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 Many&Mattei ▬ On ne peut pas revenir en arrière, mais on peut recommencer.

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MessageSujet: Many&Mattei ▬ On ne peut pas revenir en arrière, mais on peut recommencer.   Many&Mattei  ▬ On ne peut pas revenir en arrière, mais on peut recommencer. EmptyMer 20 Fév 2013 - 20:24

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Déjà trente et un jour, dont vingt travaillés. Un mois. Aujourd’hui, je soufflais ma première bougie en tant que professeur en université. Et contrairement à mes appréhensions, mes représentations et mes craintes sur le métier, les choses se déroulaient plutôt bien pour moi. Comme je l’ai déjà dit, j’avais déjà eu la chance de ne pas passer par la case collège et lycée et d’arriver directement en université, sûrement grâce à la pénurie de professeur, pourtant difficile à croire dans le domaine des lettres et des langues étrangères. L’université n’était déjà pas un filtre assez fort pour évincer les élèves perturbateurs, qui se foutent royalement de ce que vous voulez leur apporter. Je n’aurais pas supporté d’être dans une classe avec des plus jeunes, ou le plus important travail dans le cours est de capter l’attention des élèves … Je n’étais plus patient, même si je savais garder mon calme depuis mon retour je pouvais parfois être un peu … impulsif. Heureusement pour moi j’avais la chance de compter parmi mes élèves quelques rares avides de lettres. Des élèves qui me confortaient dans mon choix d’orientation, de vie, même si je ne pensais pas à l’heure actuelle finir ma vie dans l’éducation.

Pour l’heure il fallait y aller justement à l’université, donner le premier cours de la journée et de la semaine. Un des plus durs car comme les élèves moi aussi je devais me remettre d’un week end mouvementé. Après dix ans à l’armée, j’avais du temps à rattraper en fête, bêtises et conquêtes. J’avais été isolé trop longtemps, maintenant j’avais besoin d’être entouré, d’être avec les autres, de me faire des amis, pas du genre de ceux qui meurt devant vos yeux. Bref, je devais m’enlever ces sujets de la tête, plus facile à dire qu’à faire car je vivais constamment avec ça. Des images, des mots, des scènes entières tout ça vagabondaient en permanence dans mon esprit, ne me laissant jamais de répit, seulement des angoisses qui me pourrissaient la vie.

Lavé, habillé mais peut-être pas bien réveillé je m’élançais sur le périphérique pour me rendre vers l’UCLA. Je n’habitais pas très loin de mon lieu de travail, seulement le trafic m’obligeait à partir bien à l’avance. Ce qui n’était pas la seule difficulté … Une fois arrivé sur le parking de l’université je devais encore trouver une place où me garer, étant le dernier arrivé, le doyen n’a pas pu me proposer de place sur le parking du personnel. J’étais donc condamné à me garer sur le parking des élèves et à tourner pendant dix minutes pour trouver une place où garer ma berline. Ici. Parfait, pour une fois pas trop loin de l’entrée de l’université. Je me garais tranquillement quand en faisant une manœuvre j’heurtais une voiture à l’arrière dans un gros fracas. Un frisson d’angoisse me traversa l’échine avant qu’une sensation désagréable me prenne aux tripes remontant lentement vers ma gorge. Je ne pouvais plus respirer, quelque chose obstruait ma gorge, mes poumons. Par réflexe j’avais placé ma tête entre mes genoux cachée par mes mains. Le pied bien fixé sur le frein je ne bougeais plus. Sous le choc. Une situation pourtant bien anodine pour beaucoup de personne mais cette situation me ramena dans une scène de guerre. L’espace d’une seconde je n’étais plus présent, Mattei n’était plus à l’UCLA venant prendre son post comme chaque professeur, non il était à Kaboul dans une voiture avec des hommes, regardant la voiture juste devant eux exploser sur une mine, une voiture qui aurait pu être … la mienne. Quelqu’un tapait violemment sur ma vitre, hurlant des mots que je ne discernais pas pour le moment. Une voix féminine qui me rassura car c’était ma langue, je la reconnaissais. Peu à peu je relevais la tête encore craintif, regardant qui me hurlait dessus j’eu un nouveau choc. Cette jeune femme … Je la connaissais que trop bien, tout du moins il fut un temps, Manilyn … Cela faisait un moment que je ne l’avais pas revu et la dernière fois je l’avais complètement ignorée … Je pris une grande inspiration me remettant de mes émotions, me rassurant en regardant tout autour de moi pour me convaincre que tout ça n'était qu'un flash avant d’ouvrir la portière et de revenir dans le monde réel.
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MessageSujet: Re: Many&Mattei ▬ On ne peut pas revenir en arrière, mais on peut recommencer.   Many&Mattei  ▬ On ne peut pas revenir en arrière, mais on peut recommencer. EmptyMer 27 Fév 2013 - 6:26

Leaven S. Campbell
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Bip… bip… bip… bip… Une main lourde s’abat sur le réveil. Il était 5h30 du matin seulement. Non, ce n’était pas un réglage de réveil faussé, ni même un problème d’heure. Du haut de ses 28 ans, Manilyn avait appris depuis un an maintenant à se lever aux aurores. La cause ? Un accident, il y a un an, qui avait effacée sa mémoire. Deux ans d’années d’études étaient partis en fumée, entre autres. Elle se devait donc de se lever plus tôt que les autres tout en se couchant plus tard, pour espérer rattraper son retard. UCLA était au courant de cela, et son dossier scolaire jusque-là impeccable l’avait sauvée. Sans un parcours exemplaire, elle est certaine qu’on ne lui aurait pas laissé la chance de continuer ses études et qu’on aurait refusé son dossier d’entrée de jeu. Mais elle était bien là, et elle devait donner le meilleur d’elle-même pour prouver qu’elle avait sa place entre ces murs. Mais ça restait avec peine et beaucoup de fatigue cumulée qu’elle se levait une fois de plus ce matin-là. Se trainant jusqu’à la douche, elle ne pouvait définitivement pas commencer sa journée sans ça. L’eau chaude l’a réveillerait d’autant plus qu’un café, après tout c’est bien plus efficace et plus rapide après seulement 5h de sommeil. Dix minutes à quinze minutes plus tard, elle était sortie, lavée, habillée, appuyant instinctivement sur le bouton de la machine à café. Suite à cela, elle s’emparait d’un dossier dont l’épaisseur en aurait effrayé plus d’un. Il s’agissait de l’un de ses nombreux cours de l’an dernier et à la vue des nombreux post-it, elle avait beaucoup de choses à retenir, de nouveau. Posant ce dossier sur son bureau, elle retournait à la cuisine pour attraper sa tasse de café. Il ne lui restait plus qu’à se mettre au boulot…

Ce n’est que trois heures plus tard, à 8h45, qu’elle levait enfin le nez de tous ses cours. Ses cheveux avaient eu le temps de sécher naturellement, sa main était déjà engourdie par tant de prises de note et son crâne allait exploser. Elle avait besoin d’air frais, et maintenant. Ça tombait plutôt bien puisque dans vingt minutes, elle allait faire son petit jogging matinal avec Lexie, une bonne amie qu’elle avait aussi appris de nouveau à connaitre et à apprécier. Sa vie n’était pas simple depuis son accident. Elle avait rompu il y a six mois avec son petit ami avec qui elle était deux ans plus tôt et qu’elle avait également oublié, sans compter les amis qu’elle avait oubliés, les cours à rattraper, des moments clés totalement effacés. Et depuis un an, bien que son entourage et les médecins gardent espoir, elle n’avait toujours pas retrouvé la mémoire. Alors elle apprenait à vivre avec, et cela commençait par prendre du temps pour se vider l’esprit, ne plus forcer son cerveau à se souvenir de choses qu’elle ignore totalement. Sans cesse sa famille et ses amis tentaient de le stimuler par des histoires racontant des souvenirs, par des photos de moments forts ou encore des vidéos. Mais rien n’y faisait et Manilyn s’était faite une raison. Attrapant son sac de sport qu’elle avait préparé la vieille, elle se faufilait dans sa combinaison de moto et prenait les clés de son engin, de sa femme comme elle l’aime l’appeler : sa Yamaha R1. Pour elle aussi ça n’avait pas été simple, étant dans l’obligation de rester dans le garage le temps que sa propriétaire réapprenne à la conduire. Aujourd’hui Manilyn ne la quittait plus et c’est avec elle, à vitesse grand V, qu’elle se rendait à UCLA tous les jours, et ce matin-là ne changerait pas des autres matins.

Du moins c’est ce qu’elle pensait. Comme d’habitude elle se garait sur la place prévue pour les deux roues. Retirant son casque, elle ouvrait le couvre de son petit monstre de puissance pour y extirper son manteau. Le froid de l’hiver avait touché Los Angeles et il était hors de question qu’une fois sa combinaison retirée elle reste en petit pull. Mais elle n’eut même pas le temps d’enfiler son dit manteau, qu’un fracas de verre et de métal se fit entendre. Une voiture venait d’en percuter une autre sur le parking des élèves, près du parking pour les deux roues. Bien heureusement les dégâts n’était constatable que sur la carrosserie et les feux des véhicules, mais l’homme à l’intérieur semblait plus que choqué de sa fausse manœuvre. Instinctivement Manilyn s’était donc rendue auprès près de la voiture. Bien que le froid avait pris possession de la ville, le soleil était bien là, et elle ne pouvait distinguer le visage de l’homme au volant à cause de son reflet dans la vitre, d’autant plus que ce dernier se cachait. Elle avait donc tapé contre la vitre dans l’espoir qu’il l’entende et réagisse, après tout, il était peut-être assommé. « Hey ! Ouvrez la porte ! Oh, oh, réveillez-vous, début ! » L’homme ne semblait pas inanimé, d’où le calme que Manilyn gardait malgré tout. Ce n’est que lorsque ce dernier ouvrait enfin la portière, qu’elle s’agenouillait à sa hauteur. « Ca va aller ? J’ai cru que vous étiez évanouit. » C’est dans les secondes qui suivirent que Manilyn se prit un véritable coup de massue sur la tête.

Elle l’avait reconnu. Ses cheveux bruns, ses yeux bleus, la forme de son visage, ça ne faisait aucun doute, c’était lui. « Matt ? » Un surnom qu’elle lui donnait autrefois avait passé le seuil de ses lèvres avec un naturel presque choquant. Jusqu’à maintenant, malgré la remise des médailles que sa mémoire avait pris le soin d’oublier, elle se souvenait de lui en tant que jeune homme de seize ans. Elle le voyait encore en train de lui parler de sa carrière militaire entre deux ou trois blagues entre amis. Mais en réalité ils avaient été bien plus que ça. Aux yeux de Manilyn, il avait été son premier véritable amour, l’intense, le vrai, celui dont on est persuadé qu’il durera toujours. Ses souvenirs s’étaient alors naturellement orientés vers leurs baisers, la tendresse dont l’un avait pu faire preuve envers l’autre mais aussi la confiance. Il avait seize ans, elle en avait dix-sept à l’époque et ils s’aimaient assez pour se donner l’un à l’autre pour la première fois de leurs vies. Un souvenir qui restait ancré dans la mémoire de la jeune femme, tout comme le départ de Mattei, un an plus tard. Il n’avait rien dit, rien laissé entendre, et du jour au lendemain il s’en était allé, sans même vraiment la quitter, pour commencer sa carrière militaire. Pas un adieu, pas un au revoir, et c’est une jeune demoiselle pleine d’espoir qu’il avait brisé ce jour-là. Ses rêves d'amour éternel s’en étaient allés avec Mattei, loin de Manilyn.

C’est pourquoi la déchirure qu’elle ressentait à l’instant même où elle le voyait ne l’étonnait pas. C’était douloureux, son cœur saignait d’une cicatrice qui au final ne s’était jamais réellement fermée. Leur histoire n’avait pas eu de terme, ils n’avaient jamais réellement rompu, tout avait été mis en suspend pendant dix ans exactement et voilà qu’elle se reprenait tout en plein visage comme une véritable plaque. Elle ne savait pas quoi dire, encore moins quoi faire. Il semblait aller bien, du moins physiquement et remis du choc de l’impact entre les deux voitures. Et maintenant, l’un en face de l’autre, persuadée qu’il l’avait aussi reconnue, que devaient-ils se dire au juste ? « Je ne pensais pas te revoir ici. » Aucune haine, aucune rancune, probablement le choc de la rencontre. Mais elle disait vrai. Après tout il l’avait quittée à l’époque pour une carrière militaire, il était donc logique qu’elle le voyait plus en Afghanistan que sur le sol américain qui plus est sur le parking d’une université. « Qu’est-ce que tu fais là ? » Une question légitime qu’elle avait posée en se redressant et en reculant de la voiture afin de le laisser sortir à son aise.
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MessageSujet: Re: Many&Mattei ▬ On ne peut pas revenir en arrière, mais on peut recommencer.   Many&Mattei  ▬ On ne peut pas revenir en arrière, mais on peut recommencer. EmptyJeu 28 Fév 2013 - 21:39

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C’était tellement con. Une fausse manœuvre, pour être totalement honnête, une faute d’inattention et voilà qu’il enfonçait le capot, sans oublier de casser un feu au passage de la voiture qui passait juste derrière la sienne alors qu’il se garait. Rien de grave en soi, quelques heures chez le garagiste, une centaine de dollars et on n’en parlait plus, Matt était assuré, il se ferait rapidement remboursé pour les dégâts qu’il venait de causer. Ce n’était pas l’accident bénin en lui-même qui avait effrayé Mattei, ce qui l’avait effrayé était plutôt ce à quoi le bruit de la carrosserie froissée, du feu brisé en éclat, la secousse liée à l’impact, le ramenait. De ses différents voyages liés à des missions militaires, Mattei avait ramené avec lui un joli syndrome post traumatique. Beaucoup de soldats ont ce genre de troubles suite à des scènes traumatisantes vues et vécues durant leurs missions. La mort de collègues, qui sont bien souvent des amis, des frères et des connaissances, dans des circonstances marquantes. Voir un homme éclaté sur une mine vous reste à vie. Vous êtes marqués et rien ne pourra enlever ses images de votre esprit. Des images qui reviennent sous formes de cauchemars, d’hallucinations pour les plus touchés, d’angoisses et d’une grande nervosité. Chaque choc, qu’il soit physique ou émotionnel peut conduire à une crise plus ou moins importantes selon l’état de fatigue de la personne, les circonstances du choc ect …

En plus des scènes traumatisantes, Mattei avait subi un enlèvement d’un an ou plusieurs sévices ont étés exécutés sur lui et ses hommes. Torture, humiliation et mort. Voilà ce qui à rythmé le quotidien de Mattei durant un an. Aujourd’hui il se définissait comme un mec bousillé, foutu. Un an après qu’on l’a ramené chez lui, seul survivant du groupe de huit hommes enlevés ce jour là avec lui, Mattei pensait souvent qu’il aurait préféré être mort là bas ... Si ces angoisses n’étaient plus les mêmes qu’au moment de son retour aux Etats Unis, il y’avait toujours les cauchemars, Et comme il le subissait maintenant, une crise de panique. Le choc physique, le tremblement de la voiture, les différents bruits qu’il percevait, les cris de rage de l’homme dans la voiture heurtée, tout cela le ramenait à un épisode de la guerre en Afghanistan à laquelle il avait participé. A présent il n’était plus sur le parking de l’université dans laquelle il travaillait mais dans une voiture avec une escouade en route ennemie, priant pour ne pas rouler sur une mine ou croiser une voiture kamikaze alors que la voiture juste devant la sienne lui explosait en plein visage, lui rappelant que ça aurait pu être lui et qu’une famille venait de perdre un frère, un mari, un fils … L’odeur de la chaire brulée, les bouts de corps par ci par là, le sifflements dans ses oreilles, relayés par des cris, des ordres, des appels radios. Ça avait été ça durant sept ans, sept longues années passées dans un pays à feu et à sang.

La respiration forte et rapide, typique d’une crise de panique, Mattei commençait doucement à revenir à lui. Aidé par les appels d’une femme qui tapait à sa fenêtre avec vigueur. Alors recroquevillé sur lui-même, il osa détourner la tête et regarder cette femme. Elle parlait sa langue, ses longs cheveux roux ne pouvait être qu’occidentaux, sa tenue également … Non il n’était pas en mission, mais à l’université. Maintenant qu’il la voyait, qu’il la regardait tout devenait plus claire. Sa respiration reprenait un rythme normal peu à peu, rassuré.  Il ouvrit alors la portière et la jeune femme se mit à sa hauteur en s’agenouillant. Elle lui posa une question qu’il ne saisi pas, non pas que l’accident venait de lui faire perdre la moitié de cerveau, au contraire, il ne pouvait pas être plus lucide que ça lorsqu’il reconnu Manilyn. Son cœur mis à mal quelques secondes plus tôt fit deux nouveaux bonds dans sa poitrine. Il avait besoin d’air. S’extirpant de sa voiture dans l’ouverture entre sa portière et la jeune femme, Mattei marcha quelques pas respirant profondément. En se levant, il avait remarqué qu'il faisait une tête de plus qu'elle, le petit garçon qu'il était avait bien grandi. Elle était devenue une femme, une vrai, ses traits étaient parfaits, fins et son sourire ravageur. Elle était formée, comme une femme, elle n'avait plus rien d'une adolescente, ce que Matt trouvais beau même fascinant, ils avaient changer et là il pouvait le constater. C’était peut-être un peu trop pour lui pour le moment il avait besoin de quelques secondes pour se remettre les idées en place. Si son passé à l’armée le rattrapait, son passé avant l’armée était juste devant lui. Celle avec qu’il aurait pu faire sa vie, simplement, celle avec qu’il aurait pu éviter tous ces traumatismes était juste devant lui. Si voir son visage lui inspirait des images heureuses et paisibles, elle lui inspirait aussi tout ce qu’il avait manqué. Même s’il était bien trop orgueilleux pour l’avouer, après tout il avait fait ces choix. « J’arrive Many ».

Se dirigeant alors vers l’homme dont il avait amoché le côté droit de sa voiture, Matt sorti son portefeuille. Il tendit alors deux billets, à peu prêt deux cent dollars. Il écrivit ensuite son nom et son numéro de téléphone sur un petit bout de papier. « Si ça couvre pas tous les frais, appel moi, de toute façon je suis prof ici donc tu me trouveras facilement. Désolé mec pour ta caisse ». Ne préférant pas s’encombrer de deux situations difficiles, Matt venait d’expédier l’étudiant. Il voulait pouvoir accorder toute son attention à la jeune femme vers qu’il se tourna. Ses yeux … bleus, verts ou gris, cela dépendait du temps le fixait d’une manière étrange, comme si elle était réellement surprise, peut-être même choquée de le voir ici. Alors que cela faisait à peine un an qu’ils s’étaient croisés à la remise des médailles d’honneur de son frère et de Matt lui-même. Car pour la petite anecdote, c’est le frère de Many qui était venu chercher Matt alors qu’il pourrissait dans un trou en Arabie Saoudite. Il s'approcha de nouveau d'elle, pour être en face d'elle à une distance d'environ un mètre. La revoir lui mettait toujours un sacré coup. Elle lui fit alors remarquée qu’elle ne pensait pas le revoir ici, lui demandant ce qu’il faisait là. Matt’ haussa un sourcil, perplexe, qu’est-ce qu’il faisait à L.A ? Ou en tant que prof, car elle savait qu’il était revenu. « Ce que je fais à L.A ? On s’est croisés il y’a un an à peu près à la base, tu sais bien ce que je fais ici. C’est pas drôle Many ». De part sa présence à la remise des médailles, elle savait mieux que quiconque dans cette université ce qui lui était arrivé en mission. « Si tu veux savoir ce que je fais à l’université, ton frère ne t’en a pas parlé ? Il y’a un an je lui ai dit que je reprendrais un poste de prof dans l’université ? ». Plus que perplexe le jeune homme scrutait les réactions de Many. Ce n’était pas vraiment le genre d’humour qu’elle avait l’habitude de faire, mais dix ans après, que savait encore le jeune homme d’elle ?  


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MessageSujet: Re: Many&Mattei ▬ On ne peut pas revenir en arrière, mais on peut recommencer.   Many&Mattei  ▬ On ne peut pas revenir en arrière, mais on peut recommencer. EmptyVen 1 Mar 2013 - 15:07

Leaven S. Campbell
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Si elle avait sût qu’elle le reverrait sur ce parking, le choc aurait été probablement moins brutal. Mais elle ignorait tout, ne savait rien, et marchait dans le noir. Depuis la perte de sa mémoire, elle ne pouvait distinguer le faux du vrai. Bien évidemment, elle n’était pas idiote sur ce qui se passe autour d’elle, mais ce qui appartient au passé, elle avait beau faire confiance à certains, elle ne pouvait que remettre leurs paroles en doute. Et si au fond on lui mentait ? Si en fait, on lui construisait un passé de toutes pièces dans l’espoir qu’elle ait une meilleure vie, qu’elle pense qu’elle n’a vécu aucun traumatisme particulier ? Et depuis un an déjà, elle vivait avec ça, remettant en questions les paroles des uns et des autres. Mais ce qu’elle pouvait constater ce matin-là, c’est qu’on lui cachait des choses. Elle savait que son frère avait reçu une médaille, elle savait qu’il avait fait partit des sauveurs d’un groupement d’hommes retenus prisonniers en Arabie Saoudite, mais on avait visiblement oublié de lui dire que Mattei était revenu, mais surtout, qu’il n’était jamais repartit en mission et avait arrêté sa carrière militaire. Pourtant Manilyn ne pouvait s’empêcher de repasser les lettres de son frère dans sa tête, encore et encore. Elle se souvenait qu’il avait évoqué Mattei, à plusieurs reprises, mais peut-être bien que sa mémoire avait aussi fait défaut sur la lettre concernant leurs retours. Tout ce qu’elle savait à cet instant, c’est qu’elle vérifierait sans aucun doute en arrivant chez elle. Si ce n’était pas le cas et qu’on avait oublié de lui dire que Mattei prenait un poste dans la même université, un coup de tonnerre allait certainement gronder.

Elle l’avait donc laissé passer, sans objection. Il l’avait reconnue, sans aucun doute, maintenant qu’il l’avait appelé par son surnom. Beaucoup l’appelait ainsi, mais depuis quelques années, les personnes qui l’entourent avaient plus tendance à l’appeler Lyn que Many, comme si depuis son accident la Many d’avant avait disparue. Elle ne disait rien, un peu trop surprise pour le moment, en oubliant presque Lexie qui n’allait pas tarder à arriver et qui allait surtout devoir attendre. C’est pour cette raison qu’elle s’était emparée de son téléphone et lui avait envoyé un message rapide pour lui dire qu’elle ne viendrait pas aujourd’hui pour leur jogging quotidien. Elle ne lui avait pas laissé plus d’explications que cela, elle savait qu’elle en aurait l’occasion plus tard. Lorsqu’il se tournait de nouveau vers elle, son regard semblait perplexe, presque étonné qu’elle lui pose de telles questions. Et pour cause, elle avait tout oublié de leurs retrouvailles où il l’avait ignoré et où elle s’était sentie blessée d’un tel comportement et personne ne lui avait raconté évidemment. Dans un sens elle comprenait, après tout, après dix ans d’absence, l’ignorance dont il avait fait preuve envers elle était une goutte d’eau dans l’immense vase que sont les deux années de mémoire effacées. Hésitante, elle ne savait pas comment lui expliquer ça, c’était simple et à la fois compliqué. Il venait de lui faire comprendre qu’ils s’étaient déjà revu, notamment à la remise des médailles, mais de son côté, elle ignorait totalement comment leur précédente entrevue s’était passée. Après tout elle aurait pu lui sauter dans les bras, comme l’engueuler comme du poisson pourri d’être partit en laissant leur histoire en suspens.

Alors elle se contentait d’hausser légèrement les épaules et de s’en pincer la lèvre inférieure, presque désolée d’avoir à lui avouer ça. « J’ai… Je ne m’en souviens en fait. » Beaucoup de personnes auraient pu croire à une mauvaise blague, mais le regard de Manilyn parlait de lui-même, elle ne mentait pas. D’ailleurs c’était loin d’être son genre de mentir sur ce genre de choses, c’est pour cela qu’elle se devait de lui donner quelques explications. Ce qu’elle s’empressait alors de faire. « J’ai eu un accident, il y a un peu moins d’un an maintenant. Une voiture m’a heurtée violemment et je suis restée dans le coma un bon moment. En me réveillant, les médecins avec l’aide de ma famille ont constatés que j’avais perdu environ deux ans de mémoire. Je ne me souviens pas du retour de mon frère, ni même du tien et encore moins de la remise des médailles d’honneur. » Elle semblait peinée de lui raconter tout ça. Cela avait beau faire un an, ça restait douloureux, notamment dans ce genre de situation. Oublier deux ans de sa vie, ça n’a rien d’anodin et c’est loin d’être facile à gérer tous les jours. Ravalant un sanglot, le courage dont elle faisait preuve en étonnait plus d’un, mais aux yeux de Manilyn, ça ne savait à rien de s’apitoyer sur son sort, ça ne changerait rien à la situation et elle se devait d’avancer, quoi qu’il arrive. « Gianni a dut m’en parler, mais je suppose que j’ai dû l’oublier aussi. » Dans une conversation normale, après tant d’années, elle lui aurait demandé comment il va, ce qu’il devient.

Mais par Gianni, son frère, elle savait que la guerre laissait des traces, elle est probablement l’une des seules dans cette université à pouvoir comprendre certaines réactions de Mattei d’ailleurs. Plantée tel un piquet, elle devait réagir. Reprendre la parole ou se diriger vers sa moto pour finir ce qu’elle était en train de faire ? Instinctivement, elle avait choisi la deuxième solution, s’excusant un instant auprès de Mattei. Enfilant son manteau, elle enfermait sa combinaison et son casque dans le siège de sa moto. S’occuper pour gagner du temps, pour savoir quoi dire. S’éclaircissant légèrement la gorge, elle se tournait vers lui, alors qu’elle se parait à affronter le froid en mettant ses gants de cuir. « Si ça te dit de marcher un peu avec moi pour me raconter ce que j’ai loupé ou oublié, ça me ferait plaisir, vraiment. Et puis je dois connaitre ce que tu fais étudier aux autres puisque tu n’es pas l’un de mes professeurs. » Une façon comme une autre de lui avouer dans un sens qu’elle ne l’avait pas oublié et que sa vie l’intéressait. Dix ans d’absence dont deux ans où même les nouvelles qu’elle avait eues de lui par son frère s’étaient envolées. Dans un sens, à présent, elle ne connaissait rien de lui. Il était partit quand il avait 17 ans et elle 18, autant dire que depuis ce temps-là, il avait bien changé, du moins elle le supposait.
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MessageSujet: Re: Many&Mattei ▬ On ne peut pas revenir en arrière, mais on peut recommencer.   Many&Mattei  ▬ On ne peut pas revenir en arrière, mais on peut recommencer. EmptyLun 4 Mar 2013 - 17:54

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Manilyn & Mattei
« I blame it on my SPT baby »



Non, Mattei n’était pas choqué de revoir son joli premier amour, il était d’autant plus surpris de ne pas l’avoir croisé ailleurs depuis la remise des médailles ... Les territoires américains sont grands, mais le monde est petit et pourtant en un an, ils ne s’étaient pas croisés une seule fois. Contrairement à elle, Mattei se souvenait parfaitement de cette remise des médailles où après dix ans de silence radio  de la part du soldat, ils s’étaient enfin retrouvés. Ce moment là fut un choc, un véritable choc. Bien sûr il aurait dû se douter qu’il la verrait forcément le jour de la remise des médailles, car son frère, Gianni faisait parti de la division qui l’avait sortit de son trou en Arabie Saoudite. Mais son esprit était bien trop encore prit par les évènements qu’il avait subi pour pouvoir envisager d’autres paramètres. Car pour des questions médiatiques et politiques, cette remise à eu lieu à peine une semaine après le sauvetage de Mattei, il fallait montrer à tout le monde l’efficacité, le courage de l’armée Américaine et au contraire l’échec et l’horreur du terrorisme. Mattei était devenu une publicité vivante pour ces messages politiques, un héros et une victime selon les intérêts et le message qui voulait être passé. Une période extrêmement difficile à vivre pour le soldat brisé. La remise des médailles ne fut certainement pas le bon moment pour exposer le jeune homme à la foule, mais il le fallait. Alors Mattei avait obéit, présent physiquement, mais sûrement pas psychiquement.

Après tout ça, imaginez sa réaction lorsqu’il aperçut une chevelure rousse familière, des formes plantureuses de femmes qu’il connaissait si bien et pourtant si peu, des yeux eaux à tomber et un sourire … Qu’elle n’arborait plus lorsqu’elle croisa son regard. A quelques mètres l’un de l’autre, c’était comme si la terre s’était arrêtée de tourner lorsque leurs regards s’étaient croisées. Ce moment fut difficile pour Mattei qui avait l’impression de montrer à Manilyn à quel point il s’était planté en choisissant l’armée, à quel point cela l’avait brisé et qu’il regrettait d’être parti. Mais difficile aussi parce qu’il se rendait compte, avec ses yeux d’adulte qu’il s’y était mal pris avec elle, que ce qu’il lui avait fait vivre n’avait pas été respectueux, qu’il avait dû lui faire du mal. Le moment n’était déjà pas favorable à se genre d’évènements, de retrouvailles, Mattei préféra alors ignorer la jeune femme, malgré ses appels, il détourna les yeux d’elle, marchant dans la direction opposée sans même se retourner. Il s’éclipsa alors de la réception et c’est Gianni qui le rattrapa. Le jeune homme lui tint alors un discours entre colère et compréhension, alors que Mattei lui expliqua qu’il ne voulait pas que Manilyn s’aperçoit qu’il était brisé, qu’il était parti, qu’il l’avait laissé tombé pour ça. Gianni promis alors de ne pas insister et d’aider sa sœur à oublier ce moment … Le destin, une coïncidence exempta Gianni de cette tâche.

Mattei écarquilla de grands yeux lorsque la jolie rousse expliqua qu’elle avait perdu la mémoire après un accident de voiture. Une foule de sentiment traversa le jeune homme, de la peur, de l’inquiétude, du soulagement … Bien sûr suite à la remise des médailles, Matt’ pourtant si proche de Gianni n’avait jamais repris contact avec lui, trop honteux d’avoir fuit sa sœur. Mais il ne lui avait même pas dit pour l’accident, Matt’ se sentait bafoué. « Je … je n’étais pas au courant de tout ça … ». Il soupirait puis baissa les yeux. Il n’avait jamais cherché à la revoir, alors qu’ils habitaient dans la même ville, tout ce temps et il était passé à côté de ça ? Matt ne pouvait s’empêcher de s’en vouloir, de ne pas avoir été là. Même s’il cela faisait dix ans qu’il n’avait pas été là pour elle. « ça du être difficile pour toi … Perdre deux ans de sa vie, beaucoup de chose ont dus changer … tu ne te rappel de rien ? ça ne reviendra pas ? ». Ses questions étaient peut-être un peu brutes, mais Mattei n’avait jamais eu le chic pour prendre des pincettes.

Suite à ça, Mattei se doutait bien qu’ils n’allaient pas simplement reprendre chacun leur chemin. Alors quand la jeune femme rangea sa combinaison et son casque, Matt’ l’attendait. Elle lui demanda alors s’il voulait bien marcher avec elle, histoire de reprendre ce qu’elle avait oublié depuis. Il hocha la tête pour acquiescer un peu malgré lui car maintenant il se posait un millions de question. Qu’allait-il lui dire ? La vérité ? Qu’il l’avait revu et qu’il avait fuit sans même qu’ils se saluent ? Qu’il l’avait quitté pour aller se faire torturer dans un pays étranger ? Qu’il était totalement brisé depuis son retour ? Elle avait déjà assez de soucis pour lui parler de tout ça, devait-il mentir ? Devais-je mentir ? Il marchait maintenant à côté d’elle vers le parc du campus. « Je suis revenu en même temps que ton frère … On s’est croisés à la remise des médailles … mais, on était tous les deux présents pour  la remise de médaille de Gianni, ce n’était pas le bon moment ». Bon ce n’était pas un mensonge à proprement parler, mais il avait omis beaucoup trop d’éléments pour parler d’honnêteté. « Après ça je pense qu’on a perdu contact … ». Oui mentir le mettait mal à l’aise, il ne devait pas profiter de son amnésie pour se faire passer pour un saint mais pour le moment la vérité était trop dure à dire. Peut-être qu’il oserait un jour, mais il avait la possibilité de repartir sur de bonnes bases avec la jeune femme, pourquoi n’en profiterait-il pas ?  De plus la vérité était dure, peut-être trop dure pour Manilyn, Mattei ne voulait pas la rendre triste, la décevoir encore une fois. « Grâce à l’armée j’ai pu passer mon diplôme plus rapidement qu’un étudiant lambda, je suis prof de lettres aujourd’hui … Je sais ça ne me ressemble pas, l’école c’était pas vraiment mon truc mais faut croire que j’ai bien changé. Donc je dispense des cours et des ateliers d’écritures de temps en temps ». Un sourire et il retourna la question à la jeune femme, depuis son départ, il n’avait eu aucuns contacts avec elle, il en savait rien d’elle, de sa vie, de sa nouvelle vie sans lui. Il avait bien sûr demandé à Gianni si ça allait, régulièrement durant ces dix années. « Et toi alors ? Tu es élève si je comprends bien ? Qu’est-ce que tu prépares ?».

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MessageSujet: Re: Many&Mattei ▬ On ne peut pas revenir en arrière, mais on peut recommencer.   Many&Mattei  ▬ On ne peut pas revenir en arrière, mais on peut recommencer. EmptyMer 6 Mar 2013 - 19:54

Leaven S. Campbell
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Elle en avait oublié le reste. Le revoir là étant choquant. Elle reconnaissait les traits de son visage, mais chacun d’entre eux semblaient plus durs, plus froids qu’auparavant. Il n’était plus un adolescent, elle non plus d’ailleurs. Physiquement parlant ils avaient tous les deux changés. L’une avait pris des formes généreuses, des courbes gracieuses attirant plus d’un regard masculin. Tandis que l’autre, bien bâti également il ne fallait pas se le cacher, était marqué par la guerre. La jeune femme pouvait voir ici et là les traces de batailles rudement menées, quelques cicatrices sur son visage. Elle ne pouvait s’empêcher de se dire qu’au final elle avait plutôt bien vécue ces dix ans de séparation contrairement à lui. Elle ne se souvenait pas de ces cicatrices, c’est qu’il les avait forcément eues au sein de l’armée ou en mission. A côté de ça, son accident de voiture lui semblait plus que surfait. Mais pour une question de respect, et pour avoir un écho de l’expérience de la guerre par le biais de son frère, elle ne lui demanderait pas ce qui avait causé tout ça. Elle savait que cela ferait remonter des souvenirs bien trop récents pour qu’ils soient supportables pour lui, et elle se refusait catégoriquement de lui faire du mal même psychologiquement… surtout psychologiquement d’ailleurs. Haussant doucement les épaules, elle ne savait pas quoi lui répondre car elle imaginait qu’il avait probablement vécu bien pire et que le choc récent entre les deux voitures avait provoqués chez lui une douleur psychologique plus que physique. Au final, elle était persuadée que Mattei aurait voulu pouvoir oublier les deux ans précédents la fameuse remise des médailles et se trouver à la place de Mani plutôt que là-bas, en Arabie. Elle n’allait donc pas se plaindre là où elle avait eu plus ou moins de chance par rapport à lui. « Ça l’est toujours difficile, j’ai perdu plus que la mémoire au final, mais j’imagine que c’est plus facile de vivre avec ça qu’autre chose, alors je m’y suis faites et j’essaie d’avancer. Je ne me souviens absolument de rien de ces deux années. Les médecins pensent que ça peut revenir entièrement ou partiellement. Ca fait un an maintenant, personnellement de l’espoir j’en ai plus trop à ce niveau-là. » Malgré son discours elle affichait un fin sourire.

L’espoir de retrouver des souvenirs et des expériences oubliées elle ne l’avait plus, mais elle gardait l’espoir de vivre d’autres choses, de retrouver l’amour et d’exister enfin en tant que médecin. Alors elle se concentrait là-dessus, surtout sur ces études en fait, le reste n’avait plus d’importance pour elle. Après tout, elle ignorait ce qu’elle avait oublié, alors comment le regretter alors qu’on ne connait pas le contenu de ces souvenirs ? Elle savait juste qu’elle avait oublié une histoire d’amour longue de deux belles années, et c’était tout. Mais peut-être qu’elle avait oublié plus de malheur que de bonheur, et c’était tant mieux. Marchant à ses côtés, ils se dirigeaient vers les différents bâtiments composant l’UCLA. Elle se contentait simplement de l’écouter, et peut-être aussi de visualiser. Selon lui ils s’étaient seulement aperçu, pas au bon moment, pas au bon endroit, et simplement perdu de vue par la suite. Elle ne pouvait que le croire bien qu’elle percevait un certain mal-être dans le ton de sa voix. Pourtant elle ne remettait pas en cause ses paroles, après tout c’était peut-être dût à l’émotion d’évoquer cette période de sa vie. « Tu as reçu une médaille toi aussi non ? » S’il était à la cérémonie, il y avait bien une raison, et c’était une façon discrète pour Many de savoir si oui ou non il avait accompli un acte héroïque pour l’armée, un joli terme cachant la dangerosité de la chose comme on peut parler d’un acte héroïque pour une mission suicide. Un rire fin vint teinter leur conversation, franchissant le seuil des lèvres de la jeune femme, comme les mots qui le suivirent. « J’avoue. Je me souviens qu’à l’époque, moins tu faisais de cours et de devoirs, mieux tu te portais. Mais si ce que tu fais aujourd’hui te plait tant mieux. Et je dois t’avouer que ça me fait plaisir et ça me rassure aussi de te savoir là et non pas on ne sait où sur cette foutue planète. » Elle ne l’avait pas précisé, mais c’était évidemment qu’elle parlait de l’armée à cet instant, qu’elle parlait d’être à l’autre bout du monde, une arme à la main, les sens en éveil à quêter le moindre mouvement suspect.

Glissant ses mains dans les poches de sa veste, elle relevait son regard vers lui au lieu de regarder ses pieds et hochait doucement la tête. « Oui je suis étudiante, mais je me considère plus vraiment comme tel puisque je suis en dernière année de doctorat en oncologie. Depuis que Gianni est repartit et qu’Alonso est décédé, j’y consacre mon temps, ce n’est pas plus mal dans un sens puisque j’ai beaucoup de boulot. » Dans les années que sa mémoire avait effacées elle n’avait pas omis les cours, et elle se devait de rattraper ce qu’elle avait oublié en plus de continuer son année. Et puis ça lui permettait de ne pas trop penser à tout ça. A sa rupture avec son ex petit-ami qu’elle avait oublié, à son frère ainé décédé il y a quelques mois des suites d’un cancer des poumons. Poussant la porte d’entrée d’un des bâtiments, elle lui tenait quelques instants pour qu’il passe aussi. « Je t’offre un café ou autre chose ? Je ne te promets pas un café délicieux puisqu’il sort du distributeur mais bon c’est déjà ça. » Sortant son portefeuille de la poche de son jean, elle prenait quelques pièces pour les introduire dans la machine. Si lui n’en voulait pas, elle en prendrait un pour elle, au moins. « Mais dis-moi, parmi toutes tes élèves certaines t’ont très certainement fait quelques avances avec un professeur comme toi, non ? Ça ne doit pas être simple de résister. » Bah quoi ? Elle n’allait pas le cacher, elle le trouvait déjà attirant à l’époque de leur adolescence alors maintenant en tant qu’adulte accomplit, et bien bâti, elle ne pouvait que confirmer. Mais elle ne cherchait pas spécialement à le draguer ou lui faire elle-même des avances, c’était simplement un moyen de changer de sujet comme un autre. « Il ne manquait plus que ça… » Enfin jusqu’à ce que la machine à café s’en mêle, refusant de lui servir un café ou de lui rendre son argent.
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MessageSujet: Re: Many&Mattei ▬ On ne peut pas revenir en arrière, mais on peut recommencer.   Many&Mattei  ▬ On ne peut pas revenir en arrière, mais on peut recommencer. EmptyJeu 7 Mar 2013 - 20:52

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Manilyn & Mattei
« I blame it on my SPT baby »


Ce que lui dit la jeune femme le fit doucement sourire. C’était du Manilyn tout craché … Elle avait vécu une période difficile, un accident qui lui avait pris deux ans de sa vie mais malgré ses malheurs elle se préoccupait des autres, des ses malheurs à lui. Minimisant ses propres malheurs pour accorder plus de crédit à ceux de Mattei. Mais le jeune homme ne voyait pas les choses comme ça. Toute sa vie avait été une suite de choix, ses propres choix. Personne ne lui avait dit que ce serait facile, qu’il ne verrait pas des choses atroces, qu’il ne perdrait pas ses collègues, des proches, des amis, qu’il en souffrirait autant mentalement que physiquement. Personne ne lui avait menti, personne ne lui avait caché ce qu’il risquait mais il avait signé ce contrat, malgré tout. Il avait choisi d’y aller, d’aimer une fille d’un petit village, de lui faire prendre des risques par égoïsme, de prendre une escouade pour l’Arabie … Tout ça venait de lui, aujourd’hui il ne pouvait blâmer personne à part lui-même. Et aussi fou que cela pouvait paraître, malgré toute l’animosité que lui inspirait l’armée à présent, il pourrait y retourner. C’était viscérale, il était fait pour ça, il serait un soldat toute sa vie, pas besoin de contrat pour ça. « Il ne faut pas que tu perdes espoir, je sais que c’est bien gentil de dire ça alors que je ne suis pas à ta place, mais tu sais les patients qui y croit sont ceux qui guérissent. Et je comprends que ce soit difficile, ça à du être une rude épreuve pour toi et ta famille … ». Le jeune homme ne balançait pas simplement des bonnes paroles à la jolie rousse, il croyait à ce qu’il disait. En tant que « patient » lui-même, il gardait l’espoir. L’espoir que ses angoisses cessent, qu’ils ne soient plus jamais surpris, ramené à des scènes de son passé, qu’il n’étrangle plus de filles dans son lit le soir à cause d’un cauchemar … Il espérait que sa vie ne soit plus régie par ce qu’il a vécu. Et puis il ne voulait pas appuyer sur le fait qu’elle venait de perdre deux ans de sa vie, cela devait être déjà bien assez douloureux sans qu’il le lui rappel …

Un nouveau sourire s’afficha sur ses lèvres lorsqu’il interpréta le sens de la phrase de Manilyn. Comment savait-elle ? Parlait-elle simplement de l’armée, de la guerre ? A ce moment là Mattei ne comprenais pas que  ses cicatrices, sa façon de réagir dans l’accident indiquait simplement à la jeune femme qu’il était marqué, bien plus qu’il ne l’avouerait jamais. Il n’avait pas eu à parler, à dire quoi que ce soit. Elle avait compris elle-même, mais Mattei ne se rendait pas compte de tout ça, que la jeune femme le connaissais assez lui et l’armée pour comprendre. Alors il réfléchissait : faisait-elle allusion à quelque chose de précis ou de général ? Se rappelait-elle de quelque chose ? Ou Gianni lui avait-il rappeler les raisons de son retour ? Ses idées s’embrouillaient, bien qu’elle avait précisé ne se rappeler de rien, Mattei posa la question. Une question maladroite qui pouvait laisser entendre beaucoup de chose. « Many … Tu ne sais plus du tout pourquoi je suis rentré ? ». Il arquait alors un sourcil, la regardant quelques instants dans les yeux.

Une question qu’il se trouvait maintenant con d’avoir posée alors qu’elle lui demandait s’il avait reçu une médaille lui aussi. Il hocha alors la tête pour affirmer ses propos puis un léger sourire aux lèvres il ajouta : « Mais ce n’est vraiment que pour faire jolie tu sais sur l’uniforme et faire plaisir au gouvernement … Je ne suis vraiment pas un héro ». Même si c’est ce qu’on essayait de lui mettre dans la tête, Mattei avait vu trop de gens mourir autour de lui, sans pouvoir y faire quoi que ce soit pour se considérer comme un héro. S’il n’était pas mort en Arabie ce n’était en rien grâce à lui, s’il n’avait pas eu plus de valeur que ses hommes en tant que commandant de la mission, il serait mort lui aussi. Si seulement il avait eu le courage de se suicider. Les pensées de Mattei envers lui-même était très dures, depuis son retour, mais cela faisait partit de ses troubles, la dévalorisation. Heureusement la conversation changea les esprits du jeune homme, reparlé du passé lui faisait du bien, se souvenir d’une partie de sa vie où tout allait bien pour lui, lui montrait que tout n’était pas noir. « Tu ne l’as que trop vécu … En tout cas si ça peut te rassurer saches que ton frère est vraiment un très bon soldat, tout ira bien pour lui ».  Habile comment le jeune homme détournais le sujet de lui non ? Il était tout de même flatté que la jeune femme ce soit « inquiétée » pour lui malgré tout, qu’elle ne lui sorte pas quelque chose comme j’aurais préféré que tu restes là bas plutôt que de te retrouver dans la même ville que moi ...  ça aurait pu si sa mémoire ne lui aurait pas fait défaut.

« Ton frère est décédé ? ». Ces mots étaient sortis de sa bouche presque instinctivement. N’ayant plus aucun contact avec les Canzera Mattei ne savait pas que la jolie jeune femme avait perdu un frère. Je restai figé un moment avant de reprendre mes esprits. « Je suis vraiment désolé pour toi et pour ta famille … ». A force de la cottoyer durant l’adolescence, Mattei avait été proche de la famille. Il se doutait de la douleur de perdre un fils, un frère, lui-même ayant pas mal de frère et sœur. Même de nouveau auxquels il ne s’attendait pas forcément. « J’espère que tu ne te tue pas non plus à la tâche … Je veux dire si on ne vit pas notre vie maintenant on ne pourra pas rattraper le temps perdu tu comprends ? ça passe tellement vite … ». Déjà dix ans qu’il n’avait pas vu la jeune femme, il ne se rendait pas compte d’avoir déjà autant vécu … Il voulait que Manilyn fasse attention à ce temps, qu’il trouvait plus précieux depuis son retour de l’armée. Mais il ne se rendait pas un instant compte de ce que cacher cet investissement. « Je vais peut-être pas prendre un café … ça me rend nerveux ». Mattei avait une addiction au café, noir de préférence, mais à cause de ses angoisses cela n’était pas très recommandé. Alors il déclina l’offre de Manilyn, attendant qu’elle prenne le sien jusqu’à ce que la machine fasse des siennes en ne lui servant ma ce qu’elle avait choisi et en refusant de lui rendre sa monnaie. Mattei ne pu s’empêcher de sourire et de rire légèrement. « Toujours aussi chanceuse … ». Il la taquinait, il avait toujours aimé se moquer un peu d’elle, mais ça restait toujours gentil. Le jeune homme sorti alors une nouvelle pièce du fond de sa poche et recommanda la boisson de la jeune femme, la machine obtempéra cette fois ci dégoupillant un nouveau gobelet. Il ne voulait pas taper comme un malade sur la machine, ce qui à part le faire remarquer ne servirait pas à grand-chose.

La question de la jeune femme avait surpris Mattei, il ne savait pas trop quoi répondre, plutôt gêné, parler des étudiantes, de sa difficulté à résister aux avances avec son ex petite amie … C’était une situation … étrange.  « Bah tu dois savoir mieux que personnes que certaines demoiselles sont complètement désinhibées dans cette université et qu’elles n’hésitent pas à faire du rentre dedans. Mais je préfère quand même lorsqu’elles ne sont pas étudiantes … Je suis là depuis peu de temps j’aimerai garder mon job ». Dans l’esprit du jeune homme les femmes attiraient forcément des problèmes, alors les étudiantes … Certes il y’en avait eu une depuis son arrivée. Mais c’était sans le savoir et il ne voulait pas en parler à Manilyn c’était encore trop étrange pour lui. Cependant la question piqua sa curiosité, il ne pu s’empêcher de la retourner. « Et toi alors ? Tu dois avoir du succès sur le campus ? ». Pourquoi voulait-il savoir ? Par courtoisie, même s’il ressentait un petit pincement de jalousie désagréable.
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MessageSujet: Re: Many&Mattei ▬ On ne peut pas revenir en arrière, mais on peut recommencer.   Many&Mattei  ▬ On ne peut pas revenir en arrière, mais on peut recommencer. EmptyDim 10 Mar 2013 - 6:18

Leaven S. Campbell
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L’espoir… ce n’était qu’une infime espérance que le destin aimait piétiner à pieds joints. Pendant six mois elle avait espéré pouvoir retrouver l’amour qu’elle portait à son ex petit-ami, pendant six mois elle avait l’illusion qu’un beau matin elle retrouverait la mémoire. Six mois où elle s’était focalisée sur ça en exclusivité. Mais en réalité en six mois, en un an même, son cerveau n’avait fait aucune progression. Elle ne se souvenait de rien et les scanners qu’elle passait de temps en temps pour son suivi médical n’indiquaient aucun changement sur la zone sinistrée de son cerveau. Alors elle se contentait d’afficher un sourire de remerciement et de sympathie. Elle devait garder espoir là où il s’était envolé le jour où son ex petit-ami l’a quittée. Certes elle aimerait pouvoir guérir, retrouver ces années perdues, mais c’était trop difficile. Elle avait essayé, en vain, elle ne voulait plus faire d’effort pour cela, c’était devenu trop dur, et probablement trop tard à présent. Elle préférait ainsi s’interloquer sur la question suivante de Mattei. Elle venait de lui affirmer qu’elle ne se souvenait de rien, et voilà qu’il demandait si elle avait une information concernant la raison de son retour parmi eux. Manilyn restait perplexe. « Non, je ne m’en souviens pas, mais tu m’as dit être revenu avec mon frère. Gianni m’a dit que sa médaille était en rapport avec son retour de je-ne-sais-où, donc logiquement si lui en a eu une, toi aussi. » Manilyn était persuadée que son frère et Matt était de la même escadrille ce jour-là, que Mattei avait vécu les mêmes péripéties que Gianni, qu’il était lui aussi un sauveur. Mais elle était bien loin de la réalité puisque l’homme qui lui faisait aujourd’hui face était le sauvé.

Un sourire faisait son apparition sur ses lèvres alors qu’il évoquait Gianni. Il l’avait qualifié de bon soldat, et bien que Many ne fût pas spécialement d’accord, elle hochait la tête. Bien sûr elle savait que son frère était bon, dans le sens où ce dernier maniait bien les armes, savait se battre à battre à mains nues, résister à la torture et autres critères pour intégrer l’armée. Mais là où Manilyn n’était pas d’accord c’était l’association de bon et de soldat. Elle trouvait cela stupide de s’engager, de risquer sa vie pour un pays qui ne vous honore en général que de façon post-mortem. Brave soldat, courageux soldat, imbécile soldat, peut-être, mais bon n’était pas le mot selon elle. « Je n’en doute pas une seconde, mais merci pour lui. » Mais malgré tout ça, elle ne souhaitait pas perdre ce frère imbécile exerçant le métier le plus dangereux du monde. Ce dernier pilier lui était indispensable, il était hors de question qu’il perde la vie et elle l’avait d’ailleurs mis en garde : revient en un seul morceau sinon je te botte le cul. Cela faisait déjà un mois qu’elle avait prononcé ces paroles à Gianni, un mois où elle n’avait pas eu de nouvelles, mais elle ne s’inquiétait pas pour autant, les lettres mettaient toujours du temps à parvenir aux soldats en mission. Bien vite elle fût sortit de ses pensées par une nouvelle question à laquelle elle s’empressait de répondre. « Oui, il est décédé il y a presque trois mois des suites d’un cancer. Ça a été difficile surtout pour ma mère et mon père. » Manilyn et sa carapace de protection. Elle avait pris l’habitude que des malheurs s’abattent froidement sur sa vie, alors depuis plusieurs mois, elle avait revêtu une carapace épaisse où elle se refusait de ressentir quoi que ce soit. Bien sûr elle avait eu autant de peine que sa mère lorsqu’Alonso est décédé, mais elle ne le montrait pas. On la voyait bien assez comme une petite fille fragile depuis son accident, ce n’était pas la peine d’en rajouter selon elle. Alors elle acceptait les choses, elle les encaissait une à une et bien qu’elle ne voulait pas l’admettre, elle savait parfaitement que cela finirait par lui exploser en pleine figure, en souhaitant que ce ne soit pas en public.

Haussant doucement les épaules, ça l’arrangeait bien que Mattei passe à autre chose, qu’ils parlent de leurs vies présentes et non passées, elle allait pouvoir parler plus sans avoir peur de fondre littéralement en larmes. « Oh bah tu sais, envisageant d’être une Gamma Psi et surtout d’avoir mon diplôme à la fin de l’année, il faut bien que je bosse pour y arriver. Et puis les soirées dans les boites de nuit tu sais bien que ça n’a jamais été mon truc, je préfère aller boire un verre entre amis dans un bar. Mais j’avoue que je passe beaucoup de temps à étudier, peut-être un peu trop c’est vrai. Mais depuis que j’ai oublié certains amis, c’est difficile de trouver du monde pour sortir, et puis casanière comme je suis, t’imagines bien que l’idée même de sortir faire la bringue ne m’effleure même pas l’esprit, je suis bien le nez dans mes bouquins. » Et surtout étudier lui permettait de ne pas penser, et c’était ce qu’elle cherchait avant tout en ce moment. Mais elle se rendait compte que Mattei n’avait pas tort. En quelque sorte, elle était en train de passer à côté de sa jeunesse. Mais avait-elle vraiment le choix ? Là était le problème, car si cette dernière consacre moins de temps à ses études, elle risquerait de ne pas pouvoir assimiler ses deux années d’études oubliées en plus de celle en cours. Le choix pour Manilyn était vite fait, elle optait pour ses études. Riant volontiers avec lui, elle désignait la machine. « Et oui, certaines choses ne changent pas… quoi que, avant que la machine ne soit défectueuse, j’étais quand même bien chanceuse avec elle. » Parce qu’il fallait avouer que la pauvre machine avait subi bien des coups de la part des étudiants qui souhaitait avoir leur boisson et récupérer leur monnaie. Aujourd’hui ils se retrouvaient bien bêtes face à une machine avalant leurs centimes et ne leur servant pas leur boisson. « Merci. Je devais t’offrir à boire et au final c’est toi qui paie, stupide machine. »

Manilyn ne pouvait s’empêcher de sourire. Il ne le disait pas mais elle voyait à ses yeux ronds et sa voix qu’il était gêné de parler de ses relations depuis son retour parmi eux. « Oui, je comprends, ce n’est pas l’idéal quand tu as le statut de prof et elles d’étudiantes. Enfin après tout dépend de l’étudiante aussi. Regarde-nous par exemple, tous les deux on a qu’un an de différence au final. Je trouve ça stupide de coller cette règle pour des adultes consentants. Je la comprends seulement pour les minettes de 20 à 24 ans environ qui ont le fantasme du professeur sexy mais au-delà, c’est vraiment abusé selon moi. » Sa mémoire était touchée, mais pas sa logique. L’Amérique admet que l’on devient adulte à l’âge de 21 ans, que l’on peut prendre nos responsabilités, que l’on doit assumer les conséquences de nos actes. Si les relations professeur/élève sont interdites, il s’agit bien d’une question de concentration dans les études d’un côté, et de justesse de l’autre. Mais si l’élève est âgé de 21 ans et plus, et que le professeur est adulte également, chacun est censé prendre ses responsabilités. Donc si l’étudiante se trouvait être déconcentrée et que le professeur avait tendance à la valoriser lors des devoirs (encore faut-il qu’il soit son professeur) cela relevait de leurs actes qu’ils doivent assumer grâce ou à cause de leur statut d’adulte. Tout cela pour dire qu’au final, si l’élève ne réussissait pas son année et le professeur se faisait virer pour injustice dans les notes, c’était leurs problèmes et non celle de l’université.

Manilyn voyait alors en cette règle une violation de vie privée et pour cause… « Pas tellement en fait. J’ai tendance à privilégier les relations durables alors au final, vous avez été trois. Toi évidemment. Ensuite il y a eu un autre gars avec qui je suis sorti deux ans et demi. Malheureusement il est rentré dans ma vie lors de la période que j’ai oublié, donc je l’ai oublié avec. On a tenté de recoller les morceaux pendant six mois, il m’a beaucoup aidé pour que je retrouve la mémoire et les sentiments que j’avais pour lui mais non, ça n’a pas marché, alors on a rompu il y a six mois d’un commun accord. Et le plus récent, c’est… » Baissant d’un ton, elle s’approchait de lui pour qu’il soit le seul à entendre. « … un professeur. Il s’appelle Kyle McGarrett, tu vas probablement le croiser à un moment ou un autre vu qu’il est prof en journalisme et littérature. On s’est rencontré dans un bar, on a commencé une relation tout en sachant que l’un était prof et l’autre étudiante, mais on ignorait que c’était UCLA. Quand on l’a appris on s’en fichait un peu, mais au final la pression a eu raison de nous et on s’est séparé en restant amis. Ça n’a duré que deux semaines malheureusement. » Contrairement à Mattei, elle n’avait pas peur d’évoquer ses relations et n’en avait pas honte. Après tout Kyle est son cadet de deux ans et elle trouvait ridicule qu’on les condamne à cause de leurs statuts.

Buvant une grande partie de son café, elle riait de nouveau en ouvrant les bras. « Maintenant je suis libre comme l’air, c’est open bar… enfin, façon de parler. » Façon de parler parce que certains regards s’étaient tournés vers eux. Elle avait parlé un peu trop fort en évoquant l’open bar et certains avaient pris cela comme une invitation, d’où sa rectification de tir. Marchant vers des larges escaliers peu empruntés, elle s’autorisait à y poser ses fesses à défaut d’avoir de la place sur des bancs pris par d’autres élèves. Invitant Mattei à la rejoindre, elle tapotait la place à côté d’elle tout en reprenant la conversation. « Et toi dis-moi, tu as célibataire maintenant ou en couple ? Je te rassure, je ne veux pas savoir si c’est une étudiante ou non, et si tu ne veux pas répondre je comprendrais. J'avoue que je suis un peu trop curieuse, ça non plus ça n'a changé. » Après tout, parler de sa petite amie à son ex, ça n’a rien d’anodin, et cela pouvait occasionner de la gêne. Elle attendait tranquillement la réponse, se contentant de l’observer. Et bien qu’elle savait qu’elle devait se remettre de sa relation avec Kyle, certes courte mais intense, elle ne pouvait s’empêcher de trouver Mattei beau. Au-delà de certains marques, de toute façon peu visibles, elle ne pouvait que constater la symétrie parfaite de son visage, ses yeux clairs très prenants et ses lèvres charnues inhumainement attirantes. Adolescente déjà elle avait craqué pour lui, mais maintenant adulte, c’était différent. Son cœur ne battait plus la chamade aussi facilement qu’avant et pourtant elle le trouvait séduisant et tout aussi sympathique qu’autrefois. Tout cela avait le don de la déstabiliser, à tel point qu’elle en était obligée de détourner son regard, ayant soudainement de l’admiration pour son gobelet qu’elle finissait d’une seule traite.
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