Partagez | 
 

 Quelques poussières de souvenirs de Wolfram & Chloé

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
MessageSujet: Quelques poussières de souvenirs de Wolfram & Chloé   Mar 27 Oct 2015 - 16:25

Chloé Beauchamps
Belle et rebelle
Belle et rebelle
Age : 25
Date d'inscription : 19/07/2015
Messages : 145
Nationalité / origines : Franco-Américaine
Situation : Célibataire
Orientation sexuelle : Bisexuel(le)
Etudes/études passées : Littérature Anglaise
Job/Métier : Agence de Mannequin / Comédienne
Adresse de résidence : Coloc avec Adélaïde & Andreas
Dispo pour le rp : Oui
Voir le profil de l'utilisateur


1er Souvenir -
Zoom sur Juillet 2011 - Un 24 Juillet -
l'Aurore pâle & l'Anniversaire troublé.


La chaleur du tissu apaise les tiraillements de l'esprit. Le velours accueille en son sein épais et laiteux les angoisses des enfants tout juste égorgés. La naissance d'une femme. Déchirement intérieur, bougies soufflées qui s'évaporent tels les regrets. Sensation d'immatérialité. Le sang coule d'une manière nouvelle, il fuse dans les artères avec cette fougue qui s'abime, s'éveille, qui s'indigne, s'émerveille. Je ne me souviens de rien à part peut être du grincement du bois qui craque.

« Pitié... Laissez-moi partir... Que cela cesse enfin.. J'ai mal. »

Ironie risible qui s'étire.
L'âme qui s’exhibe.

Les songes funestes ne sont palpables que lorsque l'on décide de leurs propres crédibilités. Mes cauchemars m'enveloppent avec une telle brutalité que je ne sens même plus la chaleur de la couverture de velours. Elle m'échappe, elle s'enfuit lâchement, me laissant seule avec mes réminiscences écorchées. Les racailles de la vieille. Les voyous de l’embuscade. Ils sont là, encore, ils me veulent et je m’abandonne.

« Non...! »

Ma bouche forme un O tandis que mon corps se redresse en I.

La lune à désertée. L'aurore retient encore un peu le soleil. Faible lueur émanant de la fenêtre. Je cligne des paupières, je détaille cet environnement incertain où rien ne me paraît familier. Les images de la soirées s'entremêlent à celles du mauvais rêve. Peu à peu, je distingue le réel et l'imaginaire. Peu à peu, je me souviens. Je me souviens de lui.

Lui, le sauveur.
Lui, le chevalier.

L
U
I

Qui me manque déjà.

Je déplie mes doigts, étire mes jambes. Mes cheveux sont défaits et mon maquillage à coulé. Je cligne encore les yeux et parmi les ombres du passé, je le reconnais. Il est là, devant moi, il m'observe. Maladroitement, je me relève, restant encore à demi allongée. Je reconnais son odeur, je reconnais ses prunelles inquiètes qui me fixent avec cette intensité si spéciale, si avenante, si troublante. Je reconnais sa silhouette, ses épaules droites et carrés, son front légèrement plissé. Il est d'une beauté inaccessible tel une sculpture sacré dont on n'oserait s'approcher.

« Bonjour... »  

Ma voix brise le silence. J'esquisse un léger sourire en apercevant le verre d'eau et les médicaments qui trônent sur la table, à côté d'une assiette de pancakes qui réveille soudainement mes sens.

« C'est pour moi ? »  

Question foutrement idiote.
"Non c'est pour le chien du voisin."

« Tu... Tu es resté ici toute la nuit ? »

Je désigne le fauteuil en face du lit, légèrement honteuse. La bonté existe ? La douceur gracieuse, bienveillance délicate, le geste noble.

Ma gorge se noue, et merde, je suis émue.
 




Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Quelques poussières de souvenirs de Wolfram & Chloé   Jeu 29 Oct 2015 - 18:18

Wolfram Blake
À votre service
À votre service
Age : 21
Date d'inscription : 16/06/2015
Prénom : Amy
Célébrité : Milo Ventimiglia
Crédit avatar : wat.
Messages : 194
Nationalité / origines : U.K
Situation : Célibataire
Orientation sexuelle : Hétérosexuel(le)
Etudes/études passées : Cinéma, audiovisuel — 5 ans
Job/Métier : Scénariste
Adresse de résidence : Un terrier, Venice Beach
Dispo pour le rp : Oui
Autres comptes : Brooklyn — Shane
Voir le profil de l'utilisateur


Un rayon. Deux rayons. Quelques bouts d'aurore derrière le store. Mes doigts entourent le verre depuis presque une heure. Elle ne bouge pas. Mes yeux ne l'ont pas quittée depuis que j'ai trouvé dans la forme de son corps sous mes draps un réconfort apaisant à la colère. L'alcool, aussi, putain, c'était pas de refus. J'appréhende le moment du réveil ; douce reconnaissance de la veille et regrets qui s'entassent sur la pile d'erreurs alcoolisée qui nous caractérise. Mais elle ne bouge pas.
Immobile, comme moi, au calme, presque- elle se tourne, et mon coeur bat plus fort. Des fois, elle se tourne et murmure du bout des lèvres des mots que je n'entends pas. Que je ne comprends pas. Je m'étais levé, même: j'avais fait des pancakes, pensant me donner appétit après la rage et l'alcool dans le ventre. Essayant inconsciemment- ou consciemment probablement, de raccourcir la durée, d'avancer le temps, de l'éveiller par les sens, d'intriguer son ouïe.
Ils sont posés, là, sur la table, à refroidir sous l'odeur écrasante de ma cigarette. De mes cigarettes, celles qui n'ont pas cessé de s'allumer pendant la nuit où je la regardais. Immobile... des fois tourmentée par ses rêves.

Le temps s'écoule mais je ne le ressens pas. Le jour se lève mais je ne le vois pas. J'ai arrêté de réfléchir sous le vent glacial de la moto, ma veste sur ses épaules. J'ai arrêté de réfléchir, ou de penser peut-être- penser... surtout. J'ai observé dans le silence sa silhouette menue pendant que les étoiles s'éteignaient au loin. Le silence... absolu. Mon cerveau ne se préoccupait que d'elle, et mes yeux étaient le vecteur d'une seule pensée qui s'étalait dans la durée, dans la pièce ; dans l'espace-temps de notre moment, de ces secondes si particulières qui s'encrent dans la tête, qui se gravent.

Elle bouge. Le verre me glisse presque des doigts mais je le rattrape et le pose sur la table. Arrêter l'alcool, peut-être? Des fois je le pense presque nécessaire. Je cligne des yeux et l'odeur alléchante rattrape ma soif; ma main saisit la bouteille pour verser quelques gouttes de paradis en plus dans le cristal.  
Elle bouge, je l'entends- elle parle, presque, mais ça n'a pas de sens. Ce ne sont que des parties peu articulées d'une pensée éphémère, de visages flous dans le noir, derrière les pupilles.  Je la sens éveillée, sa respiration est plus dense, plus consciente ; elle n'est plus un réflexe.  Elle se relève, les yeux ouverts, l'air perdu ; mais je suis toujours là, assis sur le fauteuil face au lit, enfin mes pensées qui recommencent. Elles se déchaînent toutes d'un coup, alors que je la vois me regarder, me reconnaître.

"Bonjour..." Sa voix s'évapore presque et ses yeux brillent sous les rayons de lumière. Elle repère ce que j'ai préparé sur la table, un pack remède gueule de bois complet, en plus des anti douleur pour ses blessures superficielles. "C'est pour moi?" C'est candide, nouveau, sa voix est un craquement de vinyle, une douceur familière sous la rosée du matin. Je souris, la voyant répondre à sa propre question en un froncement de sourcils. Je ne sais pas quoi dire, j'attends qu'elle me parle, qu'elle me demande, qu'elle m'intime de répondre ; je ne saurais pas quoi dire, de toute façon, j'en suis trop loin...
de la réalité. Face à elle, beaucoup trop loin... Etrangement.
Elle me porte au loin, sa voix comme une distraction au réel, un voyage.

Elle me porte.

"Tu... tu es resté ici toute la nuit? Oui. Bien sûr. Où d'autre? Je vis ici. Les murs racontent mon histoire et ce soir elle ne se résume qu'à toi ; ce soir? Ce matin, ici, maintenant, alors que tu laisses ton parfum sur ma soie.  
Je pointe du doigt les pancakes à sa droite. "Mange. Tu as eu de la fièvre, dans la nuit." Puis d'un instinct presque trop familier je m'approche d'elle, m'asseois et pose ma main sur son front. Vérifier qu'elle va mieux. Ma main... glisse sur sa joue et tourne son visage vers le mien. Quelques coupures, qui s'en iront... quelques coupures comme cicatrices d'une rencontre inattendue.

Ma main sur sa joue ne bouge pas. Elle me regarde, me transperce ; elle n'a pas de fièvre. Mais ma main ne bouge pas. Et mes doigts caressent gentiment sa peau sous son regard enflammé... Je ne saurais quoi lui dire. Je ne saurais même quoi faire- elle me défait de mes habitudes, elle me perd dans le tourbillon, dans les nuages de l'iconnu qu'elle représente, du mystère, de la douceur enrobée...

Je ne sais plus quoi faire.

"Comment tu te sens?"
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Quelques poussières de souvenirs de Wolfram & Chloé   Ven 30 Oct 2015 - 0:51

Chloé Beauchamps
Belle et rebelle
Belle et rebelle
Age : 25
Date d'inscription : 19/07/2015
Messages : 145
Nationalité / origines : Franco-Américaine
Situation : Célibataire
Orientation sexuelle : Bisexuel(le)
Etudes/études passées : Littérature Anglaise
Job/Métier : Agence de Mannequin / Comédienne
Adresse de résidence : Coloc avec Adélaïde & Andreas
Dispo pour le rp : Oui
Voir le profil de l'utilisateur




Il possède le visage des anges miroitant de beauté. Ceux qui étincèlent dans l’ombre, ceux qui sont désintéressés à travers chaque reflet. Scintillement de bonté, éclat de bienveillance, grâce délicate, avenant distingué. Je cille un instant, son image aveuglant mon esprit. Comme Icare, je m’approche trop près du soleil. Astre de feu flamboyant, véhémence majestueuse. Qui es-tu étranger ? Où est le piège ? Où est la faille ? Dévoile-moi la raison de ce carnage. Serait-il possible que cet homme soit réel ? Serait-il possible qu’il existe ?

Je te dessinerai à la craie.
Mon archange.
Vertueux.
Pur.

« Merci. Pour avoir veillé sur moi cette nuit et pour hier soir. Je me souviens, tu as été héroïque... J’ai honte, j’ai oublié ton prénom. »

L’oiseau se pose sur le bras dénudé.
Sa
main
effleure
ma
joue

C’est
comme
Du miel sucré,
Un nectar satiné.

Une étrange chaleur envahit mes côtes douloureuses. La peau tire, l’esprit s’apaise. L’exaltation est douce, sereine. Je ne crois jamais m’être sentie aussi bien, adoucit, satisfaite, libérée,  Il me berce d’un simple touché. Ses doigts m’encercle et il me semble alors que tout est possible, accessible. J’oublie presque de respirer tant je suis subjuguée. Mon rythme cardiaque s’emballe avec déraison et je me demande si je dois rire ou pleurer. Comment je me sens ? Frôle ma poitrine, empare toi de chacun de ses battements incertains... Tu sentiras ce que tu me fais ressentir. Tu sentiras ce bouleversement qui m’anime. Tant d’étoiles et de planètes qui dansent à essouffler la voûte céleste.

« Oh je me sens plutôt bien étant donné les circonstances ça aurait pu être bien pire. »

La langue palpite, les médicaments glissent sur la trachée et plongent dans l’estomac. L’effet n’est pas instantanée, il ne l’est jamais.

« Pourquoi tu as fais ça ? Pourquoi prendre ce risque ? »

Ma main se pose sur la sienne, je l’emprisonne contre ma joue, je la serre de nous sentir vivants, de nous sentir ensemble, liés par un fil invisible qui vrille, vrille, vrille, vrille, vrille...

« Je te dois tellement... »

Mon autre main glisse dans son dos, ma tête se pose sur son épaule. Je scelle d'un contact ce que je pense tout bas.

Je
serais
toujours




Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Quelques poussières de souvenirs de Wolfram & Chloé   Sam 31 Oct 2015 - 23:54

Wolfram Blake
À votre service
À votre service
Age : 21
Date d'inscription : 16/06/2015
Prénom : Amy
Célébrité : Milo Ventimiglia
Crédit avatar : wat.
Messages : 194
Nationalité / origines : U.K
Situation : Célibataire
Orientation sexuelle : Hétérosexuel(le)
Etudes/études passées : Cinéma, audiovisuel — 5 ans
Job/Métier : Scénariste
Adresse de résidence : Un terrier, Venice Beach
Dispo pour le rp : Oui
Autres comptes : Brooklyn — Shane
Voir le profil de l'utilisateur


"Merci. Pour avoir veillé sur moi cette nuit et pour hier soir. Je me souviens, tu as été héroïque... J’ai honte, j’ai oublié ton prénom." Ma main ne bouge pas. Elle ne semble pas en être dérangée. Mes doigts s'égarent sur sa joue alors qu'elle baisse les yeux. Je souris en coin, remarquant chaque particularité de son visage pour la première fois hors de la pénombre. Elle exalte de beauté et de jeunesse, une douce sucrerie enrobée de satin. Mais il se dégage de son aura un mal-être que je ne saurais décrire, qui peut-être feint de s'expliquer. Chacun de ses mots semble être hanté par un souvenir, une époque passée ; je sens son pouls battre la chamade sous son cou de porcelaine.  "Oh je me sens plutôt bien étant donné les circonstances, ça aurait pu être bien pire."

Elle s'empare des médicaments et les avale, sans trop s'éloigner de moi. Mais ma main n'a plus sa place dans cet espace, elle attend avec impatience le contact de sa peau, le frisson de son souffle.
Et mes muscles ont beau laisser mon bras tomber, mon intention n'est que de retrouver mon chemin vers elle, dans toutes les fibres je la sens décisive- dans chacun de mes mouvements, lorsqu'elle est près de moi ; comme un péché ou une habitude, une familiarité si naturelle et légère qui n'est qu'une putain de surprise pour mon coeur. La fin des jeux, la fin du masque, une incompréhension déguisée en miracle - putain mais dis-moi pourquoi.
Dis-moi pourquoi, putain- pourquoi il m'est impossible à présent d'imaginer un monde sans la chaleur de ta présence, le réconfort de tes regards; pourquoi hier- juste hier, il était une fois- hier à peine! tu n'étais qu'une étrangère, et aujourd'hui tu me sembles comme une évidence?

"Tu ne l'as pas oublié... Je ne l'ai pas dis." Je soupire presque. La nuit passée à fumer a laissé un goût de cendres au fond de ma gorge, un écho de ma propre voix. "Wolf."

J'ai presque peur que tu fuies ; je te sens si peu réelle, si fragile, susceptible de t'envoler à chaque battement de coeur. Une vision bien trop insaisissable d'un mirage- voilà comment je te vois, derrière le flou de la gueule de bois et le rouge de ma colère passée. Putain, tu n'es qu'un mirage... éphémère, prête à disparaître- un mirage...

Ma main retrouve sa place sur sa joue ; elle y pose alors la sienne et je m'encre dans le lit, dans la réalité ;  le rêve dissipé par l'alcool s'éparpille et elle prend forme dans mon espace.

"Pourquoi tu as fais ça ? Pourquoi prendre ce risque ?"



...



"Je te dois tellement..."

Elle s'est retrouvée recroquevillée dans mes bras. Mes mots se sont échappés dans le tremblement de ses lèvres. Presque un sanglot, la pression qui s'évapore, qui la remue. Je la serre contre moi ; mes mots se sont échappés, je ne lui réponds pas. Je ne saurais pas quoi dire- putain, cette pensée qui revient.

"Tu me dois rien..."

Comme si finalement j'avais abandonné mes vices, que j'avais accepté ta présence- une pensée redondante qui ne veut pas s'achever, qui se mord la queue...
Comme un effervescent
filament du destin
un prétexte à l'amour -
un miracle inacceptable

trop beau ;

un éclat de diamant
sur la neige

une lumière.

Un sentiment abstrait,
comme le soleil sur la peau,

qui me dit
qui murmure à mon oreille, que...

"Je serai toujours là."
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Quelques poussières de souvenirs de Wolfram & Chloé   Mar 8 Déc 2015 - 3:59

Chloé Beauchamps
Belle et rebelle
Belle et rebelle
Age : 25
Date d'inscription : 19/07/2015
Messages : 145
Nationalité / origines : Franco-Américaine
Situation : Célibataire
Orientation sexuelle : Bisexuel(le)
Etudes/études passées : Littérature Anglaise
Job/Métier : Agence de Mannequin / Comédienne
Adresse de résidence : Coloc avec Adélaïde & Andreas
Dispo pour le rp : Oui
Voir le profil de l'utilisateur



Zoom sur Décembre 2011 - Un 19 Décembre -


Je l'aimais. J'aimais ce vent violent, j'aimais ces gifles glaciales, j'aimais sentir ce vent malmener mon corps révolté et excessif. J'aimais me promener au petit matin, quand le soleil est encore capturé par l’aurore et que les nuages reprennent leur souffle. J'aimais arpenter cette ville, grimper les trottoirs, comme s'il s'agissait d'un monde merveilleux. J'aimais Los Angeles.  Se concentrer. Se concentrer sur le bonheur au coin des rues. Se concentrer sur ses lacets défaits. Se concentrer sur ces noms de rues inconnus. Et laisser son regard vagabonder. Capter la rapidité des gens. S'étonner de l'âge avancé du voisinage. J'étais une personne insignifiante qui se fondait dans le décor, posée gracieusement sur un de ces bancs, au milieu des parcs verdoyant. Mon thé Earl Grey dans une main, les clefs dans l’autre.

Aujourd’hui, c’est un jour particulier.
La naissance d’une étoile,
Précieuse,
Unique,
Rare.

Le tintement des clefs qui glissent entre mes doigts.
Je guette les aiguilles sur ma montre Chanel.
La plus grande pousse la plus frêle.
Six heure quarante sept.
La voix lactée s’éveille,
L’astre se révèle,
Enfin.

Je dévale les marches et mes talons grincent sur le plancher. J’esquisse un sourire impatient et enivré.

« Wolf ? Toc toc tu es là ? »

Ma voix laisse transparaître mon émotion soudaine. Cinq mois que je le connais, cinq mois que je chancèle. Je crois que jamais je ne me remettrai complètement de l’intensité de notre première rencontre. Il est cet homme inaccessible, cet idéal masqué, ce chevalier dévoué. Parfois je me demande s'il existe réellement ? S'il n'est pas un mirage au service de mes frustrations.

Mes ongles raclent à nouveau sa porte d'entrée.

« Bon je sais qu'on avait dit pas de cadeaux mais j'ai pensé qu'on pourrait peut être fêter ça tous les deux. Oui je sais, c'est tout juste l'aube mais j'ai regardé sur ton carnet de naissance et devine quoi ? 6h47 exactement ! Joyeux... Non je veux te le dire en face. Allez, ouvre moi. On va avoir toute la journée ! Bon tu m'ouvres ? Tu sais, l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt ! »

Dans ma main, les clefs scintillent. Les clefs de son cadeau. Les clefs du renouveau. De la vitesse, du souvenir, des nuages et des ruisseaux des plaines qui s’exhibent très loin, aux creux de contrées lointaines où il n'y aurait que nous, que toi et moi, défiant la gravité et l'atmosphère. Dans mon monde imaginaire, tu es mon roi et je suis ton soleil. Dans mon monde, tu viendrais m'enlever et je serais comblée.

Joyeux Anniversaire.





Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Quelques poussières de souvenirs de Wolfram & Chloé   Mar 8 Déc 2015 - 13:25

Wolfram Blake
À votre service
À votre service
Age : 21
Date d'inscription : 16/06/2015
Prénom : Amy
Célébrité : Milo Ventimiglia
Crédit avatar : wat.
Messages : 194
Nationalité / origines : U.K
Situation : Célibataire
Orientation sexuelle : Hétérosexuel(le)
Etudes/études passées : Cinéma, audiovisuel — 5 ans
Job/Métier : Scénariste
Adresse de résidence : Un terrier, Venice Beach
Dispo pour le rp : Oui
Autres comptes : Brooklyn — Shane
Voir le profil de l'utilisateur


J'étais à Los Angeles. Encore. J'avais eu du mal à quitter cet espace aveuglant de lumière et de chaleur après ma rencontre avec Chloé, il y a cinq mois environ. Le même appartement à Venice Beach, les mêmes rêves d'une Spencer qui se déshabille derrière un rideau de soie, et dont l'ombre me hante jusqu'à disparaître dans les effluves de l'amour. De l'amour d'un autre. Je soupire.

Je m'étais endormi avec quelques coups de la gueule, comme à mon habitude. J'avais pas grand chose à faire, ici. Seulement éviter la neige  et le froid paralysant de la belle Londres. J'y étais reparti, entre temps, quelques semaines ; mais Riley était bien trop occupée avec sa vie d'étudiante, ses nouveaux petits-amis et son groupe pour prêter attention à mes déplacements, ou même ma présence. Un petit serrement au coeur m'indiquait que je n'avais pas l'habitude qu'elle ne soit pas constamment sur mon dos, et que ça me manquait, des fois... Souvent. Pourtant, quel long vol, Londres — LA ; et je l'avais fait, pour revenir. Pour passer le mois de décembre sous la brise océane et le doux soleil. Je savais qu'elle ne serait pas là pour mon anniversaire, elle avait décidé de partir skier, en France, avec quelques potes et son mec. C'était le premier anniversaire que je passais sans elle — ma soeur — le premier, certes, mais je ne me défaisais pas de cette impression que c'était loin d'être le dernier.

Je me retourne. Réveillé depuis quelques longues minutes, j'essayais de retrouver le sommeil sans trop y parvenir. Le réveil affichait presque avec arrogance ce jour dont j'évitais avec peine les conséquences : mon anniversaire. Vingt-trois ans. Vingt-trois ans et déjà alcoolique. Quel beau futur tu t'prépares, Wolf. Vingt-trois ans, le coeur brisé depuis des mois, à ruminer dans un appartement que tu n'as même pas encore pris le temps de décorer, comme une escale passagère, des murs éphémères qu'il faudra quitter, un jour...Vingt-trois ans mais déjà plein aux as, pour un nom inventé sur un bout de papier. Vingt-trois ans et riche, dans la ville des Anges sans qu'aucun n'y reconnaisse ton visage. Aucun...

Puis soudain,

des pas affolés qui semblent dévaler les escaliers du petit immeuble. Des talons. Je me relève quand j'entends les quelques tocs timides sur ma porte. "Wolf ? Toc toc tu es là ?" Sa voix résonne dans le couloir et s'étouffe à travers le bois de la cloison. Mon coeur tressaille légèrement au son familier de cet écho, et je souris... Chloé. Mes yeux cherchent le réveil comme s'ils n'avaient pas imprimé l'heure ; putain, 6h47 du matin. Je sourcille, me demandant ce qui pouvait la pousser à venir si tôt. "Bon je sais qu'on avait dit pas de cadeaux mais j'ai pensé qu'on pourrait peut être fêter ça tous les deux. Oui je sais, c'est tout juste l'aube mais j'ai regardé sur ton carnet de naissance et devine quoi ? 6h47 exactement ! Joyeux... Non je veux te le dire en face. Allez, ouvre moi. On va avoir toute la journée ! Bon tu m'ouvres ? Tu sais, l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt !"

Un rire s'échappe d'entre mes lèvres, alors que sa tirade lui avait échappé en un seul souffle, et je me dirige vers la porte sans grand aplomb, les membres encore fatigués et endormis. Après tout, il est presque sept heures du matin, et ce jour m'appartient jusqu'à ce que la lune soit à son apogée ; du moins il nous appartient, aujourd'hui... à nous.
On avait dit pas de cadeaux, j'aurais dû m'en douter, n'est-ce pas? L'impulsion féminine de l'achat, ce n'était pas mon genre. Je ne voulais pas qu'elle se sente obligée de me faire plaisir, sachant que seule sa présence rendrait ce jour incroyablement plus agréable que les précédents.

J'ouvre la porte sans grande attention à ma tenue, et j'avais oublié d'enfiler un t-shirt, mais la décence entre nous n'était pas nécessaire, j'avais déjà depuis cinq mois développé comme un confort étrange à ses côtés, comme s'il n'y avait jamais rien eu de plus familier ; et je mettais de côté ces choses frivoles qui ne constituent pas notre monde. "Hey" Je murmure presque sans entendre le son, la voix enrouée et le souvenir des cigarettes irritant ma gorge.

Elle me saute dans les bras, joyeux anniversaire, Wolf, son soupir comme une berceuse à mon oreille, un souffle apaisant qui réchauffe jusqu'à mon coeur. Je la serre contre moi, puis elle glisse sur le sol, un sourire qui jamais ne décroche de son visage. Le tintement d'un objet dans sa main me fait virevolter, et j'englobe ses doigts dans les miens pour y attraper des clés. "Qu'est..." mes yeux vadrouillent mais aucune inscription sur l'argent qui laisserait transparaitre la surprise... "Qu'est-ce que c'est que ça?"
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Quelques poussières de souvenirs de Wolfram & Chloé   Mar 8 Déc 2015 - 16:15

Chloé Beauchamps
Belle et rebelle
Belle et rebelle
Age : 25
Date d'inscription : 19/07/2015
Messages : 145
Nationalité / origines : Franco-Américaine
Situation : Célibataire
Orientation sexuelle : Bisexuel(le)
Etudes/études passées : Littérature Anglaise
Job/Métier : Agence de Mannequin / Comédienne
Adresse de résidence : Coloc avec Adélaïde & Andreas
Dispo pour le rp : Oui
Voir le profil de l'utilisateur



      T
      I
TA C

Cette horloge n'a pas de mémoire. Mais je possède cette chance. Cette mémoire dans laquelle j'ai pris soin de ranger dans chaque tiroir le tintement de son rire, sa fougue, son élégance charismatique anglaise, les bourrasques de vent qu’emprisonnent ses cheveux, la force dont il ne se délecte jamais, l'exquise couleur glacée de son courage, ses dires, sa hargne, cette amitié doré. Je l’observe d’un agréable affolement. Tout y est. Absolument tout. Tout ces détails insignifiants qui prennent aujourd'hui des accents de rêverie, de fantasme et de réalité. Wolf apparaît enfin et je ne peux m’empêcher de fondre dans ses bras. de Des images de bonheur m’enivrent, m’encerclent. Nous restons là un instant, latents, immobiles. Savourant ce premier contact physique, ce renouveau emplit de promesses. Des promesses de joie où l’obscurité n’a pas sa place.

« Je pense qu’il faut suivre les indices pour le savoir. »

Je lui tends une première enveloppe dans une moue mystérieuse. A l’intérieur se trouve une première indication dont il devra trouver le sens par lui même. L’écriture ondulée brille sur le papier glacé, on peut alors y lire ces quelques lignes étranges :

« Non loin d’ici tu devras aller,
Tes fantasmes tu devras écouter.
Deviner que revêt une femme pour se sentir désirée ?
Tu l’auras compris, un marteau tu devras emporter. »

 
« Pendant que tu réfléchis, va t’habiller. Je vais te faire un café avant qu’on parte pour l’aventure. »

J’entre sans gêne dans l’appartement et j’esquisse un sourire en songeant à cette journée. C'est une évidence que je ne peux plus nier, ma vie à littéralement changé depuis cette rencontre. Wolf est devenu quelqu'un de "trop" important en si "peu" de temps. Je l'observe discrètement et mon rythme cardiaque s'emballe furieusement. Surement à cause de l'impatience que j'éprouve. L'impatience qu'il découvre son cadeau. Oui, ça ne peut être que pour ça.

Je verse le café dans deux petits thermos à emporter, vide le cendrier qui trône sur la table basse -débordant de mégots - puis je tambourine à la porte de sa chambre.

« T'es prêt ? Alors où on va Sherlock ? »

Je tangue, exsangue.
Mes pensées sont des cristaux qui vibrent.

Il est si beau. Si lui.
Je veux voir ton visage à l'ombre de la lune.



Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Quelques poussières de souvenirs de Wolfram & Chloé   Mar 8 Déc 2015 - 23:30

Wolfram Blake
À votre service
À votre service
Age : 21
Date d'inscription : 16/06/2015
Prénom : Amy
Célébrité : Milo Ventimiglia
Crédit avatar : wat.
Messages : 194
Nationalité / origines : U.K
Situation : Célibataire
Orientation sexuelle : Hétérosexuel(le)
Etudes/études passées : Cinéma, audiovisuel — 5 ans
Job/Métier : Scénariste
Adresse de résidence : Un terrier, Venice Beach
Dispo pour le rp : Oui
Autres comptes : Brooklyn — Shane
Voir le profil de l'utilisateur


Des indices? Mes lèvres se détendent en un sourire en coin ; comme un enfant, je vais parcourir la ville à la recherche du cadeau perdu, caché pour l'emphase, pour s'en délecter d'autant plus. Mais il est si tôt... si tôt pour réfléchir. Lentement, je déplie le papier et lis les quelques mots ondulés qu'il contient: une énigme que je m'empresse d'apprendre par coeur, tout en retenant les caractéristiques particulières de son écriture manuscrite ; comme elle, soignée, sensuelle.
Elle m'intime d'aller m'habiller, j'aurais pu lui dire que rester dans mes vêtements actuels n'aurait été que pour son plaisir ; mais son impatience me rend jaloux : elle saute de tous les côtés, s'empresse de nettoyer le bordel qu'est mon appartement, tout en faisant tinter la vaisselle, et l'odeur du café s'éparpille entre les pièces et trouve son chemin jusqu'à mes narines.

Tes fantasmes tu devras écouter... que revêt une femme pour se sentir désirée..., puis ce marteau qui trône là comme une tâche sur une nappe blanche ; serait-elle entrain de suggérer que je brise la vitre d'un magasin de lingerie, pour accéder à mon cadeau? Ou alors, je me trompe ; mes fantasmes... Mes yeux se perdent sur sa silhouette alors que j'enfile mes chaussures ; mes fantasmes, à moi... Ah, serré, le coeur, une fois, puis deux ; putain, il se contracte sans s'arrêter, et mon souffle se coince — mes fantasmes à moi, elle ne les sait pas.

Je cherche dans le placard s'il me reste un semblant de boîte à outils, mais je trouve le marteau glissé dans un tiroir, sans trop comprendre de quelle façon j'avais pu le foutre ici, ou pourquoi. Il tourne dans mes mains, comme un revolver ; peser son poids, sentir sa fougue, il me donne envie de tout péter.

"T'es prêt ? Alors où on va Sherlock ?"
Même sans sautiller dans tous les sens elle semble intenable, et nous descendons les escaliers dans le silence, entre quelques de ses rires cristallins qui m'envoûtent et m'obsèdent — je la sens plus heureuse que jamais, d'être ici, avec moi, malgré la fraîcheur d'un décembre à L.A, ou l'heure prématurée. "Si je ne me trompe pas, le bout de la rue devrait faire l'affaire."


Quelques trottoirs à peine plus tard, je m'arrête et l'observe ; "C'est celui-ci?" Je jauge par sa réaction que j'ai vu juste — c'est le plus près de chez moi. "Y'a vraiment bien que pour toi que je ferai un truc pareil" Je soupire. J'observe les environs ; quelques âmes perdues sur la plage qui gambadent, des silhouettes qui se confondent avec l'horizon à la lumière naissante. Le reste des magasins — et celui-ci aussi — fermés ; même les restaurants n'ont pas encore sorti leurs terrasses. Je sourcille alors qu'elle s'émerveille du moment à venir d'une lueur dans les yeux et —

un coup,
le verre se brise à peine, comme un choc sur un pare-brise, puis
deux coups, et je ménage ma force, pour éviter les projectiles; puis

crack!

Le tintement du verre sur le sol, une seconde de brouillard avant d'entrer en trombes et de trouver, sur le comptoir de la caisse, la deuxième enveloppe. Elle rit encore, et encore, et mon coeur s'emballe ; j'ai envie de la porter jusqu'à la plage et de disparaître dans l'éternité de l'univers, de me noyer avec elle dans les vagues intenses qui s'écrasent et s'en vont, comme son rire ; qui calment ma détresse, comme son rire...
Je glisse un billet de cent à l'endroit où était posée l'enveloppe, comme pour m'excuser ou me racheter ; puis soudain, l'alarme. Alors, elle rit encore "Allé, cassons-nous!" je crie par-dessus le bip incessant qui me perce les oreilles ; elle rit toujours, même caché sous le vacarme je l'entends, son rire, et il me fait sourire de plus en plus — et on se précipite dehors, courant jusqu'au palier de mon bâtiment.

"Tu devras te rendre, là où tout à commencé."

Le deuxième indice semble plus simple, direct, déjà moins coûteux ou audacieux. Il retrace les contours d'un souvenir presque divin, celui de notre rencontre. Je lève mes yeux vers elle, et son impatience devient mienne. Je sens sous son sourire comme la malice d'un plaisir à venir, que ce cadeau, si particulier et qui mérite tant de préparation, ne sera pas uniquement celui d'une amie qui m'est chère, ou celui de n'importe quel anniversaire.
Je me souviens encore du croisement de ces quelques rues ; celles où je l'ai retrouvée, par terre, ensanglantée, et où la colère avait dépassé, plus que mon entendement, mais aussi mon corps... Je me souviens de ces quelques rues, mais, à la marche, c'est un peu loin. J'attrape l'un des thermos qui dépasse de son sac, et j'en avale la moitié ;

"Bon, c'est parti."

Puis sa main dans la mienne, nous marchons. J'avais imaginé un petit quart d'heure de paix à déambuler dans les rues vides d'une Los Angeles en éveil, dont la chaleur croissante caresserait ma peau, puis la sienne. J'avais imaginé une bulle de laquelle seul son rire sait s'échapper, pour atteindre encore plus profondément les limites de mon amour. J'avais imaginé une ballade tranquille, dans un monde qui ne serait que notre, en ce jour si étrangement précieux qu'est mon anniversaire. J'avais imaginé qu'on se perdrait à discuter, encore et encore, de choses et puis d'autres, comme on sait si bien le faire — ne jamais s'arrêter, être nous en-dehors de cette réalité qui bouffe, qui étouffe. J'avais imaginé... j'avais imaginé ça, comme cadeau idéal à un anniversaire déjà bien trop entamé.

Mais je n'avais jamais imaginé la suite. La suite d'un rêve éveillé dans lequel je me déplace depuis qu'elle est venue toquer à ma porte, le matin d'un dix-neuf décembre... Je n'avais jamais — jamais j'aurais pu, putain, imaginer ça. Ca! Un cadeau... Le cadeau. C'était pas un cadeau, c'était l'expression d'une écoute, d'une envie de satisfaire, de comprendre. C'était elle, qui m'avait écouté, qui m'avait compris. Elle était la seule, la première — la dernière sûrement, aussi — qui m'avait compris. Non, qui me comprenais — non, putain, qui me comprends.

Sous un large drap blanc trônait la silhouette d'un engin que j'ai reconnu, sans même qu'elle ait à le découvrir. L'impatience dans ses yeux se transforme en appréhension lorsqu'elle voit que j'ai deviné ce qui se cachait derrière le dernier rideau, la dernière énigme... Une Harley — une moto.
La mienne était vieille, elle datait de Londres, de mes premières fiches de salaires — elle roulait encore, si bien, si loin. Elle était le seul symbole de mon échappatoire journalière, elle était le vaisseau incroyable qui m'amenait où je voulais ; dans l'éventualité de fuir, de ne plus jamais revenir. Elle était le confort de tout ce qui représente ce que je suis. Moi. Mais elle était vieille, si vieille que je ne pouvais plus la conduire sans penser à là-bas, l'ailleurs ; le Londres que je fuis, sans cesse, l'amour perdu, la soeur éloignée...

Le drap glisse sous la pression que j'exerce, et la moto se découvre. Les clés prennent leur sens, elle les tient encore dans sa main, peut-être un peu trop fort. Je sais pas quoi dire — putain, honnêtement, avec elle, ai-je un jour jamais su? Comment réagir alors qu'il y a cinq mois, la perspective de son existence ne me serait jamais venue à l'esprit? Et aujourd'hui je me rends compte, aujourd'hui par-delà les mots il y a ce sentiment qui jamais ne me qui—

"Bordel de merde" les mots s'échappent, je les pense trop fort ; ils sont tout ce que je pense, putain, ces mots. "Bordel de merde, Chloé — une moto?" Ses yeux s'écarquillent, elle déglutit. "Une moto, Chloé? Une moto — mais... mais... aaaaaahhhh!!!" Le cri m'échappe et le sourire s'élargit, je ne peux plus me contenir ; puis soudainement elle ne touche plus le sol, elle est enfouie dans mes bras et j'embrasse sa chevelure exquise, sa peau douce, ses pommettes rouges, ses doigts fragiles dans lesquels les clés tintent encore et encore. "Et puis — une Harley?" Je m'exclame en la faisant tournoyer. "Une..." mes lèvres trouvent ses joues et y déposent des baisers frénétiques, "Harley — mais tu es folle!"

Je ne la laisse pas partir, pas maintenant, pas aujourd'hui — jamais. A jamais enserrée dans mes bras, à jamais bloquée dans mon étreinte, à jamais à partager sa chaleur avec la mienne, à serrer ses membres contre mon coeur.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Quelques poussières de souvenirs de Wolfram & Chloé   Mer 9 Déc 2015 - 1:00

Chloé Beauchamps
Belle et rebelle
Belle et rebelle
Age : 25
Date d'inscription : 19/07/2015
Messages : 145
Nationalité / origines : Franco-Américaine
Situation : Célibataire
Orientation sexuelle : Bisexuel(le)
Etudes/études passées : Littérature Anglaise
Job/Métier : Agence de Mannequin / Comédienne
Adresse de résidence : Coloc avec Adélaïde & Andreas
Dispo pour le rp : Oui
Voir le profil de l'utilisateur



Zoom sur Décembre 2013 - Un 13 Février-




Il est –
Là.

J'avançais. Je mettais un pied devant l'autre, le cœur noué, l'estomac renversé, les idées perdues. J'avançais. La tête levée, le sourire aux lèvres, le regard fougueux ; je me perdais dans Los Angeles. Il n'y avait rien d'autre à faire que de se perdre. J'avançais, la tête en l'air, avec la furieuse envie de disparaître dans ces méandres, dans ces ruelles toutes plus sombres les unes que les autres. Je voulais disparaître, me perdre à jamais. C'était sans doute mon ultime but, la seule direction à prendre. J'avançais. Je marchais, je m'usais. Je souffrais. Je m'épuisais. Je sortais de mon inertie habituelle par la souffrance. Avancer. Ne jamais s'arrêter. Le meilleur moyen de fuir les ennuis, la vie, les paresses. Le meilleur moyen de passer le temps, d'échapper à cet espace temps morbide, et voir que la nuit nous tombe dessus sans qu'on ait pris le temps de vivre. J'avançais. La douleur s'insinuant dans ce corps que le vent froid caressait du bout des doigts. Le vague à l'âme, la conscience morte, j'avançais. J'avançais vers ma perte. J'avançais vers le néant. J'avançais vers l'absolu. J'avançais pour me convaincre de ne pas reculer. J'avançais pour mieux me perdre, pour mieux m'user, pour mieux me détester. J'avançais pour noyer l'espoir. Tuer les vains murmures d'espérance. Les noyer sous les soupirs, les baigner dans la lassitude, dans l'abattement, dans la fatigue. Tout oublier pour savourer la douleur de ses muscles. Tout oublier par la souffrance du corps. Se concentrer sur la gorge qui brûle. Se concentrer sur le sang qui fuse. Sur les maux qui se heurtent les uns les autres. Se concentrer sur l'oublie. L'oubli de soi. Et avancer.

Il est -
mort.

Deuil. Voile noir, opaque. Je le déchire, je le tord sous mes ongles. J’aimerais écailler le monde. C’est si injuste, il était définitivement trop jeune pour mourir. On est tous trop jeune pour mourir. Lui. Mon parrain. Celui qui s’occupait de moi lorsque mon père était en tournage de l’autre côté du globe. Père de substitution. Abandon. Lâche. Pourquoi ? Cinquante ans, à peine. Un âge de transition, un demi siècle. C’est rond, c’est net. Effusion de sang, le muscle cardiaque qui lâche. Crise.

Je sens mon téléphone glisser de ma poche, je le rattrape au vol. Douze appels en absence, le double en texto et trois messages vocaux. Tous de la même personne. Wolf. Il s’inquiète pour moi. Depuis l’enterrement, je n’ai plus donné signe de vie. Trois jours entier à me morfondre, à déambuler dans les rues au reflet des fantômes. Dis, il existe, ce moment où on va mieux ?

Il est –
Plus.

Je n’arrive pas à accepter sa mort. Je suis devenue vide. Cruellement vide. Je me moque de tout. De vous. De moi. De la vie qui passe. Du temps. Je suis paumée. Je suis malade. Je suis rien. J'ai du mal à être. Mais je ne suis pas mélancolique. Je suis pas dépressive. Je ne suis pas. Je suis le néant caractéristique des êtres. Je suis chez moi. Je suis rentrée. Seule, dans ce décors triste et sublime. Je m’abîme. J’allonge mes genoux, je déplie mes chevilles. Ma chair frissonne sous le cuir froid du canapé. J’attends. J’attends que la plaie cicatrise et que ma respiration devienne moins douloureuse.

Il est –
Cendres.

Le tintement de la sonnette me fait sursauter. Ce son a-t-il toujours été aussi disgracieux ? Peu importe, je n’ouvrirai pas. J’ai envie d’être seule, lointaine, vaporeuse. J’ai besoin de me perdre dans l’inexistant, dans l’irréel, dans les nuages. J’ai besoin d’être seule pour pleurer sans honte, ni jugement. J’ai besoin de changer d’air, de m’envoler si loin que mes souffrances seraient incapables de me suivre. J’irai vite, sans reprendre mon souffle. Cette pensée m’apaise un instant mais les arpèges grinçantes reprennent. Je pourrais demander de qui il s’agit mais mes membres restent scellés au canapé. Je n’ai plus de force. Je pense un instant à Wolf. Je devrais peut être lui répondre. Peut être. Il est le seul que je voudrais voir en ces jours funestes. Le seul. Je me souviens notre rencontre, il y a deux ans. Cette amitié qui n’a cessé de grandir. Elle prend toute la place. Je n’explique toujours pas ce battement que mon cœur manque à chaque fois que je le retrouve. Sans doute l’euphorie de retrouver un être cher, un ami sur qui je peux compter. Oui, c’est sans doute ça. Ça ne peut être que ça. Je crois.

Je me redresse enfin. Et si c'était lui ? Il faut que ça soit lui.
Je me dirige vers la porte et enclenche la poignée.

« C'est toi ? »




Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Quelques poussières de souvenirs de Wolfram & Chloé   Mer 9 Déc 2015 - 1:24

Wolfram Blake
À votre service
À votre service
Age : 21
Date d'inscription : 16/06/2015
Prénom : Amy
Célébrité : Milo Ventimiglia
Crédit avatar : wat.
Messages : 194
Nationalité / origines : U.K
Situation : Célibataire
Orientation sexuelle : Hétérosexuel(le)
Etudes/études passées : Cinéma, audiovisuel — 5 ans
Job/Métier : Scénariste
Adresse de résidence : Un terrier, Venice Beach
Dispo pour le rp : Oui
Autres comptes : Brooklyn — Shane
Voir le profil de l'utilisateur


Absente. Mais je vois la lumière, putain, je la vois sous la porte, et même son odeur semble trop près, je sens sa présence, elle m'englobe. Tu es là?
Absente. J'ai beau sonner, putain, sonner encore — cette connerie, là, si je pouvais défoncer la porte et qu'on s'envole. Après elle irait mieux. Elle aura vu la lune, et les cieux ; elle aura voyagé dans les bras du loup solitaire qui n'a d'âme

que pour elle.

Absente, mais cette absence se dissipe, je sens son pouls qui se rapproche. Ou alors j'ai trop attendu, ce moment, qu'elle aille mieux — l'enlever à la réalité sinistre, la kidnapper de sa tristesse, qu'enfin elle respire. Comme un soir, sur cette moto, si lointain dans le souvenir — un soir d'été...

La poignée ;
j'entends ses mots avant de découvrir son visage. "C'est toi?"
Le coeur qui bat, la porte qui s'ouvre ; c'est toi? Wolf? Le ton de sa voix, comme si ce soir j'avais su qu'il n'y aurait personne d'autre qu'elle voulait voir à sa porte, maintenant... La porte qui s'ouvre puis je la vois, et encore dans ma tête cette idée exaltante — qu'on s'envole, qu'on s'en aille, qu'on oublie par l'amour le mal, qu'on le dissipe à coup de rires et d'aventures ;

je la prends dans mes bras et ses pieds quittent le sol
— comme cette idée saugrenue qu'on s'envole.

C'est moi. Je ne bouge pas, l'étreinte peut être longue — autant que nécessaire. Elle respire dans mon cou et mon coeur se serre. Je sentirai presque chacune des cicatrices qui se dessinent sur le sien, autant que si elle les avait gravées sur ma putain de peau. A vif, elle le sait — je l'ai vu dans ses yeux, une seconde aurait suffi — à vif... prête à brûler au soleil.

Son front tombe sous mes lèvres comme une évidence, je l'embrasse avec tendresse et ses pieds retrouvent la terre ; moi je la contemple avec soucis, je perds mes pensées dans les plis de ses sourcils. Mais ses bras tiennent toujours fermement ma taille — à vif, ne jamais lâcher prise. Mes doigts s'aventurent sur ses joues, rouges des larmes qui coulent, rouges de la course effrénée contre la vie

la mort.

"Viens avec moi." J'essuie d'un geste du pouce sous ses yeux les quelques gouttes qui illuminent le regard. "On s'en va."
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Quelques poussières de souvenirs de Wolfram & Chloé   Mer 9 Déc 2015 - 2:19

Chloé Beauchamps
Belle et rebelle
Belle et rebelle
Age : 25
Date d'inscription : 19/07/2015
Messages : 145
Nationalité / origines : Franco-Américaine
Situation : Célibataire
Orientation sexuelle : Bisexuel(le)
Etudes/études passées : Littérature Anglaise
Job/Métier : Agence de Mannequin / Comédienne
Adresse de résidence : Coloc avec Adélaïde & Andreas
Dispo pour le rp : Oui
Voir le profil de l'utilisateur




Il est –
Là.

Mes poumons peuvent enfin se délier.
Mon estomac se dénouer, mes vaisseaux se délacer, mon cœur s’assouplir.

Il est là et tout semble avoir retrouvé son éclat.
Le bleu de la commode est plus vif,
Le rouge de la table plus éveillé,
Le vert de la porte plus ardent,
Le jaune des placards plus aveuglant.

Les lumières explosent en allégories qui m’enivrent.

Ses mains sur mes joues sont une caresse à l’âme. Je reconnais son air inquiet, ce rictus qui tord les traits de son visage dans une moue de désolation. J’apprécie sa compassion. Savoir qu’il se soucie de moi et de mes émotions est sans doute le plus pur des remèdes. Il me donne envie d’arrêter d’envoyer tout valser. Il me donne la force d’avancer, de sécher mes larmes et mes peurs. Il me donne l’envie de vivre.

« D’accord. »

Je murmure doucement, mon esprit s’interroge. Mais la confiance règne, je me hisse sur mes talons, attrape mon sac à main et me glisse dans ses bras, enroulant mon bras autour du sien. Je le suis sans retenue ou pudeur. Je me sens en sécurité et j’appuie ma tête sur mon épaule, me laissant bercer par son odeur si… Homme. Sa maturité est un berceau brûlant où j’aime me fondre. Il est rassurant, familier, sécurisant. Le genre d’homme avec qui on ose s’endormir en toute quiétude. Je sais qu’avec lui à mes côtés, il ne pourra jamais rien m’arriver. Je sais que j’aurai le courage de tout affronter et qu’il me protégera de tous les démons du destin.

La porte claque derrière nous.

Je chuchote à son oreille,

Liqueur
Vermeil.

« On va où dis moi ? »

Je laisse mon esprit vagabonder. Au restaurant peut être ? Dans un bar de tango ? A moins qu'il ne décide de m'emmener contempler les étoiles à l'ombre d'un cerisier. Il est romantique parfois. Pas avec moi mais dans ses idées, sa façon de penser. Il possède ces valeurs trop nobles pour notre temps. La modernité est scrupuleuse là où il n'est que sublimité, qu'élégance, que grandeur. Preux chevalier des ténèbres. Emporte-moi loin d'ici.

Si seulement c'était possible.

Envie fourbe,
Désir euphorique,
Soif.

C'est à cet instant précis qu'il devint le centre de mon univers.

L'étoile qui brille, brille, brille, brille.
Scintillant si fort qu'elle m'aveugle.
Je ne vois plus rien,
Je cligne des yeux.

Et je pleure toujours.





Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Quelques poussières de souvenirs de Wolfram & Chloé   Ven 1 Jan 2016 - 20:40

Wolfram Blake
À votre service
À votre service
Age : 21
Date d'inscription : 16/06/2015
Prénom : Amy
Célébrité : Milo Ventimiglia
Crédit avatar : wat.
Messages : 194
Nationalité / origines : U.K
Situation : Célibataire
Orientation sexuelle : Hétérosexuel(le)
Etudes/études passées : Cinéma, audiovisuel — 5 ans
Job/Métier : Scénariste
Adresse de résidence : Un terrier, Venice Beach
Dispo pour le rp : Oui
Autres comptes : Brooklyn — Shane
Voir le profil de l'utilisateur


Fragile, le coeur.
Fragile, l'épopée.
Elle s'enroule dans mes bras, et le décompte commence. A rebours, savoir quand on aura tourné le dos au désespoir. 3, 2, 1 — que diras-tu de t'exiler ; juste une portion de temps qui nous appartient...

"On va où, dis-moi?"
Les quelques marches claquent sous nos pas et je la vois du coin de l'oeil remarquer ma moto garée à l'entrée. J'esquisse un petit sourire alors qu'elle semble surprise ; comme si partir ailleurs c'était se vider la tête dans un bar quelques rues plus loin... Souvent. Souvent — mais pas ce soir. Ce soir, un autre remède est nécessaire ; celui qui fait oublier le temps, fondre les ennuis. Celui du soleil lointain, des sourires gratuits, celui qui délie les langues et qui précède le répit.

"Loin." Ses affaires quittent ses mains et rentrent dans le coffre. "Aussi loin qu'on peut fuir les problèmes." Je lui tends un casque qu'elle attrape du bout des doigts et sors de ma poche intérieure deux billets d'avion. Les quelques lumières des lampadaires éclairent ses iris alors qu'ils se concentrent avec appréhension sur la destination. Puis elle disparait de sa vue d'un geste de main sous mon manteau, et mes doigts ne résistent pas à la tentation de caresser ses joues roses sous le vent frais. "Trois jours... un peu... ailleurs."

Mon ton ne laisse pas place à son hésitation — elle n'a pas le choix. Contre son gré même je l'emporterai à l'autre bout du monde pour quitter les souvenirs à chaque coin de rue, les échos de phrases et de rires qui hantent.
Je place avec douceur le casque sur sa tête, et attrape le mien. Mitigée peut-être mais définitivement happée par l'envie de disparaître de la ville d'une quelconque façon, de cette vie, des horizons qu'on reconnaît ; elle monte sur la moto et entoure ma taille de ses bras fins.

Fragile, le coeur,
celui qui bat la chamade serré contre moi.

Fragile, l'épopée,
l'exutoire idéal à la tristesse,
le début d'un ailleurs, d'une page que l'on tourne,
d'une histoire qu'on écrit, de celles qui nous ont fuies ; si souvent...

Fragiles.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Quelques poussières de souvenirs de Wolfram & Chloé   

Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas
 
Quelques poussières de souvenirs de Wolfram & Chloé
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Quelques souvenirs de fête ...
» [TERMINE] Quand plus aucun souvenirs vous reviens... [Pv Sacha Farmer]
» Les souvenirs...
» Les Limbes des souvenirs.
» Entrevue douloureuse et Souvenirs refoulés. {Achevé}

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
FRATERNITIES, SEVEN YEARS LATER :: Il était une fois-
Sauter vers: