteux de scélérat pour faire face à son sourire sincère. Complice. Complice de crimes. Complicité de mensonge. Complicité inconsciente. Complicité involontaire. Et je l'entraine dans la misère de ma lâcheté.

Je souris aussi. Complicité scellée. Plus de marche arrière. Il est dans le coup à présent, bien qu'il ne le sache pas.

Mes paumes, moites, me supplient d'arrêter.
La gorge, nouée, me sermonne de faire marche-arrière.
Le coeur, lourd, tambourine pour me faire avouer.


Trop tard, trop tard.
En haut, il y a des cris, des pleurs. En bas, un menteur, qui a menti.
Trop tard, trop tard.

Et maintenant, je ne peux plus annuler ce qui a déjà été dit, ce qui a déjà été fait.

Il regarde le plafond.
Mon regard suit.
Je regarde et j'entends. J'entends et j'imagine. J'imagine et je vois. Les objets cassés. Les bleus. Le sang. Les blessures. Les plaintes. Je vois. J'imagine. J'entends. Et j'entends. Et mon regard, comme obnubilé, du plafond, ne veut pas se détacher.

Je...

Il entre et j'arrête de regarder.
Il entre, et maintenant, c'est lui que je regarde.
Et sa réaction.

Il semble observer, et je me demande instinctivement ce qu'il pense.
Trop petit? Trop délavé? Trop impersonnel? Trop pauvre?

Je regarde autour, moi aussi, comme un phare qui guette le retour des matelots.
Mes yeux tombent sur le canapé délavé et les rideaux rendus rugueux par les années.
La table en bois, tachée par l'usure, ainsi que la chaise grinçante sur laquelle je ne m'assieds pratiquement jamais.

Que voit-il?
Qui voit-il?
Comment me voit-il?

Je fais mine de ne rien remarquer.

Il se déshabille. Commence à parler. Avant même qu'il ne termine sa phrase, je tiens déjà la veste en main. Elle glisse entre mes doigts, moites.

Cazzo.

Elle glisse et j'ai peur de la salir. Je me précipite vers la chaise grinçante, sans réellement réfléchir. Mes jambes avancent par automatisme tandis que je plie la veste avant de la poser contre le dossier. Je glisse alors mon bras le long de mon front. Il me demande s'il devra, lui aussi, porter un tablier. Sourire, légèrement amusé, relativement embarrassé.

– Non, non, en fait. Je faisais quelque chose de compliqué ce matin mais la recette que j'ai prévue pour aujourd'hui est relativement simple. Je n'ai qu'un seul tablier. Je n'ai pas peur de tâcher ces vêtements-ci, ceux que je porte en dessous, fort heureusement.

En haut, un nouveau cri, un nouveau bruit sourd.
Je grince des dents, levant des yeux vers le ciel.
La porte claque, des pas résonnent.
Quelqu'un part, je crois...

Je soupire, soulagé.
Ouf, sauvé.

Quelques sanglots, encore, mais plus de cris, ça, c'est fini.

... Du moins, pour le moment.
Cet immeuble est vraiment nul. Les murs sont en carton. Les sols et les plafonds aussi.
Je me retourne à nouveau vers lui, cet élève, ce...

Edgar.

Et la confusion de quelqu'un qui ne sait pas ce qu'il fait ici. Il me remercie d'avoir répondu à son annonce et j'hoche de la tête, souriant. Je t'en prie, ce n'était pas grand chose, vraiment. Je m'apprête à répondre mais il m'emboîte le pas.

Je l'ai passée parce que...

Sans le vouloir ni pouvoir l'en empêcher, me voilà contraint d'entendre et d'écouter.
Je fronce des sourcils, baisse des yeux.
En haut, les sanglots s'étouffent et s'éteignent, peu à peu.

Ah...

Je me mords la lèvre.

– Je vois.

Je ne le regarde pas: je pense, je réfléchis. Est-ce une compétition? Ou une histoire de jalousie?

... Est-ce important...?

Je sais.
C’est puéril.


Un sourire chaleureux et sympathisant. Compréhensif, même.

– Non, pas vraiment. Si, un peu. Mais ce que je pense a-t-il réellement de l'importance? Je ne suis pas là pour le juger, lui et ses envies, lui et ses motivations, lui et ses pensées.

Je suis là...

Pour lui apprendre à cuisiner.

Alors, c'est ce que je vais faire: lui apprendre à cuisiner.

– Pour aujourd'hui, j'ai prévu quelque chose de simple, comme dit plus tôt. Spaghetti carbonara. C'est un classique qui ne prend jamais très longtemps.

Sourire chaleureux tandis que je marche vers le réfrigérateur. Mes chaussons se froissent faiblement en frottant le sol. Je ne me retourne pas. Je ne le regarde pas. Je réfléchis. Impressionner... Il cherche à impressionner. Je dois l'impressionner. Être à la hauteur. Je sais. Je le serai. Et pourtant...

Il y a cette boule nouée dans mon ventre et sa jumelle, logée au fond de ma gorge. Être à la hauteur. Je connais mes compétences. Je connais mes capacités. Et les siennes? Je les ignore. Peut être qu'il va croire que je l'ai sous-estimé...?

Je ne sais pas.

J'ouvre la porte du frigo.

Il parle.

Je plisse des yeux.

Je n'ai pas entendu. Ou plutôt, je n'ai pas compris. Pas fermé...? D'autres motivations, moins enfantines...? Je...?

J'attrape la pancetta, les uova et le parmigiano. Rien de plus. Rien de moins. Recette simple, je le lui ai déjà dit. Je souris, à nouveau en me retournant.

– Je suppose que cela veut dire que tu comptes suivre attentivement chaque mot et chaque action? Un sourire. Une provocation. Une invitation. Au final, je ne suis pas là pour lui dire comment vivre et comment faire. Je suis là pour faire cours. Il en retiendra ce qu'il en voudra, après tout: comme bon nombre d'autres choses, ça, c'est hors de ma portée.




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MessageSujet: Re: same old, same old? [w. edgar]   Mer 30 Déc 2015 - 17:13

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Edgar C. Dobson
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– Je suppose que cela veut dire que tu comptes suivre attentivement chaque mot et chaque action?

What the … ?
Il faut deux secondes.
Deux secondes de silence.
Deux secondes de répétition dans le vide.

Deux secondes pour chercher le lien.





Pas de lien.

Tant pis. La société n’est pas faite pour être comprise non-stop, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept.

Il lâche. Il laisse partir l’envie de comprendre. Et quand l’envie de comprendre s’en va, les efforts aussi.

Si tôt dans la leçon ?





Si tôt dans la leçon.


Non.

L’habitude de dire « non ».
Souvent, le « non » sort sans ménagement.
Cette fois, le « non » est sorti spontanément.
Pas vraiment dur, pas vraiment énervé, pas vraiment coléreux…
Un « non » simple. Un « non » à sa façon… Sans effort de sociabilité ni d’amabilité, ni d’agressivité, ni de rébellion. Un « non » rien du tout.

Si on lui avait s’il aimait la vanille, il aurait répondu de la même façon.


Et tu t’y attendais, je suppose.

Continue-t-il sur le même ton.
Proposer de suivre comme un mouton pour un carbonara, vraiment ?

Edgar ne hausse pas les épaules. Ne sourit pas. Ne se moque pas. Ne s’émeut pas.
Quand c’est évident, pourquoi exprimer autre chose que l’évidence ?

Il pourrait attendre la suite mais attendre… Il n’en a pas envie. Il n’a plus d’effort d’amabilité, déjà. Il ne voit plus que son envie de faire mieux que l’autre étudiant. Et l’envie de comprendre si la cuisine est une simple affaire de chimique organique et minérale.

Si la cuisine est une affaire d’amour du pays ou de chimie humaine… Le cours semble raté d’avance.

Oscar… Qui il est ? Il ne se pose déjà presque plus la question.

Puis il se ravise.
Oscar ne lui a peut-être pas tout dit.
Oscar lui a juste montré des ingrédients.
Soit.


Ou alors tu connais un truc complexe qui le rend exceptionnel ?

Après tout, pourquoi pas ?
Edgar regarde ce qui a été sorti du frigo.
Ça pourrait donner quelque chose de particulièrement bon, ça ?

Si Oscar a voulu être provocant ou susciter quelque chose chez Edgar, c’est raté.

Il déteste suivre.
Mais si les choses doivent être mécaniques, les choses seront mécaniques.
Il n’a pas envie de rendre humain ce qui ne l’est pas.
Il n’a pas envie de passer son temps à ressentir quelque chose.
Il s’emmerde déjà, presque.

Il regarde Oscar. Il le regarde comme une machine.

Et donc, ça vient ?

On dirait un ado devant un distributeur de boissons qui ne veut pas donner la boisson pour laquelle on a appuyé sur un bouton.

Une petite pensée, soudain.

Moui… Oscar a peut-être besoin de plus d’explication.


Je ne distingue pas un carbonara grande surface à un carbonara fait maison.

Il regarde le reste de la cuisine. Est-ce qu’une cuisine en dit long sur son propriétaire ? Aucune idée. Mais à défaut de pouvoir faire autre chose, il regarde le reste de la cuisine.

Je n’ai pas le palais gourmet et je ne tiens pas à l’avoir.

Ça ne l’intéresse pas. Et si personne ne lui dit pourquoi cela pourrait être intéressant, il ne le trouvera jamais intéressant.

Il l’a dit, il est là pour la compétition très spécifique avec un autre étudiant de chimie.

Il a fini d’observer la cuisine, il ne lui reste plus grand-chose à faire.


Si cuisiner consiste à suivre docilement…

Il hausse les épaules.

Alors dis-le moi et j’achète un bouquin.
Et tu seras payé cette leçon de toute façon.


Les humeurs du corps

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