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 « Don't be so shy. »

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MessageSujet: « Don't be so shy. »   Mer 15 Juin 2016 - 13:20

Grace W. Nolan
Héros(ïne) d'antan
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J'ai vu le monde, j'ai cru le changer. J'ai rêvé. J'ai espéré. Je me suis bercée d'illusion, j'ai été on ne peut plus con. J'ai cru la vie. Je m'en suis gavée l'esprit. J'ai eu peur, et puis j'ai fuit. J'ai songé à ne jamais revenir, à croire que je pourrai, que rien ne pourrait un jour me ramener. J'ai loupé des choses, j'ai mal existé. J'ai cru pendant quelques jours que j'étais mal née, que je ne savais plus vivre, comment respirer. Obstruée, tatouée, à l'encre d'Andreas, je ne me reconnaissais pas. Aimer trop fort, avoir mal. Ne plus se reconnaitre, ronde infernale. Refrain fané, et désirs biaisés.

Mon frère s'est marié. Il y a plus d'un an déjà. Mon frère a dit oui, pour toute la vie. Dix huit mois que je suis partie. Que je n'ai pas remis le pied sur le sol de Los Angeles alors que je pensais qu'une partie de moi se trouvait là. Je n'ai donné que très peu de nouvelles, je me suis voulue tellement irréelle. J'ai fait le mort, j'ai eu parfois tort. Et quand il m'a annoncé qu'il ne pouvait plus m'aider, que c'était terminé mon caprice d'enfant trop gâté. J'en ai hurlé. Mais ... « Grace, personne ne passe toute sa vie a voyager. » Pourtant je le voulais. Même après avoir ruiné mes économies, j'ai cru que ça pouvait être ça, ma vie.

« J'attends un enfant. » Mon frère, papa. J'en ressens  encore ce coup de poing, à l'intérieur de moi. Au plus profond. Touchée. C'est terminé. Coulée. Grace, faut rentrer. Il a payé mon dernier billet d'avion. Celui de retour. Mon épopée sa finalité. J'ai eu mal, mal à en crever. Mais je n'ai pas pu refuser, fauchée. Mon ainé a toujours eu ça pour lui, son côté de tout prévoir, à peine descendue de l'avion, il m'a appelé, précisant que j'avais un entretien d'embauche, dans la matinée. Serveuse.

Embauchée. Et suspendue, les pieds dans le vide, ou presque, sur le H géant d'Hollywood, je jongle de mes doigts, avec une bouteille que j'ai acheté, de piètre qualité. Valant pauvres cinq dollars que dans la poche d'un de mes jeans abîmé j'ai retrouvé. Je suis venue fêter mon contrat. Indéterminé. Pour toujours ratée, mes ambitions foutues de côté. C'est contre le vent que ma voix, lorsque j'escampe le bouchon face à moi, murmure, dépitée. « Félicitations. Bienvenue à la maison. »



Tu vois ce moment entre le sommeil et le réveil,
ce moment où on se souvient d'avoir rêvé ?
C'est là que je t'aimerai toujours,
c'est là que je t'attendrai.
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MessageSujet: Re: « Don't be so shy. »   Sam 18 Juin 2016 - 13:34

Andreas Klein
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Les pneus s’arrêtent dans un doux crissement terreux et le moteur s’éteint simultanément, après cette ballade nocturne qui, au bout du compte, n’a plus rien d’une exploration. Elle a été faite trop de fois depuis mon arrivée à Los Angeles pour que je m’en émerveille encore. De cette large route rectiligne et de ce chemin plus sinueux qui mène vers les hauteurs, de ce contraste entre le béton et la nature.

Et pourtant, du haut de la montagne, je sens encore mon coeur palpiter comme s’il allait la voir pour la toute première fois. La redécouvrir, encore et encore ; cette ville qui m’a tout donné, qui me donne tout et qui continuera de tout me donner, sans compter. Cette ville qui a accueilli le gamin paumé que j’étais encore, en manque de repères et à la recherche de quelque chose ou quelqu’un à qui m’accrocher. Je ne voulais pas d’elle, mais elle m’a tout donné. Tout.

Mes semelles de ville cramponnent autant qu’elles le peuvent la terre et les gravillons, rejoignent bientôt l’herbe assombrie par l’obscurité. Sans perdre de temps, je parcoure ce chemin rituel dans lequel je n’ai pas mis pied depuis de longues semaines. Par manque de temps, sans aucun doute. Peut-être aussi, que l’esprit n’y était pas. Peut-être que je n’avais pas le coeur à la réflexion ou à l’introspection, ces derniers temps.

Mais peut-être que ce soir, j’ai besoin d’une pause.


D’un arrêt sur image.


C’est sa longue crinière ébène que je vois en premier. Et mon esprit l’imprègne telle une évidence. Ces cheveux auraient pu appartenir à un million d’autres femmes, mais c’est à elle que je les associe, dès que mes yeux se posent sur ce dos détendu.


Malgré tout, je continue d’avancer. Mes pas se font plus silencieux, et j’oublie ces lumières qui par milliers brillent en face de moi, dans une intensité toujours si mystérieusement apaisante. Je fais abstraction de tout et me concentre sur cette silhouette suspendue au métal, reflet d’un souvenir que je croyais enseveli pour de bon.

─ Félicitations. Bienvenue à la maison.

Je l’entends murmurer, sans être sûr des mots qu’elle a employés, et je me sens tressaillir, touché par la certitude que c’est elle. Ca n’était pas prévu. Ça n’aurait peut-être dû jamais arriver, mais il faut croire que le destin se moque encore de nous... Ce lendemain de mariage désastreux ne devait pas l’être assez pour lui, alors pourquoi ne pas ajouter une page supplémentaire ?

L’idée de repartir comme si je n’étais jamais venu me traverse naturellement l’esprit. Ce serait bien plus simple et surtout, cela avorterait une confrontation bien trop risquée. Néanmoins, et pour une raison évidente, je sens la frustration pointer le bout de son nez.

Cet endroit n’appartenait qu’à moi. Et même quand je crevais pour elle, suspendu sur cette barre de fer à côté d’elle, il n’appartenait encore qu’à moi. Pourquoi cela devrait changer, pourquoi maintenant ?

─ Pourquoi ?

Ce n’est pas à moi de partir. Ce n’est pas moi, le lâche.



Je serais juste l'attrape-cœurs et tout. D'accord, c'est dingue, mais c'est vraiment ce que je voudrais être. Seulement ça. Salinger
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MessageSujet: Re: « Don't be so shy. »   Sam 18 Juin 2016 - 21:13

Grace W. Nolan
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Combien de temps ? Combien de journées ? Combien d'années ? Combien d'éternité met l'espoir à mourir ? Réduit à néant. Que du vent. Il est intrépide, il est incertain. Il est d'une irréalité qu'on ne peut contrôler. Factice et inutile. Rien ne peut être vraiment changé. Un destin ne change pas, peu importe les kilomètres qu'on essaie de parcourir. Qu'importe le monde, qu'importe les gens. Celle qui fuit fini toujours pas payer. De son impudence, de sa déchéance. J'ai rejeté en bloc tout ce qu'ici m'était offert. Un avenir, une histoire, un chemin. Pauvre petite Grace, pas à plaindre.

Mes prunelles s'accrochent, à la moindre lumières, mes tympans, au moindre son. J'essaie de lire le paysage de carte postale qui se trouve devant moi. Je me convaincs de ne pas appeler mon frère pour lui souffler, que j'ai été prise à l'endroit où il m'a recommandé. Qu'ils m'ont intimé, de ne pas me tirer. Que dans le monde des adultes, les horaires doivent être respectés. J'en suis loin, bien trop loin. Une gamine, avec des envies putassières. Égoïstement moi.

« Pourquoi ? » Il y a cette seconde, cette fraction, où mon coeur s'arrête, de crever, j'en ai l'impression. Cette voix, ce mot, je m'en trouve peinée, malgré moi. Si peu endurcie, j'avoue avoir menti. Dix huit mois que je ne l'ai pas entendu. Trop longtemps. Et malgré seulement, c'est si bien que je l'ai reconnu. C'est douloureux, ça crève mon intérieur, putain, ça me saigne, c'est de la rancoeur. J'en ai fermé les paupières, grimacé. Et ma main se plaque contre mon front, et mes doigts torturent mes yeux encore clos. Frottent et retiennent ce semblant de rêve. Je ne me retourne pas, pas encore, je veux pouvoir me dire que ce moment vaut un peu d'or. Je m'octroie un aparté avant de le ressentir me détester. C'est contre l'immensité de Los Angeles que je réponds. « Encore une soirée de répit. » Avant d'affronter le monde, la vie. Et mes doigts se referment sur le goulot de la bouteille, d'en boire une nouvelle gorgée, ressentir la brise dans mes cheveux se glisser.

Ma main libre s'en va érafler ma cuisse dénudée par mon short, cherche une contenance, quelque chose, en amont de mon visage se retournant vers le sien. Pupilles dans les siennes, piquées de toutes parts, et les souvenirs qui m'égarent. « Mais je m'en vais. » Déjà, je me prépare à me relever. Alors ne te mets pas à hurler. Ne commence pas la guerre maintenant. Promis, on se battra demain, si dans les vagues de mon nouveau superbe travail, j'ai le temps. « Je te la laisse. » La bouteille, pour ce que ça vaut. Je sais que je n'ai pas ma place ici, comme quelque part dans son quotidien. Je ne pleurerai pas, je ne suis pas comme ça. Parce que je sais, que dans la liste des choses que j'ai égaré, Andreas est le premier.



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MessageSujet: Re: « Don't be so shy. »   Sam 18 Juin 2016 - 23:18

Andreas Klein
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Elle m’a entendu, et probablement reconnu. Si j’ai su que c’était elle à la seule intonation de sa voix, alors je suppose que la réciproque doit marcher. Et sachant pertinemment que c’est moi, derrière elle, elle ne se retourne pas aussitôt, préférant se confondre dans un silence et une immobilité à la limite du supportable.

Je préfère ne pas imaginer ses pensées. Ma rancoeur et mon ego n’ont pas progressé à la même allure, depuis qu’elle est partie. Si la première s’est apaisée, le second est encore recouvert de plaies luisantes. Partie. Elle est partie. M’abandonnant lâchement à l’image du lâche que j’ai souvent été… Certains appelleraient ça le karma, moi j’aurais appelé ça une saloperie. Et les mois ont passé. Le temps a agi et ne m’incite à aucune violence. Aucune. Pas même un dixième de celle qu’elle m’a infligé.

─ Mais je m’en vais.

Quelque chose a changé, sur son visage. Je calcule depuis quand je ne l’ai plus vue.

─ Je te la laisse.

Je ne relève pas. Une bouteille n’a aucune valeur à côté de cette silhouette qui en a bu la moitié, peut-être plus. Est-ce vraiment cette image-là d’elle que je veux retrouver, tant de mois après ? Peu importe ce que me dit mon coeur et ce qu’il ressent encore à son égard. Est-ce vraiment, vraiment cette image-là  d’elle à laquelle j’aurai envie de repenser cette nuit, avant de m’endormir ?

De la poche intérieur de ma veste, je sors mon paquet de cigarettes pour en retirer une, puis mon briquet.

─ Je préfère ça, mais merci.

Mes yeux passent du bout incandescent à ses prunelles brillantes, même dans la nuit. J’ai peur de jouer un nouveau rôle. Lequel, je l’ignore, mais quand il s’agit d’une question de survie...

─ Tu n’as pas à partir. Je peux aller m’installer sur la lettre D si tu veux, ça sera comme si je n’étais pas là, déclaré-je en soutenant son regard, le mien légèrement froncé.



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MessageSujet: Re: « Don't be so shy. »   Dim 19 Juin 2016 - 1:09

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Il me prend de court, quand je commence à replier mes jambes vers moi. Lorsqu'il sort son paquet de cigarette. « Je préfère ça, mais merci. » Je reste encore taciturne, hochant positivement la tête, un semblant de « je comprends » ce n'est pas comme si je m'attendais franchement à ce qu'il accepte mon maigre présent.

Il tire sur sa clope, et intérieurement je m'incline. Je trouve les mouvements lents, de ceux que j'ai aimé fut un temps dessiner. « Tu n’as pas à partir. » Qu'il crache, sexy en diable, derrière sa fumée. Comme un étrange mirage. J'en ai presque l'envie de sourire. Si je dois partir. Je supporterai pas, nos côtés mélos, et les autres un peu trop masos. « Je peux aller m’installer sur la lettre D si tu veux, ça sera comme si je n’étais pas là. » Et ma paume va s'écraser sur ma bouche, pour y avorter un rire, souligner son amabilité, sa preuve de maturité. Elle s'en va retrouver ma bouteille, cette main, que je porte à mes lèvres en bois une autre gorgée, puisqu'il n'en veut pas. Il n'a jamais voulu les mêmes choses que moi. Ce n'est pas étonnant, et je ne saurai dire pourquoi cela me fait autant chier que ça.

Et bien que j'ai voulu m'en empêcher, j'en viens à ricaner, haussant les épaules, dépitée. Tu comprends rien hein ? « C'est trop tard, je le sais. » T'étais là, même quand il y avait des kilomètres qui nous séparaient. Chaque putain de jour qui ont défilé pendant ces foutus mois. Indélébile. Même quand d'autres ont voulu peindre sur moi des désirs futiles. « Je ne suis pas douée pour faire « comme si ». » Je ne me souviens plus des mots, tu sais, ceux que j'ai pu utiliser ce jour là. Je ne sais plus, je ne sais pas. Je me rappelle de cette haine qui se traduisait dans son regard. De tous ce que j'ai pu briser, foutu au placard. Tout en détaillant son visage, ses traits, je cherche les détails que je connais, alors que ses gestes me semblent inconnus, imparfaits. Dans ma mémoire sûrement que je l'avais idéalisé, mais il est encore mieux que celui auquel j'ai pu bien des fois penser. Il est vrai. Juste là, à portée de doigts. « Andreas ... » Je ne m'excuserai pas, j'assume mes choix. « Reste. » Pas pour qu'on se parle du beau temps, de nos états, de nos vies, de nos amis, juste parce que si tu vas à l'autre bout de cet Hollywood, je ne serai plus capable de regarder ce qui se trouve face à moi. Aimantée, par cette fichue lettre D.



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MessageSujet: Re: « Don't be so shy. »   Dim 19 Juin 2016 - 19:10

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─ C’est trop tard, je le sais.

Rectification. Nous le savons tous les deux.

─ Je ne suis pas douée pour faire “comme si”.

Elle ne l’a jamais été. Moins que moi, en tout cas. Peut-être que cela nous a sauvé, une paire de fois…

Moi, j’aurais été capable d’aller m’asseoir sur cette fichue lettre D, aussi méconnue soit-elle à mes yeux. J’aurais été capable de m’éloigner pendant cinq minutes, peut-être dix, tout en la sachant là, à quelques mètres de moi. Mais difficilement plus, je suppose. Non, ce serait devenu trop intenable, irrespirable. Et cela aurait sonné comme un échec cuisant pour ma personne. C’est pourquoi je remercie Grace, intérieurement, d’avoir libéré ces quelques mots salvateurs.

─ Andreas … Reste.

Je n’ai pas bougé d’un centimètre. Pas encore. Ni pour m’éloigner, ni pour me rapprocher d’elle. J’essaye désespérément d’étudier, à travers la fumée flottante, ce qui a pu lui donner l’envie de me demander de rester. Rester, pourquoi ? pour quoi ? pour elle ? Le sait-elle, que ce n’est guère plus suffisant, désormais ? Que sa personne  n’est plus un argument à lui tout seul ?

J’aurais aimé qu’elle reste, moi aussi. Dans cette chambre, dans ce lit, plus longtemps. J’aurais aimé… J’en ai rêvé. J’ai même regretté. Et désormais, je tente d’oublier. Qu’y avait-il de mieux à faire ? Qu’on me le dise.

Mais je ne vais pas m’en aller. Non pas parce que je n’ai pas le choix, car au contraire, je l’ai plus que jamais, mais bien parce que j’en ai envie. Parce que c’est la moindre des choses qu’elle puisse m’accorder, ce soir.  

─ Ça tombe bien. J’avais envie de rester.

Mes mots ne manquent pas d’assurance. Pourtant je souris vaguement, mon regard pendu au sien, et peine à contrôler un haussement d’épaule nonchalant. Sur cette même allure et en prenant soin de ne pas faire tomber ma cigarette, je me dirige jusqu’au bas de la lettre métallique et me hisse sans bruit jusqu’à la barre où Grace est assise. Là, je tire un peu sèchement sur l’objet incandescent, le regard rivé face à moi et sous la caresse inattendue du vent d’été. En hauteur, l’air est un peu plus frais mais ce tshirt était malgré tout le meilleur choix que j’aurais pu faire. Il faut dire que les troubles du cœur,  accompagnés de leur dose d’embarras, ont toujours le don de faire grimper la température ambiante.

─ Alors, tu fêtes quoi, ce soir ? je murmure, calmement.

Elle me remerciera plus tard, pour ma légèreté.
Sauf si, bien sûr, elle est trop occupée à se mordre les doigts.



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MessageSujet: Re: « Don't be so shy. »   Dim 26 Juin 2016 - 14:38

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Mon souffle se suspend, un millième de seconde, le temps qu'il réfléchisse, considère ma proposition sous tous les angles. Qu'il me torture un peu, c'est vrai, je me dois de l'avouer. Le revoir n'était pas dans mes prévisions, j'avais fait ce compromis avec moi-même celui de ne pas chercher à le revoir, celui de me dire que la ville, elle était assez grande pour nous deux. Il fume toujours dans son silence assourdissant, mes yeux incapables de se détourner de sa personne, celle qu'ils ont beaucoup trop aimée. « Ça tombe bien. J’avais envie de rester. » Envie ? Permets moi de trouver le mot quelque peu mal choisi. L'entrain n'est pas au goût du jour. Autant pour cette rencontre que pour mon retour.

Alors j'en bois une autre gorgée, pour me donner de l'assurance, du courage pour survivre à cet intermède improvisé. Et finalement il s'anime, il s'avance vers moi, enfin plutôt vers l'endroit où il va s'asseoir tout à côté. Les secondes se font toujours taciturnes, et je reprends mon souffle, plusieurs fois, j'essaie de maîtriser tout ça. Tout ce qu'il peut se passer à l'intérieur de moi. Le vent s'imprègne de nous, et me fait parvenir son odeur que je connais. Totalement déboussolée. « Alors, tu fêtes quoi, ce soir ? » Directement j'en crache un soupir. Ce que je fête ? Un grand n'importe quoi. La façon dont j'ai foiré. La manière avec laquelle j'ai pensé tout pouvoir gérer. Le fait que je suis ruinée. Que j'ai loupé mes années à l'université. Que je suis dorénavant serveuse, et que ça n'a rien de très glorieux, je le sais.

« Mon retour au bercail ? » Et encore, c'est mal dit, parce que si c'était le cas, je serai présentement dans le Kentucky. J'en émets un rire quelconque, teinté d'un jaunâtre exécrable. Et relevant mes yeux vers lui, c'est tout doucement que je lui dis. « Ma déchéance. » Aigre, c'est ce qu'il est ce mot, aigre et pas du tout beau. Mes paupières vont se clore, bêtement. « Tu deviens quoi ? » T'as pensé à moi, durant tout ces mois ? Je t'ai manqué, ne serait-ce qu'un peu, dis moi ?

« Je suis rentrée aujourd'hui, je ne suis pas encore tout à fait à la page de ce que j'ai pu loupé. » Je n'ai vu personne, ni Aaron, Alice ou même Kaï. Je me voulais seule, déprimée. Regretter dans mon coin, m'insurger. Pauvre petite Grace qui n'aurait peut-être jamais du s'en aller. On ne peut passer toute une vie à rêver.



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MessageSujet: Re: « Don't be so shy. »   Jeu 30 Juin 2016 - 20:32

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Je suis incroyablement calme. Elle ne le mérite pas, j’en suis sûr. Je me demande même ce qu’elle mériterait, à vrai dire. Ma haine ? Mon dégoût ? Mon esprit de vengeance ? Sont-ils aussi loin de moi qu’ils en ont l’air, quand je lui demande ce qu’elle fête ?

Il y a des cadres qui nous poussent au silence. A l’évidence, la grandeur de Los Angeles illuminée triomphe sur toute ma rancœur, pour le moment. Face à elle, je me sens petit, voire même minuscule, et que dire de mon cœur encore déchiré ? Il semble à peine exister. Alors, je crois que ce n’est pas tant l’accalmie qui prend part de moi, c’est plutôt la puissance de l’immensité, celle-ci même, qui m’incite à reconsidérer l’ordre des choses.

...

Mes yeux contemplent avec une convoitise increvable l’humanité qui s’agite en face, à des dizaines de kilomètres de nous, et mon amour propre s’efface brusquement, comme toujours. Mais pour combien de temps ? Pour combien de mots qu’elle aura prononcé ? Et combien de gestes aura-t-elle faits ? Son parfum…

Je reprends conscience, petit à petit.
Je n’ai rien oublié, et c’en est presque douloureux.
C’est, douloureux.

Elle revient, après avoir été visiter quelques parties du monde sans moi. Elle, que je pensais acquise. Sa “déchéance” me laisse insensible… Comment en sommes-nous arrivés à ça ? Quand je détourne mon regard vers elle, je me souviens. Chaque trait de son visage, et chaque expression, tous me blessent.

─ Ta vie n’était plus à Los Angeles, alors je suppose que tu n’as rien loupé.

Devrais-je me réjouir de son retour ? J’essaye de ne pas me laisser avoir par ces démons misérables, ou par ma faiblesse. Mais il y a des personnes que l’on préfère haïr de près que de loin. Il y a des personnes que l’on préfère toujours avoir près de nous. Haine, amour, peu importe, ce n’est plus ça qui compte. Et je réalise que je m’étais trompé, que je suis encore perdu.

─ Cette question est stupide... On ne devient jamais rien, je crois. On suit juste un chemin. Je fixe du regard l’un des plus hauts immeubles du centre ville. Et tu connais le mien. Ton départ n’a rien changé.

Je crois que je mens un peu, ou à moitié. Mon chemin est toujours le même, mais il a connu le plus grand déséquilibre jamais vécu quand elle est partie. Il m’a fallu du temps, assurément, pour reprendre les rênes. Voilà où j’en suis. A apprendre à tracer ma route sans elle. J’en ai trop bavé pour me laisser déstabiliser par son “retour au bercail” ou par sa “déchéance”.

Haussant vaguement les épaules, je vais tirer un coup sur la cigarette maintenue par mon index et mon pouce, avant de la regarder à nouveau, le regard faussement indifférent.

─ A quoi t’attendais-tu ?



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