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 she came to play (leonor)

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MessageSujet: she came to play (leonor)   Sam 7 Nov 2015 - 20:42

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William Sorel
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she came to play




Il se tient droit face à l’assemblée, le regard porté sur ces quelques visages plus ou moins attentifs, mais il n’est pas tendu ou crispé pour autant. A vrai dire, c’est tout l’inverse. Son corps et sa tenue indiquent une certaine décontraction et une confiance qui lui sont propres. Bien à lui. William Sorel est à sa place. Non pas devant ses étudiants, mais sur cette estrade, à parler de cette époque qui le passionne tant. Tout du moins, jusqu'à ce qu'il en vienne à... ça.

─ Il m’est arrivé une chose assez extraordinaire hier soir, et je vais vous la raconter. J’étais tranquillement en train de corriger vos copies, quand tout à coup, je suis tombé sur une phrase étonnante. Comme quoi…  le romantisme s’apparenterait à une période littéraire portée sur l’amour, ou les relations humaines, plus largement… Ses yeux voyagent mystérieusement d’une jeune fille à une autre sur la rangée de devant, puis il abaisse son regard pour contourner son bureau, adoptant simultanément une expression à la fois amusée et lassée. De temps en temps, je peux apprécier l’humour dans les copies d’examen. Je dis bien, de temps en temps. Encore faut-il ne pas s’en servir pour écrire des atrocités, et d’autant plus quand on est en doctorat…

Des bruits d’indignation et de moquerie résonnent dans l’amphithéâtre, ce qui ne perturbe aucunement le professeur.

Les lèvres de William s’étirent sur le côté en une grimace significative de son état d’âme. Il semblerait presque désolé ; désolé qu’un étudiant de huitième année se voie attribuer une note aussi faible pour débuter l’année. Mais en réalité, il se sent bien peu concerné par cet incident. Pourquoi s’attarder sur un cas aussi indigne, après tout ? Ce ne sont pas des jeunes étudiants qu’il a en face de lui, ce sont des adultes passionnés qui sont dans ce cours en toute connaissance de cause. Pour la plupart, qui se prédestinent à l’enseignement de la littérature.

─ A l’avenir… Je conseillerai à cet individu de forcer un peu moins sur l’alcool, ou alors de donner son devoir à une personne plus branchée littérature du 19ème siècle que romans à l’eau de rose pour le dépanner.

Des rires percent à nouveau l’atmosphère, et c’est sur cette note, qu’il serait difficile de juger optimiste ou pessimiste, qu’il décide de conclure le plus simplement possible.

─ Je vous dis à la semaine prochaine.

Aucune perte de temps. Les cahiers, les livres et les sacs se ferment, quand les bouches elles s’ouvrent plus grandement. Le tout dans une cacophonie trop bien connue des professeurs. Croyant être libéré de son statut d’enseignant pour la journée, William range silencieusement ses affaires sans plus prêter attention aux étudiants…


L'amour est une fleur délicieuse, mais il faut avoir le courage d'aller la cueillir. Stendhal
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MessageSujet: Re: she came to play (leonor)   Lun 9 Nov 2015 - 21:47

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Leonor I. Wayland
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Le temps avait cette caractéristique étrange de se dilater ou se compresser à son bon vouloir, en fonction de ce à quoi Leonor s'occupait. Et il était clair que, en cours de littérature française, le temps avait visiblement décidé de se faire le plus court possible. Probablement parce que les enseignements qu'ils recevaient étaient absolument passionnants, et qu'elle apprenait tous les jours. Peut-être aussi parce que l'enseignant qui avait fait son apparition dans leurs cours, depuis le début de l'année, avait de quoi capter les foules. William Sorel avait immédiatement conquis sa classe - et ce n'était pas seulement pour la façon dont il leur parlait de poésie et de théâtre. Même elle, qui s'estimait bien au-dessus de ces considérations bassement humaines - parce que non, elle ne se mettait pas dans le même panier que les trois quarts des personnes qui suivaient le même cursus qu'elle, merci bien - devait reconnaître qu'il était carrément pas mal, dans son genre. Il avait cette assurance tranquille et cette présence qui faisaient qu'il était difficile de le rater. Elle appréciait son savoir tout autant que son humour - et d'humour, il en faisait preuve. Les lèvres de Leonor s'étirèrent en un sourire largement ironique et appréciateur quand il commenta la copie d'une élève - et ce n'était pas la sienne, évidemment; elle n'aurait jamais fait une erreur aussi grossière. Visiblement, certaines personnes allaient devoir comprendre que Twilight n'était pas la bible. Le mordant du professeur, tout en délicatesse était... rafraîchissant. Elle appréciait. Et elle était suffisamment intelligente pour réussir à enregistrer tout ce qu'il disait en le détaillant (subtilement) avec approbation. Elle n'était pas la seule à le faire. Ca, elle ne l'ignorait pas.

Au point qu'elle ne fut même pas surprise lorsqu'un coude vint s'enfoncer dans sa hanche avec un "Pssst" immensément discret (ahem) et censé capter son attention. Arrachée à la fois au cours et à sa réflexion tranquille, elle ne put que décocher un regard incendiaire à sa voisine - dont elle avait oublié le nom, et qui ne semblait pas se rendre compte d'à qu'elle point elle l'irritait - qui, visiblement fascinée par les traits de l'enseignant, se motiva à lui relancer un second coup de coup de coude dans la hanche. Jusqu'à parvenir à accoucher de ce qui la faisait visiblement trépigner sur place comme un lapereau ayant avalé un pois sauteur: "Hé, hé, Leo! Tu serais capable d'aller l'aborder, le prof?" La question était stupide. Et ridicule. Et désolante. Bien sûr, qu'elle en était capable. Elle était capable de tout, merci bien. Et elle ne disait jamais non à un défi. Ses dents se dévoilèrent alors dans un sourire carnassier qui disait précisément ce qu'elle en pensait. "Il est à moi."

Le temps prit la fuite, une fois de plus, et la fin du cours surgit brusquement, comme on mouchait la flamme d'une bougie. Et il était temps pour elle de rentrer en scène. Elle aimait la clarté éblouissante et limpide de la pensée avant de se glisser dans la peau d'un personnage, qui n'était ni tout à fait elle, ni tout à fait différent. Elle attendit alors que la masse d'élèves quitte l'amphithéâtre, puis se mordit les lèvres pour les faire rougir - une bonne vieille technique de Versailles - avant de rejoindre le jeune professeur, le moindre de ses gestes calculé au millimètre près. Puis elle toussota légèrement pour attirer l'attention de William, et lui adressa un large sourire rayonnant. "Monsieur? Je ne suis pas d'accord avec ce que vous avez affirmé, un peu plus tôt. Quand vous prétendu que le romantisme n'était pas une période portée sur le sentiment amoureux et les relations humaines. Pas que ç'ait été ma copie, mais... " Le sourire se fit largement moqueur. Comme si elle avait pu écrire ça. Sérieusement. "Le romantisme est une libération, une ouverture. On voit apparaître le moi, dans toute sa puissance, un épanchement de sentiments. Le romantisme est l'importance du sentiment. Les manifestations de la vie affective. Les souffrances de la solitude. L'exotisme. La nature. Le renouveau de la beauté dans les choses et les personnes. Le sourire s'élargit encore, amusé et évocateur. La démesure et la passion. Les relations humaines. L'amour. C'est ce qui fait toute la beauté de cette époque... Vous ne pensez pas?" Elle n'attendait pas spécialement de réponse. Elle se contentait d'énoncer sa pensée, tranquillement, espérant presque une contradiction, un débat - quoi de mieux pour stimuler l'esprit? Mais ce qu'elle voulait par-dessus tout, c'était son attention. Une connexion. Tout en cherchant la voix dans sa tête qui lui soufflait que jouer avec les gens était dangereux - voire mortel. La ferme, Rosalind. Tu es morte, de toute manière. La balle était désormais dans son camp à lui. Jeu, set, et match.


invictus
beyond this place of wrath and tears, looms but the horror of the shade, and yet the menace of the years finds, and shall find, me unafraid. it matters not how strait the gate, how charged with punishments the scroll. i am the master of my fate: i am the captain of my soul. ©️ pathos
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MessageSujet: Re: she came to play (leonor)   Lun 23 Nov 2015 - 22:16

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Les étudiants descendent des marches et s’amassent vers les portes battantes de l’amphithéâtre, pour la plupart, certainement, ravis d’avoir terminé leur journée. Quant à William, lui n’en serait presque qu’au commencement. D’ici quelques minutes, dès qu’il sera sûr de n’avoir rien oublié dans cette salle que ce soit sous une forme matérielle ou abstraite, il quittera cette grande salle et rentrera paisiblement chez lui. Bien sûr, il prendra soin d’éviter les transports en commun au maximum et se réjouira de cette décision en passant par le libraire du coin, celui chez qui il adore se perdre en rentrant, le soir, avant de finalement veiller des heures durant dans sa chambre, avec comme seuls compagnons ses livres et sa lampe de chevet. Un délice auquel il s'adonne de nombreuses nuits. Encore faudrait-il que rien ne le retienne, dans cet amphithéâtre, là où toutes les effervescences estudiantines résonnent encore…

Il n’entend pas la voix tout de suite. De ses pensées, il n’en est tiré que lorsque la silhouette s’est suffisamment avancée pour ne plus être ignorée. Et comme tout homme face à la belle inconnue, il se sert d’abord de ses yeux pour étudier la physionomie qui se présente à lui. Il oublie son statut d’enseignant, pendant une seconde, oui. Il oublie qui il se doit d’être, il oublie les principes qui y sont rattachés. Mais cela ne dure qu’une seconde à peine, pas plus ; cela a à peine le temps d’exister. Et avant même d’avoir complètement oublié, l’ordre et le devoir s’interposent, viennent bousculer la nature. William est rappelé à l’ordre par le contenu des propos, par la négation du début. Avec une maîtrise de rigueur encore bancale, il se retient de sourire face à ce rouge aux joues et, …

Il l’écoute. Avec un sérieux dont, bientôt, nous ne pouvons plus douter. Parce qu’elle a l’air enthousiaste, passionnée. Parce qu’elle est la première étudiante qui ose venir s’adresser à lui, avec de telles affirmations. Qu’il soit d’accord ou non avec ce qu’elle dit, elle mérite toute son attention et il la lui donne volontiers. Songeur, le visage légèrement penché vers le bas tandis que son regard ne quitte plus celui de la jeune fille, il la laisse s’exprimer librement, jusqu’à ce que les derniers mots ne transpercent l’air. Jusqu’à ce que la question soit posée. Là, il déloge enfin ses prunelles de celles de l’étudiante et prend une grande inspiration avant de prendre la parole.

─ A l’évidence, la copie que j’ai mentionnée n’est pas la vôtre. Le timbre de sa voix se veut sérieux, mais une lueur de malice éclaire ses iris quand il retrouve ceux de la fille dont il ignore tout, exceptée une passion commune. L’étudiant qui en est le propriétaire n’a même pas employé le terme libération, ou encore exotisme, pourtant ils sont bel et bien au coeur du romantisme.

Voilà un terrain sur lequel William aime glisser, perdre parfois l’équilibre, pour le retrouver la seconde d’après. Il n’estime pas qu’il y a une réponse unique à la question “qu’est-ce que le romantisme ?”, selon lui il y en a autant qu’il y a eu d’écrivains, de poètes, enfin d’artistes ayant participé à ce courant. Un courant, un mouvement ou un état d’esprit, d’ailleurs ? Tout à la fois, sans doute. Le trentenaire laisse son regard planer mystérieusement sur la brunette encore un instant, avant de se détendre, libérant au passage ce livre qu’il tenait entre ses mains. Il s’assied alors sur le rebord de son bureau et relève son visage.

─ Vous semblez avoir une opinion toute tranchée sur les caractéristiques de ce mouvement littéraire. J’en déduis au moins qu’il vous intéresse… et c’est déjà un point de gagné pour moi. Un sourire en coin étire ses lèvres. Cela dit, si vous tenez vraiment à savoir ce que j’en pense…  Je pense que votre avis est réducteur. L’on ne peut décrire le romantisme sans le relier à la période qui lui a précédé, sans évoquer toute cette mélancolie et ce mal de vivre qu’ont connu les artistes romantiques. Le romantisme, ça ne serait pas vraiment l’amour comme on l’entend aujourd’hui, plutôt une aspiration voire même une revendication à la liberté. Vous l’avez mentionnée, elle est primordiale. D’ailleurs nous avons vu à travers l’oeuvre de Stendhal ou encore celle de Musset que les écrivains expriment leur désir de construire une société meilleure. Ils laissent de côté le classicisme et le rationalisme, ils mettent davantage en avant leurs sentiments personnels et cela peut passer par la narration d’un amour véritable, c’est vrai… Mais ce n’est presque rien, finalement, à côté du reste. La recherche d’évasion, de voyage, d’horizons nouveaux, c’était, je crois, ce qui les exaltaient le plus.

… Mais ce n’est que son avis. Il a eu beau rédiger une thèse sur la littérature française du 19ème siècle, cela n’en fait pas pour autant un sujet dans lequel il est expert. Seulement passionné, mais c’est déjà pas mal, pourrait-on entendre. William a toujours l’air un peu rêveur lorsqu’il parle de littérature, mais il n’oublie pas pour autant la présence de l’étudiante.

─ Vous avez le droit de ne pas être d’accord. Votre note ne sera pas pour autant médiocre comme celle de votre camarade qui à mon avis n'est aucunement passionné par la littérature française…

Il pourrait déplorer le cas de ce jeune homme ; se trouver dans un cours qu'il n'a probablement pas choisi, à moins que ce ne soit par défaut... Mais il n'a à l'esprit que la jeune fille face à lui. Ses yeux se font perçants, curieux.

─ Mais vous, vous l’êtes, n’est-ce pas ?

C'est un air français qu'il perçoit d'ailleurs dans sa voix, étrangement. Et il en oublierait presque que les étudiants autant que les professeurs, en général, sont pressés de s’échapper d’une salle de cours…


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MessageSujet: Re: she came to play (leonor)   Mar 5 Jan 2016 - 19:55

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Leonor I. Wayland
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Un regard pouvait exprimer tant de choses. On communiquait, à travers un regard. Et Leonor avait vu tous les regards du monde. Après tout, ça avait été sa vie. Vendre un peu de rêve aux gens, un peu de magie. Chacun de ses gestes était alors une mise en scène, minuté avec précision, afin que chaque personne qui la regardait puisse pleinement profiter de l'immense étendue de son talent. Des dizaines, et des dizaines d'yeux posés sur elle, qui la consacraient pleinement. Elle avait vécu pour leurs regards. Elle les avait tous vus. Les regards admiratifs. Les regards critiques. Les regards fascinés. Les regards envieux. Les regards émerveillés. Mais elle n'avait que trop rarement eu droit à des regards attentifs. Des regards qui trahissaient le fait qu'elle avait obtenu l'attention pleine et complète de quelqu'un. Elle était bien la première à savoir que plus personne n'écoutait vraiment autrui - elle-même n'écoutait que peu ce qu'on avait à lui dire, et ça lui était égal. Elle avait appris à passer au-dessus. Mais elle avait capté l'attention de William, et elle le savait. Au-delà même de son petit jeu, de ce défi stupide, elle commençait à vraiment apprécier la conversation. Du moins, son monologue. Parce qu'elle parlait, et qu'il écoutait. Et pourtant, personne n'aurait pu affirmer que la conversation était à sens unique, parce que c'était faux. Puis elle remarqua l'éclat malicieux dans les yeux de William, et esquissa un sourire assorti. "A l’évidence, la copie que j’ai mentionnée n’est pas la vôtre." Non, à l'évidence. Elle était bien trop intelligente pour dire de telles âneries, et elle se satisfaisait de savoir qu'il en était conscient. Et attentive, elle attendit patiemment qu'il poursuive. Elle adorait ses cours - et pas seulement parce que celui qui en était l'auteur était tellement charmant que c'en était révoltant. Il était passionné, et talentueux. Et le flot de mots qui s'échappa bientôt de la bouche du français ne la détrompait pas. Si bien qu'un léger sourire amusé vint bientôt flotter sur ses lèvres. Un débat. Elle aimait qu'on ne soit pas d'accord avec elle. Ca lui changeait. "Au risque de vous paraître effrontée et irrespectueuse..." Elle haussa un sourcil malicieux, le mettant au défi de prétendre le contraire. Non, parce qu'elle était innocente et adorable. "Je trouve votre vision réductrice aussi. Sur certains points. La mélancolie. Le mal de vivre. C'était tellement plus que ça. C'est une peur immense du destin. D'un avenir qu'ils ne maîtrisent pas, qui leur glisse entre les doigts. L'époque était tellement troublée, tout leur échappait. Tellement de bouleversements politiques et sociaux. Ils avaient une vision si dramatique de l'humanité. C'était tellement d'émotions. Négatives, certes. Mais il n'y a pas de Très-Bas sans avoir le Très-Haut. Ils ne consacraient pas l'amour tel qu'on le connait aujourd'hui, mais une idée de l'amour, qui était mêlé de toutes ces émotions. Le romantisme, c'était la passion. La liberté, aussi, comme vous l'avez si justement dit. Mais une aspiration aussi à se libérer de leur destinée qui les emprisonne. Mais je vous rejoins sur ce dernier point. L'exotisme et les voyages... Ils avaient soif d'aventure, et d'un inconnu qui les fascinaient tout à la fois." Elle parcourut la salle du regard, façon biche intimidée, avant de reposer les yeux sur William. Avant de soutenir le regard du jeune professeur qui se fit plus inquisiteur. "Votre note ne sera pas pour autant médiocre comme celle de votre camarade qui à mon avis n'est aucunement passionné par la littérature française… Mais vous, vous l’êtes, n’est-ce pas ?" Alors son sourire s'élargit, et un rire vint même à lui échapper."J'ai toujours été passionnée par la littérature. Les livres offrent plus que ce que n'importe qui pourra jamais offrir. Ils sont évasion et rêve. Ils sont tant de merveilles." Et elle était sincère. Bien plus sincère qu'elle ne l'avait été depuis longtemps. Et ça, ça ne lui plaisait pas. Alors elle se contenta de tendre la main vers William, avec un grand sourire calculé et un hochement de tête. "Leonor Wayland, monsieur. Je consacre ma thèse aux élégies et à leur lien avec le Romantisme. J'aime beaucoup vos cours."


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