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 all in your mind?

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MessageSujet: all in your mind?   Dim 20 Déc 2015 - 19:22

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Oscar Luccheti
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3 février 2016, 17:03.

Tes doigts. Tu les regardes, intensément. Tes yeux, concentrés, crispés, se focalisent dessus. Tu essaies de te souvenir de ce qu'on t'a appris. Et on se-rre. Très, très, très fort. Et tu essaies de serrer. Les doigts vibrent un peu. Secouent un peu. Puis se rapprochent... Lentement... Lentement... Tu continues d'essayer jusqu'à ce que ton poing se referme enfin, cette fois-ci. Cela ne fait pas longtemps que tu as retrouvé la capacité de plier tes doigts. Tu as encore du mal à t'y habituer. Ou plutôt, t'y refaire. Autrefois, tes capacités de mouvement, tu n'y pensais pratiquement jamais.

Enfin, tu te laisses retomber contre l'oreiller, exténué. Tes mains retombent, tes doigts retombent. Tu regardes le plafond, silencieusement. Tes yeux, toujours aussi intenses, toujours aussi crispés, se fixent sur un point au dessus de toi. Ça fait de plus en plus mal. Certes, les crampes et les douleurs physiques s'étaient petit à petit atténuées, de sorte à ce que tu te retrouves enfin dans un corps qui ne ressentait qu'une douleur constante de 5/10 (à l'opposé du premier jour, celui du réveil, où la douleur subie ressemblait davantage à du 13/10) ... Mais la récupération de ton corps avait été accompagnée par une récupération de l'esprit. Ainsi que des visites. Beaucoup de visites. Trop (?) de visites.

Inévitablement, tu avais retrouvé des souvenirs en cours de chemin. Parfois le matin, parfois le soir. Parfois le midi, lorsqu'une paille était glissée de force entre tes dents et qu'on te forçait à aspirer. Maintenant, ils essaient de te faire mastiquer. Tu y arrives, la plupart du temps. Les premières semaines, il fallait que quelqu'un te manoeuvre manuellement la mâchoire, comme s'il s'agissait d'une machine.

Le retour de tes souvenirs aurait dû te réjouir. Au lieu de cela, il s'amuse à te tourmenter. À te toiser, à te narguer. Oui, regarde, j'ai décidé de t'en ramener un, aujourd'hui. Assez inutile, je sais. Reviens demain, je verrai ce que j'aurai en stock pour toi. Avec le temps, tu avais commencé à récupérer des bribes, des idées, des reflets... Du passé.

Un passé où tu n'étais pas ici.
Un passé où personne ne devait t'aider à mastiquer.




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MessageSujet: Re: all in your mind?   Lun 28 Déc 2015 - 20:50

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Andreas Klein
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Ils m’ont refusé, la première fois. Parce qu’il a ses jours, soit disant, et puis même dans ces jours-là, il aurait aussi ses moments. Je n’ai pas tout à fait compris les propos de l’infirmière. Il faut dire que le vocabulaire médical représente pour moi plus un charabia chinois qu’un lexique pratique ou même intéressant. Alors j’ai docilement acquiescé, vendredi dernier, lorsqu’elle m’a proposé de revenir un autre jour. Si elle ne m’a pas épargné ses mots incompréhensibles caractérisant le sort de son patient, elle a au moins eu la gentillesse de me faire une liste des jours où il me serait possible de le voir.

J’y tiens, à le voir. Vérifier son état. Démentir les propos inquiétants de John.
Retrouver la clarté dans ses yeux et la chaleur de sa voix méditerranéenne.

Puis je tiens aussi à ce qu’il me voie, moi.
Peut-être est-ce surtout ça, en fin de compte ? Un énième désir égocentrique de ma part. L’empêcher de m’oublier et lui rappeler ma présence, même dans une chambre d’hôpital. S’il le faut… Si c’est le seul endroit où je peux être certain de le revoir. Alors ainsi sera-t-il.

Les hôpitaux sont aux gens comme moi ce que la bourse serait à un écrivain. Un lieu peu rassurant, presque trop propre. Les longs couloirs blanchâtres, rosâtres ou verdâtres, qui mènent à ces multitudes de chambres où l’on imagine des gens alités, plus ou moins en forme, parfois même enchaînés à la mort…

C’est en chassant ces idées noires que j’enclenche la poignée de la porte indiquée, après avoir frappé deux petits coups. Elle m’ouvre la voie vers lui, dont je remarque vite les yeux ouverts. Allongé sur son lit en face de moi, Oscar ne tarde pas à croiser mon regard. Je reste planté dans l’entrée un bref instant, le temps d’instaurer un contact visuel sans doute nécessaire, avec tout ce qu’il signifie.

Et puis enfin je reprends ma respiration. Je m’avance vers lui, contourne le lit et vais m’asseoir sur le fauteuil situé juste à côté. Là, une fois à mon aise dos contre le dossier, je le regarde, esquisse un sourire et brise le silence.

─ Salut, sale rital.

Je laisse la malice prendre possession de mon être. Pour combien de temps ?

─ On m’a dit que ta mémoire et toi, vous n’étiez pas trop potes en ce moment. J’ose espérer que ma gueule de ricain te dira quelque chose, ajouté-je alors, pour l’inviter à me rassurer sur ce point.

Parce que ma bonne humeur et mon sourire ne sont peut-être qu’une façade… une perche que je nous tends, à nous et à ta mémoire.



Je serais juste l'attrape-cœurs et tout. D'accord, c'est dingue, mais c'est vraiment ce que je voudrais être. Seulement ça. Salinger
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MessageSujet: Re: all in your mind?   Mar 29 Déc 2015 - 17:45

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Oscar Luccheti
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On te dérobe un moment de répit sans que tu ne t'en rendes compte. Te voilà, allongé, les yeux fermés, occupé à réfléchir, occupé à penser... À autre chose, à une autre vie, à un autre toi, à un toi du passé.

Lorsqu'il s'assoit sur le fauteuil, c'est à peine si tu l'entends tant tu es absorbé dans tes pensées. Tes paupières battent des cils comme s'il s'agissait des ailes d'un papillon avant qu'enfin, tes yeux ne se décident à se rouvrir. Tes iris se tournent, lentement. Le reste de ton corps ne bouge pas. Tu le dévisages. Tu t'attardes sur ce visage. Tu ... apprivoises tes souvenirs, essayant de re-situer cette personne qui, pour l'instant, ne t'évoque pas grand chose de concret. Des traits, flous, vagues, te reviennent à la mémoire ; des tracés au crayon de bois rendus incertains et pâteux par le passage d'une eau ravageuse. Il y a quelque chose, un air de familiarité. Ce visage te parle. C'est un message que tu dois, cependant, chercher à décoder.

Les mots avec lesquels il t'accueillent t'étonnent et te font hausser des sourcils. Tu en comprends certains. D'autres, tu es moins sûr de comprendre. Tu le laisses parler, cela dit. Tu le laisses continuer, espérant secrètement que chaque parole te rapproche davantage de la vérité ; la vérité de son identité. Sa langue tourne, roule, glisse dans sa bouche, ses mots déferlant comme les vagues d'un océan. Ils parviennent à tes oreilles et heurtent tes tympans avec la puissance de vagues maritimes. Tu absorbes ses paroles...

...

Mais rien.

Rien ne te revient. Pas d'images, pas de mots. Pas de prénom, pas de moments. Le visage, son visage, t'est familier, tu le sais... Et tu entends... Des échos. Mais, voilé par la fatigue et ta rémission, rien ne te revient, et cela t'agace. Tu continues de le regarder. Tu ne sais pas pourquoi, mais sa présence ici t'apaise et t'attriste à la fois. Tes yeux te semblent soudainement lourds et tendus. Tu aurais presque envie de pleurer. Tu ne pleures pas. Tu te contentes de tourner tes yeux à nouveau, afin de fixer le plafond au dessus de toi. Tu ne dis rien, car tu ne saurais par où commencer.

On m’a dit que ta mémoire et toi, vous n’étiez pas trop potes en ce moment.

Ta mémoire, ta mémoire...

Elle se cache au détriment de ton présent.

J’ose espérer que ma gueule de ricain te dira quelque chose.

L'espoir, l'espoir...

Comme les grains dans un sablier, il glisse davantage entre tes doigts avec le passage du temps.

L'espoir de tout retrouver, un jour. L'espoir d'enfin retrouver cette mémoire qui te manque tant.

Finalement, tu te décides à parler. Tu ne sais pas quoi dire, mais tu te décides à parler. Il t'a fallu des semaines pour t'y remettre, mais enfin, tu penses pouvoir y arriver. Au début, tu ne savais pas parler. Ta bouche s'ouvrait, tu savais quels mots tu voulais prononcer, mais rien ne sortait. Ils ont essayé de t'apprendre, ils ont essayé de t'enseigner. Asservi par la peur, tu ne voulais plus réessayer. Ne pas savoir parler, la première fois, t'avait effrayé plus que tu n'aimerais te l'avouer. Revivre une telle frayeur ne t'intéressait pas.

Puis, les mots sont revenus, au compte-goutte, un à un. Petit à petit, tu as su faire des propositions, à nouveau. Une phrase, puis deux. Cela te fatiguait énormément, toi et les muscles de ton oesophage. À présent... Tu sais prononcer quelques mots avant de ne plus le savoir. Tu les choisis toujours soigneusement. Sauf aujourd'hui.

– O... Oscar...

Tu ne sais pas pourquoi mais c'est la seule chose qui te vient. Oscar.

Après tant de semaines passées à assumer une identité, tu t'y accroches, désespérément.




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MessageSujet: Re: all in your mind?   Mar 5 Jan 2016 - 18:44

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Andreas Klein
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– O... Oscar...

Oscar. Point. Brutal. Comme je l’ai été avec lui.

Je m’attendais à quoi, au juste ? A un sourire ? A une complicité ?

Certainement pas à ça. Ni à ce mot, ni à ce regard.

Je m’attendais à Oscar, oui, mais autrement. Certes, un peu changé, par la force des choses… Mais pas autant. Pas comme ça. Je ne comprends la portée des mots de l’infirmière qu’à cet instant-là, quand Oscar semble m’avoir donné une immensité et que je ne reçois en réalité que son prénom.

Oscar.

L’énorme vague, faite d’impatience et de fierté, s’écrase à même le sol et moi, sur ce sol, je réalise que je dois repartir à zéro.

Le tissu du fauteuil est désagréable. Tout sauf lisse. Il s’accroche à la matière de mon jean quand je me redresse légèrement et quand je m’accroche moi-même aux accoudoirs. J’ai perdu quelques repères, notre relation et je l’ai perdu, lui.

Réfléchis. Réfléchis. Trouve la solution…

Mes souvenirs, eux, sont encore là. Ils sont tout ce qu’il me reste. Tout ce qu’il nous reste. Parce que je ne compte pas abandonner, si telle était la question.

Oscar. T’es une trop grande partie de ma vie. Trop grande.

─ Andreas… Je murmure, en esquissant un faible sourire. Moi, c’est Andreas.

Je contrôle à peine mes deux mains quand elles se joignent au-dessus de mes cuisses, quand mes doigts s’emmêlent et s’entremêlent pour pallier à l’émotion. La peur, la déroute.

Le vide. Le manque… ?

Sensation de vertige. Mes doigts viennent effleurer mes lèvres, caresser mon menton, ma mâchoire. Je ne le quitte pas du regard, je réfléchis sur mes mots.

─ Tu… Tu ne te souviens de rien ? Vraiment rien ?

Pourquoi lui demander s’il se souvient de quelque chose… alors qu’il devrait seulement se souvenir de moi ?



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MessageSujet: Re: all in your mind?   Ven 8 Jan 2016 - 0:48

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Oscar Luccheti
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Avec tes yeux de morue, tu le dévisages, impunément. Tu as le droit d'observer les gens aussi longtemps que tu en as envie, ces temps-ci. Un droit que tu abuses un peu trop, à ton goût. Tu aimerais pouvoir t'arrêter sur un visage et te rappeler de toute son histoire, comme ça, en un claquement de doigts. Mais non. Tu ne peux plus claquer des doigts comme ça et tes souvenirs, eux, ne reviennent pas. Son corps se redresse un peu ; ta tête le suit. Il y a des picotements sur ta peau que tu ne saurais expliquer. C'est inconfortable, sous la chemise de nuit. Tu la sens, qui te colle à l'épiderme, comme une amie trop tactile. Autrefois, lorsque tu transpirais, tu essayais de compenser la situation en bougeant un peu dans tous les sens. À présent que tes mouvements sont réduits à des rotations de la tête et quelques remuements des doigts, tu subis ton inconfort en dignité, en silence.

Lui aussi semble subir, en silence. Tu le regardes et lui regarde ... Partout. Mais pas toi. Pas dans les yeux. Tu aimerais voir ses yeux. Les yeux te parlent beaucoup, ces temps-ci. Plus que les mots et certainement plus que les visages. C'est dans les yeux que la vérité, effrayée, essaie de se cacher de toi. Finalement ses yeux se redressent, accompagnant les vagues de ses lèvres.

Andreas.

Tes yeux se lèvent et tu réfléchis. A-n-dré ... asse ... Tu écoutes les syllabes dans ta tête mais elles ne te disent rien que tu ne savais pas déjà. Il te rappelle ... Quelqu'un. Non. Quelque chose. Et ce noeud dans le ventre qui grossit au fil des secondes, qu'il passe, ici, près de toi.

Il te met mal à l'aise. Mais en même temps, il t'apaise.

Tu regardes tes doigts. Ils tremblent. Tu ne comprends pas. Tu le regardes lui. Tu regardes tes doigts. Il ... C'est lui qui te perturbe comme ça. Comme l'interférence que les ondes produiraient sur l'antenne d'une radio, te voilà calibré à la fréquence de son aura. Lui. L'homme que tu ne reconnais pas. L'homme que tu ne reconnais plus. Ce que tu reconnais, c'est cet air qui alourdit son visage. Ces expressions, que plus d'une fois, tu as vues, par le passé. Tu jurerais même ne pas avoir pu passer une journée sans voir au moins un visage baigné dans l'aura sinistre de ces expressions là. La peur. L'appréhension. La tristesse. L'inquiétude.

Tu as la nausée.
Tu as toujours la nausée lorsqu'on vient te voir.
Ce malêtre, ce mal de vivre. Cette plaie que tu portes, comme une croix.
Ne pas reconnaître, ne pas te souvenir.
Et décevoir, et blesser.


Tu ne sais pas beaucoup de choses mais tu sais que tu n'aimes pas ça, blesser.
Il a l'air pensif, à présent. Ta nausée s'interrompt, mais ne disparaît pas complètement. Ce spectacle, tu le vois presque quotidiennement. Il va dire quelque chose d'autre. Tu ne vas pas comprendre, ou pas répondre, ou pas correctement, en tous les cas. Puis les expressions reviendront. Les nausées aussi. La perversion de ta situation ne t'échappe pas. Le sadisme du créateur, là haut, plus transparent que jamais. Parce qu'il existe, ce tyran. Et qu'il ne t'a rien épargné.

Tu… Tu ne te souviens de rien ? Vraiment rien ?

Tes yeux se baissent. Tu ne sais pas quoi dire. Tous les jours, la réponse est la même, pratiquement. Pas beaucoup. Tu lui répondrais bien ça, à lui aussi, mais quelque chose te dit que sa question n'est pas la même que d'habitude. Il ne te demande pas si tu te souviens de ton adresse ou de ton âge, lui. Ce qu'il te demande s'adresse directement à ton âme. Face à ses interrogations, elle reste silencieuse.

Le regard toujours baissé, tu ne lui réponds pas.




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MessageSujet: Re: all in your mind?   Lun 8 Fév 2016 - 16:32

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C’est la course pesante du silence et du malaise. Quand l’un surpasse l’autre, il se fait dépasser l’instant d’après et ce, sans relâche. Une course dans laquelle je suis figurant, une course dans laquelle il semblerait presque absent. Presque…

Oscar, où es-tu ?

Où t’es-tu perdu ?

Quelques indices me seraient nécessaire, et j’irais te chercher.
Partout où tu te trouverais, j’irais.
Tu l’ignorais déjà avant, alors que peux-tu en savoir, désormais ?

Dans tes yeux je vois la perte. La mienne et la tienne. Séparées d’un océan démesuré, effrayant, qui ne m’inspire plus aucune confiance. Pourtant, moi et l’océan… Il ne m’a jamais donné le vertige. Il ne m’a jamais refréné. Jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à ce moment où j’ai plongé mon regard dans le tien.


Le vertige. Est là. Je ne sais plus à quoi me raccrocher.

Un retour en arrière faussé. Car plus rien ne ressemble au passé. Des pages ont été tournées, dans ta vie, dans la mienne. Dans ce chamboulement que tu me fais subir, au présent, encore. Toujours si douloureux, toujours si intense, ce présent, avec toi. Toujours si… Mais où est-elle, cette part d’enivrement et de volupté dissimulée ? Puis-je y croire, encore ? Dois-je y croire encore ?

Oscar, que dois-je faire ? De nous…


Le vertige, toujours lui, me donne une impulsion mal maîtrisée. Je me lève et traîne le fauteuil derrière moi pour m’avancer vers le lit, vers lui. Bouger, il fallait que je bouge. J’aurais pu reculer, partir, mais c’est un pas en avant que je fais. Je ne peux pas m’éloigner de lui. Il y a cette force qui continue de me contrôler en sa présence. Le désir de retrouver son humanité, encore insaisissable, mais certainement pas révolue.

Ressaisir…
Reconquérir…

Je m’assieds à nouveau. Je l’observe un moment, sans rajouter un mot, puisqu’il risque de n’avoir aucun retour analogue. Ma main peine, à quitter mon genou. Plus lourde que jamais, mais si fortement attirée. L’inconfort est immense mais je suis persuadé de me trouver à la bonne place. Jamais je ne regretterai ça, Oscar, quoi qu’il puisse arriver. Ma main résiste encore. S’accroche étrangement au tissu. Mes yeux dans les tiens, ou dans ce que tu acceptes de me donner…

─ Je suis déjà venu une fois, avant aujourd’hui. On m’avait dit que tu n’étais pas en état pour voir une “autre” personne. Je me sens sourire, et j’aimerais que ce soit communicatif. Tu sais, si tu as besoin de quoi que ce soit… Je suis là. On n’a jamais été particulièrement proches mais je crois qu’on aurait toujours pu compter l’un sur l’autre, alors, voilà.

Ce n’est pas une question. Je n’attends rien de lui, ou rien de verbal en tout cas. Tout ce que j’ai à faire, c’est de poser cartes sur table. Lui assurer le minimum de confiance, une susceptible de ne pas le mettre davantage mal à l’aise ou pire, l’effrayer. C’est un peu comme marcher sur un fil tout en ignorant notre réel potentiel à y tenir. Je ne sais plus trop ce que je vaux auprès de lui, j’ai seulement ma dose d’espoir et… et le reste. Ce feu qui ne mourra jamais.

Tandis que l’un de mes mains soutient mon visage,  l’autre n’a pas quitté mon genou et est toujours aussi nerveuse. Mon dos retrouve le dossier du fauteuil et mon regard s’éloigne vers la fenêtre, le ciel bleu, en contraste…



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MessageSujet: Re: all in your mind?   Sam 26 Mar 2016 - 1:11

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Tu t'es réveillé, un jour, sans savoir où tu allais.
Sans direction. Pas d'horizons.
Un océan de platitudes sans directions.


Ton regard s'évade par la fenêtre.
Lorsque tu ne sais pas quoi faire, tu disparais. Renfermé sur toi même, perdu dans un recoin de ton âme .... Les autres ne le remarquent pas, mais toi, tu le vis, tu le sais. Tu ne disparais pas. Pas réellement. Pas lorsque tu n'étais jamais là.

Tu te cherches, dans les méandres de tes pensées.
Il y a une certaine beauté cachée dans ton indécision.
Ta vie a disparue ? Remplis la avec ton imagination.

Ta poitrine se lève, ton regard reste toujours accroché à la vitre.
Tu l'entends respirer mais tu n'oses pas l'affronter. Tu as peur. Tu as toujours peur. Les gens vont et viennent, mais toi, tu ne bouges pas. Parfois, ils te baladent, dans la chaise roulante.

Mais ce n'est pas pareil.

C'est ce goût sur le bout des lèvres dont tu ne parviens pas à te souvenir,
C'est le goût que tu n'as jamais réellement pu oublier.
Le mot, tu l'as sur le bout de la langue,
Il ne demande qu'à s'échapper.

Prisonnier, il demeure,
Asservi par la raison.

La gorge nouée, tu hésites, avant de reporter ton regard vers la salle, blanche et stérile. Tu détestes cette salle. Tu déteste ce lit. Plus que tout, cela dit, c'est l'impuissance, ta plus grande ennemie. L'incapacité. De bouger. D'être indépendant. De te souvenir ... Certaines choses sont revenues, mais rien ne peut pallier les trous qu'il reste encore dans ta mémoire. La sensation ressentie lorsque l'on découvre une tâche, sur un vêtement blanc. Le désir de l'effacer, en craignant qu'elle ne s'en aille jamais.

Un flot.
Des émotions.
Tu fermes les yeux.
Quand tu les rouvriras, il sera parti.

Tu les rouvres. Tes yeux s'agrandissent, tes yeux s'écarquillent. Il n'a pas bougé. Il est encore là. Pire, encore: il s'avance. Et toi ? Tu recules.


C'est fort.
Violant.
L'adrénaline.
Et ça fait peur.

Curieusement, tu le dévisages. Ta terreur peint ton visage. Il y a quelque chose ... Mais quoi ? Réfléchis, Oscar ... Tu réfléchis, mais ... En vain.

Ce visage, ce sourire ...

Des vagues, des images, des souvenirs ...

Dans le sable, dans les nuages ...

Et toi, qui nage ...

... It isn't right. Can't say I love you,
It's too late to tell you,
But I really need you to know,
Oh Baby, No, I'll Never Forget You,
I'll Never Let You Out of My Heart,
Oh, You Will Always Be Here With Me,
Oh, I'll Hold On to the Memories, Baby.
C'est une boîte à musique,
Une ballerine qui tourne,
Et tourbillonne,
Sur elle même,
Suivant les mouvements de la mélodie.
"Music box"; la boîte à musique


Il y a quelque chose. Il y a quelque chose ...

Ça me rend fou,
Ça me rend dingue,
Il y a quelque chose,
Il y a quelque chose.

Les mots se répètent,
Je perds la boulette,
Il y a quelque chose,
Il y a quelque chose.

Plus ça va,
Moins ça va.
Plus ça avance,
Plus ça empire.

Il y a quelque chose,
Il y a quelque chose.
Putain, il y a quelque chose, je le sais, qu'il y a quelque chose.

... Mais quoi ?


Il y a quelque chose de tragique.
C'est ce regard.
Ce bleu perçant.
Ce bleu tranchant.
Ce bleu douloureux.

Il parle encore. Tu ne l'écoutes pas. Tu te perds, dans ce bleu, déboussolant, déroutant, déconcertant ...

Andreas, Andreas ... Andrea ? Non. Pas Andrea.

... pas en état pour voir une “autre” ...

Un visage, des traits, un sourire, un visage, des traits ...

... besoin de quoi ... La confusion, l'incompréhension. ... compter l’un sur ...

Et maintenant c'est lui, qui regarde dehors. Et comment lui en vouloir ?

C'est difficile, pour toi.
C'est difficile, pour les autres aussi.

Tu le sais. Ça se voit.

Alors ... Tu fais un pas, toi aussi.

– A ... Andreas.

Tu poses ta main sur son genou.

Tu essaies de sourire, faiblement. Tu es fatigué, donc tu ne sais pas si ça marche réellement. Mais tu essaies, malgré tout.

– Merci.

Tu fais le brave, mais ton regard te trahit, toi et ta vulnérabilité.

Et la douleur lancinante de ne pas te souvenir,


Et d'ignorer si ta mémoire reviendra un jour.




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