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 Tu l'as tuée, et tu le sais [PV Leonor]

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MessageSujet: Tu l'as tuée, et tu le sais [PV Leonor]   Lun 14 Déc 2015 - 10:22

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Edgar C. Dobson
Rêveur et non bagarreur
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La grande maison de Beverly Hills est toujours tiède. Il flotte dans l’air une odeur de sépia rouge et de laiton bien ciré. La femme de ménage est passée récemment.

Edgar est debout dans le bureau de sa mère. Entouré d’acajou et de livres reliés de cuir, son iphone à la main, il ressemble à beaucoup d’étudiants nantis que compte LA. L’air fermé sur son visage et des ombres dans le regard en plus. La colère contracte ses mâchoires. Ses paupières portent encore le rouge d’un deuil qui n’arrive pas à passer.

Il appuie sur les touches de son téléphone.


Bonjour Leonor, c’est Edgar. J’ai quelqu’un à te présenter.

Il n’attend pas la réponse. Il n’a pas envie d’entendre son étonnement, puis sa voix de fille trop sûre d’elle et ses intonations blasées s’ils parlent de…

Il n’attend pas la réponse. Il appuie sur la touche du pc blanc. Place son ipad près du haut-parleur. Laisse l’enregistrement défiler… Parce que de machine à machine, la distance rend la voix moins électronique. L’air floute le métal de la voix. Ça semble plus lointain. Lointain comme un être peut l’être après sa mort.


Edgar… Je ne sais pas par où commencer…

La voix de Rosalind parle de machine à machine. La voix de Rosalind, laissée sur la messagerie d’Edgar, raconte ses dernières heures à venir. Elle dit ses attentes de petite fille en admiration devant les étoiles, ses espérances de danseuse acharnée. Elle dit ses déceptions, ses rencontres. Son ravissement sur la scène, sa peur du public. Elle parle, du bout des lèvres, des gens qui l’ont croisée. Evidemment, Leonor, sur la fin… Et la corde qu’elle a achetée. Et les adieux qu’elle aurait voulu dire à Edgar avant d’utiliser la corde.

L’enregistrement touche à sa fin. Le lecteur Apple affiche des formes aux couleurs psychédéliques. Steve Jobs devait avoir le sens de l’humour. Il est mort, lui aussi. Edgar fronce les sourcils en voyant les couleurs Appel. Pas de paix à son âme.


Leonor, on doit parler de Rosalind.
Je te laisse choisir le jour et l’heure…

Il lui laisse ça, ce choix, l’impression de pouvoir choisir, encore, avant de.

~ ~ ~

Il fait froid. Ou alors il fait tiède et les gens sont froids. On ne sait jamais dans ces cas-là. L’UCLA est peu peuplée à cette heure matinale. Les étudiants ne sont pas des lève-tôt… Et ce, quel que soit le pays où ils étudient.

Edgar attend, adossé contre le mur du bâtiment principal, près de l’entrée secondaire réservée aux fournisseurs. Près de lui, un grand peuplier blanc balance ses branches nues au rythme du vent hivernal. Un squelette de végétal, cela va bien au décor de leurs retrouvailles.

Le monde de la danse est petit… Edgar ne pouvait que connaître Leonor, la dernière rivale de Rosalind. Le monde de la danse est cruel… Mais pas souvent meurtrier. Pas de cette façon-là, en tout cas. D’habitude, les filles meurent d’anorexie ou de MST mal soignées… D’habitude, elles meurent la peau sur les os et le cœur brisé par un amant de passage. Rosalind est morte la corde au cou, les yeux exorbités et les lèvres gonflées.

Des pas, légers. Edgar tourne la tête.


Ah, te voilà.
Ça faisait presque longtemps…


Les humeurs du corps

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MessageSujet: Re: Tu l'as tuée, et tu le sais [PV Leonor]   Jeu 28 Jan 2016 - 18:56

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Leonor I. Wayland
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Elle avait quitté Paris et la France pour fuir ses vieux démons. A LA, elle avait réussi à se tenir loin de tout ça. Pour un temps. Et maintenant, Rosalind revenait la hanter. Son vieux démon. Mais Rosalind n'était rien, en comparaison de celui qui l'assaillait. Rosalind n'était qu'un chaton. Rosalind ne pouvait rien lui faire. Rosalind était morte. Edgar, lui, ne l'était pas. Edgar était bien vivant, et il lui en voulait. Pas surprenant. Elle avait fini par l'oublier, avec le temps, à ne plus du tout penser à lui. Il faisait partie de son ancienne vie, et il était indissociable de Rosalind. Elle le connaissait déjà à l'époque, bien sûr. Leur univers était petit, et élitiste. Tout le monde connaissait tout le monde. Et tout le monde la connaissait, elle. Elle pouvait comprendre qu'il la haïssait. Qu'il souhaitait venger ce qu'elle avait fait. Mais ça ne changeait rien au fait qu'elle était terrifiée. Elle avait tout laissé derrière elle en montant dans cet avion, avait piétiné tout ses regrets (du moins, c'était ce dont elle avait toujours essayé de se convaincre), avait renoncé à tous ses rêves. Et elle avait naïvement cru que ça suffirait pour qu'on la laisse recommencer à zéro. Tout ce qu'on lui avait accordé, c'était une trêve, bien trop courte, bien trop éphémère. Même pas de quoi se réinventer. Une fois de plus, elle n'était qu'un pion dans un immense jeu de l'univers. Alors que c'était à elle, de rebattre les cartes, en trichant ouvertement. Elle avait toujours décidé pour les autres, tiré les fils, eu tous les atouts en main. C'était elle qui menait le jeu et la danse, pas les autres. Mais désormais, il était le chat, et elle était sa souris. Elle n'avait plus le contrôle et elle détestait cette idée. Et elle était toujours aussi terrifiée qu'au moment où elle avait entendu cette voix dans son téléphone. Ces voix. Deux voix qu'elle aurait voulu ne plus jamais entendre. La voix d'un fantôme, et de celui qui était resté hanté. Elle n'avait rien dit, rien répondu, à ce moment-là, trop occupée qu'elle était à empêcher son univers de partir en morceaux. Tout ce qu'elle avait construit dans cette nouvelle vie, qui se fissurait entre ses doigts. Les mots de Rosalind étaient des éclats de glace dans son coeur. Et on prétendait que c'était elle qui était cruelle, dans l'histoire. Rosalind la battait à plates coutures dans ce domaine-là. Elle avait réussi à mourir de manière la plus cruelle qui soit pour ceux qui restaient. Et elle n'aurait pas dû avoir si peur, n'aurait pas du laisser Edgar l'atteindre à ce point. Elle était morte vingt fois dans ses ballets, était revenue quarante fois. Rien de tout ça n'aurait dû pouvoir la toucher. Et pourtant. Comme quoi, la reine des glaces avait des regrets.

Mais aussi terrifiée et pleine de remords qu'elle était, la reine des glaces ne se défilait jamais devant un affrontement. Elle s'était protégée comme elle l'avait pu, derrière son armure de mépris et son apparence impeccable - et que personne ne vienne nier le pouvoir de vêtements hors de prix et d'un maquillage parfait. Elle mentait si bien qu'elle avait même réussi à se convaincre que tout se passerait bien, et qu'Edgar ne serait pas en position de faire quoique ce soit contre elle. Elle redressa son menton, affichant un port de princesse, sculpté par des années et des années de pratique, et se prépara à affronter son propre cauchemar. Edgar voulait lui parler? Elle allait lui parler. Et il allait regretter d'être venu marcher sur ses plates bandes. Elle avait sa vie, à LA. Sa vie. Une vie qu'elle avait construit de ses propres mains, de ses propres choix, et elle n'allait pas le laisser détruire ça. Jamais. Alors, nimbée de sa froide colère et de son mépris, elle se rendit au rendez-vous, ne se laissant même pas distraire par le vent et le froid - de toute manière, elle ne pouvait pas être plus gelée qu'elle ne l'était à l'intérieur. C'était de la glace qui courait dans ses veines. Il avait choisi UCLA. Un terrain neutre. Autant à lui qu'à elle. Pas d'avantage.

Elle inspira longuement. Parvint à sa hauteur. Releva les yeux vers lui. Et parvint à le regarder, droit dans les yeux, malgré tout ce qu'elle avait pu faire. Elle trop forte pour se laisser détruire par tout ça. "Ah, te voilà. Ça faisait presque longtemps…" Elle hocha le menton, brièvement, sans le lâcher des yeux. "Trop longtemps, même. A croire qu'il fallait qu'on se recroise, toi et moi. C'aurait été... inachevé, sinon." On y était. Le début de la fin avait peut-être commencé, mais ce n'était plus de son ressort, désormais. Ni du sien, ni de celui d'Edgar. Au fond, c'était peut-être l'univers, qui menait le jeu.


invictus
beyond this place of wrath and tears, looms but the horror of the shade, and yet the menace of the years finds, and shall find, me unafraid. it matters not how strait the gate, how charged with punishments the scroll. i am the master of my fate: i am the captain of my soul. ©️ pathos
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Tu l'as tuée, et tu le sais [PV Leonor]
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